mercredi 24 juin 2026

RECORDS MIGRATOIRE EN EUROPE : L' IMMIGRATION VOULUE ET SOUHAITÉE PAR L' OLIGARCHIE ........

 

8 millions d'immigrés en France : un record historique

Courriel de Observatoire de l'immigration et de la démographie : 8 millions d'immigrés en France : un record historique

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Lettre d’information n°95

du mardi 23 juin 2026

  • 8 millions d'immigrés en France : un record historique | Notre analyse des chiffres de l'INSEE – et de leurs limites
  • Règlement européen sur les retours | Adoption à Strasbourg : quelles mesures pour quelles conséquences ?
  • « Moratoire sur l'immigration » : 63% des Français favorables  | Quelle faisabilité juridique immédiate ?

8 millions d'immigrés en France : un record historique |
 
  Notre analyse des chiffres de l'INSEE – et de leurs limites

Le 4 juin 2026, l'INSEE a publié ses nouvelles estimations annuelles sur les flux migratoires et la population immigrée en France.

L’institution phare de la statistique publique a choisi de communiquer fortement sur certaines d’entre elles, avec un bulletin ainsi titré : « Les entrées sur le territoire diminuent en 2024 et retrouvent leur niveau d’avant-crise sanitaire »

Selon ses estimations, les entrées d’immigrés auraient baissé de 10% entre 2023 et 2024, passant de 347 000 à 313 000 nouvelles arrivées.

Quoique correspondant à un niveau migratoire historiquement très élevé, il n’en fallait pas plus pour que cette annonce se traduise en éléments de langage – largement répercutés d’articles en titres de presse : « L’immigration recule en France pour la deuxième année consécutive », « l’INSEE bat en brèche l’intox de la submersion migratoire »…

Ces affirmations statistiques auraient pourtant dû soulever des questions importantes. D’abord par l’occultation d’autres données publiées simultanément – quoique plus discrètement – par l’INSEE, qui révélaient un fait moins confortable : la population immigrée a battu un nouveau record, dans l’absolu comme en pourcentage.

 

8 millions de personnes nées étrangères à l’étranger (immigrées de « première génération ») vivaient dans notre pays au 1er janvier 2025.  
 
Ce nombre a augmenté de 80% depuis l’an 2000, soit cinq fois plus vite que la population générale de notre pays. 
La part de ces immigrés stricto sensu dans la population (11,6%) n'a jamais été aussi élevée dans l'histoire de France.

Mais surtout, une incohérence forte apparaît entre ces estimations et les autres données officielles. 
Le ministère de l’Intérieur enregistre chaque année les premiers titres de séjour délivrés à des étrangers en France. 
 
Il s’agit là d’un comptage réel (non d’une estimation), qui ne concerne que les nouveaux immigrés légaux issus de pays extérieurs à l’Union européenne. 
 
 Ni les citoyens de l’UE, ni les clandestins n’y sont donc pris en compte – à l’inverse des données de l’INSEE qui sont censées les intégrer.

Et pourtant, malgré ce champ migratoire nettement plus restreint : Beauvau indique que 345 000 premiers titres de séjour ont été accordés en 2024 (en hausse par rapport à l’année 2023, record battu en 2025).
 Une somme supérieure, à elle seule, au nombre total des entrées d’immigrés survenues la même année selon l’INSEE.

Une explication de cette différence vient du fait que l’INSEE évince de ses calculs les nouveaux arrivants qui affirment prévoir de rester moins d’un an en France. 
 
Par ailleurs, certains immigrés n’obtiennent pas leur titre de séjour la même année que leur arrivée effective. 
Mais ces pistes ne sauraient expliquer à elles seules de pareils écarts, qui se vérifient d’une année sur l’autre.

Dans sa réponse à une question parlementaire publiée le 5 août dernier, le ministère de l’Intérieur estime pour sa part, sur cette même année 2024, que « le chiffre de 500 000 entrées sur le territoire national est une estimation très proche de la réalité ».

Contraitement à une idée reçue : l'INSEE ne « mesure » pas le nombre des entrées sur le territoire, en l’absence de registres exhaustifs de population tels qu’ils existent dans de nombreux pays européens. 
 
Il se contente de « l’estimer », en misant sur des enquêtes de recensement dont la méthode par échantillonnage est unique au monde.

Au-delà des débats de méthode, nous parlons ici d’un sujet politique. 
Car l’Etat et ses administrations semblent aujourd’hui incapables de répondre à une question importante : combien d’immigrés arrivent en France chaque année ?

Les angles morts des méthodes de la statistique publique ont notamment été analysées par Michèle Tribalat dans des articles publiés sur le site de l'OID.
 
Retrouvez l'analyse de Michèle Tribalat :
Étude critique de Michèle Tribalat sur l’approche des populations d’origine étrangère par le service statistique français (2024)

Règlement européen sur les retours | 
 Adoption à Strasbourg : quelles mesures pour quelles conséquences ?
Le 17 juin 2026, le Parlement européen a approuvé par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions la nouveau règlement européen sur les retours.

Cette adoption, permise par un vote conjoint des groupes PPE, ECR, PfE et ENS (ainsi que le vote de quelques eurodéputés des groupes Renew, les Verts et S&D) propose une réforme du cadre juridique européen en matière de retour des ressortissants de pays tiers en situation irrégulière. 
 
Retrouvez les explications de Nicolas Pouvreau-Monti pour Le Figaro :
Elle valide ainsi l'accord politique conclu le 1er juin 2026 avec le Conseil de l'Union européenne, qui doit adopter formellement le texte à son tour. 
 
Ce texte constitue l'aboutissement d'un processus législatif engagé en 2018, longtemps bloqué par les divergences politiques au Parlement européen.

 
Ce nouveau vote intervient à la suite d'une décennie de tous les records migratoires en Europe, au cours de laquelle l'Union européenne a accueilli plus de 8 millions de demandeurs d'asile sur son sol – soit l'équivalent d'un nouvel État membre, qui serait le 15e par la taille de sa population.
 
Parmi les mesures clés du règlement Retour figurent :
  • L'extension du plafond européen de la durée maximale de rétention administrative à 24 mois ;
  • La possibilité de créer des « plateformes de retour » dans des pays tiers volontaires, pour y placer en rétention des clandestins dans l'attente de leur retour dans leur pays d'origine, à l'exclusion des mineurs non accompagnés ;
  • L'instauration d'un « ordre européen de retour » (sorte d'OQTF européenne), à la validité reconnue dans tout l'espace Schengen ;
  • La mise en place d'interdictions d'entrée dans l'UE allongées jusqu'à dix, voire vingt ans dans certains cas (contre 5 ans aujourd'hui).

 

Pour ambitieuse qu'elle soit, cette réforme pourrait se heurter, notamment en France, à des obstacles structurels que l'OID a évoqués dans une note de mars 2026.

 Le premier d'entre eux est de nature politique – l'actuel exécutif français ayant fait savoir qu'il ne se saisirait pas de la possibilité d'ouvrir des plateformes de retour pour les clandestins hors de l'Union européenne.

La non-coopération des pays d'origine, qui refusent souvent de délivrer des documents de voyage, constitue le principal frein aux éloignements effectifs.

 Aujourd'hui, environ 20 à 25% des décisions de retour prononcées dans l'UE aboutissent à un départ effectif (dont 10% seulement en France).

Le principe de non-refoulement et les exigences de la Cour européenne des droits de l'homme constituent aussi des limites absolues, que le règlement ne peut lever à lui seul. 

Ce premier obstacle, qui a fait l'objet d'une étude de l'OID en février 2024, devrait être traité rapidement par l'UE et ses Etats s'ils souhaitaient donner au réglement Retour sa pleine portée.

 
Découvrez les explications de Nicolas Pouvreau-Monti sur Europe 1 :
 
Retrouvez notre note sur la réforme européenne des retours :
Note OID | « La réforme européenne des retours : un tournant dans la politique migratoire de l’UE ? »

« Moratoire sur l'immigration » : 63% des Français favorables  | Quelle faisabilité juridique immédiate ?

Dans un entretien publié par Le Journal du Dimanche, Gérald Darmanin a proposé d'instaurer un « moratoire de trois ans sur l'immigration légale », estimant être arrivé « à la limite de nos capacités d'intégration et d'assimilation ».
 Un sondage de l'Institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1, révèle que 63 % des Français se déclarent favorables à une telle suspension.
 
Si cette proposition traduit une aspiration largement partagée dans l'opinion, sa mise en œuvre se heurterait à d'importants obstacles juridiques immédiats, à propos desquels aucune explication n'a été fournie.

L'immigration légale couvre en effet des régimes distincts :
  • Immigration familiale ;
  • Droit d'asile ;
  • Immigration étudiante ;
  • Immigration de travail...
 
Dont plusieurs sont très protégés par les jurisprudences du  Conseil constitutionnel et du Conseil d'État, les traités de l'Union européenne, la Convention européenne des droits de l'Homme et d'autres traités.

Par exemple : le droit d'asile, qui a représenté la majeure partie de la hausse des nouveaux titres de séjour constatée en 2025 (+65 % de titres à motif humanitaire), ne peut faire l'objet d'une suspension de la part d'un État sans s'affranchir de la convention de Genève et de nombreuses jurisprudences européennes et constitutionnelles. 
De la même manière, le fait de suspendre l'immigration familiale contreviendrait au droit à mener une vie privée et familiale normale, principe consacré sous diverses formes par le Conseil d'Etat, le Conseil Constitutionnel et le droit européen.

Dans une période de crise exceptionnelle, telle que celle liée au Covid-19 et aux différents confinements en 2020 : le Conseil d'État avait ordonné la reprise de l'enregistrement des demandes d'asile et de la délivrance des visas de regroupement familial, alors que les contraintes sur sur la vie administrative et sociale – comme sur les trajets internationaux – étaient nombreuses.
 
 Dans l'état actuel de notre ordre juridique : il n'est donc pas possible de décréter, du jour au lendemain, un arrêt des entrées légales d'étrangers en France.

Mettre en œuvre ce moratoire sur l'immigration légale en France nécessitera donc de revenir sur de très nombreux textes, accords et jurisprudences.

 
Au-delà de ces obstacles, l’efficacité de toute politique migratoire reste profondément tributaire des limites structurelles de l’espace Schengen
 
La libre circulation organisée entre les États membres profite également aux ressortissants de pays tiers : un titre de séjour accordé par un État membre de la zone permet d'entrer de façon régulière dans l'ensemble des autres États membres (mais non de s'y installer, en principe).

Un moratoire efficace devrait donc intégrer une révision des modalités de déplacement au sein de l'espace Schengen, telle que développée dans notre étude Sauver Schengen : face à l'urgence, la nécessaire réforme
 
Retrouvez l'intervention de Nicolas Pouvreau-Monti sur CNEWS :

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) est une structure d’étude et d’information relative aux évolutions démographiques et migratoires, destinée aux décideurs ainsi qu’à l’ensemble des citoyens intéressés par ces sujets.

Nous apportons une vision rationnelle et dépassionnée au débat public, en puisant aux meilleures sources disponibles : statistiques publiques, travaux de chercheurs spécialisés, analyses juridiques.


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