
Le mut’a al-hajj (la prostitution durant le hadj (pèlerinage) se pratiquait à la Mecque jusqu’au du XIXe siècle, puis les autorités ottomanes l’ont interdite.
Pour comprendre cette scandaleuse pratique, il faut se référer au récit islamique.
En effet, les chroniqueurs musulmans tels que Tabari, Ahmad Ibn Hanbal, Al-Bayhaqui, Muslim, Ibn Majah, Al-Fakihi et bien autres savants de l’islam ont rapporté dans leurs différents ouvrages la pratique de la prostitution du hadj.
Le verset 196 de la sourate 2 donne l’explication de la prostitution pendant la période du hadj : « Et accomplissez pour Allah le pèlerinage et la omra.
Si vous en êtes empêchés, alors faites un sacrifice qui vous soit facile.
Et ne rasez pas vos têtes avant que l’offrande [l’animal à sacrifier] n’ait atteint son lieu d’immolation. Si l’un d’entre vous est malade ou souffre d’une affection de la tête (et doit se raser), qu’il se rachète alors par un Siyâm ou par une aumône ou par un sacrifice.
Quand vous retrouverez ensuite la paix, quiconque a joui d’une vie normale après avoir fait l’Umra en attendant le pèlerinage, doit faire un sacrifice qui lui soit facile.
S’il n’a pas les moyens, qu’il jeûne trois jours pendant le pèlerinage et sept jours une fois rentré chez lui, soit en tout dix jours. Cela est prescrit pour celui dont la famille n’habite pas auprès de la Mosquée sacrée. Et craignez Allah. Et sachez qu’Allah est dur en punition. »
Le mot « Al-Mut’a (Jouissance) » a pour racine le verbe « istamtaä (jouir) » et dans ce verset, il signifie un mariage de plaisir temporaire.
Le mut’a du hajj avait été utilisé plusieurs fois par le Prophète et ses compagnons.
Il est identique au mariage temporaire de jouissance (zawâjaz mut’a) qui est une forme de prostitution halal.
Ce mariage temporaire de jouissance, Allah l’a prescrit dans la sourate 5, verset 87:
« Ô les croyants : ne déclarez pas illicites les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites. Et ne transgressez. Allah, en vérité, n’aime pas les transgresseurs. »
Se référer à l’article publié le 10 juillet 2022 sur RL, ayant pour titre : « Le mariage temporaire musulman n’est-il pas une prostitution déguisée ? »
Le mut’a du hajj se pratiquait après la omra (le petit pèlerinage) avant d’entamer le grand hadj.
La prostitution durant le pèlerinage était encouragée par le prophète au début de l’islam, car lui-même l’avait pratiquée comme aussi le mariage temporaire.
Avec le temps et les scandales à cause des naissances des enfants et parfois leur mise à mort, cette prostitution se fit plus discrète mais perdura jusqu’au XIXe siècle.
Ce mut’a hajj a été occulté pour les musulmans mais qui continuent par ailleurs d’évoquer le zawâjaz el hajj (mariage du hadj) pour cacher cette tâche indélébile dans leur religion.
Lors de son voyage en Arabie en 1815, l’explorateur et espion suisse Jean-Louis Burckhardt (1787-1817) avait rapporté dans ses notes de voyage que des filles de joie et des danseuses accompagnaient les caravanes de pèlerins venus d’Égypte et de Syrie.
Il avait publié ses observations dans des journaux suisses de l’époque. Il s’était attribué un nom musulman « cheikh Ibrahim » pour mieux se dissimuler et étudier la société arabo-musulmane de la Mecque et de Médine.
Entre 1884 et 1885, un orientaliste néerlandais, conseiller colonial et espion, Snouck Hurgronje, eut l’occasion de séjourner un an en Arabie, environ six mois à La Mecque, où il vécut comme étudiant en études musulmanes, et six mois à Djeddah.
Le fruit de son expérience avait été relaté dans un ouvrage en deux volumes, intitulé « La Mecque », publié en allemand entre 1888 et 1889. Son principal objectif n’était pas d’étudier le Hajj, dont une connaissance précise est plus facile à acquérir en lisant les innombrables guides du pèlerin (manasik) qu’en assistant aux cérémonies au sein de la foule impressionnante qui se rassemble chaque année dans la Ville sainte, la vallée de Mina et la plaine d’Arafat, mais plutôt de se familiariser intimement avec la vie quotidienne des Mecquois et des milliers de musulmans venus du monde entier ou résidant à La Mecque pour des raisons matérielles ou spirituelles.
Il évoque également le cas de certaines femmes de la Mecque qui, lors du pèlerinage, contractaient des mariages temporaires avec des pèlerins fortunés. Il avait démontré que la « jouissance durant le pèlerinage » était fortement associée à la prostitution.
Avant d’accomplir le pèlerinage, les musulmans doivent se mettre en état de consécration (ihram), qui passe notamment par l’abstention des rapports sexuels.
À la fin de la consécration, il y a un retour à la vie normale, par conséquent, les musulmans peuvent avoir des relations sexuelles, ce qui explique le concept du mut’a al-hajj.
Selon plusieurs hadiths, le mu’ta al-hajj désigne le fait de mettre fin à l’état de consécration pour pouvoir avoir des relations sexuelles avec les femmes.
Abu Mussa Jubir Ibn Hayyan, après avoir accompli la omra avec d’autres compagnons, écrivait : « Ensuite, nous avons mis fin à notre état de consécration et avons eu des rapports sexuels avec des femmes » ( sahih Muslim 1216).
Le deuxième calife « bien guidé » Omar Ibn Al-Khattab, interrogé sur la jouissance lors du pèlerinage, répondit : « Je savais déjà que le Prophète et les compagnons pratiquaient, mais je trouve révulsant que les gens continuent d’avoir des relations sexuelles avec les femmes à Al-Arâk, puis accomplissent le hajj avec leurs têtes dégoulinantes » (Sunan Ibn Majah- volume 2-pp : 992-993).
Dans un autre hadith le Prophète a dit : « Mettez fin à votre état de consécration et ayez un rapport sexuel avec les femmes » (rapporté Al- Al-sunan al-kurbra vol 5-pp 18619).
Selon le récif islamique, certains compagnons du prophète, après avoir accomplis la omra (petit pèlerinage) étaient mécontents de Mahomet qui leur demandait d’avoir des rapports sexuels : « Il nous reste moins de cinq jours avant Arafat [le début du hajj) ; devrions-nous nous y rendre avec nos pénis qui dégoulinent de semence ? » (Sunan Ibn Majah vol 5 : pp 995-996).
Un autre hadith rapporté par Sabra ibn Mabad, un compagnon du Prophète, confirme un mu’ta al-hajj pendant le pèlerinage d’adieu : « Lorsque nous avons accompli notre omra, le Messager d’Allah nous a dit : « faites le mu’ta avec ces femmes » ; mu’ta pour nous voulait dire mariage.
Nous avons proposé cela aux femmes mais elles refusèrent, sauf à la condition de stipuler que c’était pour un temps limité. Nous l’avons dit au Prophète et il nous a dit : « Faites-le » (Musnad d’Ahmad Ibn Hanbal, vol 3, pp : 404-405).
Un hadith raconté par Asmâ, la fille d’Abû Bakr et épouse d’Al-Zubayr, compagnon estimé de Mahomet avait dit : « Nous nous sommes mis en état de consécration puis le Messager d’Allah nous informe que : « Que celui qui a avec lui une offrande reste en état de consécration ; quant à celui qui n’en a pas, qu’il mette fin à son état de consécration ».
Je n’avais pas d’offrande, j’ai donc mis fin à mon état de consécration, tandis qu’Al-Zubayr, lui, en avait une et ne mit pas fin à son état de consécration. Je revêtis alors mes vêtements, puis je sortis et m’assis près d’al-Zubayr.
Il me dit alors : « Éloigne-toi de moi » Et je répondis : « As-tu peur que je me jette sur toi ? »( Musnad d’Ahmad Ibn Hanbal vol 4).
Selon ce narratif, la fille du premier calife « bien guidé » Abu Bakr Seddiq, Asma, ayant mis fin à son état de consécration, a fait le mu’ta al-hajj qui est confirmé par un autre récit rapporté cette fois-ci par Ibn Ishaq (premier narrateur de la vie de Mahomet).
Lorsqu’Ibn Zubayr – le fils al-Zubayr et Asmâ –, qui s’était alors proclamé calife, avait interdit le mu’ta al-hajj et même nia qu’il se soit pratiqué du temps du Prophète.
Cette affirmation du calife autoproclamé arriva aux oreilles d’Ibn Abbas, un compagnon du Prophète, qui s’exclama alors : « Si Ibn al-Zubayr n’est pas au courant de ça, qu’il aille demander à sa mère Asma bint Abi Bakr […] ».
Lorsqu’Asma entendit cela, elle dit : « Qu’Allah pardonne Ibn Abbas. Par Allah ! Il a dit quelque chose d’abominable.
Par Allah – Ibn Abbâs a dit la vérité. Ils ont mis fin à leur état de consécration et nous avons mis fin à notre état de consécration et ils ont eu des relations sexuelles avec les femmes » ( Musnad d’Ahmed Ibn Hanbal vol 4 : pp 4-5).
Cette altercation entre le calife auto-proclamé Ibn Zubayr et Ibn Abbas est mentionnée par Al-Isfahani qui l’a consignée dans son encyclopédie Muhadarat al-bada ( vol 3 p 214): « Ibn al-Zubayr a contredit Ibn Abbas quand ce dernier autorisa le mu’ta, alors il lui répondit : « Demande à ta mère à quel point le torchon brûlait entre ton père et elle ». Il lui demanda et elle répondit : « Tu es né d’un mu’ta ! »
Par sa réponse, Asma confesse à son propre fils qu’elle avait pratiqué le mu’ta et que lui-même était issu d’une telle union. Il était un enfant né hors mariage.
La jouissance durant le pèlerinage et le mariage temporaire sont mentionnés dans le Coran et la sunna. Il s’agit en vérité d’une même pratique.
Par conséquent les prostituées de la Mecque jouaient un rôle social durant le hadj.
Pour comprendre ces pratiques sociales telles que décrites par les chroniqueurs islamiques, à l’exemple d’Al-Fakihi, qui mentionne que les rituels du hadj préislamiques s’effectuaient en totale nudité.
Il rapporte qu’en son temps, les jeunes femmes faisaient les sept circumambulations (tawaf) autour de la Ka’ba la tête découverte et vêtues de leurs plus beaux habits, sous le regard intéressé des hommes (voir l’ouvrage d’Al-Fakihi : Ta’rikh Makka.).
Sa thèse se comprend aisément, car durant la période de la omra ou du pèlerinage, la mixité des sexes est tolérée et même encouragée, alors qu’en temps normal, en terre d’islam, elle est combattue et parfois interdite, dans certains pays comme l’Afghanistan et bien d’autres contrées islamiques où s’applique la charia.
Ce comportement islamique durant le hadj questionne.
Mais comme on sait que la Mecque est apparue vers la fin du VIIIe siècle par la volonté des califes abbassides (ou du Khorasan) qui y ont fait le centre du monde islamique.
En vérité, cette pratique de la nudité, de la mixité et de la prostitution est liée au culte de déesse Ishtar (Inana).
Elle fait partie des mythes des Sumériens (environ 4 000 ans av. J.-C.) en passant par les Babyloniens, les Akkadiens, les Assyriens et les Phéniciens.
Ses champs de compétence étaient la guerre, l’amour et la fertilité.
Cette déesse de la fécondité était symbolisée par la planète Vénus.
Babylone, puis Al-Hira sur l’Euphrate en Mésopotamie furent des villes où se pratiquaient le culte de la déesse Ishtar. L’islam abbasside l’a intégrée dans ses rites mais en l’édulcorant.
Jusqu’au XIXe siècle, la prostitution était une activité lucrative à la Mecque, surtout pendant la période du pèlerinage.
Les prostituées y disposaient de leur propre quartier, appelé Shaba Amîr et y exerçaient leur métier avec une certaine liberté.
D’ailleurs, une taxe instituée par les Ottomans s’appliquait à ces prostituées.
L’une d’entre elles, appelée Kharqa, de la tribu des Banu Amir (tribu arabe du centre de l’Arabie), se réservait tout spécialement les pèlerins aisés et se vantait de faire partie des rites du pèlerinage.
Snouck Hurgronje évoque également le cas de certaines femmes de la Mecque qui, lors du pèlerinage, contractaient des mariages temporaires avec des pèlerins fortunés.
Malgré le déni actuel des musulmans, la prostitution fait partie intégrante du hadj comme l’esclavage.
D’ailleurs, Muhammad Husayn Kashif Al-Ghitâ (1877-1954 à Najaf Irak, juriste conférencier chiite) avait justifié le marché du sexe en déclarant : « L’islam a proposé une solution pour les besoins sexuels des gens qui n’ont pas les moyens pour faire un mariage permanent.
Ils peuvent alors faire un mariage temporaire qui est considéré comme un véritable mariage et qui n’a pas besoin de beaucoup de moyens…
Ce mariage est un moyen pour éviter les relations sexuelles illégitimes et qui est capable d’effacer beaucoup de perversités dans la société ».
*Aḥmad Ibn Muḥammad Ibn Ḥanbal Abū ʿAbdullāh Ash-Shaybānī (780- 855), d’origine perse. Il est un traditionaliste et intégriste islamique, fondateur de la quatrième école sunnite : le hanbalisme, l’ancêtre des barbares de Daesh.
* Abū Jaʿfar Muḥammad ibn Jarīr ibn Yazīd al-Ṭabarī ( 839-923), d’origine perse, communément connu sous le nom d’ al-Ṭabarī. Il était l’historien de l’islam.
* Abū Bakr al-Bayhaqī (994-1066) est un érudit versé dans la jurisprudence islamique et la science du hadith. C’est un sunnite perse.
* Muslim ibn al-Hajjaj, également appelé Muslim ( 821-875) né Nichapur en Iran. Il est l’auteur des hadiths.
*Ibn Majah, de son nom complet Abou Abdallah Muḥammad bin Yazīd bin Mājah al-Qazwini ar-Rab’i (824-888) originaire de Qazvin en Iran. Son recueil des hadiths est un des ouvrages de référence.
*Abu ‘Abd Allah Muhammad ibn Ishaq ibn al-‘Abbas al-Fakihi (842-911). Il est un commentateur des hadiths. Il est né en Perse.
* Abu Mūsā Jābir ibn Hayyān ( 721- 815), plutôt connu par le nom de Geber en Occident.il était un originaire de Tous ( Khorasan). Il était un érudit perse.
*Abu Al-Faraj Al-Isfahani ( 897-967), c’est un Perse d’Ispahan ( Iran). Historien et auteur.
Pourquoi les plus grands exégètes islamiques étaient-ils apparus vers la fin du VIIIe siècle, soit deux siècles après la mort supposée de Mahomet en 632 à Médine (Hedjaz) et étaient-ils tous originaire du Khorasan en Perse (territoire s’étendant de l’ouest de Afghanistan et du sud du Turkménistan jusqu’aux rives sud de la mer Caspienne) à plus de 2000 km de la Mecque ?
Les Arabes peuvent-ils expliquer le mensonge qui entoure leur religion ?
Par Hamdane Ammar https://ripostelaique.com/la-prostitution-a-la-mecque/