REUE DE PRESSE !
Émeutes lycéennes : à l’étranger, une lecture que la France préfère éviter
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- Jean Kast
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Le mérite d’appeler un chat un chat.
Alors que la France cherche encore à savoir comment qualifier les scènes de violence qui accompagnent le mouvement lycéen, Donald Trump, lui, n’a pas pris de gants.
Mardi 6 octobre, le président américain a livré sur Truth Social une lecture ouvertement civilisationnelle des événements. « Ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle. Il ne s’agit pas des écoles, il s’agit de l’islam qui veut s’emparer d’un pays autrefois grand ! »
Le mouvement est officiellement centré sur les conditions d’enseignement, le manque de professeurs et les classes surchargées, mais les violences qui l’accompagnent ainsi que certaines images diffusées sur les réseaux sociaux ont fourni à Trump un autre angle de lecture.
Donald Trump n’est d’ailleurs pas le seul Américain à regarder les événements français à travers le prisme de l’immigration.
Le sénateur républicain Ted Cruz a, ainsi, écrit : « La France brûle.
L’Europe a ouvert ses frontières et n’a pas réussi à affronter l’islamisme radical. »
Sur Fox News, des journalistes ont également insisté sur la présence de drapeaux palestiniens dans les cortèges et sur la possible implication de militants pro-Hamas.
Sur X, la journaliste libanaise Brigitte Gabriel vivant aux États-Unis, qui se présente comme une « survivante du terrorisme », affirme : « La France ne connaît pas des émeutes.
Elle est en train d’être prise. Trump a dit tout haut ce que Paris a trop peur de dire : l’islam veut la France et il la prend. »
Parallèlement, une animation diffusée sur les réseaux, dans un style inspiré de South Park, représente un Paris plongé dans les flammes, assailli par des hordes de « racisés », et s’achève par un survol nocturne de la capitale incendiée.
Son titre : À la mémoire de la France.
De l’Italie à l’Autriche, une même grille de lecture
La même grille de lecture apparaît hors des États-Unis. Au Royaume-Uni, Tommy Robinson pose cette question et affirme : « Peut-on arrêter d’appeler cela une "manifestation étudiante" ? Ce sont des actes de djihad. »
En Autriche, Martin Sellner, figure de la droite identitaire, écrit, pour sa part : « Si vous importez l’Afrique dans votre nation, vous n’aidez pas l’Afrique.
À ce sujet — [VOTRE AVIS] Blocages lycéens : l’ordre va-t-il revenir avec les vacances de la Toussaint ?
Cette lecture civilisationnelle est intéressante.
Évidemment, elle n’épuise pas les autres dimensions du mouvement.
Car il serait réducteur de prétendre que les émeutes françaises ne concernent que des jeunes issus de l’immigration.
Toute une jeunesse occidentale participe aux événements.
Un exemple a particulièrement circulé : celui d’Elwan, lycéen du lycée Jacques-Decour à Paris, devenu en quelques jours la coqueluche de l’extrême gauche après une interview accordée à Vincent Lapierre.
La séquence est devenue virale sur les réseaux sociaux et le jeune homme a même eu droit d’embrasser Jean-Luc Mélenchon, mardi 6 octobre.
Il y a donc, dans ce mouvement lycéen et les émeutes qui l'accompagnent en certains endroits, plusieurs réalités qui se superposent : quelques revendications scolaires, une récupération de l’extrême gauche, mais aussi des violences urbaines de nature communautaire.
Reste à savoir pourquoi il faut parfois traverser nos frontières pour que cette dernière dimension soit commentée sans détour.
ET AUSSI
C' EST VRAIMENT LUNAIRE .
La Cocarde étudiante « responsable des violences dans les émeutes ?
Absolument lunaire ! »
« Il y a quelques groupuscules qui peuvent être violents, notamment des groupuscules d'extrême droite comme la Cocarde étudiante, ça a été documenté sur plusieurs vidéos et on le condamne. »
Le 5 octobre à midi, sur LCI, Simon Elien, militant syndical de gauche et représentant de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), commence pourtant par assurer que « dans l'ensemble, ça se passe bien » et que les étudiants et les lycéens ont « des revendications légitimes ».
Avant d'insister : « Il y a des étudiants de la Cocarde étudiante qui ont été responsables de violences. »
Le tollé est immédiat sur le plateau. « Vous nous en bouchez un coin », « oh la la la », « je demande à voir », lui répondent les intervenants.
L'éditorialiste politique et écrivain Paul Melun répond : « J'ai vu quelques images d'étudiants de la Cocarde qui sont venus faire des opérations de déblocage, en prenant des poubelles pour rouvrir le campus.
Mais je crois que la paternité des émeutes, notamment au lycée Vauquelin, fait plus penser à des Black Blocs ou à des bandes de voyous et de racailles. »
À Paris, la proviseur de l'établissement, Carole Zerbib, a décrit, de son côté, l'action coordonnée d'une dizaine de personnes masquées qui ont incendié l'entrée du lycée, confinant une centaine d'élèves : « Ce n'était pas des élèves de mon établissement », a-t-elle précisé, évoquant des « groupes extrêmement organisés »
. Jusqu’ici, rien ne permet de relier cette attaque à une quelconque « extrême droite responsable des violences », comme l’affirme ce jeune syndicaliste de gauche.
Interrogé par Boulevard Voltaire, le président de la Cocarde étudiante, Clément Liebard, confirme ces opérations, mais en précise le cadre : « Depuis le début du mouvement étudiants, on débloque les universités, principalement à Paris. »
Ils viennent à une vingtaine pour « enlever tout le matériel urbain qui est amassé par l'extrême gauche et chasser, sans violence évidemment, les militants d'extrême gauche présents sur place ».
Quant aux vidéos invoquées comme preuves par Simon Elien, « il n'y a aucune preuve vidéo des violences de la Cocarde étudiante.
Si, comme preuve vidéo, il avance le simple fait que nous leur avons effectivement enlevé les poubelles des bras pour les dégager de l'entrée des campus, ce n'est absolument pas une violence à l'égard des personnes présentes sur place. »
« L'extrême gauche a honte de sa propre violence »
Malgré les preuves accablantes de la responsabilité presque totale de l’extrême gauche française dans la tournure que prend le mouvement de blocage des lycéens et étudiants, la journaliste Isabelle Saporta n'exclut pas l'existence de violences d'extrême droite, notamment de la Cocarde étudiante, mais refuse d'affirmer que c'est essentiellement l'extrême gauche qui gangrène le mouvement : « L'extrême droite dit qu'il ne s'agit que de l'extrême gauche, et l'extrême gauche dit que ce sont des éléments d'extrême droite. »
Le présentateur Éric Brunet n'est pas de cet avis : « On ne peut pas dire un partout, balle au centre, on sait qui c'est. »
Il demande à son interlocutrice d'être honnête : « Soyons honnête, la réalité, c'est que là, c'est essentiellement l'extrême gauche. »
Ce récit, qui renvoie la faute à la Cocarde, est selon Clément Liebard « leur grand sujet depuis quelques jours, depuis qu'on a entrepris ces déblocages d'universités ».
Il le balaie : « C'est absolument faux. L'extrême gauche a honte de sa propre violence et sait à quel point elle leur est nocive électoralement et au niveau de l'opinion publique. »
Raphaël Maillochon, journaliste police-justice, invoque une note des renseignements du ministère de l’Intérieur, listant les groupuscules d'extrême gauche impliqués dans les violences : « Des organisations syndicales comme Le Poing levé, mais aussi des organisations politiques comme Les Jeunes Communistes révolutionnaires, Révolution permanente ou La France insoumise ».
Lui emboîtant le pas, l’écrivain et essayiste Paul Melun renchérit : « Ils se mettent en scène sur les réseaux sociaux : Ersilia Soudais, Mathilde Panot, Louis Boyard », sans oublier le non moins connu maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko.
« À part le syndicaliste étudiant qui nous a dit que c'était l'extrême droite, il n'y a que lui qui doit vivre dans une réalité parallèle pour dire ça.
On sait très bien que c'est l'extrême gauche, que c'est idéologisé.
Et ceux qui sont allés démonter le lycée Vauquelin dans le XIIIe, ce sont des voyous, des racailles, des délinquants. »
Dans la posture du « pas de vague », Isabelle Saporta temporise : « On verra bien ce que diront les enquêtes. »
Brunet, lui, s'agace un peu : « Souvent, quand c'est l'extrême gauche, on est très soucieux de dire que c'est l'extrême droite pour camoufler que c'est l'extrême gauche.
Mais c'est factuel. Vous avez entendu la litanie des groupuscules d'extrême gauche qui sont cités par le ministère de l'Intérieur ? » Pascal Perri, journaliste économique, ajoute même : « Soyons honnêtes, on ne peut pas dire qu'aujourd'hui, il y a une égalité des poids politiques.
Vous voyez bien que le poids politique, c'est le NPA, Révolution permanente, LFI. L'extrême droite ne se balade pas avec des drapeaux palestiniens, franchement. »
Sur la même chaîne, dans l'émission de Darius Rochebin consacrée aux violences et aux blocages, l'accusation revient par une autre voie.
La réponse de la Cocarde étudiante ne tarde pas, sur le réseau social X : « Ces informations sont évidemment ridicules et fausses.
Aucun de nos militants n'a pris part à une action de ce type.
Cette dame s'expose à une plainte en diffamation et nous avons hâte de connaître ses "sources".
Merci @MontbrialAvocat d'avoir rétabli la vérité à ce sujet. »
Clément Liebard détaille, pour Boulevard Voltaire, cette réponse : « C'est un peu ridicule.
Effectivement, nous avons débloqué les universités, encore une fois, sans violence, sans jeter personne par terre, comme elle peut le dire. »
Verdict : « C'est absolument lunaire, comme accusation », nous dit-il, avant de nous confirmer que la Cocarde prépare une plainte pour diffamation qui sera déposée « sans doute dans les prochains jours ».
À l'inverse, selon le président de la Cocarde, ce sont ses militants qui sont pris à partie : l'extrême gauche, affirme-t-il, agresse en premier dès qu'ils viennent sur un campus.
Il dit avoir reçu de nombreux témoignages d'étudiants de droite ou d'étudiants sans étiquette ayant tenté de débloquer seuls leur université, reconnus aux abords de leur faculté, molestés, agressés et parfois exposés sur les groupes de promotion et sur les réseaux sociaux.
Source et Publications : https://www.bvoltaire.fr/la-cocarde-etudiante-
Les Nouveaux étudiants et étudiantes ?
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