TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !
Rien de commun entre le patriote anti-bolchévique Doriot et le traitre islamo-collabo Mélenchon !
Le dimanche 7 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon lançait sa quatrième candidature à la présidentielle depuis la place Victor-Hugo de Saint-Denis.
Certains commentateurs ont cru malin d’y voir un écho à Jacques Doriot, l’ancien maire de cette ville qui, quatre-vingt-dix ans plus tôt, y fondait le Parti Populaire Français.
La comparaison se voulait assassine.
Elle est surtout une insulte à Doriot, et il est temps de le dire.
Jacques Doriot n’était pas un traître.
C’était un homme politique de première grandeur, né en 1898 à Bresles dans l’Oise, fils d’un forgeron, sorti de rien par la seule force de son intelligence et de sa volonté.
Formé à Moscou, numéro deux du Parti communiste français derrière Maurice Thorez, il fut l’un des rares dirigeants de gauche de l’entre-deux-guerres à avoir une assise populaire réelle, charnelle, qui ne devait rien aux cercles intellectuels parisiens.
À Saint-Denis, il n’était pas un élu de cabinet : il marchait dans les rues, il connaissait les familles, il administrait avec une efficacité que ses successeurs, décennies plus tard, auraient été incapables d’égaler.
La ville ouvrière qu’il dirigeait était une ville française, peuplée de Français, traversée par des luttes de classe réelles dans lesquelles il s’était engagé corps et âme.
Quand il rompit avec Staline en 1934 et fonda le Parti Populaire Français deux ans plus tard, il ne le fit pas pour des sondages, pas pour un calcul de second tour, pas pour acheter les voix d’un électorat communautaire.
Il le fit parce qu’il avait compris avant presque tout le monde que le bolchevisme était le cancer mortel de l’Europe, que Moscou manipulait le mouvement ouvrier français comme un instrument de sa politique étrangère, et que cette trahison-là, la vraie, était celle des apparatchiks qui sacrifiaient les travailleurs français sur l’autel des intérêts soviétiques.
Le PPF qu’il construisit fut le premier parti de masse en France à avoir compris que le vrai clivage du siècle n’était pas entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui voulaient défendre l’Europe et ceux qui travaillaient à sa destruction.
Combattre le bolchevisme aux côtés des Allemands avait une cohérence que ses détracteurs n’ont jamais réfutée sérieusement : ils se sont contentés de gagner la guerre et d’écrire l’histoire à leur convenance.
Doriot s’engagea sur le front de l’Est dans la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme, puis dans la Waffen-SS, non par goût de la servitude mais par conviction que l’ennemi principal était à l’Est, que Staline représentait une menace infiniment plus grave pour la civilisation européenne qu’Hitler, et que l’heure n’était plus aux nuances diplomatiques.
Il mourut en janvier 1945, mitraillé par un avion allié sur une route d’Allemagne.
Il mourut en combattant, ce qui est déjà plus que ce qu’on peut dire de beaucoup.
Le mot traître n’a de sens que dans la bouche de ceux qui ont décidé que de Gaulle incarnait la France légitime.
Pour les autres, ceux qui considèrent que Pétain défendait ce qui pouvait l’être d’un pays vaincu et saigné, que de Gaulle était l’agent de Londres et de Washington bien plus que le représentant de la France profonde, Doriot était un combattant, pas un félon.
On peut ne pas partager cette lecture.
On ne peut pas l’ignorer, et on ne peut surtout pas la balayer d’un revers de main condescendant sans se ridiculiser.
Mélenchon, lui, n’a pas de combat. Il a un fonds de commerce.
Et c’est précisément ce qui rend la comparaison obscène : elle met sur le même plan un homme qui croyait en quelque chose au point d’y risquer sa vie et d’y laisser sa peau, et un apparatchik de soixante-quinze ans qui ne croit qu’aux sondages, aux reports de voix et à la mécanique des parrainages citoyens.
Doriot avait des ennemis qu’il désignait clairement et qu’il affrontait physiquement.
Mélenchon a des adversaires qu’il instrumentalise rhétoriquement pour mobiliser un électorat qu’il a méthodiquement construit depuis quinze ans.
Car la bascule de Mélenchon vers l’électorat communautaire ne s’est pas faite en un jour.
Elle s’est construite patiemment, élection après élection, depuis 2012, année où il récolta pour la première fois les fruits d’une stratégie de séduction des banlieues islamisées.
En 2017, son score dans les quartiers à forte population musulmane était déjà spectaculairement disproportionné par rapport à ses résultats nationaux.
En 2022, la corrélation entre le vote LFI et la densité de population d’origine extra-européenne dans les grandes villes était si évidente que même les instituts de sondage, d’ordinaire pudiques sur ces sujets, ne pouvaient plus faire semblant de ne pas la voir.
Mélenchon avait compris quelque chose que la gauche traditionnelle avait mis du temps à admettre : le prolétariat ouvrier blanc avait migré vers le RN, et il fallait le remplacer.
Le remplacement en question ne s’est pas fait uniquement dans les urnes.
Il s’est fait dans les rues, dans les écoles, dans les mosquées, dans toute cette France périphérique et banlieusarde que la République avait abandonnée et que LFI a investie comme un territoire conquis.
Ce qui se jouait place Victor-Hugo ce dimanche était donc la célébration de cette conquête.
Saint-Denis a été choisie pour ce qu’elle est devenue : une ville à majorité immigrée ou issue de l’immigration, dirigée depuis mars 2026 par Bally Bagayoko, premier maire LFI de la commune, élu au premier tour avec plus de cinquante pour cent des voix dans une ville où les Français de souche sont désormais une minorité dans leur propre pays.
Le message au reste de la France était limpide : voilà mon socle, voilà ma base, voilà l’électorat sans lequel je ne suis rien et avec lequel je prétends tout.
Saint-Denis sous Doriot était une forteresse ouvrière française.
Saint-Denis sous Bagayoko est une vitrine de ce que Mélenchon appelle la nouvelle France.
Le miroir est dévastateur.
Annie Ernaux était là, Prix Nobel de littérature en keffieh palestinien, venue faire la leçon de féminisme à une ville majoritairement musulmane.
Il faut s’arrêter sur cette scène parce qu’elle résume à elle seule toute la schizophrénie de la gauche française contemporaine.
Annie Ernaux a construit sa carrière littéraire et médiatique sur la dénonciation du patriarcat, de la domination masculine, de la violence faite aux femmes.
C’est son droit, c’est même son fonds de commerce.
Mais Annie Ernaux, dans sa ville de Cergy, n’a jamais eu à vivre dans un quartier où les femmes sortent voilées, où les petites filles sont excisées, où le mariage forcé est une pratique courante, où la mixité dans les espaces publics est une transgression.
Annie Ernaux parle du patriarcat depuis un appartement confortable à l’abri de toutes ses conséquences réelles.
Et elle vient le faire à Saint-Denis, devant un public dont une partie significative considère que la femme est inférieure à l’homme par décret divin.
Soit elle ne sait pas où elle est.
Soit elle s’en moque royalement.
Dans les deux cas, c’est une imposture, et le keffieh autour du cou n’est pas un symbole de solidarité : c’est un signe de ralliement tribal, l’uniforme d’une gauche qui a troqué la lutte des classes contre la guerre des civilisations, mais du mauvais côté.
Car Mélenchon n’a pas choisi l’islam politique par conviction profonde, par sympathie théologique, par admiration pour la civilisation arabo-musulmane.
Il l’a choisi parce que les voix sont là et parce qu’elles se déplacent en bloc.
La Seine-Saint-Denis vote, les banlieues votent, et elles votent massivement pour celui qui leur signale qu’il est de leur côté contre la France de souche, contre le RN, contre ce qu’il appelle désormais le suprémacisme blanc.
Le mot était dans son discours de Saint-Denis.
Mélenchon accuse le Rassemblement national de promouvoir un suprémacisme blanc.
Cela, devant un public largement issu de l’immigration, dans une ville où les Français de souche sont devenus minoritaires, avec en toile de fond la créolisation de la France qu’il promeut depuis des années comme si c’était une promesse et non une menace.
La créolisation : il faut s’y arrêter parce que le mot est un mensonge habillé en poésie. Mélenchon emprunte le concept à Édouard Glissant, écrivain martiniquais, pour désigner le métissage généralisé de la population française.
Ce qu’il ne dit pas, ce qu’il sait parfaitement mais tait soigneusement, c’est que la créolisation ne se produit pas dans le vide : elle suppose un peuple d’accueil qui se dissout dans l’afflux, une identité majoritaire qui recule jusqu’à disparaître, des repères culturels, religieux, linguistiques qui s’effacent au profit d’une bouillie multiculturelle que personne n’a choisie et que personne ne peut définir.
La créolisation, c’est le grand remplacement avec un sourire et un Prix Nobel de littérature en keffieh pour la caution intellectuelle.
Mélenchon l’assume, il le vend, et il trouve des acheteurs parce que ce pays a laissé entrer suffisamment de monde pour que l’opération soit désormais électoralement rentable.
Et pour brouiller les pistes auprès des Français qui ne sont pas encore convaincus, les drapeaux tricolores ont été déployés en fin de meeting.
La Marseillaise a retenti avant l’Internationale.
Mélenchon nous rejoue le coup du patriotisme de circonstance, exactement comme le Parti communiste en 1934 quand il passa brutalement de l’internationalisme révolutionnaire à l’union sacrée nationale pour capter un électorat ouvrier qui lui échappait au profit des ligues.
La manœuvre est vieille d’un siècle, elle est transparente pour quiconque a un minimum de mémoire politique, et elle fonctionnera quand même sur les naïfs.
Elle a toujours fonctionné parce que la naïveté est une ressource inépuisable.
Restait à régler la question de la gauche concurrente.
Mélenchon s’en est chargé avec l’efficacité brutale qu’on lui connaît : la primaire, c’est terminé.
Lui seul peut battre le RN, lui seul mérite l’investiture, les autres n’ont qu’à se soumettre ou se démettre.
Les Ruffin, les Glucksmann, les Hollande, les Cazeneuve, les Corbière et les Garrido qui prêchaient la primaire depuis des mois se retrouvent face à un choix simple : venir négocier à Canossa en position d’infériorité totale, ou tenter leur chance en solitaire pour finir à 1,75 % comme Hidalgo en 2022.
Certains iront à Canossa, la tête basse et le sourire contraint, parce que le pouvoir attire même les plus orgueilleux dès lors qu’il prend la forme d’un strapontin ministériel.
D’autres se sacrifieront sur l’autel de leur propre ego et grossiront la liste des humiliations électorales de la gauche française.
Les deux issues arrangent Mélenchon, qui a compris depuis longtemps que ses alliés sont ses premiers serviteurs.
Ce qui se passe sous nos yeux n’est donc pas une résurgence de Doriot.
Ce n’est même pas une trahison au sens noble du terme, qui suppose une conviction préalable qu’on abandonne au prix d’un déchirement.
C’est quelque chose de plus sordide et de plus banal : un appareil politique qui a froidement soldé le peuple français pour un autre électorat, plus docile, plus identifiable, plus mobilisable, plus communautarisé.
Doriot avait une vision de l’Europe, un ennemi qu’il avait désigné clairement, et il est mort en le combattant sur un front de neige et de boue.
On peut le juger, on peut contester ses choix, on peut considérer qu’il s’est trompé sur les moyens.
Mais il croyait en quelque chose, et cette chose avait un nom, et il a payé de sa personne pour la défendre.
Mélenchon, lui, ne croit en rien. Il veut l’Élysée. Le reste est négociable, y compris la France.
Et c’est précisément pour ça que le comparer à Doriot est une erreur : Doriot, au moins, avait le mérite de ses convictions.
Mélenchon n’a que le cynisme des siennes.
Par Jérôme Viguès
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