lundi 20 avril 2026

LES ARTISANS DU BTP ET TPE CROULENT SOUS LA PAPERASSE ! RÉSULTAT .......

 

BTP : treize heures par semaine absorbées par la paperasse, le casse-tête administratif qui mine les artisans bretons

À moins de six mois de l’entrée en vigueur obligatoire de la facturation électronique — prévue pour septembre 2026 —, les artisans du bâtiment croulent sous la paperasse et voient leur trésorerie flancher.

 C’est ce que révèle une étude inédite menée par OpinionWay pour la fintech Qonto auprès de 300 dirigeants de TPE du secteur, publiée le 9 avril 2026. 

Un tableau qui concerne directement les milliers d’entreprises du BTP installées en Bretagne, région où le tissu artisanal reste particulièrement dense.

 

Treize heures par semaine : le temps volé au chantier

C’est le chiffre qui frappe d’emblée.

 Les dirigeants de TPE du BTP consacrent en moyenne 13 heures et 21 minutes par semaine à la gestion administrative et financière

Un sur deux y passe même plus d’une journée entière de travail. 

 

Autant de temps soustrait au cœur du métier : le suivi des chantiers, la coordination des équipes, la relation client, le développement commercial.

Dans des structures où le patron est souvent à la fois chef d’entreprise, chef de chantier, commercial et comptable, chaque heure passée à éplucher des factures ou à remplir des formulaires est une heure volée à la production.

 Le paradoxe est criant : un secteur par excellence tourné vers l’action concrète reste freiné par le poids d’une gestion bureaucratique lourde et souvent inadaptée à la réalité du terrain.

 

Une trésorerie sous tension permanente

Le constat financier n’est guère plus réjouissant. 

Selon l’étude :

  • 60 % des dirigeants de TPE du BTP ont déjà rencontré des difficultés financières ;
  • 38 % ont été confrontés à des blocages de paiement récents.

La gestion de trésorerie se fait donc le plus souvent dans l’urgence, sur le mode défensif : relancer les clients mauvais payeurs, négocier des délais auprès des fournisseurs, arbitrer les dépenses au jour le jour. 

Peu d’outils permettent réellement d’anticiper les flux ni d’avoir une vision consolidée en temps réel.

 Résultat : une trésorerie subie plus que pilotée, qui laisse peu de marge pour absorber les aléas — intempéries, défaillances de sous-traitants, retards de livraison — pourtant fréquents dans le secteur.

Quand un blocage de paiement survient, les conséquences sont immédiates et très concrètes : stress important pour 53 % des dirigeants, perte de temps significative pour 28 %, retards chez les fournisseurs pour 22 %, et impacts directs sur l’avancement des chantiers

Dans un métier où un flux financier bloqué peut suffire à ralentir — voire arrêter — un chantier, ces tensions sont tout sauf anecdotiques.

 

L’échéance redoutée de la facturation électronique

C’est dans ce contexte déjà tendu qu’arrive à grands pas la réforme de la facturation électronique, dont l’entrée en vigueur est programmée pour septembre 2026. 

Or, le terrain est loin d’être prêt.

 

Certes, 68 % des TPE du bâtiment utilisent déjà un logiciel de facturation

Mais 22 % fonctionnent encore avec des outils manuels ou de simples tableurs, totalement incompatibles avec les formats structurés qu’imposera la réforme. 

Et utiliser un logiciel ne signifie pas pour autant être prêt : encore faut-il que celui-ci soit compatible avec les plateformes agréées par l’administration fiscale et qu’il gère correctement les spécificités du BTP — acomptes, factures de situation, devis transformés en commandes, retenues de garantie, etc.

Comme le souligne l’étude, la particularité des usages du secteur rend l’adoption des nouvelles plateformes considérablement plus complexe que dans d’autres filières. Sans accompagnement rigoureux, la réforme — censée simplifier et fluidifier — risque de générer autant de frictions qu’elle prétend en résoudre. 

Pour les petites entreprises déjà asphyxiées par le quotidien, la pilule pourrait être difficile à avaler.

 

Transition environnementale : l’éternel parent pauvre

Quand on parle de transition écologique dans le BTP, les injonctions politiques fusent. 

La réalité du terrain, elle, est plus rugueuse. 

Selon l’étude, près d’un dirigeant sur trois a engagé ou prévoit d’engager des actions en faveur de la transition environnementale

La majorité, en revanche, n’a pas franchi le pas.

 Les raisons sont limpides : coût, manque de temps et priorités opérationnelles plus urgentes.

Le principal frein reste, encore et toujours, financier : la capacité à investir sans déséquilibrer une trésorerie déjà fragile.

 Un rappel utile à l’heure où les normes environnementales s’empilent et où les subventions publiques, elles, ont plutôt tendance à se raréfier.

 

Un enjeu breton particulier

Ces problématiques prennent en Bretagne une résonance particulière. 

La région compte un tissu très dense de petites entreprises du bâtiment — maçons, couvreurs, menuisiers, plombiers, électriciens — souvent familiales, implantées dans des bassins ruraux ou semi-ruraux, et pour lesquelles chaque heure administrative est une heure de chiffre d’affaires potentielle en moins.

 

À l’approche d’une réforme aussi structurante que celle de la facturation électronique, et dans un contexte économique incertain où le secteur du bâtiment connaît par ailleurs des difficultés conjoncturelles liées au ralentissement de la construction neuve, nos artisans bretons auraient bien besoin d’un peu d’air.

 Or, entre la paperasse qui s’accumule, les délais de paiement qui s’allongent et les exigences réglementaires qui se multiplient, la marge de manœuvre se réduit comme peau de chagrin.

Un énième signal, s’il en fallait encore un, de l’impérieuse nécessité d’alléger le fardeau administratif qui pèse sur nos TPE. 

Sous peine de voir, dans les mois qui viennent, s’éteindre discrètement — faute de temps, d’énergie ou de trésorerie — bon nombre de ces entreprises artisanales qui font le tissu économique vivant de nos campagnes.

 

Source : Étude OpinionWay pour Qonto, réalisée auprès de 300 dirigeants de TPE du BTP (0 à 49 salariés) entre le 26 février et le 20 mars 2026.

Photo ; DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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QUAND LES FRANÇAIS CONSTATENT " ENFIN " L' EXISTENCE DU GRAND REMPLACEMENT !

 REVUE DE PRESSE ET SONDAGE !

 


REVUE DE PRESSE !

Grand remplacement. 60 % des Français 

constatent une « transformation démographique 

profonde » – 

et deux tiers d’entre eux la jugent néfaste

C’est une enquête qui devrait faire grincer bien des dents rue de Solférino comme dans les salons parisiens du « cercle de la raison ». 

 Commandée par le Printemps Républicain pour marquer ses dix ans d’existence, la dernière étude IFOP (réalisée les 19 et 20 février 2026 auprès de 1 000 personnes) dresse un portrait saisissant d’une France qui ne croit plus à grand-chose, sinon à ce qu’elle voit : une insécurité chronique, un débat public confisqué, et une substitution démographique que 60 % des sondés tiennent désormais pour une réalité tangible.

 

Tour d’horizon d’un sondage que ses commanditaires eux-mêmes auront sans doute du mal à digérer.

 

Des menaces plurielles, mais une constante : l’islamisme et les flux migratoires

Interrogés spontanément sur le mot « menaces », près de la moitié des Français (48 %) répondent d’emblée par des termes liés à la sécurité, aux violences et à l’ordre public. 

Le terrorisme arrive en tête des évocations (18 %), suivi de l’insécurité (12 %) et des violences (10 %).

 En proposant une liste fermée, l’IFOP confirme la hiérarchie : le terrorisme islamiste est cité par 36 % des sondés parmi les trois menaces les plus sérieuses, et par 14 % comme menace numéro un.

 Les flux migratoires obtiennent 27 % de citations totales, et grimpent à 57 % chez les sympathisants Reconquête/RN.

Fait notable : le « terrorisme d’extrême-droite », sujet pourtant inlassablement agité dans certains médias, n’est cité comme menace principale que par 6 % des Français, loin derrière l’islamisme.

 L’écart est éloquent et rappelle, une fois de plus, le gouffre entre les préoccupations réelles des Français et l’agenda médiatique.

La perception d’un conflit armé impliquant la France (19 % en premier choix, 41 % en citation totale) confirme par ailleurs l’entrée du pays dans une ère d’anxiété géopolitique inédite depuis la guerre froide.

 

La défiance envers les institutions atteint des sommets vertigineux

Le chapitre sur la confiance est proprement accablant pour la classe politique. 

Seuls 24 % des Français disent faire confiance au président de la République, 23 % au gouvernement et 20 % aux députés et sénateurs pour faire face aux crises. 

 

Chez les électeurs du Rassemblement national, ces chiffres tombent respectivement à 7 %, 7 % et 8 % — une défiance quasi totale envers le pouvoir central.

A contrario, les maires et élus locaux conservent la confiance de 61 % des Français, les associations celle de 58 %, et les entreprises celle de 52 %. 

Le verdict est limpide : plus on s’éloigne du « pays légal », plus le crédit s’effondre. 

La France profonde ne croit plus en ses sommets.

 

La thèse de la « transformation démographique profonde » largement validée

C’est l’un des enseignements les plus frappants de l’étude, et sans doute le plus inconfortable pour ses commanditaires. 

À la question de savoir si la France connaît une « transformation démographique profonde » — l’IFOP précisant qu’il s’agit d’un remplacement progressif de la population française par des populations non-européennes, principalement issues du continent africain — 60 % des sondés répondent par l’affirmative. 

Seuls 26 % s’y opposent, et 14 % ne se prononcent pas.

Plus frappant encore : parmi ceux qui constatent cette transformation, 66 % estiment qu’il s’agit d’une mauvaise chose pour la France (dont 37 % d’une « très mauvaise chose »). 

Seuls 9 % y voient une évolution positive. 

Autrement dit, c’est près de 40 % de la population française totale qui considère à la fois que cette substitution a lieu et qu’elle est néfaste.

Dans le détail, 85 % des sympathisants RN, 81 % des électeurs LR et 69 % des partisans de la majorité présidentielle partagent ce constat. 

Même à gauche, 42 % des sondés reconnaissent le phénomène. 

Ce sondage enterre définitivement l’artifice rhétorique consistant à qualifier le « grand remplacement » de « fantasme d’extrême-droite » : c’est désormais une conviction majoritaire, transpartisane, que ni le politiquement correct ni les procès en sorcellerie n’auront suffi à éteindre.

 

« Je suis Charlie » : une flamme qui vacille

Onze ans après les attentats de janvier 2015, l’effet « Je suis Charlie » s’est sérieusement érodé. 

Si 58 % des Français affirment avoir prononcé cette formule à l’époque, ils ne sont plus que 51 % à le revendiquer aujourd’hui. 13 % ont « cessé d’être Charlie » entre 2015 et 2026, et chez les sympathisants de La France insoumise, seuls 33 % se reconnaissent encore dans le slogan — contre 60 % au Parti socialiste et 58 % chez Renaissance.

Le clivage religieux est révélateur : les catholiques pratiquants sont 57 % à se dire encore « Charlie » aujourd’hui, soit davantage que la moyenne nationale. 

Un renversement inattendu qui mérite réflexion.

En matière de liberté de caricature, 69 % des Français estiment qu’il s’agit d’un droit fondamental (en conformité avec la loi), mais 31 % pensent qu’on ne peut pas caricaturer sur tous les sujets. 

Fait significatif, ce sont les sympathisants LFI qui sont les plus nombreux à vouloir restreindre cette liberté (55 %), devant les 18-24 ans (43 %).

 Les défenseurs les plus fermes de la liberté de caricature se trouvent dans les rangs de Renaissance (82 %), d’Éric Zemmour (82 %) et de Marine Le Pen (79 %).

 

L’autocensure : le réflexe silencieux de la société française

Plus d’un Français sur deux (54 %) reconnaît s’autocensurer dans ses échanges privés, familiaux ou professionnels. 

Chez les cadres et professions intellectuelles supérieures, le taux grimpe à 73 % ; chez les dirigeants d’entreprise, à 77 %. 

Autrement dit, plus on est diplômé, plus on a de responsabilités, plus on se tait. 

La société française a intégré le réflexe de la prudence langagière, signe inquiétant d’une liberté d’expression qui recule dans les faits autant que dans les têtes.

 

La dégradation du débat politique : un consensus écrasant

89 % des Français ont le sentiment que le débat politique se dégrade — un chiffre massif, transversal, et qui devrait alerter quiconque prétend encore parler au nom du peuple. 

Les raisons invoquées sont sans appel : 67 % accusent les politiques de privilégier leur intérêt personnel à l’intérêt général, 48 % pointent les partis obnubilés par le clash et le buzz, et 34 % fustigent l’omniprésence des polémiques médiatiques.

Sur la question plus spécifique de LFI et du RN, 73 % des sondés affirment que La France insoumise les inquiète, contre 49 % pour le Rassemblement national. 

Seuls 24 % considèrent que LFI est attachée aux valeurs républicaines, contre 55 % pour le RN. 

Un basculement symbolique d’importance : le parti de Jordan Bardella est désormais perçu comme plus républicain que celui de Jean-Luc Mélenchon.

 

Identité, valeurs, communauté nationale

87 % des Français se disent attachés à la France et à sa citoyenneté. 

Pour se sentir proche de leurs concitoyens, ils plébiscitent deux critères quasi équivalents : avoir les mêmes valeurs (94 %) et adhérer aux valeurs républicaines — liberté, égalité, fraternité, laïcité (86 %).

 La couleur de peau (8 %) et la religion (12 %) restent des critères minoritaires, preuve que le socle culturel républicain conserve, dans le discours, son pouvoir d’agrégation — même si la pratique quotidienne, elle, raconte parfois une autre histoire.

Pour renforcer le sentiment d’appartenance nationale, les Français interrogés spontanément citent en priorité la cohésion et le vivre-ensemble (21 %), la transmission identitaire (18 %, incluant éducation et valeurs françaises), la citoyenneté (12 %, avec un net retour en grâce du service militaire évoqué par 4 % des sondés), la maîtrise des frontières (11 %, dont 7 % pour une réduction de l’immigration) et la restauration de l’autorité (10 %). 

 

Un cocktail très éloigné des obsessions idéologiques du camp progressiste.

 

Un pays réel en attente d’être entendu

Cette enquête, pourtant commandée par un mouvement républicain de centre-gauche, livre un panorama qui ressemble furieusement à celui décrit depuis des années par ce que certains appellent avec dédain « la droite identitaire ». 

 

Une France inquiète de son avenir démographique, saturée de polémiques stériles, défiante vis-à-vis de ses élites, attachée à ses racines, qui se tait plus qu’elle ne parle, et qui regarde le paysage politique se fracturer sans y reconnaître ses propres aspirations.

Le Printemps Républicain voulait célébrer ses dix ans. 

Il offre surtout, à son corps défendant, un miroir sans concession à un pays qui ne se reconnaît plus dans ceux qui prétendent le gouverner.

 

Photo ; DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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1er MAI : LIBERTÉ, ÉGALITÉ , FRATERNITÉ ! AU BOULOT ???

 


Au Premier mai, fais ce qu’il te plaît!

Fête du travail: repos obligatoire, débat permanent


Au Premier mai, fais ce qu’il te plaît!pAR
DR.

Les libéraux le répètent à l’envi : la Fête du travail du 1er mai est un anachronisme. 

Et pourtant, au moment de trancher, le gouvernement recule, comme toujours: seuls les boulangers et les fleuristes indépendants seront autorisés à travailler cette année. 

De leur côté, les syndicats craignent que toute dérogation n’en appelle d’autres dans d’autres secteurs. 

Quant à la gauche, elle dénonce avec vigueur, sur toutes les tribunes et sur tous les plateaux, que le 1er mai n’est pas un jour « donné », mais un jour « arraché » par les travailleurs au capital, feignant encore d’y croire vraiment.


Alors que la proposition de loi soutenue par le gouvernement d’élargir le travail le 1er mai avait créé une levée de boucliers dans les rangs de la gauche, l’obligeant à mettre en pause son examen, ce dernier a trouvé la parade : il autorise uniquement les boulangeries et les fleuristes artisanaux à ouvrir et à faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat, en ce jour habituellement férié et chômé. 

La boîte de Pandore est-elle ouverte ?

Il n’y a pas de plus habile cheval de Troie. 

Depuis des années, le gouvernement cherche à pénétrer dans la cité imprenable des jours fériés et s’est toujours heurté à des remparts infranchissables. 

Qui ne se souvient pas de François Bayrou, alors Premier ministre, l’air faussement grave, expliquant urbi et orbiqu’il était du devoir des Français de faire « un effort » pour contribuer au redressement de la France en supprimant deux jours fériés : le 8-Mai et le lundi de Pâques. 

Son propos avait provoqué des remous et fut perçu comme punitif. Il avait dû, hélas, reculer. 

 

Grande largesse de cœur

Cette fois-ci, le gouvernement a réussi un magnifique tour de passe-passe. 

Dans son grand cheval en bois, harnaché d’or, il y a caché les fleuristes et les boulangers artisanaux, autorisés à faire travailler leurs salariés lors du 1er mai, Fête du travail, sur la base du volontariat et payés double. 

 Cette grande largesse de cœur de nos chères ouailles ministérielles, prétendant jouer aux aumôniers d’un peuple français souffrant et incapable de vivre décemment, pourrait presque nous faire croire aux discours de ces âmes charitables. 

Ils peuvent compter, en tout cas, lors de leur procession, sur un large cortège de prêtres libéraux, largement acquis à la cause: « libérons le travail de cette France qui souffre », entend-on partout. 

Au XVIIIe siècle déjà, l’abbé de Saint-Pierre, dans son écrit intitulé Liberté aux pauvres de travailler les dimanches après-midi, considérait que l’interdiction stricte du travail dominical constituait une perte de revenus considérable pour les familles pauvres: « Ce serait une grande charité et une bonne œuvre, plus agréable à Dieu qu’une pure cérémonie, que de donner aux pauvres familles le moyen de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants, par sept ou huit heures de travail, et les moyens de s’instruire eux et leurs enfants à l’église, durant trois ou quatre heures du matin ». 

A lire aussi: Néolibéralisme: pourquoi tant de haine?

 

Mais sous cette commisération de façade et cet acte de bienfaisance, se cache aussi une philosophie moins reluisante: celle de l’individualisme libéral. 

En considérant chaque individu comme indépendant par nature et n’ayant de compte à rendre qu’à lui-même dès lors qu’il ne nuit pas à autrui, chacun peut alors exercer librement le choix de travailler, y compris les jours fériés. 

Au nom de quoi m’interdirait-on d’user librement de mon temps, de mon corps, de mon choix, et de mon argent? « C’est vrai dans certaines limites parce que sinon on est dans un système totalitaire. 

Mais à partir de quel moment l’usage que je veux faire de mon corps, de mon temps, de mon argent va détruire la vie commune? », interroge le philosophe Jean-Claude Michéa. 

Populicide

Pour les libéraux, cette question n’a aucune importance. Ils ne se la posent d’ailleurs jamais. 

Pour eux, les jours fériés sont simplement une entrave à la compétitivité, un archaïsme insupportable dans une époque où l’économie de marché fait la loi. 

Leur seul credo est : « individu, liberté, marché ». 

 Cette cécité de la pensée et cette courte vue sont les œillères de tous les libéraux. 

« L’idéal libéral de la liberté » se résume « à une soumission aux forces impersonnelles du marché » pour reprendre les propos du néolibéral Friedrich Hayekdans La Route de la servitude. 

 En réalité, il s’agit d’offrir à court terme un prétendu supplément de pouvoir d’achat pour mieux imposer la dynamique de l’économie de marché à la totalité de l’existence. 

Contrairement aux sociétés passées où l’économie était immergée dans les religions sociales (coutumes, traditions), le marché moderne s’est désencastré de la société et a pu imposer ses lois. 

Mais ce mouvement n’est pas une libération mais une destruction sociale entière. « Notre thèse est que l’idée d’un marché s’ajustant lui-même impliquait une utopie radicale.

 Une telle institution ne pourrait exister de façon suivie sans anéantir la substance naturelle de la société, sans détruire physiquement l’homme et sans transformer son milieu en désert », alertait l’économiste Karl Polanyi dans son brillant ouvrage La Grande Transformation. 

Ainsi ce qui s’apparente au départ à un gain de pouvoir d’achat et au libre-choix de travailler lors des jours fériés deviendra progressivement une perte de liberté effective, une perte d’argent et un accroissement de l’isolement. 

Tout le tissu social qui fonde la société s’en trouve chamboulé ; tous les rythmes collectifs s’en trouvent désynchronisés. 

Plus grand monde pour faire garder son enfant ; plus grand monde pour organiser les préparatifs d’un mariage ; plus grand monde pour participer à toutes les activités associatives et sportives. 

Il faudra en retour confier ses enfants ou organiser les préparatifs d’une fête non plus grâce au soutien de son voisinage ou de sa communauté, mais bien par l’intermédiaire de multiples services payants.

 Sans compter que ce qui était un travail payé double deviendra à terme un travail payé simple, où dimanche deviendra peu à peu « manchedi » pour reprendre Jean-Claude Michéa.

 C’est la vie hors pouvoir d’achat qui se réduit alors comme peau de chagrin. 

 

Mémoricide

En 1839, le philosophe Pierre-Joseph Proudhon publia un livre intitulé  De la célébration du dimanche. 

 Son propos consistait à analyser pourquoi l’instauration du Sabbat chez les juifs par Moïse, exposé dans le Décalogue – ou celle de la « fériation du dimanche » comme il l’appellechez les chrétiens – constituait un élément indispensable de la cohésion sociale et nationale : « comment le Sabbat devint-il, dans la pensée de Moïse, le pivot et le signe de ralliement de la société juive ? » s’interroge-t-il.

 « Ce qu’il désirait créer dans son peuple, c’était une communion d’amour et de foi, une fusion des intelligences et des cœurs, si je puis ainsi dire ; c’était ce lien invisible, plus fort que tous les intérêts matériels, qui forment entre les âmes l’amour de la même patrie, le culte du même Dieu, les mêmes conditions de bonheur domestique, les solidarités des destinées ; les mêmes souvenirs, les mêmes espérances. 

Il voulait, en un mot, non pas une agglomération d’individus, mais une société vraiment fraternelle. »

A lire aussi: Chauffage: scoop, il fait plus froid en hiver

 

Nos libéraux, ayant subi une véritable vivisection de la mémoire collective, ne voient même pas que la suppression des jours fériés constitue une ablation de leur histoire.

 Ces jours ne sont pas seulement un frein au travail mais constituent un lien à notre passé, à nos ancêtres, à notre histoire et à nos origines communes. 

S’en défaire au nom du sacro-saint travail libéré constitue une attaque contre tout ce que nous sommes, réduisant chaque être à une monade isolée et écervelée ; condamnée à errer dans les marécages d’un nihilisme mortifère. 

Un homme sans Histoire, sans trace, hors-sol est un homme mort. 

Et comment ne pas voir qu’en supprimant toute la charge symbolique et historique des jours fériés par la possibilité de travailler viendra un jour où chaque Français, ayant perdu toute mémoire, pourra se voir imposer de travailler librement et volontairement y compris le jour de Noël ?

 De belles étrennes des orphelins en perspective pour reprendre le titre d’un des poèmes d’Arthur Rimbaud.

 Il serait grand temps et urgent qu’au lieu de déclamer benoîtement les Tables de la loi venues du Mont-Pèlerin, lieu de réunion des néolibéraux dès 1947, les libéraux se rappellent aussi que du Mont Sinaï, on déclara : « Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. 

Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage… »

 

Socialicide

Mais que l’on n’aille pas croire que les colères feintes de la gauche soient aussi philosophiquement cohérentes. 

Ce sont ces mêmes hommes et femmes qui éructent aujourd’hui contre la mise à mort des jours fériés qui sont prêts demain à étendre le plus loin possible tous les droits individuels permettant au marché de fracturer et d’atomiser la société. 

Autant dire de futurs permis de construire au libéralisme pour mieux reformater le monde à son image…

Car, à tous ceux à gauche qui poussent des cris d’orfraie et s’enflamment à chaque fois que l’on touche « au travail », n’oublions jamais que c’est cette même gauche française qui participa à la libération internationale des capitaux.

 Le fameux et embarrassant consensus de Paris décidé dans les années 1980 —de Camdessus à Jacques Delors en passant par Chavranski— sous la férule de tous les mitterrandiens patentés. 

Prenant cause et fait pour le libéralisme économique, il ne restait qu’à la gauche la défense des droits sociétaux ; un libéralisme culturel à rebours de toute la France populaire et des mouvements socialistes originels d’antan. 

 

Il est aujourd’hui clair que sa « défense » de la Fête du travail n’est plus qu’une posture électorale qui ne trompe d’ailleurs personne.

 La gauche a viré sa cuti. 

Elle est aujourd’hui plus à son aise quand il s’agit de promouvoir « la Nouvelle France » ou d’organiser la prochaine marche des fiertés LGBTQIA+. 

 


 Source et Publication ::  https://www.causeur.fr/au-premier-mai-fais-ce-quil-te-plait-325862?utm_ 
ET AUSSI
 

« On nous pisse dessus » : les revirements de Lecornu sur le 1er mai vus par un macroniste

 

Macron est inaudible et Lecornu désavoué quatre fois à l'Assemblée en une semaine...
Capture d'écran
Capture d'écran

Comme le soulignait Georges Michel, il y a deux jours, Macron est devenu complètement inaudible, « à l'international comme sur le plan intérieur ».

 Et les preuves s'accumulent de jour en jour : il se prend régulièrement des gifles de Trump, comme ce vendredi, avec son mini-sommet européen sur Ormuz, ou comme sur le Liban, où la France est marginalisée.

Un Macron inaudible, marginalisé, « en apesanteur »

Et, au niveau national, ce n'est guère mieux : il a reçu, jeudi, 500 maires de France à l'Élysée, alors qu'il ne s'est pas montré à la dernière Assemblée des maires de France.

 Et, en éternel bonimenteur, le voilà multipliant les promesses à des élus sceptiques sur sa capacité à agir, sans majorité, sans argent, à un an de la fin de son mandat : « Le gouvernement continue d’être à la tâche pour vous aider et je ferai tout jusqu’au dernier quart d’heure pour que vous puissiez réaliser vos projets », lance-t-il. 

Pour le maire socialiste de Bourg-en-Bresse (Ain), Jean-François Debat, cité par Le Monde, « on avait l’impression d’être en apesanteur, compte tenu des maigres avancées possibles au vu du contexte politique. 

On était entre le discours d’adieu et celui de l’impuissance, alors qu’il y a urgence à donner de nouvelles capacités d’agir aux élus. »

  Mais heureusement, la France dispose d'un exécutif à deux têtes et, si les Français ont tourné la page Macron, il y a Lecornu qui se démène sur tous les fronts...

Lecornu désavoué quatre fois à l'Assemblée !

Vendredi dernier, c'étaient ses annonces lunaires sur l'électrification pour répondre à la hausse durable des carburants.

 Lecornu refuse toujours d'accorder une baisse généralisée des taxes, même temporaire, préférant des mesures ciblées. 

Ne voit-il pas qu'elles laissent sur le bord de la route des millions de Français ?

 D'ailleurs, quasiment tous les pays européens s'y sont résolus, y compris l'Allemagne, il y a une semaine.

 Et l'Irlande, à la suite de la révolte des agriculteurs et des taxis, soutenus par la population. 

S'il n'a pas encore eu à subir ouvertement la colère des Français à ce sujet, le Premier ministre vient toutefois d'essuyer une série de camouflets de la part de sa propre majorité, si l'on peut désigner ainsi les groupes macronistes, qui ne se maintiennent que par le soutien des LR et des socialistes.

Justement, ce sont ces socialistes qui, en brandissant, dimanche, la menace d'une censure sur la libéralisation du travail le 1er Mai, ont poussé Lecornu à remballer son projet.

 Les macronistes libéraux n'ont pas apprécié cet abandon en rase campagne. 

 

Et le député Karl Olive, cité par RTL, s'est lâché, mardi 14 avril, à la réunion du groupe Renaissance : « On nous pisse dessus [...] On passe pour des jambons.

 On passe pour des cons finis, je me demande ce que je fous là. 

» Ambiance. 

Certains macronistes, soucieux de ménager leur avenir, avec un nouveau leader  (Attal ou Philippe) plutôt qu'avec les deux têtes actuelles, menacent même de ne plus soutenir le gouvernement...

 

Pour Lecornu, ce n'est que le début d'une semaine marquée par un délitement continu : après le recul sur le 1er Mai arrive le vote contre les ZFE, auxquelles est attaché le gouvernement, toujours pour plaire à la gauche et aux écologistes.

 Là, c'est le RN qui fait pencher la balance. 

 

Ensuite, c'est le retrait de la loi Yadan, qui mécontentait la gauche LFI, mais aussi une partie de la droite et du centre.

 Le même jour, le gouvernement est mis en minorité dans l’Hémicycle sur le dossier de l’assurance chômage. 

Un parfum de fin de règne, de IVe République.

 Pour donner l'impression qu'il gardait la main, le Premier ministre a annoncé, ce vendredi, que les boulangers et les fleuristes artisanaux pourront bien ouvrir ce 1er Mai...Tout ça pour ça...

Et le budget ? Hollande veille

Alors, cette semaine noire annonce-t-elle pour Lecornu un chemin de croix de douze mois ? Ou moins, jusqu'au budget ?

 Pour le budget, c'est encore un socialiste qui dicte la marche à suivre.

 En effet, l’ancien président de la République lui-même (et qui souhaite sans doute le redevenir...) défend la recherche d’un « compromis » et souhaite « qu’un 49.3 soit déclenché au terme d’une courte discussion budgétaire » afin d’éviter une censure du gouvernement, un an avant la présidentielle. 

Voilà comment se décident les choses, dans la démocratie idéale selon Hollande, Macron et Lecornu. 

Mais au fait, un nouveau 49.3, n'est-ce pas, pour les députés macronistes - et les autres -, un nouveau « on nous pisse dessus » 

 

Et n'est-ce pas le sentiment de beaucoup de Français, aussi ?

 

 

Par Frédéric Sirgant

Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

 


 

 


 

Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire 

Source :  https://www.bvoltaire.fr/