mardi 12 mai 2026

UN PEUPLE QUI NE SAIT PLUS POURQUOI IL EXISTE NE PEUT SE FAIRE RESPECTER ! ( JULIEN DIR )

 


 

TRIBUNE LIBRE !

France-Algérie :

 jusqu’où descendre dans la soumission 

à un pays qui nous méprise ?

Vue de Quimper, de Brest, de Pontivy ou de Saint-Brieuc, l’affaire prend un relief saisissant.

 Pendant que nos ministres s’agenouillent à Sétif devant le récit officiel d’un régime militaire en bout de course, pendant qu’Emmanuel Macron envoie sa ministre déléguée aux Armées s’incliner sur une terre où des civils français furent massacrés à coups de couteau en mai 1945, pendant que Boualem Sansal puis Christophe Gleizes croupissent ou ont croûpi dans les geôles d’Alger sans qu’on bouge le petit doigt — la Bretagne, elle, regarde, ne comprend pas, et finit par se demander à quoi sert encore Paris.

Posons la question crûment, à la bretonne : qu’avons-nous à voir, nous, avec cette obsession ?

 

Une histoire qui n’est pas la nôtre

Soyons précis. La Bretagne n’a jamais colonisé l’Algérie. 

Aucun Breton n’a débarqué à Sidi-Ferruch en 1830 pour annexer la régence d’Alger au nom de Charles X. 

Les Bretons qui ont traversé la Méditerranée l’ont fait, majoritairement, sous l’uniforme français, comme conscrits envoyés mourir loin de chez eux pour une cause qui n’était pas la leur.

 Trente mille soldats français morts entre 1954 et 1962 : combien de Bretons parmi eux ?

 Beaucoup. Trop.

 Des gars de Pontivy, de Carhaix, de Lannion, de Concarneau, expédiés dans le djebel à 20 ans, parfois pour ne jamais revenir, ou pour revenir brisés, alcoolisés, mutiques jusqu’à leur mort.

Ces Bretons-là, on les a déjà oubliés.

 Aucune stèle ne les célèbre à Alger. Aucun ministre ne va déposer de gerbe pour eux. 

Pas plus d’ailleurs qu’on n’évoque les marins bretons capturés par les corsaires barbaresques aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, vendus comme esclaves sur les marchés d’Alger, de Tunis et de Tripoli.

 Plus d’un million d’Européens réduits en esclavage par les razzias musulmanes en Méditerranée entre 1530 et 1780 selon l’historien Robert C. Davis — chiffre que l’on ne murmure jamais lors des cérémonies du souvenir. 

 La piraterie barbaresque a frappé la Bretagne : les côtes du Léon, du Trégor, du Vannetais ont été pillées, des Bretonnes enlevées, vendues, violées. 

Mais cela, bien sûr, ne fait pas partie de « la mémoire à apaiser ».

La mémoire à apaiser, voyez-vous, ne va que dans un sens.

 

Une Bretagne qui ne doit rien à l’Algérie

Et l’Algérie, qu’a-t-elle apporté à la Bretagne, au juste ? Rien. Strictement rien. Ni un livre, ni une technologie, ni un capital, ni une œuvre d’art.

 Tout l’échange, depuis 1962, a été à sens unique : la France finance, l’Algérie reçoit ; la France accueille, l’Algérie expulse ses propres enfants vers chez nous ; la France s’excuse, l’Algérie exige toujours davantage.

 

 Pendant ce temps, les Bretons financent — par leurs impôts — l’aide au développement algérienne, les transferts sociaux à la diaspora, les régularisations massives et les visas généreusement consentis à des ressortissants d’un pays qui ne nous a jamais rendu un seul geste.

Et quand un Christophe Gleizes — journaliste français passionné de football kabyle, parti enquêter sur un sport qu’il aimait — se retrouve condamné à sept ans de prison pour avoir interviewé les mauvaises personnes, que fait Paris ? 

Rien. Pas une sanction.

 Pas une rupture diplomatique. Pas une suspension des visas. Rien. 

Pendant ce temps, ce sont des Bretons qui paient l’impôt qui paie les diplomates qui paient les voyages des ministres qui vont s’aplatir à Alger.

À ce stade, ce n’est plus de la diplomatie. 

C’est du masochisme institutionnalisé.

 

Sétif, Oran, harkis : et nos morts à nous ?

L’affaire devient franchement obscène quand on regarde de plus près ce que Paris valide officiellement en envoyant ses ministres à Sétif.

 Le récit officiel algérien évoque « 40 000 morts » lors des événements de mai 1945 — chiffre lancé sans vérification par une source diplomatique américaine pro-indépendantiste, et que tous les historiens sérieux, archives de Vincennes à l’appui, situent entre 7 000 et 10 000.

 

Quant aux 103 civils européens massacrés dans la région avant la répression — assassinés à coups de hache, de gourdin, de couteau, parmi lesquels une fillette de huit ans —, ils n’existent plus dans le récit officiel.

 Effacés. Inexistants.  Pas un mot d’Alice Rufo pour eux. 

La République française, ce 8 mai 2026, a officiellement validé l’effacement de ses propres morts. 

Au nom de quoi ? De l’« apaisement des mémoires » ? 

Quel apaisement, quand une seule mémoire est reconnue, et l’autre piétinée ?

 

Et Oran, juillet 1962 ? 

Plusieurs centaines de civils européens égorgés en quelques heures dans une ville déjà officiellement indépendante, sous le regard des troupes françaises consignées dans leurs casernes par ordre venu d’en haut. 

Pas une commémoration. 

Pas une cérémonie. Pas un mot officiel.

 

Et les harkis ?

 Deux cent mille soldats qui se sont battus pour la France, dont des dizaines de milliers — les chiffres varient selon les historiens, de 10 000 à 80 000 selon les estimations — furent torturés et massacrés après le cessez-le-feu pendant que la République regardait ailleurs et refusait leur rapatriement.

 Les survivants, parqués dans des camps en métropole jusqu’à la fin des années 1970, sont morts oubliés.

 Le FLN, devenu État, n’a jamais reconnu un seul de ces crimes.

 Pas. Un. Seul.

Et c’est nous qui devrions nous excuser ?

 

La question bretonne

Vue de Bretagne, tout cela paraît délirant. Nous avons, nous, notre propre rapport à l’histoire, complexe, douloureux par moments — l’union de 1532, les chouans, les noyades de Carrier à Nantes, la francisation forcée du XIXᵉ siècle, les coups de règle sur les doigts des enfants qui parlaient breton à l’école. 

Mais nous ne demandons pas à Paris des excuses publiques tous les six mois.

 Nous ne défilons pas en brûlant le drapeau français sur les Champs-Élysées.

 Nous ne nous massons pas à 50 000 dans les rues pour chanter un hymne étranger après une victoire sportive dans les rues de Paris. 

 

 Et pourtant, en termes de droits historiques, nous aurions infiniment plus à dire que tel ou tel ressortissant algérien de troisième génération.

Les Bretons ont versé leur sang pour la France pendant des siècles. 

À Verdun, à Bir Hakeim, en Indochine, en Algérie.

 Ils n’ont rien demandé en retour, sinon qu’on les laisse vivre tranquilles, parler leur langue quand ils le souhaitent, et ne pas voir leur région transformée en zone de déversement migratoire pour des populations qu’ils n’ont jamais invitées.

Aujourd’hui, on demande aux Bretons de financer, par leurs impôts, l’expression publique d’une haine anti-française organisée depuis Alger, et reprise en chœur dans certains quartiers de nos métropoles.

 Au nom de quoi ?

 

Ce qu’il faut imposer à l’Algérie ;

Premièrement, abroger les accords franco-algériens de 1968 et leur régime de faveur migratoire exorbitant. Aucun autre pays au monde ne bénéficie d’un tel privilège. Il n’a plus aucun sens.

 

Deuxièmement, suspendre tous les visas algériens tant que Christophe Gleizes n’est pas libéré. La fermeté est la seule langue que comprennent les régimes voyous.

 

Troisièmement, instaurer la déchéance de nationalité automatique pour tout binational coupable d’infraction grave, et expulsion immédiate vers le pays d’origine.  La fin du double passeport, et la proposition généralisée de retour au pays pour TOUS les algériens si ils aiment tant que cela leur pays d’origine.

 

Quatrièmement, cesser toute commémoration unilatérale sur le sol algérien tant que les massacres de Sétif (civils français), d’Oran, le calvaire des harkis et l’expulsion des pieds-noirs ne sont pas reconnus officiellement par Alger.

 

Cinquièmement, ouvrir enfin un débat sérieux sur l’esclavage barbaresque, qui a frappé nos côtes bretonnes pendant trois siècles. Si l’on fait la mémoire, qu’on la fasse entière.

 

Le vrai problème

Au fond, le drame français — et il devient le drame breton par contagion fiscale et migratoire — c’est qu’un peuple qui ne sait plus pourquoi il existe ne peut pas se faire respecter. 

La République française ressemble à ce mari cocu mais heureux qui filme sa femme en train d’avoir des relations sexuelles volontaires avec d’autres hommes.

La Bretagne, elle, sait pourquoi elle existe. 

Elle a une langue, une histoire, un territoire, des saints, des héros, un drapeau, un caractère.

 Elle se moque pas mal des querelles d’Alger et n’a jamais rien demandé aux Algériens — sinon qu’ils restent chez eux et nous laissent en paix.

Mais on nous oblige à payer. À nous taire. À regarder nos ministres ramper.

 À financer une diaspora qui crache sur notre drapeau, brûle notre maillot et menace nos enfants dans les transports parisiens. 

Et à fermer notre gueule, sous peine d’être traités de « racistes » par les bonnes consciences qui n’habitent pas, elles, dans les zones concernées.

 

Eh bien non. La Bretagne n’est pas raciste. Elle est lucide. Elle est lasse. Elle est en colère.

 Et elle commence à se demander, sérieusement, ce qu’elle gagne encore à appartenir à un ensemble politique qui se laisse insulter sans réagir, qui s’agenouille devant ses anciens adversaires en piétinant ses propres morts, et qui prélève sur les Bretons l’impôt qui finance cette servitude.

Il fut un temps où l’on disait : Plutôt la mort que la souillure. C’était la devise des chevaliers bretons.

 Aujourd’hui, à Paris, la devise semble être : Plutôt l’humiliation que le ressaisissement.

 

À ce compte-là, qu’on ne s’étonne pas si, dans dix ans, vingt ans, les Bretons décident de reprendre leurs affaires en main. 

Nous, au moins, nous savons encore qui nous sommes.

Par Julien Dir

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.




UN COMMERCE VISÉ POUR UN SIMPLE ENGAGEMENT POLITIQUE ! UNE EXTÊME GAUCHE QUI SE CROIT TOUT PERMIS ........;

 

Terrorisme antifa à Fougères. Un 

commerce vandalisé parce que 

la femme du gérant figurait sur une liste RN

À Fougères, dans la nuit du 7 au 8 mai 2026, la devanture du salon Maen Roch Tattoo, rue Châteaubriand, a été souillée par une inscription à la bombe noire : « Tangi nazi ». 

La cible désignée : Tangi Marion, conseiller municipal d’opposition à Maen Roch, élu sous l’étiquette du Rassemblement national lors du scrutin de mars dernier.

 Le gérant du salon, Christophe Pinault, dont l’épouse figurait comme colistière sans étiquette sur la liste de Tangi Marion, a rapidement fait repeindre la vitrine et annoncé son intention de déposer plainte.

 La vidéosurveillance du commerce a filmé les auteurs du tag. Tangi Marion s’est, de son côté, rendu au commissariat de Fougères dans l’après-midi du vendredi 8 mai.

 

Un commerce visé pour un simple engagement politique

L’histoire est devenue banale en Bretagne comme ailleurs : un commerçant, parfaitement étranger à la politique professionnelle, voit sa devanture transformée en mur d’insultes parce qu’un proche s’est présenté à une élection sous une étiquette qui déplaît aux militants d’une certaine extrême gauche.

 L’épouse du tatoueur n’était pas elle-même encartée. 

Elle avait simplement accepté de figurer sur une liste municipale, geste démocratique élémentaire dans un pays qui se prétend une République mature. 

Ce geste lui vaut, à elle et à son mari, de voir leur outil de travail dégradé et leur réputation associée à la pire des insultes contemporaines, celle de « nazi », jetée sans réfléchir au visage de quiconque ne partage pas la doxa de la gauche radicale.

Christophe Pinault a dit son indignation devant la lâcheté de l’opération, rappelant le caractère ouvert et respectueux de son établissement. Tangi Marion, lui, a souligné la portée particulièrement abjecte de l’inscription un 8-Mai, date anniversaire de la victoire des alliés contre le nazisme réel.

 

Une extrême gauche qui se croit tout permis

Ce tag fougerais n’a rien d’un fait isolé. 

Permanences vandalisées, affiches lacérées, élus locaux menacés, commerçants pris à partie pour leurs sympathies supposées : la liste des intimidations subies par les sympathisants ou simples colistiers du RN, de Reconquête ou de toute droite identifiée s’allonge chaque semaine sans susciter la moindre indignation officielle. 

Les groupuscules d’ultragauche, antifas autoproclamés, militants de la « lutte » à géométrie variable, se sentent manifestement en roue libre. 

Et pour cause : ils savent que la police, débordée ou tenue par d’autres priorités, classera la plupart de leurs forfaits dans la rubrique anonyme des « dégradations », sans suite judiciaire visible. Ils savent surtout que le climat médiatique leur est entièrement favorable.

Depuis des années, une partie de la presse française s’est spécialisée dans la traque sémantique de tout ce qui, de près ou de loin, pourrait être étiqueté « extrême droite ». 

Un boulanger qui affiche un drapeau régional, un maire qui s’oppose à une implantation de mosquée, un universitaire qui questionne l’immigration : tous deviennent, sous la plume de quelques rédactions militantes, les avant-postes d’un péril fascisant supposé menacer la République. 

Cette construction permanente d’un ennemi imaginaire fournit, dans les faits, une caution morale aux passages à l’acte de l’autre extrême — celle qui taggue, casse, intimide.

Quant aux autorités, leur silence est éloquent. 

Le ministère de l’Intérieur multiplie les communiqués alarmistes sur la menace « d’ultradroite » — concept aussi flou que politiquement commode — mais peine à reconnaître l’existence d’une violence d’ultragauche, pourtant documentée chaque mois par les services de renseignement eux-mêmes. 

Dans cette dissymétrie soigneusement entretenue, les militants d’extrême gauche ont compris qu’ils bénéficiaient, sinon d’une complaisance, du moins d’une tolérance qui confine à l’encouragement.

 

Un climat qui n’a rien d’anecdotique

À Fougères, le tatoueur a repeint sa vitrine en quelques heures. 

La trace matérielle a disparu.

 La trace politique, elle, demeure : celle d’un pays où exprimer une préférence électorale ou simplement accepter de figurer sur une liste vaut désormais désignation publique, dégradation de bien privé et insulte gravée à la bombe.

 La démocratie ne se mesure pas seulement au nombre d’urnes installées un dimanche matin. 

Elle se mesure aussi à la capacité d’un commerçant à ouvrir sa boutique le lundi sans découvrir, sur sa devanture, une accusation infamante peinte par des inconnus qui se prennent pour des résistants.

L’enquête dira si les caméras ont permis d’identifier les auteurs. 

L’expérience suggère qu’il ne faudra pas trop compter sur les suites judiciaires.

 Le message, lui, est passé : à Fougères comme ailleurs, soutenir un candidat de droite nationale expose désormais à une vindicte que les autorités ne semblent pas pressées de combattre.

 

 Cela promet à quelques mois de l’élection présidentielle et des législatives..dans un climat qui sent réellement la poudre.

 

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.


ET AUSSI



D’où vient vraiment la violence Antifa ? Cinq siècles de fanatisme révolutionnaire

Quand des militants antifascistes venus d’Allemagne, d’Italie ou d’ailleurs débarquent dans les rues d’une capitale européenne pour rouer de coups des passants choisis pour leur seule apparence — comme à Budapest en février 2023 —, l’événement est rarement présenté pour ce qu’il est : la manifestation contemporaine d’une tradition idéologique vieille de cinq siècles.

 Joe Biden, alors président des États-Unis, avait coutume de répéter qu’Antifa n’était « qu’une idée, pas une organisation ». 

Curieuse idée, en vérité, qui sait coordonner ses descentes, choisir ses cibles et frapper de concert. 

Pour comprendre comment des élites politiques et médiatiques en sont venues à excuser, voire à défendre, cette violence de rue, il faut remonter le fil. Loin, très loin.

 

La violence n’est pas un accident de l’histoire

Tous les théoriciens sérieux du politique l’ont reconnu : la violence n’est pas extérieure à la vie politique, elle en constitue le revers permanent.

 De Hobbes, qui justifiait l’État par sa capacité à arracher l’homme à la « guerre de tous contre tous », à Max Weber définissant l’État moderne par son monopole de la coercition légitime, en passant par René Girard et son analyse du sacrifice comme mécanisme de canalisation des vengeances : la pensée occidentale n’a cessé de chercher comment encadrer ce phénomène inévitable.

L’illusion progressiste consistant à voir dans la violence un résidu archaïque destiné à disparaître par la seule grâce de l’éducation et du progrès moral n’a pas résisté à l’épreuve des faits. 

Steven Pinker a beau documenter le déclin de certaines formes de brutalité dans le monde occidental, la guerre russo-ukrainienne, les attentats djihadistes, les émeutes urbaines, les agressions politiques quotidiennes nous rappellent que la violence, comme la nature, revient toujours par la fenêtre lorsqu’on la chasse par la porte.

Et contrairement au préjugé courant, la plupart des actes violents ne sont pas commis pour des raisons amorales ou intéressées. Les anthropologues Alan Page Fiske et Tage Shakti Rai ont établi que la violence est le plus souvent moralement motivée : elle vise à régler un différend, à punir une injustice, à restaurer un ordre perçu comme légitime

. C’est précisément cette dimension morale qui rend la violence révolutionnaire si redoutable, et si difficile à désamorcer.

Müntzer ou la violence sacrée

Les premiers théoriciens explicites de la violence révolutionnaire ne furent pas des matérialistes mais des hérétiques chrétiens portés par la fièvre millénariste. 

Thomas Müntzer, prédicateur de la guerre des paysans allemands en 1524-1525, fournit le modèle. 

Convaincu que les « élus » devaient hâter le retour du Christ en exterminant les « impies », il appelait sans détour à passer ses adversaires par le fil de l’épée : « Sus, sus, sus ! N’ayez aucune pitié ! »

Le schéma est posé pour des siècles. 

Le monde existant est radicalement corrompu, irrécupérable par la réforme, et seule sa destruction permettra l’avènement d’un ordre purifié.

 Les institutions ecclésiastiques et politiques sont des obstacles au royaume. Les « élus » — ceux qui ont compris — n’ont de comptes à rendre qu’à Dieu, ou à l’Histoire, ou à la Cause. Eric Voegelin a forgé pour ce phénomène une expression remarquable : la « théocratie totalitaire ». 

Toute la suite de la modernité révolutionnaire, de la Révolution française à Antifa, en sera la déclinaison sécularisée.

 

La Terreur, premier laboratoire moderne

La Révolution française fut la première tentative à grande échelle d’instaurer un ordre « rationnel » purgé de toutes les superstitions et particularités du passé, à coups de guillotine et de noyades collectives.

 Les massacres de la Vendée — premier génocide moderne, selon les travaux de Reynald Secher — préfigurent dans toute leur monstruosité ce que produira ensuite la logique révolutionnaire.

 Le général Westermann, dit le « boucher de la Vendée », s’en vantait dans ses rapports : « Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains.

 Selon vos ordres, j’ai écrasé les enfants sous les sabots de nos chevaux, massacré les femmes… 

Nous ne faisons pas de prisonniers. 

La pitié n’est pas une vertu révolutionnaire. »

Robespierre, théoricien sans complexe de la « Terreur, vertu prompte, sévère, inflexible », posait l’équation fondatrice : « la vertu sans la terreur est funeste, la terreur sans la vertu est impuissante ». 

Tout est là.

 Le révolutionnaire ne nie pas la moralité, il la radicalise au point qu’elle exige la destruction de tout ce qui ne se conforme pas à l’idéal. 

Ce n’est pas malgré ses convictions morales qu’il tue, c’est en leur nom.

Sorel, Trotski, Bakounine : le triomphe de la « vertu » par la dynamite

Au tournant du XXe siècle, Georges Sorel élève cette logique au rang de philosophie esthétique.

 Méprisant le parlementarisme bourgeois, le compromis, la négociation, il glorifie la grève générale et la « violence prolétarienne » comme forces régénératrices d’un monde corrompu. Ses idées séduiront indistinctement les bolcheviques de Lénine et les fascistes de Mussolini — démonstration éclatante que les extrêmes se rejoignent dans la haine de la démocratie représentative.

Léon Trotski, dans sa polémique célèbre avec Karl Kautsky, ne s’embarrasse d’aucune fioriture : la dictature révolutionnaire et la terreur sont indispensables à la victoire socialiste, et toute considération sur la « sainteté de la vie humaine » relève du « bavardage kantien et végétarien ». Karl Marx lui-même, contrairement à la légende d’un Marx purement scientifique trahi par ses successeurs, écrivait noir sur blanc que « la violence est l’accoucheuse de toute vieille société grosse d’une société nouvelle » et que les douleurs d’enfantement de l’ordre nouveau ne pourraient être abrégées que par « la terreur révolutionnaire ».

L’anarchisme, souvent présenté comme une variante douce de la révolte sociale, n’est pas en reste.

 Mikhaïl Bakounine assumait sans détour : « La passion de la destruction est aussi une passion créatrice. »

 Pierre Kropotkine appelait à « une destruction permanente et impitoyable jusqu’à un crescendo où aucune forme sociale existante ne resterait debout ». 

Quant à Johann Most, anarchiste germano-américain et héraut de la « propagande par le fait », il professait que tuer un policier n’était pas un meurtre puisque les policiers n’étaient pas des hommes mais « des monstres à exterminer ».

 Il y a là, plus d’un siècle avant les pancartes contemporaines réclamant qu’on en finisse avec telle ou telle catégorie de la population, une matrice rhétorique parfaitement reconnaissable.

 

Žižek, Fanon, et la violence comme « œuvre d’amour »

La gauche radicale contemporaine a renouvelé ce vieux discours en lui donnant un tour philosophique flatteur.

 Slavoj Žižek va jusqu’à parler de la violence révolutionnaire comme d’une « œuvre d’amour » au sens kierkegaardien, plaçant dans une même filiation surprenante le Christ et Che Guevara. Frantz Fanon, dans Les Damnés de la terre, avec la préface enflammée de Sartre, théorisait que tuer un colon, c’était d’une seule pierre « faire deux coups : supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ».

 Belle formule pour justifier l’égorgement.

Rudi Dutschke, figure de la nouvelle gauche allemande des années 1960, a forgé le concept de « contre-violence » qui imprègne aujourd’hui tout le discours antifa : la violence révolutionnaire n’est jamais qu’une réponse à la violence supposée intrinsèque du « système » — capitalisme, État, frontières, police. 

Cette construction pseudo-logique permet de présenter chaque agression de rue comme un acte d’« autodéfense » préventive contre une oppression structurelle, donc abstraite, donc indémontrable, donc invérifiable.

 

Antifa : descendance assumée

Mark Bray, théoricien universitaire d’Antifa et auteur d’un Anti-Fascist Handbook paru chez un éditeur grand public, ne cache rien de la filiation : Antifa n’est pas un mouvement à objectif unique, c’est une « coalition pan-révolutionnaire » regroupant socialistes, anarchistes et communistes dont l’ambition réelle dépasse de très loin la lutte contre l’« extrême droite ». 

Bray l’écrit explicitement : il s’agit d’abolir les prisons, l’État, la citoyenneté, le capitalisme. La lutte contre les supposés « fascistes » — catégorie suffisamment élastique pour englober les électeurs républicains américains qualifiés de « fascistes ordinaires » — n’est qu’une porte d’entrée vers ce projet plus vaste.

Le mouvement assume être « fièrement anti-libéral » : il rejette la liberté d’expression, la liberté de réunion, le droit au procès équitable.

 Pour ses théoriciens, ces principes ne sont que des ruses du système destinées à protéger la domination capitaliste et l’« oppression institutionnelle ».

 Le journaliste américain Andy Ngo, qui a infiltré ces milieux et en est ressorti tabassé à Portland, l’a résumé d’une formule : « la violence est une caractéristique, pas un défaut, de l’idéologie antifa. »

Le nihilisme moralisant

Ce qui frappe, en parcourant cette généalogie de cinq siècles, c’est la stabilité du schéma. Le décor change — millénarisme religieux, syndicalisme révolutionnaire, anarchisme bombiste, antifascisme militant — mais la structure mentale demeure identique. 

D’un côté, un ordre existant déclaré radicalement mauvais, irréformable, qu’il faut détruire de fond en comble.

 De l’autre, une avant-garde qui se sait porteuse du Bien, légitimée par cette certitude à employer tous les moyens, y compris les plus brutaux. Au milieu, des règles morales communes — ne pas tuer, ne pas frapper, respecter le débat, accepter la défaite électorale — déclarées caduques au nom d’une morale supérieure.

C’est ce que le politologue Paul Gottfried nomme un « nihilisme moralisant » : nihiliste dans les actes concrets, qui violent les intuitions morales les plus élémentaires de l’humanité ; moralisant dans la justification, qui se réclame d’une cause sacrée. 

Hannah Arendt avait noté que la violence contractait toujours, selon Weber, des « pouvoirs diaboliques » : on croit s’en servir, on en devient l’esclave. Aucun ordre durable n’a jamais été fondé sur elle.

 

Une menace qui se présente comme rempart

Le paradoxe ultime de l’antifascisme contemporain, c’est qu’il reproduit assez fidèlement les traits qu’il prétend combattre : violence de rue contre des civils, démonologie politique désignant l’adversaire comme incarnation du mal absolu, mépris des procédures démocratiques, alliance objective avec les pouvoirs institutionnels qui le tolèrent ou l’encouragent.

 Présenté comme un rempart contre une menace fasciste constamment annoncée mais jamais avérée à l’échelle qu’on lui prête, il se révèle être lui-même la menace la plus tangible pour la liberté de circulation des idées et des personnes dans l’espace public européen.

Comprendre cette généalogie, c’est cesser de prendre au sérieux le storytelling officiel selon lequel les militants encagoulés qui frappent dans nos rues seraient de simples citoyens scandalisés par l’injustice.

 Ce sont les héritiers d’une tradition longue, précise, documentée.

 Une tradition qui a déjà coûté des dizaines de millions de morts au XXe siècle, et qui n’a jamais accouché d’autre chose que de tyrannies plus oppressives encore que celles qu’elle prétendait abattre. Le savoir, c’est déjà commencer à s’en défendre

Par Armand LG

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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