jeudi 23 avril 2026

DES AVANCÉES SUR LE CANCER DU PANCRÉAS , QUI RESTE TOUJOURS UN DES PLUS MEURTRIERS..

 LU, VU ET ENTENDU !

Cancer du pancréas : deux avancées 

thérapeutiques majeures redonnent enfin de

 l’espoir

Longtemps considéré comme la citadelle imprenable de l’oncologie, le cancer du pancréas voit enfin deux brèches s’ouvrir dans son mur. 

 Aux États-Unis, les résultats à six ans d’un essai clinique de phase 1 portant sur un vaccin ARN messager personnalisé viennent d’être rendus publics à l’occasion du congrès annuel de l’American Association for Cancer Research (AACR), qui s’est tenu à San Diego. 

 Dans le même temps, les laboratoires Revolution Medicines présentent les résultats d’un essai de phase 3 concernant une nouvelle molécule, le daraxonrasib, qui double littéralement l’espérance de vie des patients au stade avancé. 

Deux bonnes nouvelles qui, accessoirement, soulignent crûment l’absence de la recherche française dans ces grandes batailles oncologiques.

 

Le cancer du pancréas reste, au moment où paraissent ces lignes, l’un des cancers les plus meurtriers qui soient. 

Les chiffres sont implacables : moins de 13 % des patients diagnostiqués survivent au-delà de cinq ans. Il n’existe aucun dépistage de routine — pas l’équivalent d’une coloscopie ou d’une mammographie —, les symptômes n’apparaissent le plus souvent que lorsque la maladie est déjà avancée, et seuls 20 % environ des cas sont opérables au moment du diagnostic. 

Pour les 80 % restants, la tumeur a déjà essaimé ailleurs dans l’organisme.

Dans ce tableau d’une noirceur rare, deux annonces viennent donc éclairer ce printemps 2026.

 

Le pari gagné de Donna Gustafson

En février 2020, à 66 ans, Donna Gustafson, résidente de Delray Beach en Floride, part en voyage en Australie avec son mari. 

Au bout de deux jours, la peau de la septuagénaire prend la teinte jaunâtre caractéristique de l’ictère. 

Les urgentistes australiens posent un diagnostic sans appel : cancer du pancréas. 

Neuf jours plus tard, après un retour d’urgence aux États-Unis, elle est opérée d’une tumeur de stade 2.

La veille du début de sa chimiothérapie, ses médecins lui parlent d’un essai clinique expérimental lancé au Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York : un vaccin à ARN messager personnalisé, conçu spécifiquement à partir du matériel génétique extrait de sa propre tumeur.

 Nous sommes alors quelques mois avant que la technologie de l’ARNm ne devienne célèbre mondialement grâce aux vaccins anti-Covid.

 Donna Gustafson accepte. 

Elle sera la première patiente à recevoir une telle injection pour un cancer du pancréas.

Six ans plus tard, elle est toujours en vie.

 L’été dernier, elle fêtait ses cinquante ans de mariage en gravissant l’Etna en Italie.

 

Un essai minuscule, des résultats spectaculaires

L’étude de phase 1 dirigée par le Dr Vinod Balachandran, directeur du Olayan Center for Cancer Vaccines au Memorial Sloan Kettering, n’a porté que sur seize patients. 

C’est peu. 

Mais les résultats, mis à jour cette semaine lors du congrès de l’AACR, forcent tout de même l’attention : huit des seize patients ont développé une réponse immunitaire contre leur propre cancer après les neuf doses de vaccin. 

Six ans après, sept de ces huit répondeurs sont toujours vivants.

 Deux d’entre eux, dont un décédé, ont connu une récidive. 

Chez Donna Gustafson, la maladie n’est pas revenue.

 

Côté non-répondeurs, seuls deux des huit patients sont encore en vie à ce jour.

« L’enseignement le plus important de cet essai, c’est que les patients qui développent une réponse au vaccin vivent plus longtemps que les autres », résume le Dr William Freed-Pastor, médecin-chercheur au Dana-Farber Cancer Institute, qui n’a pas participé à l’étude. 

Il tempère toutefois : l’échantillon est très réduit, il faut rester prudent. 

Les laboratoires Genentech et BioNTech — ce dernier étant le fleuron allemand de la technologie ARNm — ont déjà lancé un essai de phase 2 à plus grande échelle.

La mécanique biologique décrite par l’équipe du Dr Balachandran est la suivante : le vaccin pousse l’organisme à produire deux types de lymphocytes T complémentaires. 

Les « killer T cells » attaquent directement les cellules tumorales ; les « helper T cells » soutiennent dans la durée les premières, assurant une réponse immunitaire durable. 

C’est cette combinaison qui semblerait expliquer la pérennité de la protection observée.

 

Daraxonrasib : une espérance de vie doublée

L’autre bonne nouvelle vient de la société californienne Revolution Medicines. 

Leur molécule, baptisée daraxonrasib, cible une famille de protéines connue des chercheurs sous le nom de RAS — des protéines qui, lorsqu’elles mutent, déclenchent ou entretiennent la prolifération cancéreuse. 

Dans le cancer du pancréas, les mutations de la sous-famille KRAS sont présentes dans environ 90 % des tumeurs. 

Autant dire qu’il s’agit d’une cible de choix.

Les résultats d’un essai de phase 3 tout juste publiés sont renversants. 

Chez des patients atteints de cancer du pancréas avancé — c’est-à-dire très majoritairement non opérables — et dont la maladie avait déjà progressé malgré une chimiothérapie, les sujets ayant reçu le daraxonrasib ont vécu en moyenne 13,2 mois, contre 6,7 mois pour ceux restant sous chimiothérapie seule. 

Soit, pour parler simple, une espérance de vie doublée.

« Ce sont les données d’essai clinique les plus importantes jamais obtenues dans le cancer du pancréas », a commenté le Dr Manuel Hidalgo, directeur du département gastro-intestinal oncologique de la NYU Grossman School of Medicine. 

Le Dr Wungki Park, oncologue au Memorial Sloan Kettering et investigateur dans l’essai, parle quant à lui, dans les colonnes de Bloomberg, des « frissons » ressentis en consultant les dossiers de ses propres patients.

 

Revolution Medicines a indiqué qu’elle accélérait la procédure d’homologation auprès de la Food and Drug Administration américaine, qui pourrait bénéficier d’un nouveau dispositif de « voucher » permettant des examens en un à deux mois seulement. 

L’entreprise mène d’ores et déjà des essais pour évaluer l’efficacité du produit chez des patients nouvellement diagnostiqués — stade auquel les chances de succès sont, en règle générale, nettement plus élevées.

 

Les effets secondaires, néanmoins, existent : éruptions cutanées, troubles gastro-intestinaux, saignements faciaux pour certains. 

L’ancien sénateur républicain du Nebraska Ben Sasse, diagnostiqué à l’automne dernier d’un cancer du pancréas qui s’était déjà mué en cinq foyers tumoraux distincts, participe à l’essai et rapporte une certaine efficacité du traitement — au prix desdits effets indésirables.

 

Une troisième piste, et une évidence inquiétante

À ces deux avancées s’en ajoute une troisième, encore embryonnaire : une autre équipe américaine travaille sur un vaccin « prêt à l’emploi » — non personnalisé —, ciblant directement la protéine KRAS.

 Dans un petit essai préliminaire, environ 85 % des participants ont développé une réponse immunitaire contre cette cible. 

Une approche potentiellement complémentaire du vaccin personnalisé du Dr Balachandran.

Ce qui frappe, quand on lit les publications scientifiques de ces dernières semaines, c’est la géographie des percées : Memorial Sloan Kettering à New York, Dana-Farber à Boston, NYU Grossman, Revolution Medicines en Californie, Genentech (filiale du suisse Roche) aux États-Unis, BioNTech en Allemagne.

 

 Pas un laboratoire français n’apparaît au premier plan de cette révolution thérapeutique en cours.

On peut toujours se féliciter d’être européens lorsque BioNTech, fierté allemande, déploie sa technologie ARNm.

 On peut aussi s’interroger sur ce que sont devenues les grandes ambitions biotech françaises des années 2000-2010. 

L’Institut Gustave-Roussy, le Centre Léon-Bérard, l’Institut Curie comptent parmi les meilleurs centres européens de lutte contre le cancer. 

Pourtant, aucune grande molécule issue d’une biotech française ne figure actuellement dans le paysage oncologique mondial au niveau de daraxonrasib. 

 

Quant aux vaccins ARNm thérapeutiques personnalisés, la France a largement raté le virage initial de la technologie — Sanofi s’était alliée tardivement à Translate Bio, rachat finalisé en 2021, pour tenter de rattraper son retard.

 Les fruits concrets de cette stratégie se font toujours attendre.

 

Un nouvel horizon — mais l’essentiel reste à faire

Les deux annonces scientifiques qui marquent cette semaine ne doivent pas faire oublier l’essentiel. 

Le cancer du pancréas reste, à l’heure actuelle, un diagnostic souvent synonyme de condamnation à court terme pour les patients. 

Aucun dépistage de routine n’existe encore pour détecter la maladie avant qu’elle ne soit avancée — alors même que c’est précisément lors de la phase précoce que les nouveaux traitements semblent les plus efficaces.

 Le développement de marqueurs de dépistage accessibles serait, à lui seul, une avancée aussi importante que celles dont il est question aujourd’hui.

 

Pour les patients français et leurs familles, qui constituent environ 16 000 nouveaux cas chaque année selon l’Institut national du cancer, ces nouvelles venues d’outre-Atlantique représentent une forme d’espoir tangible. 

Encore faudra-t-il que les agences sanitaires françaises et européennes soient à la hauteur lorsque le moment viendra d’homologuer, de rembourser et de rendre accessible à tous ce que des laboratoires étrangers auront mis au point pendant que nous regardions ailleurs.

 

Donna Gustafson, elle, continue de voyager avec son mari. 

Dans six ans, nous l’espérons tous, elle fêtera son anniversaire et ses cinquante-six ans de mariage. 

Elle aura donné, par son courage personnel et sa simple survie, une leçon d’humanité à toute l’oncologie mondiale.

 

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

FRANCE PROFONDE ET INVASION MIGRATOIRE ET CONSEIL CORANIQUE !

 TRIBUNES LIBRES !

Je n’accepte pas que mes impôts servent des « mineurs » formatés à tuer par l’islam

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On constate de plus en plus « d’insécurité » due à « des mineurs » étrangers ou même français, (insultes, vols divers, viols, attaques au couteau, au tournevis, avec « feux d’artifice », avec armes à feu (surtout trafic de drogue), meurtres, etc.).

Pourquoi donc les jeunes mineurs étrangers « non accompagnés » qui parviennent jusqu’en France ne sont pas d’abord remis aussitôt à un consulat proche ou à l’ambassade de leur pays ?

 

Ceci au lieu de les mettre à charge des départements français ? (services d’« Aide sociale à l’enfance », etc.).

Soit à la remise à charge complète, équivalente aux responsabilités complètes parentales françaises : nourriture, hébergement, vêtements, éducation, respect des lois françaises… et surtout responsabilités civiles et pénales des actes des enfants jusqu’à la majorité de ceux-ci.

Les dirigeants de ces consulats et ambassades devraient être dits « tuteurs » officiels, ou remplaçants officiels « des parents » et devraient assumer la coresponsabilité des actes répréhensibles commis par les jeunes mineurs de leurs pays, confiés à leurs soins – et éventuellement être « mis en examen », etc.).

 

Ceci concerne surtout des « jeunes » migrants « non accompagnés » qui, depuis leur naissance, ont eu le développement de leur cerveau conditionné par l’éducation musulmane. Éducation par le Coran dont nombre de versets incitent à la violence et surtout à tuer les non croyants à l’islam : juifs, chrétiens, athées, « mécréants » divers, etc.

 

Par exemple, lire quelques versets du Coran : S2, v191-193 ; S4, v74, v89-91, v101 ; S5, v33 ; S8, v5-8, v12-20, v38-39, v55-58, v64-67 ; S9, v3-5, v29, v111, v123 ; S47, v4 ; etc. et constater les verbes à l’impératif qui sont des incitations à la haine, à la violence et surtout des ordres de meurtre.

Soit, plus précisément :

  • dans S2, v191 : « Tuez-les partout où vous les trouvez … », et « … n’hésitez pas à les tuer. Ce sera la juste récompense des infidèles. »,
  • ou dans S4, v89 : «  … Mais s’ils optent carrément pour l’apostasie, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez ! … »,
  • ou dans S5, v33 : « La seule récompense de ceux qui font la guerre à Dieu et à Son Prophète, et qui provoquent le désordre sur la Terre, est qu’ils soient mis à mort crucifiés ou amputés d’une main et d’un pied par ordre croisé… »,
  • ou dans S8, v7 : «  … et anéantir les infidèles jusqu’au dernier. »,
  • ou dans S8, v12 : «  … des infidèles. Frappez-les à la nuque ! Frappez-les sur les doigts ! »,
  • ou dans S8, v39 : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que tout culte soit rendu uniquement à Dieu. »,
  • ou dans S9, v5 : « … tuez les polythéistes partout où vous les trouverez ! Capturez-les ! Assiégez-les ! Dressez-leur des embuscades ! »,
  • ou dans S9, v123 : « Ô vous qui croyez ! Combattez ceux des infidèles qui vivent dans votre voisinage ! … »,
  • etc.

Avec confirmation de non-responsabilité des musulmans de ces actes de tuer : « Ce n’est pas vous qui les avez tués ! C’est Dieu qui les a tués ! » (S8, v17).

(source/réf. : Le Coran – Éditions Tawhid – Lyon – 2006)

 

À titre d’interrogation sur ce sujet, pourquoi nos gouvernants, (élus ou non, nos hauts fonctionnaires…), et les fonctionnaires de nos administration ne « sélectionnent-ils » pas les migrants de tous âges qui veulent franchir nos frontières pour s’installer en France ? 

Sur ce point précis, revoir une interrogation de 2016, restée sans suite : https://ripostelaique.com/pourquoi-migrants-et-pas-envahisseurs-musulmans/

Et, en complément d’interrogation, même en France, comment et pourquoi est-il permis d’éduquer des enfants à tuer autrui ?? revoir cette interrogation de 2023 restée sans réponse : 

 https://ripostelaique.com/pourquoi-est-il-permis-en-france-deduquer-des-enfants-a-tuer-autrui/

Il est permis de s’interroger sur les motivations exactes de nos gouvernants, élus et hauts fonctionnaires, de tous     « bords politiques » dits « du Centre », « de Droite », « de Gauche », en accolant aussi souvent « extrême-xxx ». Mais manifestement quasiment tous sont d’accord pour « faire travailler » (voir les agrégats du PIB) et faire payer par les citoyens français cette conquête islamique. Relire une note de 2016 : https://ripostelaique.com/aides-sociales-les-francais-financent-ceux-qui-les-assassinent/

Pour ma part, né et résidant maintenant dans un département de Bretagne, retraité après, je n’accepte pas que mes impôts et les taxes diverses et variées soient utilisés à aider à la conquête islamique de mon pays et donc surtout à aider des « jeunes migrants non accompagnés » qui ont ordre de leur « religion » de me tuer.

Tout simplement parce qu’après ma mise en retraite (45 annuités de cotisations), j’ai lu, (pour simplifier) :

– le Coran

– le cours d’Histoire de Bill Warner, de 2017 : « Bill Warner : 270 millions de morts causés par l’islam durant les derniers 1400 ans » : https://youtu.be/hOMaaNenNTE   (44 mn 42 ).

– « L’islam est faux ! » (2019) : https://www.youtube.com/watch?v=q4Fq34LS7PA, (32 mn 25)

Et bien sûr à chacun de bien étudier cette question, à partir des informations et sources ci-dessus présentées, et ensuite, ensuite seulement, de se positionner, commenter.

(Car ce sont nos enfants, petits-enfants, amis, voisins, Bretons, Français, qui subiront).

Par Georges COLLÉTER

(83 ans, retraité de l’agriculture et de l’industrie lourde)

 


 

 

ET AUSSI

 

Le monde vacille, et personne ne regarde

Il y a quelque chose de profondément étrange dans l’air, et ce n’est pas une impression passagère, ni une paranoïa de fin de journée. 

C’est plus diffus, plus silencieux, presque invisible si on ne prend pas le temps de regarder vraiment. 

Tout continue, tout fonctionne, tout roule. Les bus passent à l’heure, les gens font leurs courses, les discussions tournent autour du prix du café, des vacances, du prochain week-end. Rien ne semble sortir de l’ordinaire.

 Et pourtant, en arrière-plan, le monde grince.

Pas un petit grincement anodin, non. Un craquement. Lent, profond, inquiétant.

Ce matin encore, dans un bus, personne ne parlait de ce qui se passe ailleurs.

 Un type regardait son téléphone en faisant défiler des vidéos sans le son.

 Une femme comptait ses pièces avant de valider son ticket. Deux gamins se chamaillaient pour une place près de la fenêtre.

 Rien. Pas un mot. Pas un regard. Comme si tout était parfaitement à sa place.

 

Et pendant ce temps-là, ailleurs, ça se tend.

Pendant que des navires se font attaquer dans le détroit d’Ormuz, pendant que des puissances avancent leurs pions comme sur un échiquier dont les règles changent à chaque coup, ici, on regarde le ticket de caisse. 

On soupire sur quelques centimes de plus à la pompe. On râle, bien sûr. Mais sans jamais faire le lien. Sans jamais lever les yeux.

Le contraste est là, brutal, presque obscène.

D’un côté, des tensions capables de bloquer une partie du commerce mondial, de faire flamber les prix, de déséquilibrer des économies entières. 

De l’autre, une normalité intacte, presque têtue, comme si le simple fait de continuer suffisait à conjurer le reste. Comme si la routine était devenue une stratégie de survie.

Dans un supermarché, une caissière passe les articles à toute vitesse. 

Bip. Bip. Bip. Le client regarde le total s’afficher, hésite une seconde, repose un produit. Pas grand-chose, juste un truc en trop.

 Derrière lui, la file s’allonge. Personne ne dit rien. 

Tout le monde regarde ailleurs.

Quelques centimes, quelques euros. 

Et pourtant, derrière ces petits gestes, il y a des chaînes entières qui tremblent.

Mais ça, personne ne le voit.

Ou plutôt, personne ne veut le voir.

Parce qu’il faut bien continuer. Il faut bien se lever, travailler, payer, avancer. Personne ne peut vivre en permanence avec l’idée que tout peut basculer.

 Alors on compartimente. On réduit. On simplifie. 

On transforme les signaux faibles en bruit de fond. On entend parler de tensions, de menaces, de conflits… mais ça reste loin, abstrait, presque irréel.

Jusqu’au moment où ça ne l’est plus.

Mais ce moment-là, personne ne veut le regarder en face.

Il y a une forme de déni collectif qui ne dit pas son nom. 

Pas un déni hystérique, pas une négation brutale. Non. Un déni doux. Un glissement. Une manière de détourner les yeux sans même s’en rendre compte.

 Comme quand on sent qu’une conversation va devenir dérangeante et qu’on change de sujet, presque naturellement.

Sauf que là, ce n’est pas une conversation.

C’est le réel.

Et ce réel-là s’accumule. Il ne disparaît pas parce qu’on ne le regarde pas. 

Il ne s’efface pas parce qu’on préfère parler d’autre chose. Il continue, en silence, à se construire, à se tendre, à se rapprocher.

Le soir, les écrans s’allument.

 Les infos passent. Une image, un bandeau, quelques mots. Puis autre chose. Un fait divers. Un débat inutile. 

Une séquence légère pour finir. Tout est digéré, recraché, oublié dans la même minute.

Et nous, on reste là, au milieu, à vivre comme si de rien n’était.

Ce n’est pas de la bêtise. Ce n’est même pas de la lâcheté. C’est autre chose. Une fatigue, peut-être. Une lassitude profonde. 

À force d’entendre que tout va mal, que tout est fragile, que tout peut s’effondrer, on finit par ne plus réagir. 

On absorbe. On encaisse. On banalise.

On s’habitue.

Et c’est là que ça devient dangereux.

Parce qu’on ne s’habitue pas à une tempête. On s’y expose.

On pourrait croire que cette distance nous protège. Qu’en continuant à vivre normalement, on garde une forme de contrôle. Mais c’est une illusion. 

Une illusion confortable, certes, mais une illusion quand même. Le monde n’attend pas qu’on soit prêts.

 Les événements ne demandent pas l’autorisation. Ils arrivent, c’est tout.

Et quand ils arrivent, ils ne préviennent pas.

Ce qui est frappant, ce n’est pas seulement ce qui se passe. C’est la manière dont on le regarde. 

Ou plutôt dont on ne le regarde pas. Tout est fragmenté. Découpé. Dilué. 

Une information en chasse une autre. Une alerte remplace la précédente. Rien ne reste assez longtemps pour créer une prise de conscience.

Tout glisse.

Et dans ce flux permanent, le grave devient banal. L’exception devient presque normale. On parle de tensions internationales comme on parlerait de météo instable. 

Un peu de vent ici, quelques nuages là-bas. Rien de quoi s’arrêter de vivre.

Sauf que ce n’est pas de la météo.

C’est du réel brut.

Il y a quelque chose de presque vertigineux dans cette situation. Une sorte de décalage permanent entre ce qui se joue et ce qui est perçu. 

Comme si deux mondes coexistaient sans vraiment se toucher. Un monde où les décisions se prennent, où les équilibres se déplacent, où les tensions montent. 

Et un autre, plus proche, plus concret, où l’on continue à remplir un caddie, à regarder une série, à planifier un week-end.

Et entre les deux, un fossé.

Un fossé qui s’élargit.

Ce n’est pas une critique morale. Ce n’est pas un reproche. C’est un constat. Presque clinique. On vit dans une époque où l’information est partout, mais où la compréhension se dilue. Où l’on sait tout, mais où rien ne semble vraiment nous atteindre.

Jusqu’au jour où ça touche.

Et ce jour-là, tout paraît soudain évident. Tout ce qu’on n’a pas voulu voir, tout ce qu’on a laissé passer, tout ce qu’on a relégué au second plan revient d’un coup, brutalement, sans filtre.

Mais ce jour-là, il est trop tard pour découvrir.

Alors on continue.

On avance.

On remplit les journées.

On s’accroche à ce qui est concret, immédiat, maîtrisable. Parce que c’est plus simple. Parce que c’est humain. Parce que personne n’a envie de vivre avec une épée au-dessus de la tête.

Mais il ne faut pas se mentir.

L’épée est là.

Elle ne tombe pas tous les jours. Elle ne fait pas de bruit. Elle ne s’impose pas. Elle attend. Elle oscille. Et pendant ce temps-là, tout semble normal.

C’est peut-être ça, le plus troublant.

Pas le chaos.

Le calme avant.

Ce moment suspendu où tout tient encore, où tout fonctionne encore, où tout donne l’illusion que rien ne va vraiment changer. Alors que, quelque part, les lignes bougent déjà.

Et nous, on regarde ailleurs.

Pas par ignorance.

Par habitude.

Et le jour où tout le monde relèvera la tête en même temps, ce ne sera pas pour comprendre.

Ce sera pour encaisser.

Par Viguès Jérôme

 

Source et Publications :  https://ripostelaique.com/