TRIBUNES LIBRES !
Violences du 17 octobre : les Français jugent Macron et Mélenchon responsables
Frédéric Sirgant
- 25 octobre 2026 à 10h00
- Articles, Politique

Si les manifestations de ce 24 octobre semblent avoir été mieux maîtrisées par le gouvernement, le fiasco du 17 demeure un traumatisme dans l'esprit des Français.
Tel est l'un des enseignements livrés par un sondage Ipsos-BVA-CESI École d’ingénieurs publié par Le Parisien - Aujourd’hui en France, ce samedi soir.
Pour les Français, sidération, colère, honte
Une semaine après les événements, les Français se disent toujours « en colère » (58 %), « inquiets » (37 %), « honteux » (33 %) ou « tristes » (20 %).
Pour Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos-BVA, « l’opinion publique condamne massivement les violences.
Le pays a été sidéré par samedi dernier. Les Français sont en colère et ont honte des événements de violence du 17 octobre. ».
Mais le sondage révèle un chiffre qui aura des conséquences sur le vote à la présidentielle : cette colère collective est encore plus exacerbée chez les plus âgés, qui sont 67 % chez les 60-69 ans et 64 % chez les plus de 70 ans à se dire en colère.
Contre 39 % des 18-24 ans.
Or, ces plus âgés sont ceux qui votent le plus et ce même sondage indique qu'ils sont aussi ceux qui sont les plus durs envers Mélenchon.
Toujours selon Brice Teinturier, c'est un véritable « plafond de verre » pour le candidat LFI. Un plafond qui explique, malgré la qualification pour le second tour que lui prête le sondage que nous évoquions samedi, sa faible progression et sa défaite sévère face à Marine Le Pen au second tour.
Mélenchon accusé d'attiser les violences
Et justement, quand le sondeur pose aux Français la question des responsabilités de ces déchaînements de violences, de destructions et de pillages du 17 octobre, Mélenchon et son camp font quasiment jeu égal avec Macron.
L'un a attisé, l'autre a été aveugle.
Et les chiffres sont spectaculaires : 79 % des Français estiment ainsi responsables « les groupes radicaux qui encouragent les affrontements avec les forces de l'ordre », 62 % « les partis politique de gauche qui ont appelé à manifester », et pour 55 % des Français, « LFI a directement contribué à renforcer les tensions et attiser les violences », chiffre auquel il faut ajouter les 24 % qui, s'ils n'accusent pas LFI d'avoir attisé les violences, jugent que « les propos de certains de ses dirigeants les ont légitimées ».
Emmanuel Macron totalement discrédité
Si les Français jugent très sévèrement Mélenchon, ils sont encore plus durs envers Macron : seuls 12 % estiment qu'il a eu « la bonne attitude ».
Mélenchon est à 17 %, Marine Le Pen, qui domine le classement, à 38 %.
Non seulement Macron n'a rien vu venir, mais son intervention lunaire de dimanche soir, très attendue mais sans aucune annonce, a scandalisé les Français, comme le dénonçait à chaud Gabrielle Cluzel.
Nul doute que son « grand mensonge » de Trappes, une semaine après, conforte encore cette colère des Français à son égard.
Le même sondage constate que cette colère, exacerbée contre Macron et Mélenchon, atteint le reste de la classe politique : « 61 % d’avis mécontents à l’encontre du Premier ministre Sébastien Lecornu, 58 % contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, 58 % contre Gabriel Attal, 53 % contre Édouard Philippe ».
Se détachant nettement, « seule Marine Le Pen s’en sort bien. Elle n’a jamais gouverné et incarne l’ordre et la sécurité », commente Brice teinturier.
Le « tournant » majeur pour la nation n'a pas eu lieu ce vendredi 23 octobre à Trappes, selon la saillie aussi mensongère qu'irresponsable de Macron, mais bien samedi dernier, 17 octobre, à Paris comme à Limoges et dans toutes nos villes.
Non pas que cette explosion de violences, cette convergence des luttes de toutes les gauches (et de toutes les racailles) et la complaisance du pouvoir à leur endroit soient nouvelles et ne se soient pas nourries l'une l'autre depuis des années.
Ce qui a éclaté au grand jour, lors de ce terrible samedi noir, c'est la sidération d'une majorité de Français qui ont assisté, en direct, au destin qui les attend si le pays continue de glisser sur la pente Macron-Mélenchon.
C'est cette douloureuse prise de conscience que traduisent les chiffres de ce sondage.
[REPORTAGE]
« Le futur est une promesse » : pour la France, Marine Le Pen croit en l’avenir
Yves-Marie Sévillia- 25 octobre 2026 à 20h50
- Articles, EVENEMENT DU JOUR, Politique

Après une longue attente, engourdis par la fraîcheur automnale, ils s’engouffrent, trépignants.
Certains se précipitent pour rapporter un souvenir, qui un tee-shirt, qui une écharpe floquée « Marine Le Pen présidente ».
Tout sourire, Frédéric brandit la sienne, tel un trophée.
« C’est ma maman », confie le septuagénaire qui est venu écouter sa championne et qui milite au parti depuis 36 ans.
À Orléans, ils sont 8.500, ce dimanche 25 octobre, à avoir bravé l’intimidation de l’ultra-gauche. 3.000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés et quadrillent la ville.
« La France a beaucoup changé », se désole Patrick, qui vient de Seine-Saint-Denis.
Lui qui « écoute tout le monde à droite » a jeté son dévolu sur la quadruple candidate qui incarne le mieux « le patriotisme ».
Laurent et Jean-François sont venus car « la gauche et l’immigration » menacent le pays.
« Ceux qui veulent des étrangers, qu’ils les prennent à leur charge, abondent-ils, on a nos gosses avant, nos gamins, c’est l’avenir. »
De l’avenir il sera justement question, ce jour-là.
Marine Le Pen est venue parler du « redressement » de la France à ceux qui seraient tentés par « la résignation».
« Il s’est toujours trouvé des Français pour récupérer le drapeau lorsqu’il était à terre », lance la députée du Pas-de-Calais, dans la ville délivrée autrefois par Jeanne d'Arc.
L'âme française
Dans un discours d’une heure, d’une profondeur certaine, la candidate à l’Élysée dresse le portrait d’une France de l’espérance.
« C’était bien avant, ce sera mieux demain », assène celle qui se déclare, en privé, « optimiste », à six mois de l'échéance présidentielle.
« Elle est dans une forme olympique », nous confiait, en début du meeting, le député Laurent Jacobelli.
Les difficultés pour trouver une banque afin de financer sa campagne n'entament pas son moral.
Devant une foule qui ne cesse de clamer « On va gagner », Marine Le Pen dresse des perspectives résolument positives et présente « la voie de la Renaissance », la méthode qu’elle entend appliquer pour ramener « tout un pays vers le beau, la prospérité ».
Du « beau » il est longuement question, dans un discours novateur, teinté d’espérance.
Le beau, c’est « la satisfaction du travail bien fait », se faire une « haute idée de l’homme ». «
Donner le gout du beau, c’est inspirer les âmes et chercher l’harmonie sociale », explique Marine Le Pen.
« Je dois vous l’avouer, je nourris un rêve secret que je suis sûre vous partagerez.
Je veux que demain, que dans le monde, on puisse dire comme ce fut le cas : "C’est beau, c’est français !" » Plusieurs notions propres à la civilisation française comme « l’élégance » ou « la civilité » sont développées avec intensité par celle qui veut « redonner à la France sa puissance, sa grandeur, son rayonnement ».
Le binôme réaffirmé
Une heure auparavant, Marine Le Pen était introduite par son allié Éric Ciotti qui, dans une tonique allocution d’une quinzaine de minutes, est revenu sur son objectif : l’union des droites et « le rassemblement ».
« Nous avons su mettre nos petites différences sur le bord du chemin pour embrasser nos grandes convergences », a souligné le maire de Nice.
Jordan Bardella a esquissé, quant à lui, les mesures que son gouvernement prendra pour ramener « l’ordre républicain » face à « une alliance des pilleurs d’ultra-gauche qui détestent l’État et des pilleurs de banlieues qui détestent la France ».
À Orléans, Marine Le Pen renouvelle catégoriquement sa confiance envers celui qui entame, depuis samedi, son second mandat à la tête du RN et qu’elle adoube comme son « Premier ministre ».
Dans le Loiret, la candidate de 58 ans s’est adressée à tous les Français en endossant une stature présidentielle. « L’État que nous voulons ne sera pas RN mais ce sera une œuvre collective, une œuvre certes patriote mais pas partisane.
» Confortée par les sondages, et puisque, selon elle, « la bataille du constat est gagnée », Marine Le Pen en est certaine : « L’avenir nous appartient. »
Source et Publications : https://www.bvoltaire.fr/



