lundi 15 juin 2026

AVEC L' UNION EUROPÉEENE , AU NOM DE L' EFFICACITÉ , LE FRANÇAIS À LA TRAPPE ???

 REVUE DE PRESSE !

Union européenne : au nom de l’efficacité, le français va-t-il passer à la trappe ?

Le commissaire au Commerce a soutenu que la traduction en 24 langues ralentit la capacité de l’UE à conclure des accords.
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Le Financial Times nous apprend que la France et l’Italie s’opposent fermement à « l’anglicisation » des négociations commerciales de l’Union européenne. 

Le commissaire au Commerce et à la Sécurité économique, le Slovaque Maroš Šefčovič, a soutenu, le mois dernier, devant les ministres membres, que la traduction en vingt-quatre langues ralentit la capacité de l’UE à conclure des accords.

Principe d'efficacité contre principe de souveraineté

Selon lui, le processus peut prendre jusqu’à deux ans, puisque chaque modification de projet de traité doit être traduite dans ces vingt-quatre langues de l’Union. 

En bon eurocrate, Šefčovič estime qu’on doit pouvoir diviser par deux ce temps. 

Or, comme chacun sait, le temps, c’est de l’argent. Exemple cité : les retards du traité avec les pays du Mercosur. 

 

L’ECIPE (European Centre for International Political Economy), un think tank - pardon, un groupe de réflexion - supposé indépendant, a même estimé que chaque année de retard dans la mise en œuvre coûterait plus de cinquante milliards d’euros de croissance à l'Union.

 

 Soulignons que le patron de ce groupe de réflexion, le Suédois Fredrik Erixon, déclarait à L’Express, en janvier dernier : « Sur le Mercosur, la France entretient ses agriculteurs dans le mensonge. » Vous aurez compris la philosophie.

 Mais on s’éloigne du sujet. Peut-être pas tant que ça...

 

De son côté, la France brandit l’argument constitutionnel. 

En effet, toujours selon le journal britannique, « la France ne peut être liée ni s’engager à un texte qui n’est pas rédigé en français ».

 L’Italie avance des arguments similaires. Intéressante et même plus que cela, symbolique, cette opposition entre, d’une part, le principe (supposé) d’efficacité, défendu par ce diplomate qui, au passage, n’a jamais été titulaire du moindre mandat électif dans son pays, et, d’autre part, le principe de souveraineté des États membres, souveraineté certes passablement grignotée, justement, par l’Union européenne, mais qui s’exprime, s’incarne dans leurs Constitutions nationales.

« La langue de la République est le français ». Point barre

Or, pour ce qui concerne la France, jusqu’à nouvel ordre (de qui, du reste ?), la Constitution de la République française stipule, en son article 2, que « la langue de la République est le français ». Vous aurez noté : « de la République française » ; pas « de la France ». 

Ce qui est encore plus fort, au plan juridique. 

En effet, lorsque est signé un traité international, par exemple, entre la France et le Danemark, le traité est en fait, mais surtout en droit, signé entre d’une part la République française, d’autre part le royaume de Danemark, pas entre la France et le Danemark.

 C’est pourquoi, du reste, au-delà du grotesque de situation, lorsque Emmanuel Macron, président de la République française – et non Président de la France, comme on lit parfois –, s’exprime officiellement en anglais – pas seulement pour prononcer quelques formules de courtoisie d’usage –, dans un colloque, une conférence internationale ou de presse, il déroge, en quelque sorte, à ce principe constitutionnel.

On voit bien où l'on veut nous mener...

 

Que le travail de traduction prenne du temps, on le comprend ; que ce temps soit démultiplié par le nombre de langues (24), on le comprend aussi. 

C'est la rançon du succès de l'UE... 

Mais l’on voit bien ce que sous-tend cette argument d’efficacité avancé par ce commissaire, originaire d'un pays, certes au brillant passé, mais qui n'a pas le poids de la France. 

On voit bien où l'on veut nous mener : au nom de l’efficacité, il faut raccourcir les circuits décisionnels, simplifier les procédures (ce qui ne manque pas de sel, lorsqu’on pense aux montagnes de règlements européens sur tout et rien).

 Demain, la France cède à cette demande ; après-demain, ça sera forcément autre chose.

 Une façon d’accélérer le processus de fédéralisation par le bas.

 

 Toujours, bien entendu, au nom de l’efficacité (supposée, nous nous répétons).

 

Il paraît que le pape Léon XIV, lors de son voyage en France en septembre prochain, passera par la Lorraine, l'occasion, dit-on, d'honorer la mémoire de Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de ce qui deviendra l'Union européenne.

 Grand chrétien (l'Église catholique en a fait un vénérable), grand Européen, pour ne pas dire européiste, il rêvait d’une Europe chrétienne. Visiblement, il y a eu tromperie sur la marchandise.

 En fait, on a accouché d'un monstre désincarné qui a pour langue d’usage une espèce de sabir technocratique descendu de l’anglais à travers les couloirs et ascenseurs de la Commission et du Parlement européens. What a pity!

 

Par Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)
 
 

 

ET AUSSI


Quand la BCE étouffe la France au nom de la lutte contre l’inflation

12 Juin 2026, 06:15am

Publié par Thomas Joly

Quand la BCE étouffe la France au nom de la lutte contre l’inflation

La Banque Centrale Européenne vient donc de « resserrer la vis ». 

L’expression est parfaite : elle dit tout de cette Europe qui ne produit plus mais qui serre ; qui ne protège pas mais qui punit.

Sous prétexte de combattre l’inflation, Francfort renchérit le crédit, décourage l’investissement, refroidit la consommation et étrangle les entreprises.

En France, où l’activité économique ressemble déjà à un malade sous perfusion, cela revient à appuyer sur l’oreiller.

Car cette inflation n’est pas d’abord le fruit d’une demande intérieure excessive, d’un peuple qui achèterait trop, emprunterait trop, dépenserait trop.

 Elle vient surtout de l’énergie, des chocs géopolitiques et de notre dépendance industrielle.

Augmenter les taux ne fera pas jaillir du pétrole, ne fera pas baisser le prix du gaz, ne rouvrira pas les usines fermées par plus de trente ans de mondialisme débridé couplé à une bureaucratie soviétique incapacitante.

Mais la BCE raisonne comme toutes les technocraties : quelle que soit la réalité, elle applique la procédure.

 Peu importe les artisans, les ménages, les PME, les jeunes qui veulent acheter, les entreprises qui veulent embaucher. 

Le dogme passe avant les peuples et les nations.

Nous découvrons une fois encore le vice fondamental de l’euro : une même politique monétaire pour des économies différentes. 

Ce qui convient à l’Allemagne ne convient pas forcément à la France. 

Ce qui rassure les marchés peut achever les producteurs.

À terme, la France devra impérativement retrouver sa souveraineté monétaire.

Non pour jouer avec la monnaie mais pour remettre l’argent au service de l’économie réelle et du peuple français.

Une nation souveraine ne peut pas laisser son destin économique entre les mains de technocrates non-élus.

Par  Thomas Joly - 

Président du Parti de la France


 
ET AUSSI

Finance hors sol et sociétés sans responsabilités…
Communication, désinformation et manipulation :
le décryptage de Guillaume Vuillemey



"Face à l’omniprésence de discours abs­traits sur la responsabilité sociale, je promeus une "responsabilité territo­riale", qui me semble pouvoir être un outil majeur d’impact et d’influence pour les entreprises. 
 
Que cela signi­fie-t-il ? 
La première responsabilité "so­ciale" d’une entreprise est de respecter les milieux naturels et les communau­tés humaines là où elle opère. 
 
C’est ce qui doit être évalué en priorité lorsque l’on tente de mesurer la performance "extra-financière" des entreprises."  
 
Pro­fesseur de finance à HEC Paris, cher­cheur associé au CEPR (Londres) et membre du conseil scientifique de l'Au­torité des marchés financiers (AMF), Guillaume Vuillemey a aussi été cher­cheur invité à la Banque centrale eu­ropéenne et à l'université d'Harvard. 
Il vient de publier Sociétés à responsa­bilités très limitées (Editions de l'Aube, avril 2026).
 Ou comment communica­tion peut rimer avec manipulation...
 
Dans l'entretien qu'il m'a accordé, Guillaume Vuillemey ex­plique le sous-titre de son ouvrage : "La grande entreprise face aux biens communs".
 
 Pour lui, les pratiques assez communes de "greenwashing" (maquil­lage vert) relèvent d'une vision hors-sol de la responsabilité. 
 
Son plaidoyer est aux antipodes. 
Aussi dit-il clairement que sa "conception territorialisée de la responsabilité est une révolution".
 
Bonne lecture ! 

Par Bruno Racouchot
Directeur de Comes Communication

Paris - Toronto - São Paulo – Porto Alegre
courriel : bruno@comes-communication.com
www.comes-communication.com et www.communicationetinfluence.fr
 



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