vendredi 10 avril 2026

LA CHRONIQUE DE BALBINO KATZ " VENTS ET MARÉES " !

jeudi, 09 avril 2026

Du sol au sang : la citoyenneté au bord de la rupture

Quelques rappels des principes de base concernant la nationalité… et sa  déchéance

Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées

 

Je suis assis, comme souvent ces jours-ci, à la même table du Mar Azul, à l’angle de Rodríguez Peña et de Tucumán. 

La lumière de Buenos Aires entre de biais par la vitre, avec cette douceur poussiéreuse des villes portuaires qui n’ont jamais tout à fait renoncé à leur mélancolie.

 Sur mon lecteur, à côté de mon café et de mon tostadito, l’article que consacre Libération à l’audience imminente de la Cour suprême des États-Unis défile, avec cette gravité un peu appuyée qui sied aux grandes causes morales.

 

Le papier de Frédéric Autran, au titre sonore et joliment rédigé, « Droit du sol aux États-Unis, la Cour suprême prise à patrie », plante le décor d’une « bataille épique » autour du quatorzième amendement. 

L’auteur rappelle avec emphase que ce texte, adopté après la guerre de Sécession, visait à garantir la citoyenneté des anciens esclaves, et qu’il a depuis consacré une conception territoriale de la nation, fondée sur la naissance. 

Il insiste également sur la continuité historique de cette interprétation, solidement ancrée depuis l’arrêt Wong Kim Ark de 1898, qui avait reconnu la citoyenneté d’un enfant né de parents chinois sur le sol américain .

L’ensemble est écrit dans une tonalité que l’on pourrait dire militante, où l’adversaire est clairement désigné. Donald Trump y apparaît comme le promoteur d’une vision restrictive, voire "blanche" (reflétant la haine de soi de l’auteur), de la citoyenneté, tandis que le droit du sol est présenté comme la clef de voûte d’une promesse universaliste. 

L’article va jusqu’à évoquer le spectre d’une « société de castes » si ce principe venait à être remis en cause .

Ce récit, pourtant, procède par omissions. 

Lorsqu’il évoque l’Amérique espagnole et l’abandon du droit du sang au profit du droit du sol au début du XIXe siècle, il oublie d’en dire les conséquences concrètes.

 Car cette mutation juridique, qui fit passer les hommes du statut de sujets à celui de citoyens abstraits, eut aussi pour effet de dissoudre les protections collectives dont bénéficiaient les communautés indigènes sous la couronne. 

En les transformant en individus isolés, on les livra sans défense aux appétits fonciers des élites créoles. 

L’égalité proclamée servit de levier à une dépossession bien réelle.

Cette tension entre abstraction juridique et réalité sociale, Libération la contourne avec une habileté qui n’est pas sans méthode. 

Elle préfère inscrire le débat dans une dramaturgie morale, opposant ouverture et fermeture, progrès et réaction, comme si l’histoire n’était qu’un tribunal où les bons sentiments tiennent lieu de droit. 

Pourtant, la question posée est d’une autre nature, presque anthropologique, qu’est-ce qu’un citoyen, et, plus encore, de quoi procède cette appartenance que l’on prétend distribuer avec tant de légèreté ?

Dans sa définition libérale, héritée des Lumières et des révolutions atlantiques, la citoyenneté est d’abord un statut juridique abstrait. 

Elle repose sur l’idée que l’individu, dégagé de ses appartenances premières, peut être reconnu comme sujet de droit par le seul fait de sa naissance sur un territoire ou de son adhésion formelle à un ordre  politique.

 Cette conception privilégie l’égalité des droits, la neutralité de l’État et l’universalité des principes. 

Elle postule que la nation est un contrat, et que ce contrat peut s’étendre indéfiniment sans altérer sa nature.

 Dans cette perspective, le droit du sol apparaît comme l’expression la plus pure de cette logique, il suffit d’être né quelque part pour en être.

 

À l’inverse, la conception identitaire de la citoyenneté, que l’on retrouve dans les sociétés anciennes comme dans la tradition européenne, repose sur une idée plus organique du corps politique.

 Être citoyen ne se réduit pas à un enregistrement administratif, c’est appartenir à une communauté historique, façonnée par une langue, des mœurs, une mémoire commune. 

La citoyenneté y est moins un droit qu’un héritage, moins une abstraction qu’une continuité. 

Elle suppose une forme d’incorporation, au sens presque charnel du terme, où l’individu est reconnu comme membre parce qu’il participe effectivement à la vie et au destin du groupe.

 Dans cette optique, le simple fait de naître sur un territoire ne suffit pas, encore faut-il être, d’une manière ou d’une autre, "des nôtres".

Entre ces deux visions se joue, en réalité, l’un des conflits les plus profonds de notre temps. 

Car la première tend à dissoudre les appartenances dans l’universalité des normes, tandis que la seconde rappelle que toute communauté politique repose, en dernière instance, sur une forme de délimitation. 

 

Comme le notait déjà Guillaume Faye, toute société qui renonce à se définir finit par être définie par d’autres. 

Le débat américain, sous ses dehors techniques, ne fait que révéler cette ligne de fracture. 

Il ne s’agit pas seulement de savoir qui est citoyen, mais de déterminer ce que signifie encore appartenir.

Du côté américain, tel que le rapportent les analyses publiées sur Fox News, le débat est ramené à une lecture littérale du texte constitutionnel. 

Tout se joue autour d’une formule, « subject to the jurisdiction thereof », c’est-à-dire « soumis à la juridiction » des États-Unis. 

Les partisans de la réforme soutiennent que cette clause n’a jamais eu vocation à inclure les enfants de personnes présentes illégalement ou temporairement sur le territoire.

Le raisonnement est simple, presque brutal. 

Si l’on considère que toute naissance sur le sol confère automatiquement la citoyenneté, alors, selon eux, on crée un mécanisme irréversible aux effets cumulatifs. 

Les textes que j’ai sous les yeux évoquent une « attraction puissante » pour l’immigration illégale, la multiplication du tourisme de naissance, et même des risques de sécurité nationale liés à l’accès ultérieur de ces enfants à des fonctions sensibles . 

La formule est rude, mais révélatrice : atteindre le sol américain et y donner naissance reviendrait à « garantir un ancrage permanent » pour toute une famille.

Selon les analyses diffusées par Fox News, le droit du sol, dans sa forme automatique et indifférenciée, agit comme un puissant dissolvant des frontières  politiques

Il alimente d’abord un phénomène déjà ancien, celui du birth tourism, cette industrie discrète mais florissante par laquelle des étrangers viennent accoucher sur le sol américain afin d’assurer à leur enfant la citoyenneté. 

À mesure que la règle se banalise, elle cesse d’être un principe et devient un levier. Toute naissance, fût-elle le fruit d’un simple passage, confère un droit irrévocable. 

La conséquence est limpide : le territoire cesse d’être une réalité historique pour devenir une opportunité administrative. 

Dans le même mouvement, le droit du sol fonctionne comme un aimant migratoire. 

Il envoie au monde un message sans ambiguïté, il suffit d’atteindre le sol pour ouvrir une brèche dans la souveraineté, et cette brèche engage l’avenir.

À cela s’ajoutent des implications plus profondes, que les commentateurs américains évoquent sans détour.

 La citoyenneté ainsi octroyée peut concerner les enfants d’agents liés à des puissances adverses ou à des organisations criminelles déjà implantées sur le territoire, introduisant dans le corps civique des loyautés incertaines, parfois concurrentes. 

Surtout, elle désarme l’État dans l’exercice même de sa fonction régalienne. 

L’expulsion de parents dont l’enfant est devenu citoyen transforme la loi en spectacle, la décision en drame, et l’autorité en supplication. 

Ce que l’on nomme là-bas les anchor babies devient alors moins une formule qu’un mécanisme, une manière d’ancrer juridiquement des présences qui n’étaient au départ que contingentes. 

Ainsi se dessine, en filigrane, une mutation silencieuse : la citoyenneté n’est plus l’aboutissement d’une appartenance, mais le produit d’une circonstance.

On retrouve là une logique que Carl Schmitt aurait reconnue sans peine, celle de la distinction entre l’appartenance concrète et la simple présence physique. Le territoire n’est plus seulement un espace, il devient une frontière  politique, et la citoyenneté, un acte de décision.

Dans l’autre document, plus factuel, il est précisé que le décret signé par Donald Trump dès son retour au pouvoir vise à exclure de la citoyenneté automatique les enfants nés de parents en situation irrégulière ou titulaires de visas temporaires .

 L’affaire, désormais pendante devant la Cour suprême, pourrait affecter des centaines de milliers de naissances chaque année et bouleverser plus d’un siècle de jurisprudence.

Les juristes eux-mêmes, y compris parmi les conservateurs, reconnaissent que la tâche sera ardue. 

La jurisprudence est ancienne, les précédents nombreux, et l’arrêt Wong Kim Ark demeure une pierre d’angle difficile à déplacer . 

La bataille n’est donc pas seulement juridique, elle est symbolique.

C’est ici qu’apparaît ce que l’on nomme aujourd’hui la fenêtre d’Overton. 

Il y a encore dix ans, une telle remise en cause du droit du sol eût été tenue pour extravagante. 

Aujourd’hui, elle est discutée, argumentée, portée devant la plus haute juridiction du pays. Que la réforme aboutisse ou non importe moins que ce déplacement du pensable.

Depuis Buenos Aires, cette question prend un relief particulier. 

L’Argentine, longtemps terre d’immigration, a elle aussi vu se transformer le sens de la citoyenneté. 

Les années kirchnéristes ont favorisé des naturalisations massives, souvent liées à des logiques clientélaires, notamment en direction de populations venues de Bolivie ou du Paraguay.

 La citoyenneté y devient, comme ailleurs, un instrument politique autant qu’un statut juridique.

Ce processus trouve son expression la plus visible dans l’extension des villas miserias, ces enclaves surgies au cœur même de la capitale, dont la Villa 31, adossée aux artères élégantes de Retiro, offre l’exemple le plus saisissant. 

Là, dans l’ombre des tours et à deux pas des gares, s’est constitué un monde parallèle, où l’État n’entre qu’avec prudence et où la loi commune se dilue dans des rapports de force plus élémentaires. 

Cette urbanisation sauvage, nourrie par des flux migratoires continus et mal régulés, ne relève pas seulement de la misère sociale, elle est aussi le symptôme d’un défaut d’ordonnancement politique. 

Car là où la citoyenneté est distribuée sans exigence, elle ne produit ni cohésion ni loyauté, mais juxtaposition. 

La violence qui s’y développe, trafics, règlements de comptes, économie informelle, n’est pas un accident, elle accompagne cette désagrégation lente du cadre national.

 Ainsi, au cœur même de Buenos Aires, se donne à voir ce que devient une nation lorsque la citoyenneté cesse d’être une forme et devient un flux.

La France, quant à elle, observe encore ce débat avec une certaine distance, feinte ou réelle. Pourtant, il est probable qu’elle en sera bientôt le théâtre. 

Le droit du sol, dans sa version contemporaine, constitue l’un des derniers mécanismes permettant la constitution progressive de blocs électoraux durables dans certains territoires. Les succès récents de La France insoumise dans des zones à forte mutation démographique en portent témoignage.

Ainsi, d’un continent à l’autre, une même interrogation affleure, obstinée. 

La citoyenneté est-elle un héritage, une appartenance, ou une simple conséquence géographique ? 

Entre le sol et le sang, entre l’histoire et l’abstraction, les nations hésitent, tâtonnent, se contredisent.

Assis à ma table, je songe que ces débats, qui agitent les cours suprêmes et les rédactions parisiennes, ressemblent à ces marées que l’on observe en Bretagne. 

Elles montent lentement, presque imperceptiblement, puis, un jour, elles recouvrent tout.

 

Article paru sur Breizh-Info, (cliquez ici)

08:57 Publié dans Balbino Katz

jeudi 9 avril 2026

PARIS ET SES " NO GO -ZONES " SELON LE LIVERPOOL FC !

 

Châtelet, Pigalle, gare du Nord : les « no-go zones » de Paris, selon le Liverpool FC

Pour leur propre sécurité, les touristes anglais sont invités à éviter certains quartiers de Paris…
FOOTBALL

Un Anglais averti en vaut deux. 

En prévision du quart de finale aller de Ligue des champions qui se déroulera ce mercredi, le Liverpool FC a envoyé un appel à la prudence à ses supporters faisant le déplacement à Paris. 

 « Il est conseillé aux supporters d’emprunter la ligne 9 du métro jusqu’à la station Porte de Saint-Cloud.  

N’empruntez PAS la ligne 10 du métro, elle est réservée aux Ultras du PSG », exhorte le compte officiel des fans des Reds. 

Des affrontements entre supporters sont redoutés, mais aussi des actes de délinquance commis par « bandes ». 

 « Les fans doivent éviter les zones suivantes : gare du Nord, Pigalle et le centre-ville (Châtelet) », est-il conseillé par le collectif, qui souligne la dangerosité des « bandes »

 

 

Sur X, l’eurodéputée Sarah Knafo s’est désolée de la réputation déplorable dont pâtit aujourd’hui Paris à l’étranger.  

« Le club de football de Liverpool est obligé de diffuser des consignes de sécurité à ses supporters qui se déplacent à Paris. 

 Précaution, hélas, tout à fait justifiée

Les fans de Liverpool gardent en mémoire le traumatisme de la finale de Ligue des champions 2022 au Stade de France quand des milliers d’entre eux, y compris des enfants et des femmes enceintes, ont été livrés à la violence et au pillage de bandes de délinquants pendant plus d’une heure devant des forces de l’ordre dépassées et impuissantes », rappelle-t-elle.

Un précédent douloureux

Les fans de Liverpool gardent en effet un souvenir douloureux de leur déplacement en France, lors de la finale de Ligue des champions perdue face au Real en 2022, au Stade de France. 

Sur les vidéos mises en ligne dans la soirée, sur Twitter, on avait vu des groupes d’hommes dépouiller les touristes européens, fondre sur leurs proies à dix contre un, s’en prendre à des pères de famille, à des femmes, à des adolescents traînés sur plusieurs mètres pour leur arracher leurs téléphones. 

Comble de l’injustice : les malheureux avaient été pointés du doigt par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, qui avait préféré rejeter la faute sur les victimes - les fameux « supporters britanniques » - pour ne pas avoir à désigner le profil réel des coupables.

 

Lorsqu’une sénatrice l’interrogea publiquement sur le véritable profil des fauteurs de trouble qui avaient été arrêtés par la police, Gérald Darmanin refusa de répondre. « Je n’ai pas à donner la nationalité des personnes que nous interpellons.

 C’est très nauséabond. Vous faites le jeu des partis extrêmes », répliqua-t-il, sèchement.

 

 Peine perdue : on avait compris quel était le profil des personnes placées en garde à vue, ce soir-là.

Le danger des « no-go zones »

Les règles de survie données aux supporters du Liverpool FC mettent cruellement en lumière la cour des Miracles qu’est devenue la capitale française. 

En plusieurs points de la ville, la sécurité n’est tout simplement plus assurée. 

Ce constat avait été dressé, il y a dix ans, déjà, par la chaîne américaine Fox News qui avait fait état de « no-go zones » dans Paris.

 Bien évidemment, la presse française de gauche avait immédiatement nié l’évidence et s’était gaussée de ce « mythe » lancé par une chaîne d'info « ultraconservatrice ».

 

Sauf que les Américains et les Britanniques ne sont pas les seuls à éviter certaines zones de Paris. 

Les Japonais, aussi, sont parfaitement conscients de l’insécurité qui sévit dans la capitale. 

En 2022, une carte à destination des touristes nippons avait fait grand bruit : on y voyait, sur la rive gauche de la Seine, des zones présentées comme « globalement sûres » colorées en vert, en opposition aux arrondissements du nord de Paris, recouverts de rouge et vivement « déconseillés »... 

Qu’ont donc ces « no-go zones » en commun ?  

 

« Liverpool FC sait, tout le monde sait », avait résumé Éric Zemmour.

 

 Picture of Jean Kast

Par Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société
Source : https://www.bvoltaire.fr/ 
 
jmlb
 
Foutons les Dehors !  Fissa.........


LES GAUCHISTES TIRENT À BOULETS ROUGE SUR L' ÉCRIVAIN BOUALEM SANSAL !

 REVUE DE PRESSE !

Boualem Sansal : finalement, ils l’aimaient mieux dans les geôles algériennes !

Pour les médias de gauche, relayés par la presse algérienne, Boualem Sansal est « la mascotte de l’extrême droite ».
@BV
@BV

C’est une enquête de Libération parue le 1er avril qui a lancé l’offensive.

 Un chapô, accrocheur s’il en est, dénonce « un million d’euro d’à-valoir, un appartement parisien tous frais payés, proximité avec Sarkozy et Bardella... »

 Le départ de l’écrivain, passé de Gallimard chez Hachette, est une bombe lâchée dans le monde de la bien-pensance. 

Pire : « une rupture affective et idéologique, qui éclaire la droitisation assumée d’un romancier, désormais dans une écurie Bolloré », écrit Libération, repris par la presse de gauche et, bien sûr, les médias algériens.

Jusqu’ici, on lui pardonnait parce qu’il était rigolo

Certes, ils y mettent un peu les formes, mais le propos est simple à résumer : Boualem Sansal est un traître, un homme vénal, par-dessus tout un ingrat. 

La preuve, il est passé chez Bolloré, allant jusqu’à se commettre dans des rencontres littéraires où trônaient Knafo et Bardella. 

Quant à sa détention, elle n’a pas été si dure qu’on le prétend : les Algériens ont fort bien soigné son cancer et s’il n’a pas été libéré plus tôt, c’est à cause de l’affreux Retailleau, si méchant avec le président Tebboune.

 En gros.

Libération avait titré sur . Le Monde voit, quant à lui, « un malaise grandissant » autour de l’auteur quand Le Nouvel Obs estime que les troupes de Bolloré lui ont carrément « retourné le cerveau », jusqu’à en faire « la mascotte de l’extrême droite ». 

Ce qui fait le bonheur de la presse algérienne

« La liesse aura été de courte durée », écrit Le Monde

On pourrait ajouter que le soutien à Boualem Sansal l’a été également, la presse de gauche, très « algérophile » et très « retailleauphobe », s’étant longtemps contentée du strict minimum. 

 

C’était encore trop, sans doute, car « de martyr de la liberté d’expression […], Boualem Sansal s’est progressivement révélé sous un autre jour : une figure ambivalente, pour ne pas dire ambiguë, dont les postures fluctuantes et les déclarations dans plusieurs médias proches de l’extrême droite désorientent jusqu’à ses proches ».

 

Jusqu'ici, on le trouvait drôle, nous dit-on, et malgré « sa dénonciation sans concessions de l’islamisme, l’homme avait toujours charmé par son sourire malicieux, sa liberté de parole et son talent littéraire ». 

En somme, on lui pardonnait ses égarements. 

Mais voilà, « aujourd’hui, face à ce qui ressemble de plus en plus à un glissement vers la droite radicale, les mêmes voient remonter un flot de phrases anciennes et troublantes, notamment ses prédictions apocalyptiques sur les menaces d’islamisation pesant sur la France et sa critique acerbe du pays dont il a acquis la nationalité en 2024 ».

Obsédé par « les ravages de l’islamisme »

C’est le départ de la maison Gallimard pour Grasset qui aurait fait tomber les masques… et justifié a posteriori le peu de soutien de la gauche pour l’écrivain pris en otage.  

Le Monde en est sûr, « ce revirement n’est pas seulement une décision individuelle mais l’aboutissement d’une sourde dissension, à la fois tactique et politique, qui a divisé ses soutiens dès le début de sa captivité ».

 

Boualem Sansal était en fait « devenu l’acteur et l’enjeu d’un combat dépassant, de loin, la littérature et la liberté de l’écrivain ».

Dans Le Nouvel Obs, on le dit étourdi par sa soudaine célébrité : « Boualem a changé du tout au tout, depuis son séjour en prison […]

L’homme doux et rêveur, le "vieux Sachem", se serait endurci, enclin à des accès de brusquerie. 

Surtout, voilà cet écrivain, qui s’est toujours revendiqué "au-dessus des partis politiques", devenu "la mascotte de l’extrême droite". »

 Et tous de détailler les tractations financières autour d’un homme que sa détention aurait rendu à la fois totalement désargenté et totalement déboussolé.

 

Mais on l’a compris, le fond du problème, c’est le positionnement de Boualem Sansal face à l’islam et l’islamisme : « Depuis une quinzaine d’années, ses déclarations et prises de position flirtent avec les obsessions conservatrices et réactionnaires », écrit L’Obs, pointant les entretiens accordés à Frontières où « il théorisait une fumeuse (sic) "grande conversion" du monde occidental à l’islam ». 

 

Ils ont oublié celui avec BV !

 L’homme aurait vrillé, cédé au délire « comme son compatriote Kamel Daoud » après avoir vécu la décennie noire, quand l’islamisme a ravagé l’Algérie à la fin du siècle dernier.

Il est évidemment plus simple de faire de Boualem Sansal un malade, victime du syndrome post-traumatique dû à sa détention, voire de le transformer en pauvre vieillard âpre au gain et manipulé par l’extrême droite, que de s’interroger sur le bien-fondé de ses analyses. 

Le voilà donc renvoyé, comme Michel Houellebecq – l’ami cité à charge –, dans les basses fosses de la (facho)sphère Bolloré.

 

 Picture of Marie Delarue

Par Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste