LU, VU ET ENTENDU
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LU, VU ET ENTENDU
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Damien Rieu a cofondé en 2012 le mouvement politique et militant Génération Identitaire, qui a été dissous par les autorités françaises en 2021.
Au sein de GI, il a mené de nombreuses actions marquantes, telles que le blocage du chantier de construction d’une mosquée à Poitiers ou le blocage des postes-frontières dans les Alpes et les Pyrénées à l’aide d’hélicoptères.
Sur le plan politique, il a adhéré au RN, puis à Reconquête, le parti d’Éric Zemmour. Il poursuit actuellement son activité sur Internet à travers des publications telles que Fdesouche ou le magazine France.
Notre confrère Álvaro Peñas l’a interviewé.
Breizh-info.com : Vous venez d’être condamné à une amende de 6 000 euros pour avoir mis en avant les liens entre Patrick Karam, vice-président (LR) du conseil régional d’Île-de-France, et Mohammed Henniche, secrétaire général de l’Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis.
Quel est le contexte de cette affaire ? Pourquoi avez-vous été condamné ?
Depuis des années, je dénonce ce que j’appelle les « islamodroitistes » : des élus de droite qui se sont compromis avec des islamistes par clientélisme électoral, surtout dans la période qui a précédé la vague d’attentats islamiques de 2015.
Justement, cette année-là, lui et Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, ont monté une opération de séduction de l’électorat musulman pour le prendre à la gauche.
Je lui reproche d’avoir travaillé avec Mohammed Henniche, qui dirigeait la mosquée de Pantin, fermée par l’État pour radicalisation après qu’elle eut relayé la vidéo ayant précédé l’assassinat de Samuel Paty.
Il m’a intenté 3 procès en diffamation.
J’en ai gagné un, et je suis en appel pour les deux autres.
Breizh-info.com : Quelle est l’étendue de l’influence des Frères musulmans en France ?
Après avoir bénéficié de la naïveté et de la complaisance des élus pendant des décennies, la position des Frères musulmans se complique ces derniers mois.
Ils enchaînent les défaites, la plus importante étant la fermeture de leur base arrière, l’IESH, leur centre de formation européen, en Bourgogne, grâce à la mobilisation de la députée européenne Marion Maréchal.
Mais il faut rester vigilant, car ils se réorganisent, apprennent de leurs erreurs, se dissimulent davantage et reviennent sous d’autres formes.
Ce d’autant plus qu’ils profitent d’une accalmie dans la fréquence des attentats islamiques. `
Le grand public finit par oublier le danger.
Dès lors, les autorités et les élus baissent la garde, et ils en profitent pour revenir. Il ne faut donc pas relâcher la pression.
Breizh-info.com : Thaïs d’Escufon, victime d’une agression sexuelle en 2022, a également été condamnée à une amende de 3 000 euros pour « incitation à la haine raciale » après avoir témoigné dans les médias.
Que devient la justice en France ?
Non seulement l’État est incapable de protéger ses citoyens, ce qui est pourtant sa mission première et la base du contrat qui nous lie, mais en plus il réprime avec la plus grande sévérité tous ceux qui veulent se défendre ou décrire la situation.
C’est ce qu’on peut appeler l’anarcho-tyrannie.
Breizh-info.com : En tant que militant de Génération identitaire, vous avez participé à plusieurs actions médiatisées pour protéger les frontières de la France et de l’Europe.
Qu’avez-vous ressenti en voyant les images de Ceuta ?
Je suis allé à Ceuta il y a quelques années, je connais donc particulièrement bien la topographie des lieux et la situation démographique.
Le remplacement de population y est en cours : plusieurs élues du conseil municipal sont d’origine marocaine et portent le voile islamique.
Je suis pessimiste sur l’avenir de ces postes avancés.
Mais nous devons soutenir les habitants.
Je mets cependant en garde : ces images spectaculaires cachent une réalité invisible.
Ce qui arrive à Ceuta est ce qui arrive chaque jour en Europe par des moyens légaux, comme les demandes d’asile ou les visas.
Rien que le nombre de demandeurs d’asile équivaut, selon moi, à la population de l’Autriche.
Si l’on additionne toute l’immigration non européenne sous toutes ses formes, cela représente un quatrième État européen.
Breizh-info.com : Comment l’Europe doit-elle répondre à ces menaces ? Pensez-vous qu’une évolution de l’opinion publique s’opère quant à l’importance des frontières ?
Grâce notamment à Giorgia Meloni, à l’administration Trump, à la pression électorale des forces politiques opposées à l’immigration, et surtout grâce au réel et au bilan désastreux de l’immigration, j’ai l’impression que l’opinion bascule en notre faveur.
Il ne manque plus que l’Allemagne ou la France bascule, et alors tout deviendra possible pour rétablir la situation sécuritaire et migratoire.
Mais pour l’instant, la France bloque et l’Allemagne hésite.
Breizh-info.com : Ousmane Sonko, à propos du match de la Coupe du monde 2026 entre la France et le Sénégal, a déclaré : « Quoi qu’il arrive, l’Afrique l’emportera.
» L’ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a également suscité la polémique en affirmant qu’il s’agissait d’« une bonne équipe, mais sans les Français ».
Quel est votre avis sur ces déclarations ?
La composition démographique de la France n’est effectivement pas le miroir de son équipe de football.
Faut-il qu’elle le soit ?
On pourrait trouver curieux qu’il n’y ait quasiment aucun joueur aux traits asiatiques dans l’équipe japonaise, ou quasiment aucun joueur d’origine africaine dans l’équipe du Sénégal.
Mais ce qui dérange surtout, ce sont les leçons politiques qui en sont tirées.
En 1998, la France gagne la Coupe du monde et les journalistes de gauche expliquent alors que c’est grâce à sa diversité « black-blanc-beur », comme on disait à l’époque.
Mais quand elle perd, personne n’attribue la défaite à cette diversité.
C’est un argument à géométrie variable : la lecture ethnique est autorisée en cas de succès, mais taboue en cas de déconvenue.
C’est intéressant, et cela vaut aussi pour l’ensemble de la société, du moins à travers le prisme médiatique, car personne n’est dupe.
Breizh-info.com : Vous avez également été poursuivi en justice par Karim Benzema, mais vous avez été relaxé.
Quel rôle jouent ces footballeurs célèbres dans les débats sur la nation ou l’identité ?
J’ai reproché à Karim Benzema son ambiguïté sur la question de l’islamisme.
C’est grave, surtout quand on connaît son influence sur la jeunesse issue de l’immigration.
Cela déculpabilise et banalise le discours islamiste : si mon idole valide ce récit, alors je peux le faire aussi.
Leur responsabilité est énorme, mais là aussi les médias ferment évidemment les yeux, et j’ai beaucoup de mal à être entendu.
Breizh-info.com : Une élection présidentielle aura lieu en France l’année prochaine.
Est-ce le moment de Marine Le Pen ou celui de l’« islamo-gauche » de Jean-Luc Mélenchon ?
Un nouveau Macron pourrait-il émerger comme alternative ?
Je pense que la seule chance de victoire pour le camp national est d’affronter Mélenchon au second tour.
Si Marine Le Pen se trouve face à Édouard Philippe, le remplaçant de Macron, il est fort possible que la sociologie des électorats, associée à une propagande de haute intensité, profite encore à ce dernier.
Et derrière, il faudra aussi conquérir l’Assemblée nationale, deux mois après la victoire présidentielle.
Il faudrait deux miracles pour disposer de tous les leviers du pouvoir, sans compter qu’une crise économique nous guette et pourrait ramener au centre certains électeurs en quête de stabilité.
La seule chose certaine, c’est que cette élection sera historique quel qu’en soit le résultat, car il est quasi acquis que la droite nationale battra son record.
Propos recueillis par Álvaro Peñas
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
ET AUSSI
Une observation revient dans presque tous les scrutins européens récents, et elle mérite d’être formulée sans détour : la principale force qui fait obstacle à la droite européenne n’est pas la gauche.
C’est la droite elle-même.
Le Royaume-Uni offre la démonstration la plus lisible, parce que son mode de scrutin transforme immédiatement la division en défaite.
Rupert Lowe, exclu de Reform UK en 2025, a fondé Restore Britain en février dernier.
Le parti se situe à la droite de celui de Nigel Farage et stagne autour de 3 à 4 % des intentions de vote.
En apparence, une formation marginale.
En pratique, l’essentiel de son électorat vient de Reform, ce qui suffit à faire basculer des dizaines de circonscriptions où Reform devançait le Labour de quelques points.
Le résultat était visible mi-août : le Labour repassait en tête avec 25,1 %, devant Reform à 24,7 % et les conservateurs à 20 %.
À elles trois, les formations situées à droite pèsent largement plus que le parti travailliste. Séparées, elles perdent.
Chacune a pourtant ses raisons. Les conservateurs reprochent à Farage d’avoir démoli le centre droit, les électeurs de Reform voient dans Lowe un diviseur, et ceux de Restore jugent la prudence de Kemi Badenoch comme une absence de convictions.
Toutes ces critiques ont une part de fondement.
Aucune ne remporte une élection.
En Autriche, les négociations de coalition entre l’ÖVP et le FPÖ ont échoué en 2025 sur des questions de partage du pouvoir et de stratégie, laissant le parti arrivé en tête hors du gouvernement.
En Allemagne, la CDU vit sous la double pression de l’AfD à sa droite et de sa propre crainte de perdre l’électorat du centre en se rapprochant d’elle.
En France, la rivalité entre l’héritage gaulliste et le Rassemblement national dure depuis assez longtemps pour que plus personne n’en attende de résolution.
Aux Pays-Bas, le PVV, le VVD et des formations plus récentes se disputent le même électorat avec plus d’énergie qu’elles n’en consacrent à leurs adversaires.
Les mouvements politiques échouent rarement faute de convictions. Ils échouent quand l’ambition personnelle passe devant.
Et les électeurs, qui le sentent parfaitement, ne récompensent pas une guerre civile permanente : ils veulent surtout la garantie que ceux qui réclament le pouvoir seraient capables de l’exercer ensemble.
Reste une question que la seule arithmétique électorale ne règle pas.
Le débat sur l’immigration se concentre presque exclusivement sur les flux : combien, d’où, à quelles conditions.
Ce sont des questions légitimes.
Elles laissent pourtant de côté ce qui devrait précéder toutes les autres : à quoi, exactement, demande-t-on aux nouveaux arrivants d’adhérer ?
Une société qui tient sa propre histoire pour une suite de crimes, qui traite ses institutions héritées comme des survivances embarrassantes et qui considère la transmission comme une forme de repli, ne dispose plus de rien à proposer.
L’assimilation suppose un objet.
Là où cet objet a été démonté par ceux-là mêmes qui étaient chargés de le transmettre, l’intégration se réduit à une formalité administrative, et l’on s’étonne ensuite que des populations entières vivent côte à côte sans jamais former un peuple.
Ce n’est pas d’abord un échec des arrivants. C’est un échec de l’hôte.
Les pays sortis du communisme après 1989 ont, sur ce point, une expérience que l’Europe de l’Ouest ferait bien d’écouter au lieu de la moquer.
Ils ont vécu quatre décennies sous un régime qui entendait précisément dissoudre les appartenances nationales et religieuses dans une humanité rééduquée. Ils en ont conclu, une fois libérés, que l’attachement à une langue, à une histoire et à une foi n’était pas un archaïsme mais une défense.
On peut discuter des formes politiques qu’a prises cette conviction.
On ne peut pas balayer l’expérience elle-même, qui est celle d’une génération ayant vu de près à quoi ressemble une société où l’on a méthodiquement arraché ses racines.
Rien de tout cela n’est écrit.
Les civilisations ne s’effondrent pas comme s’effondre un barrage ; elles se retirent, décision après décision, et rien n’interdit d’inverser une décision.
Encore faut-il commencer par la plus simple.
Elle n’exige ni doctrine nouvelle, ni intellectuel providentiel, ni refondation : elle consiste à cesser de combattre plus durement ceux qui partagent l’essentiel de vos analyses que ceux qui les combattent toutes.
À l’échelle du Royaume-Uni, cela s’appelle 3 % transférés d’un parti à un autre, et une majorité qui change de camp.
Par Armand LG
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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La formule revient à chaque discussion budgétaire, dans la bouche d’élus de tous bords : la France serait le pays le plus taxé du monde. Elle est fausse.
Ce qui ne veut pas dire que la situation soit bonne, ni que le débat soit clos. Il est simplement mal posé.
L’Insee mesure les prélèvements obligatoires à 43,6 % du PIB en 2025, soit 1 305 milliards d’euros, après 1 254 milliards et 42,7 % en 2024. Eurostat, dont la définition diffère légèrement, retient 45,3 % pour la France en 2024.
Cet écart n’a rien d’anecdotique.
L’Insee déduit les crédits d’impôt du produit brut des impôts, une vingtaine de milliards d’euros en 2025, là où Eurostat et l’OCDE ne le font pas. Selon la source retenue, le taux français bouge de près de 2 points, ce qui explique la valse des chiffres dans le débat public et permet à chacun d’y trouver la statistique qui l’arrange.
Sur le périmètre Eurostat, en 2024, la France arrivait deuxième de l’Union européenne.
Devant elle, le Danemark, à 45,8 %.
Juste derrière, la Belgique, à 45,1 %.
La moyenne de la zone euro s’établissait à 40,9 %, celle de l’Union à 40,4 %.
La France est donc un pays très fortement prélevé, nettement au-dessus de ses voisins, mais pas le champion du monde. La nuance compte, parce qu’un argument faux discrédite la cause qu’il prétend servir. Le vrai constat suffit largement.
Un travail publié fin mai par le cabinet britannique Tax Policy Associates éclaire un aspect que les comparaisons de taux ne montrent pas : non pas combien on prélève, mais de combien de façons différentes.
Le décompte donne 348 prélèvements distincts en France, contre 132 au Danemark, 90 au Royaume-Uni et 60 en Allemagne. La méthodologie mérite d’être connue avant d’être brandie : sur ces 348, le cabinet identifie un rendement chiffré pour 253 d’entre eux, les 95 autres correspondant à des prélèvements pour lesquels aucune donnée n’a été trouvée. La classification est celle du cabinet, et la comparaison avec l’Allemagne est en partie faussée par une architecture fédérale où plusieurs impôts sont partagés entre niveaux plutôt que multipliés.
L’ordre de grandeur reste néanmoins parlant, et il rejoint un constat français. La Cour des comptes recense de son côté 243 taxes à faible rendement.`
La fondation iFRAP, en incluant l’ensemble des contributions sociales, arrive à 438 prélèvements.
Le problème n’est pas seulement esthétique. Un prélèvement dont le produit est marginal coûte à collecter, à déclarer, à contrôler et à contester. Ces coûts de conformité pèsent proportionnellement plus lourd sur les petites entreprises que sur les grandes, qui disposent de directions fiscales. Certains de ces prélèvements coûtent davantage à gérer qu’ils ne rapportent.
L’inventaire relève parfois du musée : imposition forfaitaire sur les pylônes électriques, redevance de balayage devant les immeubles, taxe sur les flippers et baby-foots exploités dans les cafés, prélèvement sur les friches commerciales inoccupées depuis plus de deux ans, taxe sur les passagers maritimes desservant certains espaces protégés, dont les îles bretonnes.
C’est sur le rapport entre ce qui est payé et ce qui est reçu que la situation s’est le plus dégradée.
Un baromètre Ifop réalisé pour Contribuables associés donne 66 % de Français jugeant le niveau de leurs impôts et taxes trop important, près d’un tiers le qualifiant d’excessif.
Surtout, 59 % se déclarent mécontents de la qualité des services publics au regard des sommes versées, contre 30 % de satisfaits.
Le détail est sévère pour les fonctions les plus régaliennes ou les plus attendues : 81 % des sondés estiment que l’hôpital public s’est dégradé, 74 % l’éducation, 68 % la sécurité, 67 % la justice, 57 % les transports publics. La critique est particulièrement marquée chez les 35-64 ans, c’est-à-dire dans la tranche d’âge qui finance le système.
Interrogés sur ce qui devrait être prioritaire, les Français citent la santé et l’assurance maladie à 54 %, l’éducation à 46 %, la sécurité et la défense à 30 %. Autrement dit, ils ne réclament pas la fin de l’impôt. Ils réclament une hiérarchie.
Il reste un point que la dénonciation de l’enfer fiscal permet commodément de contourner.
La France a prélevé 1 305 milliards d’euros en 2025 et a tout de même terminé l’exercice avec un déficit public de 5,1 % du PIB et une dette de 3 460 milliards, soit 115,6 % de la richesse produite.
Aucun taux de prélèvement, si élevé soit-il, ne rattrape un tel écart. Le problème n’est donc pas seulement combien l’État prend, mais ce qu’il fait de ce qu’il a déjà pris.
Plusieurs pays européens obtiennent des services publics mieux évalués avec des prélèvements sensiblement inférieurs. Leur avantage tient rarement à un secret budgétaire : ciblage des dispositifs, superposition administrative moindre, évaluation systématique des politiques publiques, et surtout capacité à fermer un programme dont les résultats ne sont pas au rendez-vous. C’est précisément l’exercice que la France ne parvient pas à conduire depuis des décennies.
Des débats parlementaires s’orientent vers une loi de simplification, avec l’idée de supprimer les prélèvements rapportant moins de 150 millions d’euros.
Ce serait un début utile, à condition de ne pas confondre le geste et la réforme : rayer 200 lignes du Code général des impôts ne réduira ni la dépense, ni le déficit, ni la dette.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.