Les faits commencent à être connus un peu partout en France depuis ces vingt-quatre dernières heures : Louis, 17 ans, découvert sur un terrain vague de Narbonne par un ouvrier, après une nuit d’agonie, est mort des suites de ses blessures ce mardi.
Il a été passé à tabac – massacré à coups de pied serait le terme exact – par cinq racailles.
Comble d’infamie, ses meurtriers ont filmé la scène, dans une vidéo brève mais difficilement soutenable, qu’ils ont postée sur les réseaux sociaux.
Tous ont été arrêtés et deux d’entre eux sont mineurs.
Les cinq assassins (car il semble que ce massacre ait été prémédité) sont actuellement en détention provisoire. Voilà pour ce que l’on sait.
« Tu parleras plus aux flics »
Placé dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE), Louis avait, semble-t-il, déjà eu maille à partir avec ses agresseurs
. Ils l’auraient rossé une première fois, et celui-ci aurait décidé de porter plainte.
C’est d’ailleurs pour cela que les cinq hommes auraient décidé de lui donner une leçon.
Sur la vidéo, on entend, outre leur atroce, leur obscène hilarité, quelques bribes de conversation : « Tu parleras plus aux flics », mais aussi « Le tuez pas quand même ! ».
Eh bien si, c’est ce qu’ils ont fait. Ils l’ont tué.
Plus précisément, ils l’ont laissé agoniser pendant de longues heures, avant qu’il ne soit découvert puis transporté à l’hôpital, où il a finalement succombé à ses blessures.
On peut noter un élément positif dans cette horrible affaire : les parents du jeune homme ne semblent pas décidés à se laisser réduire au silence.
Ils ont apparemment contacté le média Frontières, et l’image de Louis qui circule porte les mots « ni pardon ni oubli ».
Voilà qui est clair.
Toutefois, la véritable question n’est pas celle des conséquences médiatiques.
Il y aura des gens à gauche pour s’approprier le deuil de la famille en espérant que l’affaire soit étouffée, des gens à droite pour dire que ce n’est pas un fait divers, mais un fait de société –c e qui est vrai.
Tout cela est bien connu.
À quoi sert l’ASE ?
Non, la véritable question, c’est celle du rôle de l’ASE, organisation d’Etat, qui recueille les mineurs en difficulté, fugueurs, isolés, en proie à de graves problèmes.
On savait déjà que, dans de nombreuses affaires de prostitution de mineures, l’ASE jouait un rôle plus que trouble : mauvais suivi des jeunes filles, connaissance de leurs activités sans pour autant les signaler…
On sait désormais que les jeunes gens risquent la mort. Ne soyons pas naïfs : on se doute que de tels foyers recèlent leur lot de violences, eu égard au profil de ceux qui les occupent.
Cependant, il s’agit de se poser honnêtement la question : à part à fournir à une société malade des prostituées mineures et des cadavres, à quoi sert exactement l’ASE ?
Serait-il possible d’auditer ses performances dans le domaine de la réinsertion ?
Louis vient de mourir et il y a un temps de deuil à respecter.
En revanche, l’Etat n’esquivera probablement pas, au sein d’une problématique d’insécurité beaucoup plus large, la question des foyers de l’aide sociale à l’enfance.
Alors qu’on apprend ces jours-ci qu’un enfant de dix ans (!) a tenté de violer puis de tuer une jeune femme de 22 ans, la violence (voire la sauvagerie) des mineurs devient un enjeu.
Le cas de Louis, pour emblématique qu’il soit, n’est malheureusement pas isolé.
Et il y a fort à parier, tout aussi malheureusement, qu’il ne le reste pas.
Le débat sur l’ordonnance des mineurs de 1945 est urgent : les mineurs de 2026 aiment tuer, et les adultes sont largués.

Arnaud Florac
Chroniqueur à BV https://www.bvoltaire.fr/point-de-vue
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