mardi 18 juin 2019

LE RETOUR DES ENFANTS DE DJIHADISTES ET LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION !

France : Politique en France

Le principe de précaution voudrait que la France n’accepte pas le retour des enfants de djihadistes

Le principe de précaution voudrait que la France n’accepte pas le retour des enfants de djihadistes

Pour cela, il faudrait que la sécurité des citoyens français soit une priorité.

 Peu de média évoquent avec objectivité les risques importants liés au retour des enfants de djihadistes. Tous se limitent à donner la parole à des avocats au parti pris évident et payés pour ça (par qui d’ailleurs ?) et à des psychiatres qui ne maîtrisent pas le sujet pour la raison évidente qu’il n’y a pas de précédent dans l’histoire récente…


Actuellement, dans les zones au levant ou dans la bande sahélo-saharienne où Daesh combat (encore) la coalition alliée, il faut savoir que l’endoctrinement et la préparation des futurs combattants passe par des exécutions de prisonniers par des enfants âgés de 3 à 10 ans.

 C’est exactement le créneau d’âge où les bonnes consciences nous expliquent qu’il n’y a aucun danger.


Voici un extrait d’un article publié sur le site Damoclès :
Désormais, les enfants djihadistes sont la dernière arme émotionnelle des partisans du retour. Après le mythe des djihadistes « repentis », après le mensonge de la « déradicalisation » des islamistes qui a coûté plus de 100 millions d’euros aux contribuables français, la pression monte dans les médias politiquement corrects, toujours avides de victimisation de criminels (…)

Des avocats-militants s’infiltrent dans la brêche et viennent à présent de porter plainte auprès du comité des droits de l’homme de l’ONU pour le rapatriement des enfants djihadistes en France.
À la tête de la démarche, se trouve une fois de plus l’avocat William Bourdon : celui qui niait le danger d’attentats islamiques en France face à David Thomson en 2014, dans l’émission Ce soir (ou jamais !) ; celui qui a soutenu Ségolène Royal, Eva Joly ou encore François Hollande ; celui qui met son Cabinet Bourdon & Associés au service des mosquées salafistes et des islamistes poursuivis par l’État…(…)
Ces avocats-militants, comme Henri Leclerc, masquent leurs ambitions idéologiques derrière les familles de djihadistes restées en France.
C’est aussi la méthode des médias politiquement corrects : multiplier les témoignages d’oncles, de tantes ou de grand-parents n’ayant – forcément – que du bien à dire de leurs proches ou des excuses à leur trouver (…)

En février 2018, Mediapart publie une enquête au titre sans ambiguïté : « Les enfants tueurs de l’État islamique ».
Il y est révélé l’un des buts des djihadistes de l’EI : l’utilisation d’enfants afin de commettre des attentats en France et en Europe.
Plusieurs centres de formation militaire intensive les enrôlent dès le plus jeune âge en Irak et en Syrie afin d’en faire de véritables « bêtes à tuer » selon une note de la DGSI fin 2016 (…)
Le 14 février 2017, Patrick Calvar, patron de la DGSI, informe l’Assemblée nationale du fait que ces enfants djihadistes sont formés militairement :
« Leur endoctrinement et leur entraînement en font des bombes humaines » précise-t-il.
Devant les députés, Calvar décrit des vidéos, tournées en Syrie, montrant des enfants de 5 ans « égorgeant des prisonniers ou vidant des chargeurs dans la tête de prisonniers ».
Fin 2016, la vidéo Mon père a dit montre quatre enfants de moins de dix ans, équipés de caméras GoPro et d’armes de poing, dans un immeuble truffé, à dessein, de prisonniers menottés dans le dos mais laissés libres de leurs mouvements.
Les enfants djihadistes abattent un à un les prisonniers, sans remords (…)
Voilà ce que font les enfants djihadistes, présentés dans les médias politiquement corrects comme des « innocents » et des « victimes ».
L’univers djihadiste est un monde en soi, de la naissance à la mort et leur conditionnement démarre dès le plus jeune âge, encouragé par l’entourage familial.
Un enfant de deux ans, armé d’un poignard, s’exerce à décapiter son ours en peluche. Patrick Calvar évoque même devant l’Assemblée des enfants du même âge qui « se roulent par terre parce qu’ils n’ont pas pu regarder leurs vidéos de décapitation, qu’ils sont habitués à voir toute la journée ».
De la théorie à la pratique, cela donne des enfants qui se filment en train de « s’amuser avec la tête » d’un ennemi tué, selon une islamiste décrivant les images retrouvées sur son smartphone (…)
En Angleterre, le 2 mars 2017, la police annonce avoir déjoué un projet d’attentat islamique visant trente sites à Londres, conduit par 55 mineurs âgés de 11 à 14 ans.
Une véritable « armée d’enfants » selon les termes officiels (…)
Il est donc plus qu’urgent de rappeler ce pourquoi les enfants djihadistes ne sont pas des êtres innocents. Ce pourquoi ils sont dangereux.
Rappeler que Rayyân Adil, enfant de 12 ans, incarne l’idéal de l’État islamique depuis qu’il a tiré une balle dans la tête d’un otage le 10 mars 2015.
Le débat n’est pas de savoir si ces enfants se sont retrouvés là par hasard, mais bien de comprendre ce qu’ils y ont appris – la haine de l’Occident – et ce dont ils sont désormais capables – nous tuer.
Déjà filmés et documentés, les assassinats d’otages par des enfants djihadistes, de sang-froid, au cours d’un entraînement militaire, ne sont pas compatibles avec une arrivée en France.


Il est plus qu’urgent de se rappeler que les « bons sentiments » ne valent rien face aux « bombes humaines »…
Rien d’autre qu’une gerbe de fleurs au lendemain d’un attentat.


 Source:  https://www.lesalonbeige.fr/

 

LES DÉBOUTÉS DU DROIT D' ASILE TOUJOURS EN FRANCE ???

Avec Macron, 300 000 déboutés du droit d’asile toujours en France !

Publié le 16 juin 2019 - par  


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Le machiavélisme de Macron n’étant plus à démontrer, son nouveau discours sur l’immigration ne trompera que les gogos.
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Aurait-il compris avec des années de retard qu’aucune politique économique n’a la moindre chance de succès si on ne réussit pas l’intégration ? Pas du tout. C’est plutôt un discours opportuniste pour alpaguer les maires de droite à la veille des municipales.
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Voici ce qu’il déclarait en 2017 :
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« L’immigration ne devrait pas inquiéter la population française […] elle se révèle une chance d’un point de vue économique, culturel, social ».
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Mais aujourd’hui, coincé entre le RN et les Verts, il godille sans arrêt, en tenant un discours soi-disant lucide pour ratisser à droite, tout en ouvrant les frontières  comme jamais pour plaire aux écolos, ses nouveaux chouchous qui réclament la création d’un statut de réfugié climatique.
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Statut qui devrait nous permettre d’accueillir quelques dizaines de millions de déshérités supplémentaires, accablés par les dérèglements climatiques de tous ordres.
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Car nos brillants « experts », les mêmes qui nous annonçaient en 1970 un terrible refroidissement pour l’an 2000, nous prédisent aujourd’hui une montée des eaux de 2 mètres avant 2100, entraînant la disparition d’une bonne vingtaine de villes côtières dans le monde.
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Soyons rassurés, la croissance démographique en France se porte à merveille, contrairement à nos voisins européens. Plus besoin de faire des enfants, le monde entier en fait pour nous…
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Mais revenons au bonimenteur de l’Élysée.
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Voilà un inconditionnel du multiculturalisme qui n’a jamais évoqué le sujet de l’immigration dans son programme présidentiel de 2017, et encore moins lors du Grand Débat, mais qui se permet de déclarer mardi soir :
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« Il faut être très vigilant sur l’immigration ». Il faut oser !
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Il parait que la loi « Asile-immigration », dont RL avait dénoncé l’hypocrisie  et l’inefficacité, « ne produit pas les effets escomptés ».
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Et Édouard Philippe d’enfoncer le clou en expliquant « qu’il faut avoir le courage d’affronter sans fausse pudeur la pression migratoire ».
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L’exécutif vient de découvrir l’eau chaude ! Dormons tranquilles !
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Édouard Philippe va même jusqu’à dire la vérité sur l’asile !
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« Le nombre de demandeurs d’asile a diminué de 10 % en Europe l’année dernière, mais il continue d’augmenter en France d’environ 22 % ».
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Et Darmanin y va de son couplet explicatif :
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« Il suffit de regarder la carte électorale pour voir que l’immigration explique le vote partout ». Quel scoop ! Serait-il enfin conscient du coût démentiel de l’immigration ?
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Ce brave Moussa, pas le prophète bien sûr, mais notre Moussa de Bercy, vient de découvrir que dans le triangle d’or Neuilly-Auteuil-Passy, on ne vote pas comme dans les régions qui supportent le choc culturel et les méfaits de l’immigration de masse ! Belle avancée !
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Sur l’aile gauche de LREM, évidemment, on déplore ce « discours de la peur ».
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On se souvient que Macron avait tenté de calmer les Gilets jaunes en déclarant :
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« Je veux aussi que nous mettions d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration ».
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Un monument d’hypocrisie car l’immigration a été supprimée des sujets majeurs du Grand Débat, pour devenir une question accessoire.
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Et le même jour, Macron envoyait son émissaire au Maroc pour signer dans le dos du peuple, le Pacte de Marrakech, qui organise et légalise l’invasion de l’Europe.
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Chez Macron, tout n’est que mensonge, calcul sournois et tromperie.
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Il a promis un débat annuel à l’Assemblée sur la politique migratoire.
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Mais on en connaît déjà l’issue. Toujours plus d’immigration.
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D’ailleurs, pour l’inénarrable Aurélien Taché, « Le vrai sujet, ce n’est pas la maîtrise de l’immigration. C’est le logement des réfugiés : 20 % des migrants que vous voyez dormir dans la rue, ce sont des gens qui ont obtenu le droit d’asile. »
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140 000 SDF dorment sous les ponts. 2 millions de Français attendent un logement social, parfois depuis 8 ans. Mais la priorité pour Taché, c’est de loger les réfugiés !
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Encore un immigrationniste qui ignore que sur les 400 000 demandeurs d’asile depuis 2015, 100 000 ont obtenu satisfaction. Mais les 300 000 déboutés sont toujours là. Le détournement de l’asile est devenu un trafic mafieux très juteux.
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La France récupère tous les déboutés d’Allemagne et plus aucun clandestin n’est expulsé puisque le gouvernement capitule face aux pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants.
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Macron a même baissé le budget des reconduites et la France expulse moins qu’en 2015 alors que les arrivées de clandestins ont explosé.
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Sur les plus de 100 000 clandestins contrôlés chaque année, donnant lieu à autant d’obligations de quitter le territoire  français (OQTF), une infime minorité repart.
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En conclusion, il faut savoir que le discours de Macron, aussi opportuniste que mensonger, se traduira en fin d’année par 500 000 immigrés de plus qu’en 2018, toutes catégories confondues.
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Les chiffres de 2018, 260 000 visas longue durée + 120 000 demandeurs d’asile + 50 000 MNA + les clandestins, sont en train d’exploser.
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À 13 000 euros le migrant et 50 000 euros le MNA, faites le calcul.
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Macron, c’est le pyromane qui se dit déçu par le bilan de la loi « Asile-immigration », alors qu’il a tout fait pour la rendre inefficace, notamment en élargissant le regroupement familial.
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C’est dire le mépris qu’il a pour le peuple.
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Par Jacques Guillemain   https://ripostelaique.com/ 


RÉFORMES: L' ÉCOLOGISME EST UN NOUVEAU TOTALITARISME .........

par & ,

Les « réformes » d’Emmanuel Macron entre étatisme et écologisme

Posture gaullienne, la main sur le cœur, Emmanuel Macron avait clamé il y a quelques semaines : « Gilets jaunes, je vous ai compris ! ». 

Mais ses actes et la déclaration de politique générale de son Premier ministre montrent l’inverse. 

Il y a deux aspects fondamentaux qui sont ignorés par le pouvoir et qui apparaissaient clairement dans les premières revendications des gilets jaunes : la fiscalité et la dépense publique.

 Elles ont été confirmées par les résultats du Grand Débat. 

Plus d’un tiers des participants estime que l’impôt sur le revenu devrait être payé par tous, 28,2% qu’il faut simplifier et réformer la fiscalité ; en qui concerne les dépenses publiques, 75% souhaitent les voir réduites, notamment pour baisser le déficit public. On en est loin.

De moins en moins de contribuables paieront de plus en plus d’impôts !

Prenons la fiscalité. Edouard Philippe a expliqué que la baisse de l’impôt sur le revenu annoncé par le président de la République, en avril dernier, se concentrera sur « les classes moyennes qui travaillent ». Faut-il craindre que les retraités en soient exclus indûment ? 

Cette baisse, selon lui, fera gagner en moyenne 350 euros aux contribuables de la première tranche d’imposition, dont un bon nombre basculera sans doute alors dans la zone non imposable qui représente déjà 57% des foyers. 
Et il promet un avantage de 180 € pour chacun des 5 millions de foyers de la tranche suivante. 

Le fossé se creusera donc encore entre ceux qui supportent la plus grande partie du fardeau et les autres. 10% des contribuables payent déjà aujourd’hui 70% de l’impôt sur le revenu. 
Ils en paieront demain 75%, ce qui est totalement discriminatoire et démotivant.


À l’inverse, la suppression de la taxe d’habitation pour tous fera bien disparaître une discrimination à l’égard de 20 % des Français. 
Mais comment assumer le coût de cette mesure, de l’ordre de 10 milliards ? 

Pour financer ces réformes, Edouard Philippe évoque la réduction de certaines niches fiscales : c’est un coup de rabot plus qu’une transformation d’ensemble de notre système fiscal ! Un système mité de partout et qui mériterait, tant en matière de revenus que de bénéfices des sociétés et de TVA, d’être repensé dans son entier pour avoir des impôts à taux plus bas et une assiette plus large.

Quant à la nécessaire réforme du chômage, il est envisagé à juste titre que personne ne perçoive plus au chômage qu’en activité, ce qui est bien la moindre des choses.
 Pour le reste, en l’état elle vise surtout à faire payer les cadres pour les autres.

 En réduisant leur indemnisation sans abaisser leurs cotisations, la loi transformera définitivement le système assurantiel en impôt. 

D’une manière générale, ce système français qui est l’un des plus redistributif de la planète le sera encore un peu plus.

Pas de baisse des dépenses publiques mais encore plus d’Etat dans notre économie !

Passons aux dépenses publiques. Le Premier ministre semble avoir confondu les gabegies de l’Etat avec les gaspillages alimentaires. 

Il semble très préoccupé par les « invendus et les montagnes de déchets », c’est bien. 

En revanche, que la France dépense tous les ans 175 Mds d’euros de plus que l’Allemagne et que la dette soit à presque 100 % du PIB, cela ne semble pas l’empêcher de dormir. I

l veut rendre le « nutriscore » obligatoire mais n’annonce aucune économie dans le budget de l’Etat. 

Au lieu d’encourager l’ouverture à la concurrence et la sous-traitance, il préfère la création des maisons « France services » en milieu rural.

 Faut-il encore une fois rappeler les réformes de l’Etat mises en place dans d’autres pays ? La baisse du nombre de fonctionnaires et des dépenses publiques partout dans les pays riches et démocratiques, sauf en France ?


Au sujet des retraites, on est encore plus dans le flou qu’auparavant. Sur quels critères le gouvernement va-t-il décider de l’« âge d’équilibre » ? 

La fin des régimes spéciaux est une bonne chose mais c’est encore le privé (les contribuables) qui payeront les « droits acquis » et qui combleront les déficits de ces régimes. 

La création d’un système unique représente un risque extrêmement grave pour tous les régimes de retraite en bonne santé financière, celui de voir leurs économies confisquées par l’Etat au profit des autres régimes déficitaires. 
C’est déjà le cas avec les complémentaires du privé.

 De même, il n’y a rien dans ce projet sur la capitalisation et les fonds de pension qui existent partout ailleurs qu’en France.


Le Revenu universel d’activité est une annonce importante. A condition de regrouper effectivement toutes les aides sociales et de soumettre la distribution à un contrôle strict en échange d’un travail d’utilité publique comme c’est le cas ailleurs, surtout au Royaume-Uni.

L’écologisme est un nouveau totalitarisme

En plus de l’étatisme, nous avons droit aussi à l’écologisme (ces deux notions sont d’ailleurs liées). 

Nous subissons aujourd’hui les effets d’une terrible idéologie qui risque de devenir un totalitarisme de l’interdit : culpabilisation des amateurs de viande, suppression des trajets courts en avion, la pression s’intensifie dans tous les domaines. 
On cultive aussi la contradiction. 

Le Premier ministre annonce la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et l’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2035 alors que c’est bien le nucléaire l’énergie la moins polluante. 

La fameuse « transition écologique » est en réalité une inflation de taxes au nom de l’écologie, contre lesquelles s’étaient prononcés les gilets jaunes. Les énergies renouvelables sont des gouffres pour les finances publiques. 

Dans le budget pour 2019, pour 100 euros supplémentaires d’impôts prétendument écologiques, en réalité seulement 5 euros représentent de vraies dépenses écologiques et 95 euros s’égarent dans le financement d’autres dépenses noyées dans le budget général.

 Le - mauvais – exemple allemand devrait nous servir de leçon. L’Allemagne a toujours affirmé vouloir réduire au plus vite les émissions de CO2 grâce aux énergies renouvelables. 

Elle a donc pratiqué une politique de subventions et d’investissements massifs.

 Entre 2013 et 2018, elle a dépensé plus de 160 milliards d’euros en faveur de ces énergies renouvelables. Plus de 30 000 éoliennes installées sur son territoire devaient produire à plus ou moins longue échéance l’équivalent de l’énergie d’une dizaine de centrales nucléaires. 

Mais quand il n’y a pas de vent, il faut du charbon. Finalement, malgré tout cet argent, les émissions de CO2... sont toujours au niveau d’il y a 10 ans ! 

Ne cédons pas aux utopies en dépensant l’argent des contribuables.


C’est bien d’inciter les Français à travailler plus longtemps, de se préoccuper de leur dépendance, de vouloir restructurer l’assurance chômage. Mais ces réformes se font toujours au prix d’un poids accru de l’Etat. 

Dernier exemple : face aux difficultés des urgences et aux risques d’une insuffisance de médecins durant les « tensions estivales », le gouvernement en appelle à la « responsabilité de tous les professionnels de santé, publics et privés, pour se rassembler autour des directeurs d’ARS ».

 Ne vaudrait-il pas mieux à long terme desserrer les contraintes réglementaires et tarifaires qui pèsent sur la pratique médicale et sur l’accès à celle-ci ?
 


D’ailleurs, ne vaudrait-il pas mieux réformer en diminuant d’abord le poids de l’Etat, en faisant confiance à la société civile et en responsabilisant réellement les Français ?
 

Source et Publication:   https://fr.irefeurope.org/5338`

Jean-Philippe Delsol,
avocat, président de l’Institut de Recherches Economiques et Fiscales, IREF
et Nicolas Lecaussin,
Directeur 


 

DEUX REGARDS AVANT L' ÉTÉ .........

                 Deux regards avant l’été 






Exiger le respect

Il n’y a pas de vie collective sans respect de soi, sans respect de l’autre, du patrimoine commun et de valeurs partagées. 


En rendant un hommage national à nos soldats tués en opération, c’est autour de l’armée que le Président rassemble la Nation car l’armée symbolise à la fois l’unité et l’identité de la France.

 Une nation peut-elle être libre sans une armée forte ? 

A l’inverse, une armée peut-elle vaincre sans la nation rassemblée qui la soutient d’une manière indéfectible et dans la durée ?


Le 8 mai, à l’issue de la cérémonie du ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe, le président de l’ASAF, s’appuyant sur l’unanimité des réactions recueillies sur son site, toutes opposées à l’empaquetage de ce monument envisagé en avril 2020, a demandé au président de la République de renoncer à donner une suite favorable à ce projet imaginé par  l’artiste américain Christo. 


Il lui a signifié qu’un tel projet susciterait inévitablement un très fort rejet d’une grande partie de l’opinion publique, qu’il serait une source de polémiques et de divisions, compte tenu du caractère sacré que revêt ce monument.

Cette « arche immense » est en effet l’écrin dans lequel repose le Soldat inconnu, auprès de laquelle brûle, sans interruption depuis 1923, la flamme ravivée chaque soir à 18h30 au cours d’une cérémonie empreinte d’une grande ferveur populaire.


Les noms des victoires et des héros gravés dans la pierre, les hauts-reliefs retraçant notre histoire sculptés sur les piliers sont-ils destinés à disparaître sous un voile un mois durant au nom d’une supposée œuvre d’art ?

Quels conseillers ou proches collaborateurs ont pu proposer au Président de donner son accord pour qu’un tel projet inévitablement facteur de divisions voit le jour ?


 N’y a-t-il pas d’autres monuments qui feraient davantage consensus :
 Beaubourg, temple de l’art contemporain, l’Assemblée nationale (comme l’a été le Bundestag) ou l’obélisque de la Concorde, voire la tour Eiffel, qui ne présentent pas ce caractère sacré ?

Si nombre de Français, comme cela est probable, s’opposent par une réaction massive à ce travestissement de l’Arc de Triomphe, verrons-nous alors le ministre de l’Intérieur déployer les forces de Police ou de Gendarmerie contre les Français pacifiques qui refuseraient cette  défiguration annoncée, alors qu’il n’a pas réussi à s’opposer au vandalisme dont il fut l’objet le 1er décembre dernier ? 


Faut-il préciser en outre que, à l’issue de cet événement lamentable, le coût de la restauration s’est élevé à 1 million d’euros financé pour partie par au moins une grande association de blessés au service de la France, celle des « Blessés de la face et de la tête », « Les Gueules Cassées » ? 


Viser l’autonomie stratégique de l’Europe

Les élections européennes passées, les questions posées doivent être réglées mais aussi celles qui ne l’ont pas été ou trop peu.


A cet égard, les questions de Défense et plus généralement d’autonomie stratégique de l’Europe, c'est-à-dire de nos pays, n’ont pas occupé une place centrale dans les débats tant ceux-ci se sont réduits à des affrontements politiciens très franco-français.

Au-delà du face-à-face proposé « populistes, progressistes » ou « souverainistes, mondialistes », caricatural, réducteur et trompeur, il est urgent de voir comment les nations européennes doivent s’organiser pour garantir leur indépendance et les valeurs de leur civilisation commune.



Inutile de nier ou de refuser la mondialisation, certaines de ses nécessités et de ses contraintes (un Français sur trois travaille pour l’exportation qui nous permet de payer le pétrole que nous n’avons pas) ;  mais tout aussi stupide et dangereux est le projet de nous dissoudre dans un vaste ensemble au sein duquel chaque nation d’Europe aurait perdu son identité, ses spécificités, bref ce qui fait l’une des richesses de notre continent.

Face aux grandes puissances comme les États-Unis et la Chine, disposant de capacités de domination qui augmentent de manière exponentielle, il est indispensable que nos nations coopèrent activement et partagent sur les domaines nouveaux qui conditionneront notre liberté dans les années à venir. 


Sinon nous serons inexorablement dominés, vassalisés, soumis aux intérêts de ces puissances étrangères.

C’est particulièrement vrai dans le domaine militaire et notamment pour ce qui concerne le renseignement, l’espace et la cyberguerre. 


Mais là comme ailleurs, ces coopérations renforcées qu’il faut développer dans les domaines hautement stratégiques exigent une volonté et des efforts considérables s’inscrivant dans la durée de la part des États qui sont les plus déterminés. 

Dans tous les cas, l’Europe, sans permettre aux nations d’économiser, suscitera des synergies significatives. 

Mais surtout, elle contribuera à faire que nos pays restent libres.

C’est l’enjeu majeur et urgent auquel doivent faire face les nations européennes. Unis nos pays peuvent rentrer à nouveau dans le jeu mondial ; isolés, chacun d’eux sera balloté au gré des intérêts des grandes puissances.


 Il faut méditer les exemples de Galileo, d’Ariane et d’Airbus, et se persuader que l’Europe peut être le cadre dans lequel, par des coopérations renforcées dans des domaines stratégiques, chaque nation pourra rester elle-même.

                                                                                                 
La RÉDACTION de l’ASAF
www.asafrance.fr


ASAF . Association de Soutien à l'Armée Française
18, rue Vézelay - 75008 Paris
Tél : 01 42 25 48 43
 

Site : www.asafrance.fr
 Courriel : secretariat@asafrance.fr




ET AUSSI   c' est l' été !

Si vous venez en Bretagne !






LA RENTRÉE DE L' ÉNA , DE L' X ET LA DISCRIMINATION POSITIVE !

 TRIBUNE LIBRE !

 

La discrimination positive à l’entrée de l’ENA et de l’X : un contresens total

Éminente personnalité à la croisée du monde intellectuel et de la haute fonction publique, Arnaud Teyssier* explique les raisons de sa très vive opposition à la création d’une discrimination positive à l’entrée de l’ENA, comme de Polytechnique et des autres grandes écoles publiques.


L’annonce faite récemment par le président de la République d’une “suppression” de l’ENA, qui prendra peut-être la forme d’une transformation plus globale des grandes écoles de service public, a fait resurgir une question lancinante dans le débat public français : la discrimination positive.

Comme souvent – c’est également le cas avec le “spoils system” (système des dépouilles) -, nous importons, dans une certaine confusion, des concepts ou des idées empruntés pour l’essentiel à la société américaine, mais qui, là-bas, ont une signification précise et s’inscrivent dans une culture différente. 

Techniquement, que signifie la discrimination positive ? 

Un universitaire, Baptiste Villenave dans la revue Vie sociale (2006/3), la définissait fort bien : « Il s’agit d’instituer des inégalités pour promouvoir l’égalité, en accordant à certains un traitement préférentiel. 

On espère de la sorte rétablir une égalité des chances compromise par deux phénomènes : la généralisation ou la persistance de pratiques racistes ou sexistes d’une part, une accentuation des inégalités socio-économiques d’autre part. »

Cet auteur ajoutait que la mise en œuvre des politiques de discrimination positive obéit en réalité à deux logiques très différentes: s’il s’agit de réduire des pratiques racistes ou sexistes, il faudra définir une « population cible » à partir de « traits innés et indélébiles, appartenant à l’identité de l’individu (le sexe et la race aux États-Unis, le sexe et l’origine étrangère en France) » ; en revanche, s’il s’agit de résorber des inégalités plus matérielles, « la définition des bénéficiaires passera par le critère de leur situation socio-économique ». En France, nous confondons les deux approches.


Il y a cinquante ans, la crise étudiante de Mai 68 n’avait pas suscité ce débat sur la discrimination positive – c’était un peu tôt -, mais avait déjà posé brutalement la question des inégalités car elle correspondait à un bouleversement de grande ampleur : l’explosion démographique de la génération d’après-guerre en âge de poursuivre des études supérieures, qui allait de pair avec un désir général d’ascension sociale par l’université.

 Il s’agissait d’un phénomène de masse que de Gaulle, dans ses Mémoires d’espoir, qualifiera de “gestation énorme”.

À l’époque, le débat est déjà sous l’emprise du livre de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, 

Les Héritiers (1964), dont le propos de départ est si banal et évident qu’il est en lui-même difficilement réfutable – les jeunes gens des familles aisées ont plus de chance de faire et de réussir des études supérieures que ceux qui sont issus de milieux populaires ou défavorisés -, mais dont les prolongements sont contestés vigoureusement à l’époque : selon Bourdieu, loin de porter remède aux inégalités, le système méritocratique républicain les entretiendrait sous le paravent du système du concours, qui ne serait en réalité qu’un mode plus subtil et plus élaboré de reproduction sociale dans la mesure où il conforte les modes de transmission traditionnels.

La pensée bourdieusienne n’a cessé, depuis, d’exercer son empire – notamment au sujet de l’ENA, devenue le parangon de tous les vices attribués aux grandes écoles : parce que cette école est la plus visible, en raison de sa proximité inévitable avec les sphères du pouvoir ; et parce qu’elle est la source principale de recrutement de ces fameux grands corps de l’État qui ne cessent de défrayer une chronique toute parisienne.


Mais aujourd’hui, la société française est confrontée à une autre “gestation énorme”, qui vient singulièrement compliquer le vieux débat de 68 et qui n’est autre que “l’intégration”. La société française a évidemment beaucoup changé depuis trente ans, sous l’effet d’une immigration importante qui est devenue d’ailleurs – comment pourrait-il en être autrement ? – un objet fort encombrant du débat politique.

Les inégalités socio-économiques traditionnelles, qui recoupent cette réalité sans la résumer totalement, n’ont pas disparu pour autant – elles se sont même aggravées sous l’effet de la “fracture territoriale” et d’un phénomène désormais bien connu et fort bien identifié par le concept de France périphérique.

 La crise est donc majeure, et l’exigence démocratique qui s’impose à nous est à sa mesure.

Cette crise trouve ses racines dès l’école primaire, puis le collège, pour s’emparer ensuite de la chaîne tout entière. 

Pensons à la fuite systématique vers l’enseignement privé de nombreuses familles – même modestes -, dans le sentiment général que l’enseignement public est ici ou là livré à l’abandon.

On a cru régler le problème selon la méthode éprouvée jadis par l’excellent Edgar Faure et poursuivie avec constance depuis : on rend les armes intellectuellement, on adopte plus ou moins ouvertement le raisonnement à la Bourdieu, on gomme progressivement toutes les formes de sélection possibles jusqu’à faire du baccalauréat le symbole d’une méritocratie qui a renoncé au mérite… mais arrivé au point terminal qui est l’enseignement supérieur, on retombe sur le même problème, mille fois aggravé par la poursuite des “gestations énormes”. 

Les grandes écoles, symboles du concours et de l’excellence française, sont donc plus que jamais désignées comme les responsables – donc la solution – d’une question qu’on s’est refusé à traiter en amont et dont l’État, étranglé budgétairement, se défausse de plus en plus.


C’est ici qu’intervient, au début des années 2000, la très habile démarche de Richard Descoings à Sciences Po – une institution qui souffrait tout particulièrement de son image supposée bourgeoise et parisienne : dénonçant dans la presse “la panne de l’ascenseur social”, il fait le pari d’intégrer des jeunes issus d’établissements des zones d’éducation prioritaire (ZEP) par une procédure de sélection dérogatoire au concours, tout en maintenant, en parallèle, un système traditionnel coûteux et élitiste. 

Depuis, il est admis que la discrimination positive est possible en France au prix d’une entorse caractérisée au principe du concours, et Sciences Po, le vent en poupe, devient le modèle partout cité, relayé, soutenu.

L’ENA en revanche, qui, quelle que soit la majorité politique, ne s’est jamais vu accorder par l’État les mêmes moyens ni la même licence universelle, a fait le choix d’une politique d’égalité des chances moins bruyante, plus conforme au modèle républicain classique en créant sa classe préparatoire intégrée, qui permet, avec un succès croissant, de préparer aux grands concours administratifs des étudiants issus de milieux défavorisés.


Mais le système Sciences Po des “conventions ZEP” (baptisé conventions d’éducation prioritaire, CEP), en marge de la filière d’examen classique, rencontre tragiquement ses limites… Selon un constat récent (2017) fait par l’IEP lui-même, 40 % des élèves admis via les CEP sont issus de familles “catégories sociales supérieures” – contre 17 % en 2001. 

Les parents de ces élèves, très à l’aise dans cet univers de sigles, ont donc inscrit leurs enfants dans un lycée de réseau d’éducation prioritaire quand celui-ci a passé une convention avec Sciences Po.

La vérité est qu’une fois le système du concours contourné et le système du recrutement “sur dossier” consacré, le principe d’équité prend l’eau. 

Aussi doit-on revenir à l’idée, inévitable, que les inégalités et les discriminations, réelles ou supposées, ne peuvent se traiter vraiment qu’en amont du système, mais avec les moyens nécessaires et une lucidité implacable. 

Affaiblissez le concours, et la sélection par le milieu ou par l’argent, si difficile par nature à combattre, s’imposera chaque jour davantage.

Or nous empruntons une voie qui cumule les défauts de tous les systèmes : un peu de concours et de méritocratie républicaine – de moins en moins ; un peu de “recrutement sur dossier” et de discrimination positive – de plus en plus. 

Et en définitive un système qui dysfonctionne pour le plus grand profit de ceux qui, par leur position sociale ou simplement leur milieu professionnel, auront toujours les moyens et les réseaux pour se faufiler dans le grand désordre et pour tirer profit des effets de mode discutables comme l’importance aujourd’hui accordée aux activités extra-scolaires des candidats, facteur d’arbitraire.


Dans ce contexte, les grandes écoles publiques – ENA en tête – forment plus que jamais une cible de choix. 
Car voici une autre rengaine qui resurgit : celle des épreuves qui présenteraient par nature un caractère discriminatoire. 

Au premier rang des accusés : la culture générale. 

Dans les écoles publiques – les plus directement concernées -, le concours d’entrée comporte généralement une épreuve écrite qui n’a rien de littéraire, mais a pour objet d’évaluer la capacité d’analyser et de comprendre les grands phénomènes contemporains à l’aide de connaissances, de références, de concepts que le candidat tire à la fois de ses acquis personnels et de la formation spécifique qui lui a été délivrée pendant sa préparation. 

On estime qu’un candidat destiné aux carrières de la haute fonction publique doit avoir quelques références de fond pour comprendre – par exemple – les enjeux actuels de la laïcité et disposer des techniques élémentaires pour en faire l’analyse.

 Ce n’est pas un exercice de brio littéraire ou érudit, mais un travail demandant à tous – même à ceux que l’on croirait les mieux préparés par leur milieu d’origine – un effort d’application considérable, et la capacité à porter un regard analytique et critique sur les questions d’actualité.

Or l’administration a un besoin impérieux de ces qualités-là, qui s’enseignent et sont accessibles à tous avec le soutien adéquat :
 « La véritable école du commandement est la culture générale », écrivait exactement dans cet esprit le colonel de Gaulle en 1934… Vieillerie nostalgique ? 
Cette phrase a été placée par le sociologue des organisations, spécialiste du management, François Dupuy, en exergue de son livre récent La Faillite de la pensée managériale (qui a pour merveilleux sous-titre “Lost in management”). 

Tous ceux qui sont chargés de réfléchir aujourd’hui, dans la confusion générale des slogans politiques et des effets d’annonce, aux questions de réforme des grandes écoles devraient lire ce livre, qui rappelle que « l’évidence n’est pas toujours évidente. » François Dupuy démonte avec humour les « affirmations vagues » et le « verbiage mou » qui « flottent dans le cloud managérial », nourrissent des « décisions paresseuses », provoquent confusion et démobilisation, au détriment du « sens commun » que seule favorise justement une certaine culture générale.


Au lieu d’admirer béatement le modèle managérial de l’entreprise, plus contrasté qu’on ne le rêve dans l’administration, il est temps de quitter le pays du “verbiage mou” et des trompeuses évidences pour ressaisir la substance même de “la grande promesse” faite au Tiers État il y a plus de deux siècles. 

La discrimination positive, surtout telle que nous l’entendons à la française, les quotas qu’on pourrait imaginer ici ou là, pour l’accès à tel ou tel corps, les voies d’accès dérogatoires, toutes ces cotes mal taillées ne sont qu’un vaste alibi pour l’inaction : mais un alibi avantageux pour les privilégiés et destructeur pour ceux qui n’ont plus que l’académisme – autrement dit les connaissances et l’effort personnel – pour se défendre.

« Les grandes écoles doivent ressembler à la société »: ce mot d’ordre est bien paradoxal. 

Que dire, à cet égard, des partis et des majorités politiques d’hier et d’aujourd’hui… 

Les écoles doivent être ouvertes le plus largement possible, mais elles doivent aussi, pour la défense de l’intérêt général et le service du citoyen, continuer de garantir une irréprochable excellence. L’académisme est parfois la seule protection du faible, qui a, lui aussi, droit à l’excellence, loin de toute forme de ghettoïsation.

Sous la Révolution, Sieyès avait eu une très belle formule pour définir ce que nous appelons aujourd’hui l’égalité des chances : il avait parlé de « l’égalité d’espérance ». 

Une telle ambition ne peut s’accomplir qu’au prix d’un grand effort collectif, lui-même nourri par un grand souci d’honnêteté intellectuelle. 

En récusant, selon une formule fort judicieuse de Lyautey jadis, cette vieille manie de la classe dirigeante française qui décidément se porte bien : « le mensonge des mots, le masque des grands sentiments, l’hypocrisie des déclarations théâtrales et des prises de Bastilles ouvertes. »


Par Arnaud TEYSSIER

Haut fonctionnaire et Historien
Ancien élève de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA
Ancien président de l’association des anciens élèves de l’ENA. 
Arnaud Teyssier est l’auteur de nombreuses biographies saluées par la critique, consacrées à Richelieu, Louis-Philippe, Charles Péguy ou Lyautey. 
Ancien collaborateur de Philippe Séguin, à qui il a consacré un essai remarqué, “Philippe Séguin. 
Le Remords de la droite” (Perrin, 2017), Arnaud Teyssier vient de publier “De Gaulle, 1969. L’autre révolution” (Perrin, 2019, 380 p., 22 €).


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LE POUVOIR DE MÉDIAS : FANTASMES, DÉNI ET RÉALITÉ .

 
 
18.juin.2019 // Les Crises

Le pouvoir des médias : entre fantasmes, déni et réalité. 

 

Par Blaise Magnin, Henri Maler

 
Source : ACRIMED, Blaise Magnin, Henri Maler
Parmi les questions qui traversent les débats publics contemporains, celle du « pouvoir des médias » est particulièrement mal et confusément posée.
Derrière cette notion de « pouvoir des médias », jamais précisément définie, deux théories fondamentalement contradictoires du rôle et du poids des médias dans le monde social cohabitent au gré des conjonctures, sans s’affronter nécessairement, et coexistent parfois par bribes dans les mêmes discours.
La notion de « 4e pouvoir », devenue une expression consacrée, sous-entend que les médias exercent effectivement un pouvoir quasi institutionnel de pivot du fonctionnement démocratique.
Dans le même temps, les éditocrates, qu’ils soient pris en flagrant délit de parti-pris ou simplement intoxiqués par leur propre idéologie professionnelle, considèrent que les « informations » qu’ils produisent sont de fidèles miroirs, absolument neutres vis-à-vis des réalités qu’ils reflètent en toute objectivité, et qu’elles ne sauraient donc exercer aucun pouvoir.
Tout à l’inverse, une longue tradition théorique tend à considérer « les médias » comme le deus ex machina des sociétés modernes, capables de faire les élections et de défaire les régimes, de modeler « l’opinion » en s’immisçant dans les consciences qu’ils sont censés informer.
Autant d’interprétations qui charrient leur lot d’idées fausses et d’idées reçues, ainsi que de représentations implicites de la profession journalistique qu’il s’agit de déconstruire pour comprendre de quel type de pouvoir peuvent réellement se prévaloir médias et journalistes.
Produit de l’observation et de la sociologie critique des médias [1], cette analyse des causes et de la portée des dérives de l’information est un préalable indispensable à la transformation nécessaire du monde médiatique.


1. Le mythe du 4e pouvoir

- Un rôle allégué de ferment démocratique
Sorte de mythe positif de la profession journalistique, devenu un totem des sociétés démocratiques, la notion de « 4e pouvoir », met explicitement les médias sur le même plan que les institutions gouvernementales, parlementaires et judicaires. En tant qu’institution, les médias se voient conférer une double responsabilité au cœur du système démocratique puisqu’ils sont censés jouer à la fois un rôle :
– de « publicisation » [2], c’est-à-dire d’animation – pluraliste, indépendante et équitable, en principe du moins – du débat public et politique ;
– et surtout de contrôle des gouvernants – et de leurs abus.

Ce « pouvoir » serait par nature, de tous temps et en tous lieux, du moins dans les démocraties électorales, un « contre-pouvoir ».

 Dans ce schéma, les médiacrates s’arrogent à la fois le rôle de garants du bon fonctionnement des institutions et de rempart contre les dérives des gouvernants, mais aussi de protecteurs et de dépositaires principaux de deux des libertés les plus fondamentales que sont la liberté d’opinion et d’expression. 

Pour autant, comme nombre de mythes, celui-ci recèle quelques contradictions : les tenants du « 4e pouvoir » attribuent tantôt aux médias un miraculeux pouvoir qu’ils n’ont guère et tantôt refusent paradoxalement d’attribuer quelque pouvoir que ce soit aux informations qu’ils diffusent – en tant que représentations du monde –, pas plus qu’à eux-mêmes – en tant qu’acteurs du débat public et représentants de la classe dirigeante. 

Malheureusement, il s’en faut de beaucoup pour que la contribution médiatique à la vie publique corresponde un tant soit peu à cette construction séduisante.


- Des médias loin d’être autonomes, des journalistes loin d’être indépendants

Certes les médias et les journalistes produisent et diffusent des informations (d’inégal intérêt) qui répondent, peu ou prou, au droit d’être informés. 

Qui oserait affirmer que le journalisme, du moins à ce titre, n’est pas utile ? Mais pour présumer que les médias constituent par eux-mêmes « un pouvoir », capable d’exercer une influence en propre et de réguler l’action des autres pouvoirs, encore faut-il qu’ils soient autonomes. 

Or c’est loin d’être le cas : la plupart des grands médias et des producteurs d’information (pris collectivement) se trouvent dans des situations d’interdépendance étroite à l’égard des pouvoirs politique et économique vis-à-vis desquels ils ne sont donc pas en position de jouer le moindre rôle de contre-pouvoir :
– À la fois associés et rivaux des responsables politiques pour la définition et le cadrage légitime du débat public, les éditocrates les plus en vue, adeptes d’un journalisme de commentaire et de prescription, apparaissent comme de véritables acteurs de la vie politique ; comme tels, ils ne sauraient prétendre à incarner le rôle d’arbitres impartiaux du débat public.
– Alors que l’élite des grandes rédactions fraye avec bonheur jusqu’à se confondre avec les élites politiques et économiques, et alors que la profession recrute presque exclusivement parmi les classes moyennes et supérieures [3], le choix et la mise en perspective des informations produites dans les médias dominants reflètent inévitablement des visions du monde et des préoccupations socialement très situées.
– La structure capitalistique de la plupart des médias les place dans une situation de dépendance économique et donc éditoriale vis-à-vis de leurs propriétaires qui se trouvent être le plus souvent des représentants de grands intérêts privés ; les grandes entreprises médiatiques finissent par constituer un secteur parmi d’autres du grand Monopoly capitaliste.
Enfin, force est d’admettre que le journalisme d’investigation et particulièrement le journalisme d’enquête sociale qui pourraient donner quelque consistance à l’idée de contre-pouvoir, sont loin de constituer l’ordinaire de la production journalistique. 

Les prendre pour modèles c’est oublier qu’ils s’épanouissent essentiellement aux marges de la profession. 


- Médias et propagande démocratique
La propagande n’existe pas que dans les dictatures. Dans les démocraties, elle ne prend pas le même caractère systématique et orchestré – et ne se renforce pas en s’appuyant sur la répression, voire la violence politique –, mais elle est non moins omniprésente. 

Le contrôle des contenus médiatiques est devenu un enjeu de luttes au sein des pouvoirs économiques et politiques. Une lutte si intense et un enjeu si stratégique que l’industrie des relations publiques, qui fournit armes et munitions, est devenue un secteur économique majeur. 

Et c’est ainsi que des armées de communicants et de « spin doctors », d’attachés de presse et de publicitaires, ainsi que les récits qu’ils bâtissent, sont devenus les filtres qui s’interposent désormais entre les journalistes et la réalité. 

La porosité de ces professions avec le journalisme est à cet égard particulièrement significative et inquiétante.


Analysant la « fabrication du consentement » [4] dans les démocraties, Noam Chomsky montre quels « filtres » (et non quelles conspirations) conditionnent la production de l’information et comment la réduction du pluralisme aboutit à une représentation consensuelle, aseptisée et épurée de l’information, quand elle n’est pas strictement propagandiste. 

Le poids et la force des sources institutionnelles (privées et publiques, capitalistes et étatiques) tendent à co-construire l’information dans les contextes routiniers.

 En cas de crise sociale ou de conflit militaire, notamment, le recours à des techniques de propagande et de désinformation contribue à transformer les médias en simples relais des pouvoirs constitués, sans qu’il soit nécessaire pour le comprendre de recourir à l’explication par des manipulations intentionnelles et concertées, dont il serait naïf de nier l’existence.

Mais si les médias ne constituent pas, par eux-mêmes, un « 4e pouvoir » ou un contre-pouvoir, quels sont les pouvoirs qu’ils exercent ?

 

2. Le fantasme récurrent de médias omnipotents

Les médias ne sont pas tout-puissants. Ils sont moins puissants qu’on ne le croit souvent. Et surtout ils n’exercent pas leur puissance comme on le croit communément.

- La crainte du « viol des foules » [5]
Depuis le XIXe siècle, on assiste à la résurgence régulière, sous des formes plus ou moins nuancées, d’un même schème : inoculant leurs messages tels des « seringues hypodermiques » [6], les médias accèderaient clandestinement aux inconscients des lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs pour mieux les manipuler. 

Les médias seraient ainsi dotés d’un pouvoir de persuasion, de mobilisation et d’enrégimentement des masses qui les fait apparaître comme un moteur de l’histoire. 

Des interprétations qui naissent et retrouvent du crédit dans des configurations « politico-médiatiques » singulières :
– à la fin du XIXe siècle, avec le développement du roman populaire et de la presse à grand tirage concomitamment aux luttes pour le suffrage universel et les droits démocratiques ;
– dans l’entre-deux guerres, avec les usages propagandistes de la radio et du cinéma par les régimes totalitaires ;
– à partir des années 1950-1970, la démocratisation progressive de la télévision crée son lot d’interrogations quant au « pouvoir des images » (violentes, pornographiques, favorisant le consumérisme, etc.) ;
– depuis les années 2000, ce sont Internet et les réseaux sociaux qui focalisent l’attention en tant que catalyseurs de crises (« révolutions de couleur » dans les pays d’ex-Union soviétique, révolutions arabes, Brexit, élection de Donald Trump, montée de l’extrême droite en Europe, etc.), ou plus simplement de subversion politique (campagne contre le TCE, Wikileaks, #BalanceTonPorc, etc.).

Cette propension à attribuer un pouvoir propre aux médias repose hier comme aujourd’hui sur un mélange de déterminisme technique et de panique morale face à des pratiques sociales nouvelles échappant en partie au contrôle des institutions, et surtout sur une représentation du public (et du « peuple ») comme masse d’individus indolents et crédules susceptibles de se transformer en foule hystérique.


- Des récepteurs loin d’être passifs
Or, contrairement à ce qu’affirment ces théories qui voudraient que les messages médiatiques infusent sans filtre et influencent directement les consciences du public, la sociologie de la réception a depuis longtemps montré que les croyances et les opinions se façonnent essentiellement dans les groupes primaires (cercles familiaux, amicaux ou professionnels). 

Si les informations véhiculées par les médias exercent quelque influence, elles ne sont perçues et reçues qu’à travers les grilles d’interprétation partagées et négociées avec les environnements sociaux qui constituent le cadre d’existence des individus [7].

Par ailleurs, les pratiques concrètes de « consommation » des médias interdisent d’y voir un pouvoir capable de modeler les opinions : les individus ne choisissent pas par hasard les médias qu’ils suivent préférentiellement, et ils font en sorte d’être surtout confrontés à des messages ne heurtant pas leurs opinions préconstituées.

 Cette exposition sélective aux flux de messages médiatiques se conjugue souvent à une « attention oblique » [8], à la fois nonchalante et défiante, portée par les publics populaires sur les contenus diffusés dans les médias dominants.

À cet égard, le résultat du référendum sur le Traité constitutionnel européen en 2005 ou la grève de novembre-décembre 1995 contre la réforme de la Sécurité sociale voulue par le gouvernement font figure d’expérience grandeur nature attestant de la perméabilité très relative du public aux messages et, le cas échéant, aux injonctions médiatiques. 

Dans un cas comme dans l’autre, les électeurs, les forces mobilisées – comme « l’opinion » sondée, d’ailleurs – ont résisté aux partis-pris unanimes des médias dominants et sont parvenus, malgré l’hostilité manifeste de ces derniers, à diffuser leurs arguments et à convaincre.

 

3. Non pas un pouvoir, mais des pouvoirs

Loin d’être dotés du pouvoir d’assujettir les consciences que certains voudraient leur prêter, les médias ne sont pas plus – même s’ils le devraient – des organes dévoués au bon fonctionnement démocratique.
 Il n’en demeure pas moins que leurs formes d’organisation et le recrutement social des journalistes, les modalités de production de l’information, les formats qu’ils imposent à l’expression des acteurs sociaux, ou encore les relations asymétriques qu’ils entretiennent avec les différents secteurs du monde social – et tout ce que cela génère de distorsions de l’information –, concourent à structurer l’espace public, à sélectionner ceux qui y participent et à définir les limites de ce qui y est pensable et discutable, ainsi que les formes requises pour y intervenir.

En ce sens, même s’ils apparaissent comme des « effets émergents » de leur fonctionnement et de leurs structures (économique, juridique, sociale, politique) et non comme des prérogatives détenues par des instances organisées, et même s’ils n’en sont pas les seuls titulaires, les médias exercent bien certains pouvoirs. 
Des pouvoirs éclatés et partagés qui ne s’exercent pas de façon uniforme et continue, qui varient selon les conjonctures et les rapports de force dont elles sont porteuses, mais des pouvoirs bien réels. Des pouvoirs qu’ils s’arrogent de façon indue ou dont ils font un usage qui outrepasse régulièrement le rôle qui leur est a priori dévolu.

 Loin d’être tout puissants, les médias n’en sont pas moins trop puissants.

- Un pouvoir de co-construction des problèmes publics (et de leurs solutions)
Un pouvoir d’agenda : en déterminant quelles informations sont dignes d’être traitées, les médias définissent les événements qui font « l’actualité », suggérant au public non pas ce qu’il doit penser, mais ce à quoi il faut penser (les faits divers plutôt que l’actualité internationale ; la dette publique et les cours de la Bourse plutôt que le partage de la valeur ajoutée et le taux de l’impôt sur les sociétés ; « l’insécurité » des banlieues plutôt que les accidents du travail, etc.) ;
Un pouvoir de problématisation et de cadrage : les médias ont également le pouvoir de suggérer sous quel angle doivent être abordées les questions dont ils traitent et comment il faut y penser (la microéconomie – les comportements des producteurs et des consommateurs – prime ainsi sur la macroéconomie – la régulation politique des activités de production – ; les « blocages » générés par les mobilisations sociales l’emportent sur les revendications des salariés ; l’immigration est systématiquement présentée comme « un problème », la dégradation de l’environnement comme une tragédie sans responsables, etc.).


- Un pouvoir de légitimation (et de délégitimation)
Un pouvoir de consécration et de stigmatisation : en choisissant les discours légitimes et ceux qui ne le sont pas, selon des critères qui font prévaloir la télégénie des « bons clients », les médias portent atteinte à l’autonomie de divers secteurs sociaux en contournant les jugements et les principes de légitimité qui y ont cours ; la notoriété médiatique se substituant dès lors à la compétence et à la reconnaissance par les pairs (les champs intellectuel et culturel sont ainsi colonisés par des logiques de jugement n’ayant rien à voir avec la qualité des œuvres ; le champ de la représentation politique et syndicale connaît le même phénomène lorsque les porte-parole désignés par les militants ou les formes de mobilisation choisies ne satisfont pas aux exigences médiatiques, etc.).

Un pouvoir de révélation et d’occultation : certaines questions n’accèdent jamais au débat public, quand d’autres font l’objet d’un traitement quasi obsessionnel, sans qu’aucune logique proprement journalistique puisse justifier ces asymétries dans leur couverture médiatique (les préoccupations des classes dominantes en matière éducative, de loisir ou de consommation sont l’objet de toutes les attentions lorsque les modes d’existence des classes populaires sont quasiment absents des grands médias ; inversement, les illégalismes des classes populaires connaissent une couverture particulièrement intense dans les rubriques « délinquance et insécurité » quand ceux des classes dominantes font l’objet d’un traitement nettement plus pudique et discret) ; dans le même temps, et même s’ils paraissent dépendants en la matière des sources qui les informent, les médias ont le pouvoir d’attirer l’attention sur des questions qui resteraient méconnues en dehors de cercles restreints (ainsi de la fraude fiscale, de nombreux problèmes de santé publique et d’atteinte à l’environnement, des coulisses des relations internationales, etc.).


Le problème n’est pas tant que les médias détiennent de facto le pouvoir de co-organiser et donc de peser sur l’espace public démocratique, mais la manière dont ils l’exercent. 

Quand des médias exercent ces pouvoirs continument dans le même sens, ils exercent du même coup une domination effective : c’est en cela que les médias dominants sont dominants !

- Un pouvoir de domination symbolique
Les pouvoirs qu’exercent les médias sont difficiles à saisir et à évaluer. « L’opinion, ça se travaille »… mais l’opinion est souvent rétive.

 L’impact des différents pouvoirs des médias varie notablement selon les sujets et selon les contextes. 

Des informations fausses ou biaisées peuvent commettre des ravages ou ne laisser aucune trace, n’avoir qu’un impact instantané ou limité. Mais il en va autrement si elles sont réitérées sur des périodes plus ou moins longues.

Les médias ne fabriquent pas, à proprement parler, le consentement des peuples, mais ils sont parvenus, en quelques décennies, à réduire considérablement le périmètre du politiquement pensable, à reléguer en les disqualifiant les voix contestant l’ordre social et à imposer la centralité et la crédibilité des thèses et des solutions néolibérales. 

Ce faisant, ils ont construit jour après jour, par un unanimisme savamment organisé, un consensus qui tient pour évidentes et naturelles une doctrine sociale, une organisation économique et des options politiques qui protègent et favorisent les intérêts des dominants.

Trop souvent, les pratiques journalistiques ordinaires déforment et distordent l’information en introduisant à tout instant biais factuels et parti-pris interprétatifs. 

Mais surtout, loin de garantir une information et des débats pluralistes, indépendants et équilibrés, les chefferies éditoriales exhibent leurs petites différences mais renient toute autonomie pour participer avec délice au grand jeu du pouvoir dans le sillage des classes dirigeantes qui les ont plus ou moins cooptées. Quant aux grandes entreprises médiatiques, elles sont devenues des vecteurs d’influence que s’arrachent les oligarques du grand capitalisme. 

La plupart des journalistes n’exercent pas le même métier que les professionnels du commentaire. Mais ce sont ces derniers qui orchestrent les pouvoirs des médias dominants.


L’usage dévoyé des pouvoirs qui leur échoient confère aux médias et à ceux qui les dirigent une fonction d’intégration idéologique de la classe dominante et de chambre d’écho de ses préoccupations, ainsi qu’un rôle de relais et d’auxiliaires des pouvoirs politiques et des puissances économiques – un rôle de « chien de garde » en somme.

 C’est ce pouvoir de domination symbolique, jamais acquis et sans cesse recommencé, qui demande à être dénoncé et combattu pied à pied. 

C’est à cette tâche qu’Acrimed s’emploie depuis plus de 20 ans.


Par  Blaise Magnin et Henri Maler


Notes :
[1] Sur ce thème, les références sont innombrables, on se contentera donc de renvoyer à un article de synthèse de Patrick Lehingue intitulé « “Le pouvoir des médias” : vieux terrain, nouveaux objets », à l’ouvrage récent de Patrick Champagne paru en mars 2016 aux éditions Raisons d’Agir, intitulé La double dépendance. Sur le journalisme, et recensé ici-même, ainsi qu’à l’ouvrage collectif dirigé par Pascal Durand et publié en 2004 par les éditions de l’ULG, Médias et censure : figures de l’orthodoxie.

[2] Selon le concept développé par le philosophe allemand Jürgen Habermas. Selon lui, le régime démocratique repose sur un espace public dans lequel les questions d’intérêt général sont posées et débattues publiquement, puis tranchées à partir de l’échange et de la confrontation d’arguments rationnels. Les médias jouant un rôle primordial dans ce processus.

[3] Voir notamment Pour une socioanalyse du journalisme, publié par Alain Accardo aux éditions Agone en 2017, et dont on trouvera une recension ici-même.

[4] D’après l’ouvrage de Noam Chomsky et Edward Herman, Manufacturing consent, paru en 1988, et dont on trouvera un extrait ici-même.

[5] Selon le titre de l’ouvrage Le Viol des foules par la propagande politique, publié en 1939 par le philosophe allemand Serge Tchakhotine.

[6] Concept proposé par le chercheur états-unien Harold D. Lasswell dans l’ouvrage Propaganda Technique in World War I paru en 1927.

[7] Les enquêtes pionnières en la matière, dirigées par le chercheur états-unien Paul Lazarsfeld dans le cadre de « l’école de Columbia » remontent aux années 1940 et 1950 avec The People’s Choice (1944), Voting(1954), et Personal Influence (1955).
[8] D’après le concept élaboré par le sociologue britannique Richard Hoggart dans La culture du pauvre paru en 1970.



Source : ACRIMED, Blaise Magnin, Henri Maler, 19-03-2018



 



ET AUSSI    RAPPEL !



14.juin.2019 // Les Crises

[Résultats] Grand Prix de la Complaisance Journalistique – 

Conf. de Presse Macron

 


Suite à la conférence de Presse du 25 avril de Macron, nous vous avions proposé d’être les membres du jury du Grand Prix de la Complaisance Journalistique.

Vous avez été 1417 à choisir les questions les moins dérangeantes posées à E. Macron, mais aussi à voter pour celles que vous auriez aimé voir poser.

 Voici donc les résultats :
  • Troisième question la plus demandée, recueillant 30,9% des voix : les Fake News LREM
« Plusieurs membres du gouvernement et des députés LREM ont relayé ou produit des fake news sur les Gilets jaunes. La loi relative à la lutte contre les fausses informations va-t-elle aussi s’appliquer à la majorité présidentielle ? »
  • Deuxième question la plus demandée, avec 37,8% des voix : les violences policières
« Un mort, cinq mains arrachées, vingt-deux yeux crevés, des centaines de blessures graves. Maintenez-vous que les forces de l’ordre ont été d’un professionnalisme exemplaire ? »
  • Et la question qui arrive en courte tête avec 38% des voix, soit celle qui selon les votants, a le plus manqué à cette conférence de presse d’Emmanuel Macron : la vente d’Alstom à General Electric
« Vous avez validé la vente du pôle énergie d’Alstom à General Electric alors que vous étiez ministre de l’Économie. Pensez-vous avoir un mandat du peuple français pour liquider ainsi le patrimoine industriel de la France ? »


Venons-en maintenant aux lauréats du Grand Prix de la Complaisance Journalistique :

En troisième place sur le podium de la complaisance journalistique, avec 31,4% pour des voix, élue « Brosse de Bronze » :
  • Elizabeth Pineau @elizapineau pour Reuters, avec la question : « Quelles sont les raisons profondes de ce rendez-vous à l’Élysée, devant la presse ? Avez-vous des regrets ? »



En seconde place sur le podium de la complaisance journalistique, avec 36,2% des voix, élu « Brosse d’Argent » :
  • Jean-Jérôme Bertolus @jjbertolus pour France Info, avec la question : « Est-ce qu’on va rentrer dans une démocratie directe entre vous et les Français ? Est-ce qu’il faut que les Français vous connaissent mieux ? »



Et en première place, vainqueur du Grand Prix de la Complaisance Journalistique 2019 avec 61,6% des voix, élu « Brosse d’Or » :
[roulement de tambour]
  • David Revault d’Allonnes @davidrevdal pour le JDD, avec la question : « Comment avez-vous vécu la crise des Gilets Jaunes, parce ce que ça a été quand même assez dur ? En quoi avez-vous personnellement changé ? »





Source et Publication:   https://www.les-crises.fr/