lundi 9 décembre 2019

ENVIRONNEMENT : GRETA THUNBERG : C' EST LA PANNE SÈCHE !

  Environnement - 8 décembre 2019

Greta : le melon et la pastèque

Sainte Greta, sur le sol américain, se trouva fort dépourvue quand la COP25 fut déplacée du Chili à Madrid.

 Au secours ! cria à pleins poumons celle qui refuse de polluer la planète par les airs.

 Deux anges l’entendirent, puis un troisième (une skippeuse de 26 ans) qui, de Londres à New York, s’envola illico), la prirent sous leurs ailes sur leur beau bateau. 

Trois semaines de traversée. Au cours de laquelle, certainement guidée par son gentil papa, la jeune mascotte des grands de ce monde a réfléchi.

 Le gaz carbonique (C02) responsable du réchauffement climatique à cause des méchants humains qui polluent ? S’il n’y avait que ça !


Une bien belle traversée, en effet, à bord de La Vagabonde

Un superbe catamaran sur lequel, depuis plusieurs années, voguent un bien joli couple d’Australiens et leur bambin. 
Lui, c’est Riley Whitelum, 35 ans. Naviguer sur son propre bateau, c’était son rêve. 

Mais sans argent, comment faire ? 
Simple : hormis quelques cours de pilotage de voilier, il a tout appris tout seul. Et puis, un jour, miracle ! il a pu s’offrir un deux coques. 

Elle, c’est Elayna, 26 ans. Tombée raide dingue amoureuse de l’aventurier en bateau… 

Trois ans, maintenant, qu’ils parcourent le globe, « un mode de vie génial », écrit le site demotivateur.fr. Génial, c’est le mot ! Yoga, lecture, musique, séances photo, de délicieuses frayeurs à cause d’une tempête impromptue, de temps à autre… 

Comment financent-ils cette vie au gré des flots ? En postant des vidéos sur YouTube. Cool ! 

Comme cela ne suffit pas forcément, ils reçoivent des dons de leurs admirateurs. Les chanceux ! 

Bref, Riley et Elayna, un couple qui ne perd pas sa vie à travailler, ne manifeste ni pour son pouvoir d’achat ni pour sa retraite. Si loin du vilain capitalisme honni par les Thunberg. En somme, un exemple à suivre pour la demoiselle qui, à 16 ans, a pris une année sabbatique…

Mais l’icône des jeunes ne nous avait pas tout dit. 

Trois semaines à ne rien faire sur un bateau, c’est long. Alors Svante, le père, en a profité pour parfaire son éducation. 
Incriminer les méchants humains pollueurs en gaz carbonique responsable du réchauffement climatique, c’est bien. 
Les culpabiliser à travers le prisme idéologique indigéno-gauchiste, c’est encore mieux. 

Voir la tribune qu’elle a cosignée sur Project Syndicate (une organisation médiatique internationale qui dispose de 459 médias dans 155 pays). 

Extrait : « La crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. Nos dirigeants politiques ne peuvent plus fuir leurs responsabilités. »


Nous y voilà ! Au bout d’un an du « phénomène Greta », les gens sont mûrs pour entendre la nature de notre véritable objectif. 

L’écologie, le réchauffement climatique, tout ça, du côté des communicants de Greta, on s’en fout un peu. Le but poursuivi est bien plus important. 

Ce que commente Laurent Alexandre sur Atlantico« C’est un discours trotskiste, révolutionnaire au sens propre du terme et il est très étonnant de voir ce passage à l’acte car ils vendent la mèche alors que jusqu’à présent ils n’ont jamais dit quel était leur véritable agenda. On est passé en réalité de la défense des coquelicots à la volonté de détruire l’homme blanc, hétérosexuel, chrétien et européen. »

Anti-CO2, anticolonialisme, antiracisme, anti-patriarcat, tout ça, c’est affaire de gros sous. 

Greta, issue du show-biz, « radicale et exemplaire » mais surtout vulnérable et docile, est une aubaine. Avec ces nouveaux combats, elle a de quoi occuper ses journées lors de ses prochaines traversées sur d’autres catamarans avec d’autres jeunes oisifs bien dans l’air du temps…

Avec tout ça, Greta a-t-elle pris le melon, comme on dit en Provence ?

 On ne sait pas, mais elle commence à ressembler sérieusement à une pastèque : vert dehors, rouge à l’intérieur.


Par Caroline Artus

Ancien chef d'entreprise 


ET AUSSI  


- Société - 9 novembre 2019

Des nouvelles de Greta Thunberg : c’est la panne sèche !

C’est un véritable appel au secours que lance au monde entier via Twitter : « J’ai besoin de trouver un moyen pour traverser l’Atlantique en novembre… Si quelqu’un pouvait me trouver un moyen de transport, je serais extrêmement reconnaissante. »

Car il y urgence pour elle : depuis que l’Espagne a décidé d’organiser la COP25 en lieu et place du Chili, la pauvre Greta est prise de court. 

Elle le dit elle-même : « Il s’avère que j’ai traversé la moitié du globe dans le mauvais sens. »

Comique de situation : celle qui, il y a quelques semaines, s’élançait pour une transatlantique de luxe à bord de son voilier décarboné à plusieurs millions d’euros se retrouve coincée sur une grande île, l’Amérique. 

D’où son appel à l’aide pour un moyen de transport, des financements, ou les deux. Elle qui a tant reproché aux adultes de ne penser qu’au pognon et pas à l’urgence climatique, voilà qu’elle ne cracherait pas dessus si ça pouvait lui permettre d’arriver à bon port…


Mais attention, pour elle, le voyage par les airs est exclu. 

Car la demoiselle souffre d’un deuxième syndrome, en plus de celui d’Asperger, le « flysgkam ». Jamais entendu parler ? C’est normal, car Greta Thunberg en est à la fois la créatrice et la victime. 

C’est une maladie de la honte. Celle de prendre un avion. 

Elle touche d’autres concitoyens, paraît-il, qui ont une conscience très aiguë des désordres climatiques. Ce n’est pas donné à tout le monde, certes, mais c’est pris très au sérieux. Par la Commission européenne, notamment, qui réfléchit à créer une taxe sur le trafic aérien.


De quoi faire plaisir à la petite Greta mais qui, pour l’instant, ne règle en rien son urgence du moment : se rendre en Espagne.

Effectuer la traversée sur son beau voilier dans l’autre sens est inenvisageable : dame Nature l’interdit et ne cédera pas aux coups de gueule et supplications, même d’une adolescente. L’été n’est pas l’hiver et les dépressions et coups de vent en océan Atlantique ne sont pas propices à une telle croisière, aussi médiatique soit-elle.
 

L’option traversée sur un cargo ? Pas très sexy pour Greta : un des moyens de transport les plus polluants, paraît-il.

Et une croisière sur le Queen Mary 2 ? Avec cabine privée, repas à bord et prestiges ? Un peu bling-bling pour l’égérie de la croisade pour la planète. Encore que, des incongruités, on en a vu d’autres dans l’épopée de Greta.

 Comme, par exemple, le fait que les skippers de la croisière de cet été ont dû faire le voyage en avion pour récupérer le voilier décarboné.

Il n’empêche, ce SOS tombe à point nommé pour rappeler l’existence de la miss à la conscience du monde.

 Ses invectives, accusations et crises de larmes avaient fini par lasser. 

Même Emmanuel Macron s’est agacé. 

Avec l’affaire du voile, les banlieues à feu et à sang, les Français regardaient ailleurs.

Le sortilège est peut-être rompu…


Bonne chance, petite Greta, et surtout, bon vent !

Sabine de Villeroché

Juriste 
 
 
Source et Publications :   https://www.bvoltaire.fr/
 
 

AVEC L' INTELLIGENCE ARTIFICIELLE , LA CIVILISATION DU POISSON ROUGE !

La civilisation du poisson rouge

 

TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !

 

La civilisation du poisson rouge

Par  


Lorsque l'on écoute les thuriféraires de l’Intelligence Artificielle, il ne sert à rien de s’inquiéter et de se faire un sang d’encre. 

Il y aurait même une figure de Tartuffe adepte de toutes les dystopies à s’alarmer de l’arrivée imminente du « point de singularité », le moment où une intelligence artificielle deviendra humaine. 

Pour les optimistes qui se veulent rassurants, l’IA pourrait bien s’entraîner à mimer des sentiments humains et déclencher une empathie -ce que l’on appelle l’effet ELIZA qui nous pousse à aimer les petits robots-, la machine ne ressent rien et ne ressentira rien encore pendant de très longues années.

Voilà en substance ce que l’on se devrait de croire en refermant l’ouvrage La civilisation du poisson rouge de Bruno Patino, directeur éditorial d’Arte France et doyen de l’école de journalisme de Sciences Po. 

Ce spécialiste des médias et des questions numériques fut, dès les premières années, du nombre des pionniers ayant œuvré au développement de l’Internet de l’information. 

Patino pointe dans son ouvrage les risques bien réels que font peser les algorithmes prédictifs sur nos vies de consommateurs effrénés.

 Il constate notre condition nouvelle, celle de poisson rouge et regrette le dévoiement qu’a connu Internet, passé de la logique originelle de démocratisation universelle du savoir à la nébuleuse incontrôlable que nous voyons depuis. 

Cependant et assez paradoxalement, l’auteur demeure confiant pour l’avenir.

Au commencement de l’aventure numérique, considérée par beaucoup comme la 4ème révolution industrielle, l’infini nous était promis et « Il était entendu que le cyberespace ne connaîtrait de limite que celle du génie humain. » 

 Au lieu de quoi, nous sommes devenus des poissons rouges enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés : « Notre esprit tourne sur lui-même, observe Bruno Patino, de tweets en vidéos YouTube, de snaps en mails, de lives en pushs, d’applications en newsfeeds, de messages outranciers poussés par un robot aux images filtrées par des algorithmes, d’informations manifestement fausses en buzz affligeants. » 

La lucidité face à cette effrayante réalité doit selon l’auteur nous inciter à engager le combat, sans pour autant rejeter en bloc la civilisation numérique. 
Il s’agirait plutôt de la transformer pour « retrouver l’idéal humaniste qui motivait les premiers utopistes de l’éclosion du numérique ». 

 A ce stade de la démonstration, il faut s’interroger sur l’efficacité réelle d’une demi-mesure quand une catastrophe point à l’horizon : l’avènement de générations de zombies digitalo-dépendants. En effet, au-delà de 30 minutes sur les réseaux sociaux, notre santé mentale se trouve altérée. 

Les jeunes américains, statistique dépassant l’imaginable, consacrent 5 heures et demie par jour aux technologies du divertissement, jeux vidéo, vidéos en ligne et réseaux sociaux, et un total de 8 heures quotidiennes à l’ensemble des écrans connectés. Un tiers de vie !

Drogués, hypnotisés par l’écran, abreuvés de stimuli électroniques ayant pulvérisé nos barrières intérieures, nous avons tous, peu ou prou et pour parler comme Saint-Exupéry, abandonné notre être. 

La satisfaction instantanée produit de la dopamine, molécule du plaisir qui envoie un signal court au cerveau primitif et lui donne envie de recommencer. L’addiction est une dépendance à la dopamine.

C’est ici que le propos de Patino va plus loin. 

Savons-nous que ces grands businessmen du Web devenus milliardaires défilent depuis peu en se battant la coulpe ? 
Leur créature, épigone de Frankenstein, leur aurait échappé. 
La boîte de Pandore ne pourrait plus être refermée, charriant à grands flots ses vulgarités, violences visuelles, perversions, provocations… 

Savons-nous, donc, que ces fondateurs placent leurs enfants dans des écoles non connectées et leur interdisent l’usage de leurs inventions, à l’image du créateur de l’iPad qui en prohibe l’entrée à son domicile ? 

La plupart dénoncent l’effet dévastateur de la connexion sur la psychologie humaine. 

Pourtant, il s’agissait bien pour les géants de la tech, avant qu’ils ne soient eux-mêmes à la merci de leur insatiable monstre, de rendre les gens dépendants en profitant de leur vulnérabilité psychologique, de « vendre à Coca-Cola du temps de cerveau humain disponible » comme avait proclamé fièrement un ancien patron de TF1. 

B. J. Fogg, docteur en informatique, dirige depuis sa création en 1998, le Persuasive Technology Lab, le laboratoire des technologies de la persuasion situé à Stanford University au cœur de la Silicon Valley. 

Cet éminent docteur a inventé un terme pour nommer sa science : la « captologie. » Inutile de préciser le concept et les objectifs poursuivis.

Le Web 1.0 avait connecté les informations et les institutions et nous avait conduits jusqu’en 1999, le 2.0 avait instauré l’interaction et mettait en relation les individus.

 La route était tracée : le 3.0 serait sémantique et lierait les savoirs, et le 4.0, les intelligences : « Un aiguillage inattendu s’est présenté, qui a dévié le cours des choses. La forme nouvelle de l’Internet n’est pas sémantique, mais dessinée par l’économie de l’attention. » 

 Les géants de l’Internet ont créé un ordre économique attrape-tout : toutes les données et tous les objets de toutes les vies sont collectés, dans le but de conquérir le temps.

Bruno Patino a raison de dire que nous avons organisé un jour sans fin. 

Ce que nous appelons, de notre côté, un présent omniprésent. 

En cela, l’auteur montre combien nous avons rompu avec la vision équilibrée bien que lointaine qu’avait dessinée Saint Benoît dans sa règle monastique : 24 heures réparties en trois tiers, l’un pour le corps (sommeil compris), le deuxième pour le travail (et la vie en société), et le troisième pour la vie intellectuelle ou la prière.

 Le ora et labora -prie et travaille- bénédictin, source de tant de progrès de civilisation et d’équilibre pour l’homme, a été pulvérisé par la tyrannie du data, ces données qui ont pris le pouvoir dans nos pauvres têtes. La fabrique de réalités individuelles, de stories sans cesse « enrichies », a ni plus ni moins produit « un empire du faux » et l’impossibilité de discerner une quelconque vérité.

 L’auteur évoque encore la French Theory qui a sévi sur de nombreux campus universitaires, notamment américains, préparant les esprits au relativisme généralisé. 
Qu’est-ce que le relativisme sinon la négation de la vérité et la validation de toutes les subjectivités ?


Devant tant de clairvoyance, qu’il nous soit permis de penser que notre brillant journaliste se trompe quand il imagine qu’il y a moyen de dompter la bête. C’est un peu comme le vœu pieux formulé récemment par Audrey Azoulay directrice générale de l’UNESCO d’établir un cadre normatif pour une Intelligence Artificielle éthique.

 Songeons par exemple que Ray Kurzwell, 70 ans, gourou spiritualiste du transhumanisme dirige la Singularity University chez Google qui ne vise rien d’autre que la démiurgie, c’est-à-dire la possibilité de créer à l’égal de Dieu.

 Appuyé sur la technologie numérique, les nanotechnologies, la biologie et les sciences cognitives (réunies dans l’acronyme NBIC), ce porte-étendard du rêve d’un autre monde promet que nous échapperons bientôt aux fatalités de la condition humaine et que nous toucherons le point de « singularité » en 2045 : c’est à dire notre « graal », le moment où la civilisation sera fondée sur l’intelligence des machines.


Nous avons beau chercher dans tous les angles, et même les recoins, nous ne parvenons décidément pas à partager l’optimisme de Patino d’un avenir meilleur et plus humain.


Par Rodolphe Arfeuil      http://www.mauvaisenouvelle.fr/

SOMMES-NOUS UN PEUPLE DÉCÉRÉBRÉ ? TRIBUNE LIBRE !


Déséducation et décervelage intensif

Déséducation et décervelage intensif

Par  
 

Aborder le sujet de l'éducation nationale en France est extrêmement clivant et ce pour diverses raisons à commencer par la psychologie sociale, collective ou individuelle. 

Beaucoup ont souffert de différentes frustrations liées aux profs. 

Le petit coco - forcément un génie aux yeux de ses parents - pas reconnu par les enseignants, ces salauds ; le gamin imbuvable et mal élevé, hyperactif, forcément un surdoué qui s'ignore ; le gosse déficient intellectuel automatiquement un génie méconnu…
J'en passe et des pires.


Je ne parle même pas de tous ces écrivains du dimanche persuadés que leurs maîtres sont passés à côté de leurs dons. 

Elle est cruelle l'école, elle suscite beaucoup de complexes, beaucoup de frustrations, de colères, beaucoup ne se relèvent pas, expliquant le plus souvent leur échec patent par le fait qu'ils étaient rebelles et les bons élèves trop dociles, attention !
Et sic.


Pour la plupart à droite, et à droite de la droite, c'est la faute uniquement de l'idéologie.

 Les profs seraient tous des marxistes en puissance, encore maintenant, retardant de soixante voire soixante-dix ans dans leur perception et c'est pour ça qu'ils n'auraient pas eu une scolarité aussi brillante que celle à laquelle ils croyaient pouvoir prétendre.

 Il y aurait un complot contre tous les élèves de famille de droite. 

Alors que bien souvent c'est juste qu'ils étaient simplement un peu fainéants et pas très malins… 

Attention je ne nie pas que la pression idéologique existe, bien au contraire mais elle se niche ailleurs…


J'ai noté au cours de ma carrière de 27 ans dans le public que les plus attachés à des valeurs pourtant qualifiées de réacs étaient des anciens gauchistes ou « soissantuitards » voire des communistes. 
Ce qui d'un certain point de vue est logique.

Je songe ici non sans amusement à cette fille d'un ancien candidat de droite bien à droite de province fière avec son pôpa et sa môman venus spécialement de recevoir un prix de la « Maison de l'Europe » couronnant un travail à l'inverse de leurs convictions affichées. 

Les deux eurent un sourire un peu gêné à mon encontre…

Quand Jean-Michel Blanquer est arrivé au ministère de l'éducation rue de Grenelle, ils ont été nombreux à se dire qu'enfin un des leurs accédait au poste et que les choses allaient changer. 

Alors que les déclarations du ministre n'étaient juste que des coups de com à destination de la droite. Et uniquement de la com. 
Car le pédagogisme continue ses ravages dans toutes les strates de la « grande » maison.


Le pédagogisme prôné en France ayant mené à la faillite du « collège unique » est issue du libéralisme le plus échevelé et non du marxisme

Le problème, le nœud central c'est le pédagogisme et l'abandon de la valeur travail mais aussi de toute idée de transmission du savoir ou de quoi que ce soit d'un peu élevé. 

Je n'évoquerai même pas l'abandon de toute idée d'excellence, crime odieux pour les maîtres de l'éducation nationale en 2019 qui ne sont pas le ministre et son équipe mais les inspecteurs généraux dont certains continuent leurs méfaits même quand ils sont à la retraite :
Sauvageot ou Durpaire par exemple.


Le pédagogisme prôné en France par Philippe Meirieu et ayant mené à la faillite du « collège unique » est la problématique la plus importante, rappelons que cette doctrine est issue du libéralisme le plus échevelé et non du marxisme. 

Ces idées ont pour conséquence un nivellement par le bas finalement cynique de la part des responsables qui estiment que le bas-peuple n'a pas besoin de connaître les grands classiques pour vivre et travailler, et qu'en plus cela favorise sa docilité aux pires sottises répandues dans les médias, officiels ou alternatifs.

Le peuple ainsi décérébré votera « contre le fââchiisme » aux présidentielles là où on lui dit de voter.


Il est finalement une vérité intangible indubitable en éducation, tout le monde n'est pas fait pour faire des études et a fortiori des études longues, tout le monde n'est pas doué pour se cultiver, et, ou apprendre. 
Ce n'est pas du tout une question d'instruction ou que sais-je encore…
 

C'est injuste, c'est cruel mais c'est ainsi.

Et il y a différentes formes d'intelligences, les intelligences manuelles étant encore largement méprisées dans ce pays où les jeunes qui suivent des filières professionnelles ou qualifiantes leur étant vraiment adaptées y sont poussés toujours par défaut et non par réelle vocation. 

Et c'est ainsi que la plupart des enseignants et des parents les perçoivent, des voies de garage pour des adolescents moins intelligents.

Exercer un métier manuel est toujours considéré comme dégradant.
Bien entendu, quand on dit ça en France cela concerne toujours les enfants des autres, jamais les siens propres…


Cette droite où sévit un anti-intellectualisme forcené qui n'est rien d'autres que la manifestation d'un complexe d'infériorité mal digéré

Ce pédagogisme est porté depuis quelques décennies en France par des profs et des administratifs issus de notre société décervelée, qui ne remettent jamais en question le système tel qu'il est, ne veulent surtout avoir de questionnements dessus, et qui refusent de porter le moindre savoir aux élèves. 
On me dira qu'ils auraient du mal beaucoup étant de plus en plus incultes ou même quasi illettrés, il faut voir les fautes dans les courriers officiels, elles sont parlantes.

Ils ont assimilé, mal, mais ils l'ont fait sans broncher, l'écriture inclusive dans tous leurs cours, dans les messages aux parents et à l'administration et le fait que l'école doit rééduquer les enfants contre la famille parfois en imposant une vision de la société entre Disneyland et Orwell. 

On censure les livres qui pourraient gêner tout cela sans aucun remords ni indignation venant de droite d'ailleurs où sévit un anti-intellectualisme forcené qui n'est rien d'autres que la manifestation d'un complexe d'infériorité mal digéré.

Ils n'ont pas vraiment d'idéologie ces gens, ils n'ont pas d'idées, ils ne font que recracher ce qu'on leur a mis dans le crâne. 

Et pire ils sont devenus profs par défaut, ou pour beaucoup de femmes mariées car ça faisait un peu d'argent de poche tout en s’occupant des gosses le mercredi.

Tout cela a entraîné un élitisme beaucoup plus puissant qu'auparavant soutenu par un darwinisme social sans pitié. Il n'y a plus de méritocratie possible et la culture redevient le privilège quasi exclusif des nantis (je parle bien ici de culture et non de tout le fatras épate bourgeois que beaucoup confonde avec). 

Pour les ignares c'est l'excuse toute trouvée me dira-t-on :
« Je suis ignare mais au moins je suis simple et la culture (l'épate bourgeois) c'est un truc de bobo ».


Et finalement la société actuelle qui célèbre autant la médiocrité a de beaux -mauvais?- jours devant elle encore…


Source :   http://www.mauvaisenouvelle.fr/ 

                

FINANCE: VERS LA SPOLIATION DE L' ÉPARGNE ET DES ÉPARGNANTS .......


 LU, VU ET ENTENDU !


 

9.décembre.2019 // Les Crises

Comment se prépare la spoliation de l’épargne et des épargnants – 

Par Ruptures




Source :Ruptures, 15-11-2019

Les taux d’intérêt négatifs favorisent les ultra-riches et le capitalisme financier, en menaçant les épargnants et les classes moyennes.
Par Jean-Michel Quatrepoint, journaliste, auteur notamment de Alstom, scandale d’Etat, 
Dernière liquidation de l’industrie, Fayard, 2015.


Aberration hier. Réalité aujourd’hui. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le capital ne rapporte plus. Pire, il coûte ! 

Les taux négatifs sont désormais la norme, en Europe, mais aussi au Japon, pour l’épargnant moyen. 

La rémunération du Livret A est inférieure à l’inflation. Idem pour les contrats en euros à capital garanti de l’assurance vie, ce placement préféré des Français (1700 milliards d’euros).
Les assureurs veulent orienter leurs clients vers des placements à risque
Les assureurs ont massivement investi dans les Bunds allemands, les bons du Trésor français et même ceux de l’Italie qui offrent toujours des taux négatifs, malgré une remontée des courbes depuis septembre 2019.

 Mécaniquement, les revenus de l’assurance vie chutent. 

Les assureurs sont donc tentés de fermer peu à peu les comptes en capital garanti, qui ne permettent plus une rémunération suffisante, tant des épargnants que des gestionnaires. Ils veulent orienter leurs clients vers des placements à risque, en actions et autres produits financiers.

Les grandes banques privées commencent à taxer, au-delà d’un certain seuil, les dépôts en liquide de leurs clients les plus fortunés. Elles répercutent ainsi le coût du taux négatif de 0,5% sur leurs liquidités excédentaires qu’elles sont obligées de déposer à la BCE.

« Helicopter money »

Comment expliquer que l’on en soit arrivé là ? D’où viennent ces taux négatifs, appelés apparemment à perdurer ? Tout commence, fin 2008, avec la faillite de Lehman Brothers et la crise financière qui s’est ensuivi. Une bulle s’était créée autour des subprimes (1) avec un excès de dettes immobilières privées. 

Les banques, notamment américaines, ayant accumulé des créances irrécouvrables, beaucoup se trouvaient en situation de quasi-faillite.

 Pour éviter un krach et un effondrement de l’économie mondiale, le président de la Banque centrale américaine, la FED, Ben Bernanke applique une nouvelle théorie monétaire, celle de l’Helicopter money. Les banques centrales, à commencer par la FED, jettent des tombereaux de monnaie que les pâles de l’hélicoptère saupoudreront sur l’ensemble de l’économie, et surtout sur les acteurs financiers.

Les États passent ainsi le relais aux banques centrales qui deviennent les acteurs majeurs de l’économie. La FED fait tourner la planche à billets, rachète aux banques leurs actifs toxiques. Son bilan passe en deux ans de 850 milliards à 4 500 milliards de dollars. Parallèlement, l’État émet plus de dettes, souscrites pour partie par la FED pour soutenir l’économie. Les Européens suivront l’exemple, quoique sur une moindre échelle.
La création monétaire aurait pu être orientée vers l’économie réelle, on a préféré laisser faire les marchés
L’Helicopter money de Ben Bernanke a sauvé le système financier américain, les grandes banques et Wall Street. Cette création monétaire abondante a eu un effet mécanique : les taux d’intérêt ont baissé.
 Mais ils restent outre-Atlantique positifs. Ne serait-ce que pour conserver au dollar son pouvoir attractif auprès des investisseurs internationaux. Faute de réinventer un nouveau modèle économique, on a donc, en 2008, sauvé les meubles.
 L’Helicopter money se contentant de déplacer la bulle, des dettes privées vers les dettes publiques. La création monétaire des Banques centrales aurait pu être canalisée, orientée vers l’économie réelle, vers des investissements collectifs, notamment les infrastructures. On a préféré laisser faire le marché.

Des bénéfices pour les ultra-riches

Les capitaux de plus en plus abondants se sont investis en Bourse, dans des opérations de LBO (2), dans des montages financiers rémunérateurs. Les entreprises ont multiplié les programmes de rachats d’actions pour faire monter les cours et assurer ainsi des plus-values à leurs actionnaires. En revanche, elles ont souvent négligé les investissements de long terme. On a continué à sabrer dans les effectifs et la masse salariale a été contenue.

Les délocalisations et la course aux moins-disant fiscal, social et environnemental ont maintenu des prix bas pour le consommateur. D’où une inflation plus que contenue. En revanche, une autre inflation est apparue : celle des actifs. Les ultra-riches, qui financent leur développement et leurs opérations en s’endettant à des taux très bas rachètent des entreprises, de l’immobilier, des œuvres d’art et en font grimper les prix. Ce qui accroît mécaniquement leur patrimoine.

Sauver la monnaie unique

La théorie de l’Helicopter money sera reprise en Europe, quelques années plus tard, sur une grande échelle, par Mario Draghi. Cet Italien, éduqué chez les Jésuites, est en réalité un pur produit de la finance mondiale. Son passage chez Goldman Sachs, dont il fut un vice-président, lui ont appris les arcanes de cet univers impitoyable et le langage qu’il faut tenir aux marchés.

 Succédant à Jean-Claude Trichet et confronté à la crise grecque, qui risque de faire imploser la zone euro, il applique la politique suivie par Ben Bernanke.

Il affirme que la BCE fera « tout ce qui est nécessaire pour sauver la monnaie unique ». Son action sera double. D’une part, il introduit, en 2014, un taux négatif (- 0,1 % et – 0,5 % aujourd’hui) sur les dépôts que les banques sont tenues de déposer à la BCE. D’autre part, à partir de 2015, la banque centrale entame un programme de rachat d’actifs, d’abord de la dette publique, étendu ensuite aux dettes d’entreprises. 
Au total, en quatre ans, la BCE a ainsi acquis 2 600 milliards d’euros d’actifs. Au passage, Mario Draghi, qui se souvient qu’il est Italien, sauve son pays. La dette italienne (130 % du PIB) est recyclée.
 La Banque d’Italie, la BCE, mais aussi la Bundesbank en sont désormais les principaux détenteurs. En France, la Banque de France et les fonds euros de l’assurance vie rachètent massivement la dette française.

Draghi, plus loin que Bernanke

En introduisant durablement les taux négatifs – ce que n’a jamais fait la Fed – Mario Draghi va plus loin que Ben Bernanke. Pour un investisseur en euro, 70% des revenus à taux fixe sont désormais à rendement négatif. 

Au niveau mondial, les emprunts des États et des entreprises offrant des rendements négatifs atteignent désormais 17 000 milliards de dollars, soit 20% du PIB mondial. La BCE a suivi le chemin emprunté par le Japon, il y a près de 30 ans. Des déficits publics financés par l’épargne locale à des taux de plus en plus bas. Résultat ? La dette publique japonaise atteint 240% du PIB, avec une inflation voisine de zéro, une consommation stagnante, tout comme la croissance.
En basculant dans l’univers des taux négatifs, c’est un bien inquiétant message que les banques centrales et les marchés financiers émettent
Et si les taux négatifs étaient finalement le révélateur d’une nouvelle idéologie : celle de la décroissance ? 

Dans la théorie économique classique, le taux d’intérêt est la récompense de l’acte d’épargne. « Je mise sur le futur, plutôt que de satisfaire une consommation immédiate et j’en reçois une récompense par l’intérêt qui m’est versé ». 

La croyance dans un avenir meilleur et le niveau des taux sont intimement liés. Or, en basculant dans l’univers des taux négatifs, c’est un bien inquiétant message que les banques centrales et les marchés financiers émettent. Ils se projettent dans un monde de décroissance et de baisse des prix. Cent euros aujourd’hui vaudront moins demain. 

« Je prête 100 euros et j’accepte que l’on ne m’en rembourse que 95 demain parce que je ne crois pas dans le futur et que je ne veux pas prendre de risques. »

Addiction à la planche à billets

Le court-termisme a pris le pas sur la vision à long terme. L’argent injecté par les banques centrales ne va plus dans l’économie réelle, ne s’investit pas dans le long terme. Il alimente, en réalité, la spéculation sur les marchés financiers. 
C’est le triomphe du capitalisme de la plus-value, au détriment du capitalisme de rendement. La planche à billets des banques centrales est devenue une drogue, dont les marchés et l’ensemble du système financier ont besoin. Une remontée des taux se traduirait mécaniquement par des pertes considérables dans les portefeuilles obligataires des grands investisseurs. Et par une baisse des actions. Avec un risque de krach.

Cette addiction à la planche à billets et aux taux bas bloque toute inversion de cette politique. Si l’on débranche le malade, il meurt. Aux États-Unis, la FED a tenté en 2018 d’inverser, très prudemment, la courbe des taux. Elle a dû battre en retraite face à une coalition hétéroclite. Rassemblant la fine fleur de Wall Street, l’aile gauche des démocrates et… Donald Trump. Chacun plaidant, pour des raisons diverses, en faveur d’une baisse des taux et une poursuite de l’endettement.

Il est vrai que cette politique fait bien des gagnants. À commencer par les États. 

Le service de la dette leur coûte de moins en moins cher et redonne quelques marges budgétaires. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron a pu financer les dix milliards des Gilets jaunes. 

Mais les États se révèlent impuissants à investir massivement dans les infrastructures, la transition énergétique, les domaines régaliens. Idéologie néolibérale oblige.
La croissance s’étiole, la confiance des acteurs économiques s’érode, le capitalisme financier triomphe
Autres gagnants : les particuliers qui peuvent obtenir des crédits quasiment gratuits pour acheter des biens immobiliers. Même chose pour les rachats d’entreprises, les LBO, qui se financent par la dette. 

Avec des effets pervers. L’immobilier s’envole. Pas partout. Uniquement là où il y a une forte demande : dans les métropoles et non sur l’ensemble du territoire. Les entreprises préfèrent faire des acquisitions, plutôt que d’investir dans leur propre outil de production ou dans les salaires. La croissance s’étiole et la confiance des acteurs économiques – consommateurs, épargnants – s’érode.  

Le capitalisme financier triomphe, au risque d’entraîner le monde à sa perte.

 

Le grand capital, grand gagnant

En inondant le marché de liquidités et en instaurant les taux négatifs, les banques centrales ont servi, en fait, le grand capital. Ceux qui ont déjà beaucoup, beaucoup de capitaux. Ils investissent avec de l’argent qui ne leur coûte rien. Ils compensent d’éventuelles pertes sur certains actifs par de considérables gains sur d’autres. Ils jouent sur les allers-retours boursiers.
La classe moyenne occidentale, et surtout les épargnants, sont les grands perdants de cette politique. 

La première, faute de croissance et de hausses des salaires, a de plus en plus de mal à se constituer un patrimoine. Quant aux retraités, on rogne régulièrement sur leur pouvoir d’achat. Et cela ne fait que commencer. 
L’épargnant a accumulé de l’épargne par son travail. Il ne veut pas tant gagner, mais ne pas perdre et préserver son capital pour sa retraite et ses enfants. Or, les taux négatifs vont peu à peu rogner ce capital.
 S’il conserve aujourd’hui de l’argent liquide sur ses comptes, c’est parce qu’il est inquiet de l’avenir. Il a le sentiment qu’il n’y a plus, depuis 2008, de pilote dans la cabine de l’économie mondiale.
De quoi accroître encore la bulle financière et… préparer un gigantesque krach boursier où petits épargnants et caisses de retraite seront lessivés
Les modèles économiques anciens se sont effondrés, mais il n’y en a pas de nouveau. On ne cesse de l’affoler en lui parlant de catastrophe climatique, de vagues migratoires, de conflits en tout genre. Bref, un environnement qui ne pousse pas à prendre des risques. Mais le système financier, lui, veut qu’il en prenne.
On va donc, peu à peu, lui ponctionner ses liquidités. Éradiquer doucement l’usage des espèces. 

L’inciter à retirer son argent de l’assurance vie à capital garanti, pour qu’il l’investisse en actions et que son épargne prenne en quelque sorte la relève de la création monétaire des banques centrales. De quoi accroître encore la bulle financière et… préparer un gigantesque krach boursier où petits épargnants et caisses de retraite seront lessivés. 

Le grand capital, lui, sera sorti du marché au fur et à mesure que les petits seront entrés. En encaissant ses plus-values. Un grand classique de l’histoire financière.
Christine Lagarde préfèrera spolier les épargnants en s’imaginant qu’elle créera ainsi de l’emploi
« Nous devrions être plus heureux d’avoir un emploi que de protéger notre épargne » ! Christine Lagarde, la nouvelle patronne de la BCE, vient d’annoncer la couleur. Elle poursuivra la politique de Mario Draghi. `

Elle préfèrera spolier les épargnants en s’imaginant qu’elle créera ainsi de l’emploi. 

Non seulement elle sort de son rôle, mais en plus elle a tout faux. Emploi et épargne, activité économique et épargne sont intimement liés. Il appartient aux responsables politiques et économiques de faire en sorte que l’épargne s’investisse dans l’économie réelle, pour le bénéfice de tous. Et non de l’orienter vers des placements spéculatifs.
Avec son « quantitative easing » (3), Mario Draghi a favorisé les sorties de capitaux de la zone euro. Les investisseurs qui ont vendu leurs obligations d’État à la BCE ont, bien souvent, utilisé le produit de cette vente pour investir dans les marchés financiers hors zone euro. En cherchant notamment des actifs offrant une meilleure rentabilité, sur le marché obligataire et immobilier américain et dans les pays émergents. Alimentant ainsi la spéculation et prenant un risque majeur pour leurs clients.

 

De l’épargne pour les grands projets

Comment éviter cette spoliation de l’épargne qui se profile et relancer l’activité économique ? En revenant tout simplement à des principes sains de transformation de l’épargne. 

L’Europe, mais aussi les Etats-Unis et la plupart des pays occidentaux souffrent d’un manque d’investissement dans les grandes infrastructures, dans la transition énergétique, dans l’adaptation aux changements climatiques. 
Pourquoi ne pas proposer aux épargnants des obligations de très long terme offrant une rémunération correcte ? 
La rentabilité historique du capital est voisine de 2 % par an, hors inflation. Ces obligations seraient émises au niveau européen et dans chaque État, par des organismes comme la Banque européenne d’investissement (BEI) ou la Caisse des Dépôts en France. Les centaines de milliards d’euros ainsi récupérés seraient alloués à des grands projets, à des biens collectifs, décidés par les États.

Aux Etats-Unis, c’est ce qu’aurait dû faire Donald Trump pour son programme d’investissement dans les infrastructures de 1 000 milliards de dollars, promis lors de sa campagne… dont on attend toujours le début du commencement. Mais une telle solution risque de ne pas être du goût des grands acteurs financiers, car les grands projets collectifs de long terme ne donnent pas matière à spéculation.

Les analyses publiées dans la rubrique Opinions constituent des contributions aux débats. Elles n’engagent pas la responsabilité de la rédaction du site.

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Prochaine tribune

Les vertus de la diplomatie russe : l’exemple kurde, par Robert Charvin, agrégé des facultés de Droit, professeur émérite à l’Université de Nice


(1) Prêt risqué. Aux Etats-Unis, il s’agissait essentiellement de prêts immobiliers à des personnes déjà très endettées.

(2) Leveraged buy-out, rachat d’entreprise par endettement, avec effet de levier.

(3) Assouplissement quantitatif. Politique monétaire qui utilise des outils comme l’achat d’obligations par les Banques centrales afin d’accroître la liquidité en circulation. L’ »Helicopter money » est rendu possible par cet assouplissement quantitatif.


Source : Ruptures, 15-11-2019
https://www.les-crises.fr/comment-se-prepare-la-spoliation-de-lepargne-et-des-epargnants-par-ruptures/ 


ET AUSSI

Assouplissement quantitatif : l’enfumage funeste


Par Jean-Luc Baslé – 25 novembre 2019 – Source Le journal de l’économie
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Graphique 1
Pour relancer l’économie suite à la crise des subprimes de septembre 2008, les autorités firent appel à une politique monétaire inorthodoxe, baptisée assouplissement quantitatif. Ce n’était en fait que de la mise en pratique des théories de Milton Friedman

Ce brillant économiste américain s’était opposé aux théories de John Maynard Keynes qui prônait l’intervention de l’état pour contrer les récessions. 

Mais, cette solution était lente à produire ses effets et engendrait une augmentation de l’impôt pour éviter un accroissement de la dette publique. Friedman proposa d’y substituer le levier monétaire. 

Présenté comme l’instrument miracle, l’assouplissement quantitatif a échoué. Examinons ses résultats, avant de s’interroger sur son futur.


Objectifs

Il avait trois objectifs : relancer l’économie, réduire le chômage et maintenir un taux d’inflation de 2%. Il n’en a atteint aucun. 
Aux États-Unis, la croissance moyenne a chuté de 2,5% de 1998 à 2008 à 2,1% de 2009 à 2019.

 En zone euro, elle est tombée de 2,0% à 0,8%. Même chose pour le chômage qui passe en moyenne de 5,0% à 6,6% aux États-Unis, et de 8,7% à 10,1% en zone euro.

Paradoxalement, l’assouplissement quantitatif a échoué là où il aurait dû donner ses meilleurs résultats. Selon la théorie quantitative de la monnaie, un accroissement de la monnaie en circulation induit une augmentation du prix. Cela n’a pas été le cas. 
L’inflation moyenne de 2000 à 2019 est de 1,4% aux États-Unis et de 1,3% en zone euro, loin de l’objectif fixé (graphiques n° 1 & 2). Cela tient à plusieurs raisons. La première est celle de son calcul qui ne reflète plus l’inflation réelle en raison des aménagements qui lui ont été apportés ces dernières années. 

La seconde est la mondialisation dont l’offre de produits excède la demande, réduisant ainsi la poussée inflationniste. 
Les nouvelles technologies jouent aussi un rôle grâce aux gains de productivité qu’elles engendrent. Il était donc vain d’espérer atteindre 2% d’inflation – au demeurant un taux que rien ne justifie. Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, a proposé de le porter à 4% – chiffre tout aussi arbitraire mais qui donnerait davantage de marge de manœuvre aux banques centrales.
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Graphique 2

Moyens et méthodes

Si l’assouplissement quantitatif est un échec, ce n’est pas faute d’avoir essayé. La Réserve fédérale et la Banque centrale européenne ont précipitamment baissé leurs taux directeurs pour enrayer la crise. La banque centrale américaine l’a amené dans une fourchette de 0 et 0,25% en décembre 2008 – niveau le plus bas de son histoire (graphique n° 3). 

 La banque centrale européenne a été plus lente à réagir, remontant même brièvement son taux en 2010, pour l’abaisser à nouveau et le porter à 0% en mars 2015 – niveau qu’il conserve à ce jour (graphique n° 4). 
Soucieuse de se réserver une marge de manœuvre, la Réserve fédérale a remonté son taux à partir de décembre 2015 par petites touches successives, avant de le baisser à nouveau en 2019 sous la pression des politiques et des marchés financiers.

Les baisses de taux ont été accomplies par l’achat massif de bons du Trésor et d’obligations privées. 

Cela a conduit à un gonflement du bilan des banques centrales. En pourcentage du produit intérieur brut, le total du bilan de la Réserve fédérale est passé de 6,3% en septembre 2008 à 24,7% en juin 2014, avant de baisser pour atteindre son niveau actuel (17,6%). 

Le bilan de la Banque centrale européenne a connu une croissance plus forte, passant de 15,4% en septembre 2008 à 39,6% en octobre 2019. Il s’élève désormais à 4 676 milliards d’euros contre 1 519 milliards avant la crise. Son montant actuel a triplé en un peu plus de dix ans. Il est égal à deux fois le produit intérieur brut de la France.
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Graphique n° 3
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Graphique n° 4

 

Effets secondaires

Cet échec a fait des heureux par ses effets secondaires. En premier lieu, les banques. Traditionnellement, les banques centrales abaissent leur taux directeur par le rachat de bons du Trésor détenues par les banques.
 Dans le cas de l’assouplissement quantitatif, elles ont acheté des bons du Trésor ET des obligations privées – celles-là mêmes, qualifiées d’obligations pourries, qui furent la cause de la crise des subprimes ! 
Il s’agit en fait d’un sauvetage des grandes banques, dites trop grosses pour faire faillite ou banques « systémiques » car si l’une d’elles fait faillite, l’ensemble de l’économie est en situation de risque. En second lieu, les actionnaires. 
Ils ont tout lieu d’être satisfaits de cette politique inorthodoxe. Passée la chute de 2008, les marchés financiers ont vite repris des couleurs. La valeur de l’indice S&P 500 a pratiquement été multiplié par 4, et celle du CAC 40 par 2 en onze ans (graphiques n° 5 & 6).
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Graphique n° 5

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Graphique n° 6

Cette performance inédite a trois causes principales : une spéculation effrénée sur certains titres, tel Tesla, entreprise qui n’a fait aucun profit dans les dix années de son existence mais dont la valeur boursière s’élève à 65 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 17,6 milliards, ou Uber, autre entreprise déficitaire, dont la valeur boursière s’élève à 50 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 11,3 milliard ; l’assurance que la Réserve fédérale viendra au secours des investisseurs si les marchés financiers ont des accès de faiblesse, comme en décembre 2018 ; et l’accroissement artificiel de la valeur boursière d’une entreprise par le rachat de ses actions financé par de la dette – ce qui a pour effet de la fragiliser à terme.

Cette envolée de la bourse a accru l’inégalité entre les classes sociales que la mondialisation et les nouvelles technologies avaient engendrée. Robert Shiller, prix Nobel d’économie, démontre que la bourse de New York a pratiquement retrouvé son niveau de 1929 sur la base du ratio du bénéfice de l’entreprise rapporté à sa valeur boursière (graphique n° 7). 1 

Plusieurs économistes dont les Français Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, ont créé une base de données 2 pour mesurer l’évolution de la richesse et des revenus dans le monde. Aux États-Unis, le revenu avant impôt des personnes ayant les rémunérations les plus élevées a retrouvé son niveau de 1925 (graphique n° 8).

 L’assouplissement quantitatif a participé à la redistribution de la richesse produite au profit des classes les plus aisées.
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Graphique n° 7

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Graphique n° 8


Autre effet de l’assouplissement quantitatif : une dette en forte croissance. L’endettement public et privé du G20 a augmenté de 45% de 2008 à 2016, selon le Fonds monétaire international. Celui de la Chine a explosé, passant de 140 à 254% du produit intérieur brut. 

Les cinq nations dont l’endettement public est le plus élevé sont le Japon, la Grèce, l’Italie, le Portugal, et les États-Unis, selon l’OCDE.

 La France vient en sixième position. 

Cet accroissement de l’endettement tient à un effet pervers de l’assouplissement quantitatif. 

Les taux bas ont incité les investisseurs à spéculer sur les marchés financiers, et les États à laisser filer leur déficit budgétaire. Ils ont aussi pénalisé les retraités modestes qui aux États-Unis ont dû reprendre un travail pour compenser la perte de revenu due aux faibles taux d’intérêt versés sur leur épargne.

Cause de l’échec

La cause principale est l’appauvrissement relatif des classes moyennes et défavorisées. 

L’idée fondamentale de l’assouplissement quantitatif est d’inciter les consommateurs à consommer et les industriels à investir

. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Parce qu’il ne reste plus chez le consommateur de « libre à dépenser » et de « libre à emprunter ». La Réserve fédérale a choqué les États-Unis et le reste du monde en révélant que 40% des Américains ne peuvent faire face à des frais d’urgence de 400 dollars ! 3

Par ailleurs, si depuis la crise de 2008, les Américains se sont désendettés, leur capacité à emprunter s’est détériorée. Ainsi, le montant des prêts étudiants échus depuis plus de 90 jours a-t-il été multiplié par trois de mars 2009 à septembre 2019 – date à laquelle il atteint 163 milliards de dollars (graphique n° 9). Même chose pour les prêts automobile. 

Les prêts échus ont doublé depuis mars 2014 (graphique n° 10), révélant une sérieuse aggravation de la situation financière de l’Américain moyen quand on sait ce que représente l’automobile aux États-Unis où les transports en commun sont quasiment inexistants. 

Si les consommateurs ne consomment pas, les entreprises n’investissent pas. Il faut augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes et défavorisées si l’on veut qu’elles consomment davantage.
La situation précaire de certains Américains ne peut être attribuée au seul assouplissement quantitatif. 

La mondialisation et les nouvelles technologies y ont aussi leur part au travers du bouleversement du marché du travail qu’elles engendrent. Des emplois disparaissent sans que la bienveillante « destruction créatrice », chère à Joseph Schumpeter, n’ait le temps de faire ses effets. Cette situation n’est pas unique aux États-Unis. 

Elle existe aussi en Europe, comme l’ont démontré les gilets jaunes.
L’analyse du bilan de la Réserve fédérale confirme l’incapacité des consommateurs à emprunter. Pour conserver la confiance des déposants, les banques sont tenues de conserver un encours de liquidité. Il prend la forme de réserves obligatoires maintenues à la banque centrale. 

L’assouplissement quantitatif a fortement augmenté leurs liquidités. La demande de crédit des consommateurs étant insuffisante, les banques ont déposé cet excès de liquidité sur leur compte à la Réserve fédérale. 

Il s’élève à 1 360 milliards de dollars en octobre, soit 80% du revenu budgétaire 2018. 

Craignant une détérioration de la situation financière des banques, la Réserve fédérale a décidé de rémunérer cet excès de liquidité à hauteur de 2%. 

La Banque centrale européenne a choisi la solution inverse. Elle le pénalise à hauteur de -0,50% pour forcer les banques à prêter. 

Cette pénalité vise à inciter (obliger ?) les banques à prêter. On peut conduire un cheval à l’abreuvoir. 

Mais peut-on le forcer à boire ?
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Graphique n° 9

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Graphique n° 10

Des entreprises et des États empruntent désormais à des taux négatifs. Le montant de ces prêts s’élève à 17 000 milliards de dollars, soit 21% du produit intérieur brut mondial. La Grèce a récemment emprunté à des taux négatifs alors que sa notation de crédit est « hautement spéculative ». Cette situation ubuesque est dangereuse pour l’économie mondiale.

 Les banques tirent leur profit de l’intermédiation, c’est-à-dire de la marge entre leur coût de financement et le taux d’intérêt perçu sur les prêts. Cette marge disparaît avec les taux négatifs. Or, les banques sont interdépendantes. 
La faillite de l’une fragilise l’ensemble du secteur. La preuve en a été apportée une nouvelle fois avec la crise de 2008. La Réserve fédérale a reconnu la dangerosité des taux négatifs lors de son comité des 29 et 30 octobre. 

Les compagnies d’assurance sont aussi en risque. 

La baisse des taux d’intérêt les pousse à investir dans des actifs financiers de plus en plus risqués afin de maintenir leur profitabilité. 
On en arrive ainsi des situations absurdes. 

Au Japon qui le premier adopta l’apaisement quantitatif, des entreprises sont artificiellement maintenues en vie grâce aux prêts des compagnies d’assurance en recherche de rendement élevé alors que leurs performances les condamnent à la faillite.

Qu’est-ce que l’assouplissement quantitatif ?

C’est l’actualisation de la théorie de la monnaie de David Hume, et son instrumentalisation jusqu’à l’absurde. Au début du 20ème siècle, les économistes de l’école autrichienne avaient mis en garde contre les taux très bas (il n’était pas encore question de taux négatifs) et leur effet dommageable (désastreux) sur l’investissement. 
Les taux négatifs sont une aberration, une négation de la valeur de la monnaie, mais aussi de l’épargne qui est le fruit du travail. 
C’est une forme de répression financière. Jadis, l’Eglise catholique condamnait le taux d’intérêt perçu comme une rémunération du temps. 
Or, le temps n’appartient qu’à Dieu. Puis, elle se ravisa et convint que l’intérêt compense trois préjudices subis par le prêteur : la privation momentanée de l’usage de sa monnaie, la perte de gain qui peut en résulter, et le risque de n’être pas remboursé. 

En ignorant ces évidences, les taux négatifs détruisent la notion même de monnaie.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

La situation actuelle fait suite à l’adoption du néolibéralisme et du monétarisme. Le premier a donné naissance à la déréglementation, aux privatisations, et aux baisses d’impôt, le second à l’assouplissement quantitatif.
 Peu à peu, l’économie s’est libérée de la tutelle de l’état. L’état est désormais au service de l’économie, les banques centrales au service des marchés financiers. Le capitalisme étant sujet à des crises récurrentes, son émancipation ne fait qu’accroître leur dangerosité. 

La prochaine sera une crise d’ampleur puisque l’ensemble de l’économie mondiale sera concerné, à la différence de la crise de 1929 qui n’affecta que les États-Unis et l’Europe. 

Quand elle interviendra, les banques demanderont à leurs banques centrales de les secourir, comme en 2008 pour les mêmes raisons… sauf que cette fois ni la Réserve fédérale ni la Banque centrale européenne n’en auront les moyens. Elles ne pourront abaisser leur taux directeur, sauf à envisager des taux négatifs ce que la Réserve fédérale refuse de faire. 

Ce serait en effet une inversion du fonctionnement de l’économie dont personne ne peut imaginer ce qu’en serait le résultat. Le levier monétaire étant inopérant en raison de l’usage abusif qui en a été fait, il ne sera pas non plus possible de faire appel levier budgétaire pour la même raison. C’est en cela que l’assouplissement quantitatif est un enfumage funeste. 

 Il atrophie les moyens d’action de l’état, et conduit l’économie à la crise, sans que le public en soit conscient.

Cette primauté de l’économie sur l’état explique le traitement de la crise des subprimes aux États-Unis. Il n’y eu ni enquête, ni Commission Pecora 4, ni emprisonnement… 

Rien, sinon une loi de près de sept cent pages (The Dodd-Frank Act), détaillée, tatillonne, incompréhensible pour le grand public à la différence du Glass-Steagall Act de 1933 qui en 33 pages créa l’architecture bancaire qui permit aux États-Unis d’éviter une nouvelle crise d’ampleur pendant plus de soixante-dix ans. 

La solution à la crise des subprimes résidait dans la nationalisation temporaire des grandes banques, le limogeage de leurs dirigeants, leur jugement et emprisonnement si faute a été commise, l’instauration d’un moratoire sur les prêts hypothécaires, et la relance de la consommation par le relèvement du salaire minimum. 

Rien de tout cela n’a été fait. La crise des subprimes est toujours devant nous, mais à degré d’acuité supérieure.

Nouvelle théorie monétaire ?

Des économistes américains placent leur espoir dans une nouvelle théorie baptisée : nouvelle théorie monétaire. Titre qui prête à confusion car ce n’est pas une théorie monétaire. C’est une réécriture du keynésianisme.

 Des membres du Parti démocrate s’en sont emparés, et ont rédigé un nouveau programme dénommé « The Green New Deal » en raison de l’accent mis sur les dépenses gouvernementales destiné à réduire l’emprunte carbone pour relancer l’économie. 

Appliqué, ce projet accroîtra l’endettement de l’état. Olivier Blanchard l’a endossé indirectement en notant que dans la mesure où le taux de croissance de l’économie est supérieur au taux d’intérêt, la nation se désendette en pourcentage du produit intérieur brut. 

C’est vrai mais sujet à de nombreux aléas. Cette théorie a fait l’objet de nombreuses critiques en raison de son flou.


Est-il nécessaire d’alourdir encore la dette publique ?

 Pourquoi ne pas utiliser l’excès de liquidité des banques américaines dont le montant, comme nous l’avons noté plus haut, s’élève à 1 360 milliards de dollars pour relancer l’économie par un programme d’investissement dans les infrastructures et ainsi éviter la récession ?


Par Jean-Luc Baslé        https://lesakerfrancophone.fr
  1. Price/Earning Ratio ou P/E ratio, en anglais. ↩
  2. World Wealth and Income Database. ↩
  3. Report on the economic well-being of U.S. households in 2017. ↩
  4. Assistant procureur du district de New York, Ferdinand Pecora est nommé par l’administration Hoover à la tête d’une commission parlementaire chargée d’enquêter sur les abus des banques. ↩

FRANCE 2019 ENTRE HAINE ET PASSION !

 





France 2019 entre haine et passion : le temps des Misérables ou celui des Barbares ?

La France nourrit un rapport entre haine et passion avec son propre sol, son identité et notamment sur ce sujet. 
D’où le traitement reçu par les deux œuvres, toutes deux attirant et la foule et la foudre.

Par Louise Alméras.
 

Deux objets culturels viennent de sortir en France. Deux points de vue différents pour un point de départ similaire : une bavure policière. 

 Il s’agit du film Les Misérables de Ladj Ly et du livre de Laurent Obertone Guérilla – Le temps des Barbares.


Le premier, très médiatisé, a remporté un prix à Cannes et conquis son public, le deuxième, malgré le silence des médias, vient de dépasser les 40 000 exemplaires vendus. 

Une chose est sûre, le succès de ces deux œuvres de fiction dit sans doute quelque chose de la situation en France.


Nul n’a échappé à la nouvelle, surtout depuis que le président en a été ému.

 Le petit frère de La Haine est sorti dans les salles fin novembre, reprenant le flambeau laissé trop longtemps éteint sur le sujet des banlieues.


D’un film choc et bouleversant, Les Misérables est devenu le film à voir. 

Son histoire dans le quartier de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), où le réalisateur a grandi, est une sociologie des guerres de pouvoir intestines des banlieues dans la France de 2019.

La bavure d’un enfant entraîne celle d’un policier. 

Son geste met le feu aux poudres dans la banlieue, — montant enfants et adultes les uns contre les autres —, celui-là même qui aurait du s’enflammer si la police n’était pas intervenue à la première bavure. Mais pour être sans doute plus sanglant.


Le film pose une intrigue intéressante : la perte de repères totale des enfants, trop vite initiés au monde d’adultes qui s’affrontent, négocient, se trahissent et maintiennent la paix tant qu’ils peuvent avec des lois disparates. 

L’enfant (en latin infans = celui qui ne peut pas parler) est sans parole, ses parents sont absents, la violence est sa voix.

On ne peut le dénier quand on voit la scène finale et la progression du glissement, qui exprime cette soif de justice et de reconnaissance. Oui, pour des enfants, c’est une vie de misère, et pour la police qui doit y mettre les pieds aussi.

De la violence

Nul n’a donc échappé à cette nouvelle vision de l’enjeu des banlieues. 

Passons sur celle assez édulcorée, ou en tout cas peu réaliste, de l’islam incarné par les imams de la banlieue.

Une vision qui emprunte son titre à l’œuvre de Victor Hugo et pour laquelle le film s’achève sur cette citation : « Il n’y a pas de mauvaises herbes, il n’y a que de mauvais cultivateurs. » 

 Ce à quoi Emmanuel Macron voudrait répondre par une nouvelle injection d’argent, la solution toute prête de nombreux de nos gouvernements successifs, acquise à la cause de la République.


Mais venons en au livre de Laurent Obertone.

Le parallèle est intéressant puisque l’intrigue ici va plus loin, ce que permet sans doute davantage un ouvrage. Partant donc d’une même bavure policière en Seine-Saint-Denis, cette fois, le pays tout entier s’enflamme.

Plus d’État, la France s’est effondrée en trois jours. 
Et une même utilisation d’une citation de Victor Hugo dit tout autre chose : « Une chute sans fin dans une nuit sans fond, voilà l’enfer », en guise d’ouverture.

C’est que le massacre a eu lieu, bien plus radicalement que dans Les Misérables

 Fomenté par des guerriers du Califat, tout autant épris de justice que les enfants du film et tout autant sans limites, les têtes tombent — celles des infidèles.
 Le crescendo dans le malheur est impressionnant et haletant.


Trois semaines sont racontées au plus près de l’action et du désordre, après les trois jours où la France s’est mise en pause, où la population est prise en étau jusqu’à subir bientôt famine et panne de réseau.

Comme le titre l’indique, le thème principal est la guerre, version carnage, fumée et monstruosité.


L’on pourrait croire que Laurent Obertone a beaucoup d’imagination, qu’il guette un peu trop une faille de la société pour pénétrer dans la brèche et faire l’oiseau de mauvais augure : la guerre civile est proche.

Mais son point de vue n’est pas véritablement le sien si l’on en croit la mention : le « Tome 2 de Guerilla repose sur les hypothèses de travail du renseignement, des forces spéciales et des témoignages directs de victimes de guerres civiles ».

Pourquoi la Guérilla n’aura pas lieu

Seule une question demeure : pourquoi un film nourri à l’expérience d’une personne et d’une communauté, à savoir le réalisateur Ladj Ly et Montfermeil, bénéficie de toutes les attentions et tous les enthousiasmes quand un livre nourri à l’analyse des renseignements récolte un silence froid et suspicieux par les mêmes personnes qui veulent alerter sur la situation des banlieues ?

Il n’est pas question de savoir qui a le point de vue adéquat ici. Ce sujet, couplé maintenant à celui de l’islam — n’oublions pas la récente attaque à la Préfecture de Police —, est en tout cas d’actualité.
Mais la France nourrit un rapport entre haine et passion avec son propre sol, son identité et notamment sur ce sujet. 

D’où le traitement reçu par les deux œuvres, toutes deux attirant et la foule et la foudre, bien que le film ait eu bien meilleure presse.

Sans doute un citoyen de France n’ayant pas la nationalité pourra apporter quelque éclairage, débarrassé de cette passion.

L’humoriste slovéno-suisse Gaspard Proust s’est récemment exprimé dans un long entretien donné au journal Le Point. Il s’interroge : « Qu’est-ce qu’être Français ? ».


Et c’est très intéressant de se poser la question. Parce qu’à lire le sort de nombreux citoyens dans le livre de Laurent Obertone, on peut se la poser. 

Elle pourrait faire écho à « qu’est-ce qu’être un peuple ? » d’ailleurs. 

Il répond alors :
Sincèrement, moi, je ne sais plus. […] On va dire : La France c’est la laïcité ! Mais l’organisation d’un culte n’a jamais fait rêver personne ! […] Des républiques, il y en a plein dans le monde. […] La réalité, c’est que la France est devenue multiculturaliste, alors quel intérêt du coup de devenir Français si, de toute façon, on me fait l’éloge de pouvoir tout le temps la ramener avec mes origines ?

Et de rétorquer :
Un pays qui se méprise à ce point-là, qui s’incline devant tout n’est plus attirant.
Vous direz que cela n’a rien à voir, et que le sujet était d’évoquer le dernier livre d’Obertone et le dernier film de Lady Ly. 

Mais peut-être que Victor Hugo a raison, « il n’y a pas de mauvaises herbes, il n’y a que de mauvais cultivateurs », encore faudrait-il qu’il y en ait pour cultiver notre culture, car la France en est généreuse, elle en déborde.


La preuve, Victor Hugo se retrouve à être cité à l’aube du XXIe siècle par deux hommes que tout oppose. La guérilla n’aura pas lieu.


Les Misérables, de Ladj Ly, avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, au cinéma depuis le 20 novembre.

  Guerilla – Le temps des Barbares, de Laurent Obertone, éditions Ring, 2019.



                        



Source:    https://www.contrepoints.org/2019/12/09/359691

MANIF. PENDANT CE TEMPS L' INVASION S' ACCÉLÈRE ......

 

 

Pendant que les Français s’étripent sur les retraites, l’invasion africaine s’accélère

Publié le 8 décembre 2019 - par  



La France est vraiment un pays unique au monde, et les Français sont des spécimens qui devraient intéresser les sociologues et autres spécialistes de l’étude comportementale.

La grande bagarre des retraites est lancée. 

La France est bloquée, au niveau des transports, depuis jeudi, où 800 000 Français ont manifesté contre la réforme des retraites, dont le gouvernement a donné les grandes lignes, sans tout dire.

https://ripostelaique.com/peut-on-defendre-les-retraites-sans-sattaquer-au-cout-de-limmigration.html

On peut supposer que jusqu’à mercredi, jour du discours du ministre Édouard Philippe, les choses ne vont pas s’arranger, et que, suite à ses propos, les syndicats comme la CGT, Sud, FO, et les politiques de gauche et d’extrême gauche comme Mélenchon et Besancenot vont souffler sur les braises. 

Donc, sachant que nous avons expliqué tout le mal que nous pensions de cette réforme, on peut considérer que c’est parti pour le bordel tout le mois de décembre, comme l’expliquait, de manière pertinente, Pierre Cassen dans sa vidéo de jeudi, intitulée « Les électeurs de Macron manifestent contre Macron ».

C’est en effet tout le paradoxe de la situation. 

Les Français qui s’étripent sur les retraites sont dans le même camp, ou du moins ceux derrière lesquels les manifestations s’organisent. 

Macron-Mélenchon-Martinez-Besancenot, même combat ! 

Ils sont tous favorables à l’invasion migratoire, à l’africanisation et à l’islamisation de notre pays. 

Et ils entendent, partout où ils le peuvent, interdire tout débat sur cette question et par tous les moyens, comme on le voit sur cette vidéo, où des militants du RN se font virer d’un débat, suite à une film à la gloire des vaillants clandestins appelés migrants.


Il y a un an, le mouvement des Gilets jaunes avait vu, là encore, la France se déchirer, entre ceux qui soutenaient les manifestants, et ceux qui s’y opposaient. 

Une fracture, difficilement consolidable, s’est même construite, entre les GJ et les policiers, qui, pourtant, socialement, étaient plutôt proches d’eux. 

Là encore, malgré l’enracinement d’une mouvement exceptionnellement durable, et à cause de son torpillage par la gauche et l’extrême gauche, non seulement la jonction des Français ne s’est pas faite, mais en outre, la question du coût de l’immigration, qui pèse sur les salaires, sur les retraites, sur la santé, sur les services publics et sur les allocations chômage, n’a jamais été mise en avant.

Que dire de l’année 2013 et 2014, où, lors de six montées nationales de La Manif Pour Tous, contre le mariage homo, des millions de Français se sont retrouvés dans la rue ?

Il y a donc en France une capacité de mobilisation exceptionnelle, sans doute la plus forte en Europe de l’Ouest.

 Or, pendant que notre peuple se déchire sur des questions certes importantes, mais hélas pas prioritaires, l’invasion migratoire se poursuit, s’accélère, avec son lot quotidien de drames, d’agressions, de viols, parfois de meurtres, et tout le monde fait semblant de rien. 

L’agression verbale (qui aurait pu tourner bien plus mal) subie par Julien Odoul, à Sens, n’est que la phase visible d’un iceberg quotidien, où les Français doivent trop souvent baisser la tête pour survivre, dans notre de quartiers.


Delevoye, en charge du dossier de la réforme des retraites, nous annonce, dans un contexte d’ensauvagement de la France et de l’Europe de l’ouest, dans une période de chômage de masse de plus en plus dramatique, de pauvreté accrue et de préarité aggravée, que nous allons devoir accueillir 50 millions d’Africains d’ici 2050. 

Et il se permet de faire la leçon aux peuples occidentaux, accusés de stigmatiser les musulmans comme hier on agressait les juifs ! 
Ordure !

Avant, on nous disait qu’il fallait des immigrés pour payer nos retraites, maintenant, on nous dit qu’il faut baisser nos retraites pour payer les immigrés !


Et personne ne dit rien, parmi les organisateurs de la révolte sociale ! Et des millions de Français vont manifester, à leur appel, dans quelques jours…

… Comme l’orchestre du Titanic, qui continuait à jouer, quand le bateau coulait…


https://www.youtube.com/watch?v=JEGA10rd1Sk


Source:   https://ripostelaique.com/ 


               

LE RADEAU DE LA MÉDUSE DE LA POLITIQUE FRANÇAISE !

 

La droite bourgeoise, ce radeau de la méduse de la politique française

9 Décembre 2019, 06:08am

thomasjoly.fr
 
 
 
Selon un sondage réalisé en milieu de semaine dernière auprès de 1.037 personnes, par l'Institut Yougov pour le compte du Huffington Post, Emmanuel Macron a vu en un mois — de novembre à décembre — les opinions favorables à son endroit grimper de 18 points auprès de l'électorat LR, portant sa popularité à 44 % d'opinions favorables à droite. 

Forte hausse également au sein de l'électorat RN avec 12 points supplémentaires par rapport au mois de novembre, soit 15 % d'opinions favorables.

L'incapacité des Républicains à incarner une ligne droite explique en partie cette envolée. 

Tout comme y participent les incohérences stratégiques, tactiques, politiques et comportementales de Marine Le Pen. 

L'habileté, le talent et l'art consommé de la triangulation du locataire de l’Élysée ont fait le reste.

Prêt à se donner, comme il l'a toujours fait, au plus menteur et au plus cynique, l'électorat bourgeois est un sable mouvant où s'enlisent régulièrement les espoirs de relèvement national et européen comme l'ont montré jadis ses successifs engouements gaullistes, giscardiens, balladuriens, chiraquiens, sarkozistes. 

Toutes les impostures le séduisent. 

Tous les pièges dressés fonctionnent et l'attirent. Son acédie chronique lui interdit tout engagement durable.

La vraie droite nationale, populaire et sociale sait que le noyau de la reconstruction française est ailleurs.

Qu'elle soit républicaine, macroniste ou conservatrice, la droite bourgeoise est toujours le radeau de la méduse des éternels naufragés de la politique

Par  Jean-François Touzé - 
Délégué général du Parti de la France