Royaume-Uni : les réfugiés devront rembourser 10.000 livres pour leur accueil

Le gouvernement britannique souhaite que les réfugiés disposant de revenus suffisants remboursent désormais une partie des frais liés à leur accueil.
Ce projet de loi s’applique aux personnes ayant obtenu le statut de réfugié au Royaume-Uni.
Ils devront ainsi rembourser l’équivalent de 11.600 euros afin de participer au coût de leur hébergement et de l’allocation versée pendant la procédure d’asile.
Ce prélèvement ne s’appliquera qu’aux immigrés ayant intégré le marché du travail et dont les revenus dépassent un seuil qui, pour le moment, n’a pas encore été défini.
Comme l’a déclaré le gouvernement travailliste, cette mesure fait partie de l'Immigration and Asylum Bill, un projet de loi sur l’immigration et l’asile présenté au Parlement.
The cost of asylum accommodation on the British taxpayer is too high.
Once people can contribute and repay the generosity of the British people, we expect them to do so. pic.twitter.com/TBn8XRj9VG
— Shabana Mahmood MP (@ShabanaMahmood) July 1, 2026
Un coût financier non négligeable
« Le coût de l’hébergement des demandeurs d’asile est trop élevé pour le contribuable britannique », a expliqué la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, dans un communiqué. «
Les demandeurs d'asile seront désormais tenus de contribuer aux frais liés à leur prise en charge et à leur hébergement.
Il est tout à fait juste que ceux qui en ont les moyens rendent la pareille à la générosité de ce pays.
C'est ainsi que nous rétablissons l'équité, l'ordre et la maîtrise au sein de notre système d'asile », a-t-elle également déclaré au média Politics UK.
À ce sujet — L’immigration chute au Royaume-Uni en un an
It is only right that we ask for a contribution in return for our generosity. https://t.co/vPixRXNYhH
— Shabana Mahmood MP (@ShabanaMahmood) June 30, 2026
Selon le ministère de l’Intérieur, le coût de l’hébergement et des aides allouées aux demandeurs d’asile s'élevait à 23,25 livres par personne et par nuit dans les centres d’accueil et à 144 livres dans les hôtels.
Les allocations versées, quant à elles, seraient de l’ordre de 9,95 à 49,18 livres par personne et par semaine.
Soit un coût total de 4 milliards de livres, l’année dernière (environ 4,6 milliards d’euros).
Le Parti travailliste au pouvoir indique avoir déjà réduit un tant soit peu ce coût, avec une réduction de près d’un milliard de livres depuis son arrivée au pouvoir, en juillet 2024.
En effet, il a par exemple transféré des demandeurs d’asile logés dans des hôtels vers des hébergements sur d’anciens sites militaires.
Joint par BV, le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, Nicolas Pouvreau-Monti, analyse la situation et insiste sur la « volonté d'envoyer un signal sur le plan migratoire. [...]
Le gouvernement travailliste qui a été élu en 2024 sur une promesse globale de réduire l'immigration a fait du traitement de l'asile une forme de priorité.
» Avant d’ajouter : « L'enjeu budgétaire et l'enjeu migratoire sont entremêlés, parce que la hausse du coût est liée à la hausse du nombre de demandeurs.
Et la meilleure façon de faire baisser le coût, c'est de faire baisser le nombre de demandeurs. »
Un signal politique fort pour l’Europe
Pour arriver à ses fins, le gouvernement travailliste compte reprendre le même système que pour celui des prêts étudiants en vigueur dans le pays.
De fait, les remboursements prendront la forme de déductions mensuelles directement prélevées sur les salaires.
« La logique de cette mesure, c'est moins de faciliter ou de rendre plus difficile l'intégration des demandeurs d'asile que de faire baisser le nombre de demandeurs en devenant moins attractif que son voisin sur un certain nombre d'aspects juridiques et matériels de l'accueil », estime Nicolas Pouvreau-Monti.
S’ajoute à cela un levier de contrainte très puissant.
En effet, le fait de solder cette dette serait une condition obligatoire pour prétendre à un permis de séjour permanent ou à la naturalisation.
Cette disposition permettrait ainsi un engagement plus profond des nouveaux arrivants envers la société britannique.
« Le coût de l'hébergement des demandeurs d'asile est trop élevé pour le contribuable britannique », a poursuivi le ministre.
En outre, le projet de loi anticipe les éventuels départs du territoire britannique.
Le texte stipule que tout individu quittant le Royaume-Uni sans avoir épongé sa dette vis-à-vis de l’État devra régler la totalité de ladite somme s’il souhaite revenir de façon légale sur le sol britannique à l’avenir.
Selon les données du Home Office publiées en mai, 94.000 personnes ont déposé une demande d’asile au Royaume-Uni, entre avril 2025 et mars 2026.
C’est 12 % de moins que sur la même période l’année précédente.
Une immigration qui ne cesse de chuter, outre-Manche.
« Au fur et à mesure que nos voisins travaillent à devenir moins attractifs, nous le sommes de plus en plus par effet miroir », souligne Nicolas Pouvreau-Monti, à propos de la situation en France.
Par Thomas Bertin
Source et Publication : https://www.bvoltaire.fr/royaume-uni-