lundi 6 juillet 2026

NARBONNE : 4500 PERSONNES POUR LOUIS ! LA PRESSE PRÉFÈRE PARLER DE RÉCUPÉRATION !

 

Narbonne : 4 500 personnes pour Louis, et une presse qui préfère parler de « récupération »

Ils étaient environ 4 500, ce dimanche 5 juillet à Narbonne, vêtus de blanc, drapeaux tricolores au vent, à remonter en silence de l’hôtel de ville jusqu’à ce chantier où Louis, 17 ans, a été abandonné inconscient par ses agresseurs.

 Le jeune homme, passé à tabac le soir du 19 juin lors d’un guet-apens filmé par ses tortionnaires, a succombé quatre jours plus tard à ses blessures. 

Cinq individus âgés de 16 à 19 ans, dont trois mineurs, ont été mis en examen pour tentative d’assassinat et placés en détention provisoire.

 

Le chagrin d’une mère, la colère d’un pays

Devant la foule rassemblée sur les lieux du drame, la mère de Louis, qui n’a jamais souhaité livrer son nom, a pris la parole. 

Les organisateurs venaient de diffuser une chanson que l’adolescent, passionné de guitare, aurait écrite pour elle. 

Dans le cortège, on ravalait ses larmes.

 

Puis, aux sanglots a succédé une colère froide, méthodique. 

La mère a réclamé la fin de ce qu’elle nomme « l’excuse de minorité », rappelant que son fils aussi avait « une vie à construire ».

 Elle a exigé des peines lourdes, « incompressibles », et promis de se battre pour « redonner tout son sens au mot perpétuité ». 

Sous les applaudissements, une partie de la foule est allée plus loin encore, réclamant à plusieurs reprises le rétablissement de la peine capitale — au point qu’une femme, dans le cortège, dut rappeler que « ce n’était pas le moment ».

 

On peut discuter de ces revendications, de leur portée, de leurs limites juridiques. 

On ne peut pas discuter la douleur qui les porte, ni le sentiment, largement partagé, d’une justice devenue impuissante ou complaisante face à une violence gratuite et croissante.


 

Trois marches, trois tonalités

Il faut rendre justice à la vérité des faits : l’hommage à Louis n’a pas été unique ni monolithique. 

 Le week-end précédent, une première marche avait été organisée par des identitaires

La famille avait alors choisi de ne pas s’y associer, précisément pour éviter, selon ses mots, « toute récupération politique ».

 Le père de Louis a conduit de son côté un rassemblement plus sobre, à l’écart des drapeaux partisans. 

Et dimanche, la marche de la famille maternelle a rassemblé la foule la plus nombreuse, dans une ambiance ouvertement politique, avant que les proches ne s’éclipsent — laissant place à un bain de foule autour d’Éric Zemmour et de Marion Maréchal, présents dans le cortège.

Ce respect du choix des proches, qui ont voulu tenir leur deuil à distance des étiquettes, n’appelle aucune réserve. 

Il mérite au contraire d’être salué. 

Mais il ne saurait servir d’alibi à ce qui a suivi dans une large partie du traitement médiatique.

 

L’ignominie d’un mot

Car voilà le procédé, désormais rodé : dès qu’une foule se lève pour pleurer une victime et réclamer justice, une partie de la presse et de la classe politique dégaine le même mot, « récupération », comme on abaisse une herse.

 Le message implicite est glaçant : ce chagrin serait suspect, cette colère illégitime, ces milliers de gens manipulés. 

Comme si le deuil populaire ne pouvait être sincère qu’à condition de rester muet, désarmé, sans revendication.

Ce reproche perpétuel de « récupération » n’est pas neutre. 

Il vise à disqualifier avant même d’écouter. 

Il transforme la question de fond — celle de la réponse pénale, de la récidive, de l’impunité ressentie — en simple affaire de posture partisane, qu’on peut donc balayer. 

Et il aboutit, in fine, à une forme d’effacement : que Louis meure, que sa famille souffre, mais que tout cela ne « serve » surtout à rien, ne débouche sur aucune leçon, aucune remise en cause, aucun débat. 

Que la victime retourne à l’anonymat d’où elle n’aurait jamais dû sortir.

 

On mesure là un deux poids deux mesures qui n’échappe plus à grand monde. Selon le profil des victimes ou des auteurs présumés, un fait divers deviendra « cause nationale » ou sombrera dans un silence pudique. 

 

Certaines morts ouvrent les éditions spéciales ; d’autres, gênantes, appellent surtout des précautions de langage et des mises en garde contre « l’instrumentalisation ».

 

Ne pas laisser mourir Louis une seconde fois

Le procureur de Narbonne a tenu à préciser que le crime n’avait « aucun lien avec un motif d’ordre racial ». 

Dont acte : rien ne justifie de plaquer sur ce drame une lecture qu’il ne porte pas. 

Mais l’inverse est tout aussi vrai : rien ne justifie de sommer un peuple endeuillé de se taire au nom de la crainte qu’il ne pense « mal ».

 

Une société qui interdit à ses morts de servir de leçon est une société qui a renoncé à se protéger. 

Les 4 500 personnes de Narbonne ne réclamaient rien d’autre, au fond, que d’être entendues : que la vie de Louis ait compté, et que sa mort ne soit pas vaine. 

 

C’est peut-être cela, la véritable dignité — non pas le silence qu’on exige d’elles, mais le refus obstiné de l’oubli.

Par YV

 

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

 

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Pour ne pas les oublier  !


ET AUSSI

Les marches blanches silencieuses, c’est terminé, l’heure des comptes a sonné !

C’était la dernière marche pour Louis. 

Certains ont marché à Carcassonne, d’autres à Narbonne, mais tous étaient animés par la même détermination, comme on le voit sur cette vidéo de nos amis de la Ligue du Midi : les marches blanches silencieuses, c’est terminé !

 

Le régime et ses préfets ont longtemps réussi à endormir les familles de victimes, en leur faisant le coup du refus de la récupération politique et de la dignité. 

Résultat, plutôt que d’exprimer leur colère avec les mots qui conviennent, nous avions le droit à des marches blanches silencieuses, avec des banderoles qui certes rappelaient qu’un jeune homme ou une jeune femme avaient été assassinés, que les manifestants l’aimaient, que c’était bien injuste, mais cela n’allait pas plus loin. Pas question de crier sa colère et de désigner les coupables.

 

Le régime pouvait compter sur les médias pour lyncher ceux qui, souvent pas très nombreux, osaient s’indigner sur les réseaux sociaux ou dans la rue. 

Il allait même jusqu’à organiser des perquisitions chez ceux qui, comme les Natifs, osaient sortir une banderole. 

Il pouvait compter sur les gauchistes qui, fort du faible nombre de manifestants, pouvaient même se permettre de perturber les hommages, et même les minutes de silence, comme à Vienne pour la mort de Philippine.

Et puis, dans le même esprit que celui de notre ami Patrick Jardin, des mères ont commencé à parler. 

La mère de Lola s’est fortement exprimée, avec son fils, lors du procès de l’assassin algérienne qui n’avait rien à faire en France.

 La mère d’Élias a accusé les autorités d’être responsables de la mort de son fils.

Les parents de Philippine, deux ans après son assassinat, pointent du doigt la responsabilité énorme de l’État.

La mort de Lyhanna a montré la faillite totale du régime à protéger nos enfants, non seulement contre les racailles souvent musulmanes mais aussi contre les pédophiles.

 La justice a été montrée du doigt, et ses juges accusés.

Et puis la mère de Louis a franchi une étape.

 Elle a demandé que les vidéos montrant le massacre de son fils soient publiques, alors que d’habitude, avec la complicité du pouvoir, on les cache aux Français. 

Elle a crié sa colère contre les assassins, et refusé l’excuse de la minorité.

 Elle ne s’est pas laissé manipuler par le paillasson de ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, complice de l’invasion migratoire qui envoie les nôtres à la mort, qui voulait noyer le poisson en demandant un entretien particulier.

 Elle l’a invité à venir manifester, ce que ce couard a refusé. 

Elle demande une peine incompressible de 30 ans pour les cinq assassins. Elle veut que la peur change de camp.

En toute logique, des personnalités politiques de premier plan sont venues apporter leur soutien à la famille : Éric Zemmour, Marion Maréchal, Louis Aliot et les députés RN locaux, et surtout de jeunes militants patriotes, venus crier leur colère contre les assassins qui nous gouvernent et les jugent pourris qui, par leurs verdicts, envoient nos enfants à la mort.

 Par contre, l’extrême centre et surtout la gauche étaient absents, Louis n’étant pas musulman.

En tous cas, après l’assassinat de Quentin, la mort de Lyhanna et celle de Louis, les marches blanches, c’est terminé. 

Place aux manifestations de combat, l’heure des comptes avec ceux qui envoient nos enfants à la mort a sonné !

 

https://www.youtube.com/watch?v=ZdR6eWDWDmY

Source et Publication :  https://ripostelaique.com/les-marches-blanches-
Macron et son Gouvernement  !


L' INVENTION D' UNE SCIENCE DU TERRORISME ! DISSÉQUER PLUTÔT QUE JUGER .....


Disséquer plutôt que juger : Martha Crenshaw et l’invention d’une science du terrorisme

6 juillet 2026

 

Disséquer plutôt que juger : Martha Crenshaw et l’invention d’une science du terrorisme

par

 

Publiée en 1978 par la Hoover Institution, jamais traduite, la thèse de Martha Crenshaw sur le terrorisme du FLN reparaît enfin en français (VA Éditions, 2026), augmentée d’une postface inédite de l’auteure.

Contre la doxa qui faisait du terrorisme une pathologie irrationnelle, Crenshaw le pense comme un choix stratégique — l’arme des faibles — et lit l’attentat comme un acte de communication adressé à des publics multiples.

Une « butte-témoin » des terrorism studies, toujours féconde : le terrorisme n’a « aucune efficacité intrinsèque » et appelle d’abord des réponses politiques, non strictement militaires.

Martha Crenshaw, Le terrorisme révolutionnaire. Le FLN en Algérie, 1954-1962. Présentation et compléments de Marie-Danielle Demélas et Daniel Dory, traduction de Marie-Danielle Demélas, VA Éditions, 2026, 274 pages.

 

Il aura fallu près d’un demi-siècle pour qu’un livre pionnier trouve enfin ses lecteurs français. 

Publiée en 1978 par la Hoover Institution sous le titre Revolutionary Terrorism: The FLN in Algeria, 1954-1962, la thèse de Martha Crenshaw n’avait jamais été traduite. 

VA Éditions comble aujourd’hui cette lacune, en accompagnant le texte d’une préface substantielle de Marie-Danielle Demélas et Daniel Dory, d’un appareil bibliographique actualisé et d’une postface inédite de l’auteure elle-même, écrite pour l’occasion.

 Ce triple dispositif fait de l’ouvrage bien davantage qu’une exhumation : un document sur la naissance d’une discipline, et un instrument toujours vivant pour penser le terrorisme.

 

Une pionnière méconnue des terrorism studies

 

Martha Crenshaw n’était encore qu’une doctorante de l’Université de Virginie lorsqu’elle entreprit, à la charnière des années 1960 et 1970, d’étudier la pratique terroriste du Front de libération nationale (FLN). Boursière en France entre 1970 et 1972, lectrice à l’Université de Poitiers où elle rédigea la première version de son travail, elle dépouilla la presse, les premiers témoignages et toute la production anglo-saxonne disponible. 

 

Elle put surtout rencontrer trois témoins de premier plan : Roger Trinquier, qu’elle jugea « terrifiant », un homme impitoyable qui enviait au FLN sa liberté à l’égard de l’État de droit ; Germaine Tillion, « intelligente et compatissante » ; et Raymond Aron, « plus réaliste » qu’elle ne l’attendait, nullement surpris que les forces françaises eussent recouru à la torture, qu’il tenait pour une composante prévisible d’un tel conflit.

À lire aussi : Roger Trinquier : une source importante pour l’étude du terrorisme et de l’antiterrorisme

De cette enquête est née une œuvre qui allait faire de son auteur, dans les décennies suivantes, l’une des fondatrices puis l’un des piliers des terrorism studies

 

Mais, comme le rappelle sa postface d’une franchise désarmante, le livre fut d’abord un échec éditorial. `

Cinq années de refus successifs — MIT, Chicago, Cambridge, une douzaine d’autres presses universitaires et commerciales — avant que Hoover ne l’accepte enfin.

 Les objections récurrentes des évaluateurs disent tout de l’époque : les problèmes de définition, la faiblesse du concept de « terreur », et surtout l’idée, jugée « erronée », que le terrorisme pût être « rationnel ». 

Un lecteur de Pittsburgh lui conseillait de renoncer à parler des intentions des terroristes. 

On mesure le chemin parcouru : ce que l’on reprochait alors à Crenshaw est devenu depuis le socle admis de la discipline.

 

Le terrorisme comme choix rationnel

Là réside l’apport théorique majeur du livre, et sa modernité intacte. 

Contre une doxa qui faisait du terrorisme une pathologie, une explosion irrationnelle ou l’acte d’individus anormaux, Crenshaw pose une thèse alors iconoclaste.

Le terrorisme est une politique qui entraîne des coûts et des avantages prévisibles.

Le recours du FLN à la violence extrême « a été le résultat de décisions délibérées de la part de l’élite révolutionnaire, et non, dans la plupart des cas, une explosion pathologique ou irrationnelle ». 

 Le choix décisif n’oppose pas la violence à la non-violence, mais sélectionne, raisonnablement, entre plusieurs sortes de violence.

L’argument est proprement stratégique.

 Le terrorisme est l’arme des faibles parce qu’il est économe : il est plus facile de commanditer un attentat que de former une guérilla, d’entraîner des soldats, d’obtenir des armes de guerre. 

Nul besoin de nourrir, loger, équiper une troupe ; une poignée d’hommes suffit à semer la terreur dans une grande cité, un couteau suffit, et l’action est le plus souvent bénévole. 

Une organisation qui choisit cette tactique n’a besoin que « de secret et d’organisation ». 

Mais Crenshaw ne se laisse pas prendre à la rhétorique du David contre Goliath : elle cite Saadi Yacef, « c’est le seul moyen de nous exprimer », tout en rappelant que la faiblesse militaire n’implique pas l’impuissance politique, et que l’argument relève de la propagande autant que de la réalité.

À lire aussi : La stratégie du terrorisme : le cas du FLN, selon Martha Crenshaw

 

Une grammaire des publics et des messages

Le cœur analytique de l’ouvrage, celui qui a le mieux résisté au temps, est l’interprétation de l’attentat comme un acte de communication. 

Crenshaw fut l’une des premières à lire la violence terroriste comme un message adressé à des audiences multiples, à des fins diverses. 

Prolongeant la typologie de Thomas Thornton, elle distingue les publics directs — le « groupe d’identification » des victimes, qui se sait personnellement menacé — et les publics indirects, spectateurs qui peuvent éprouver curiosité, sympathie, voire admiration. 

Égorger publiquement un garde champêtre musulman, c’est signifier à tous les gardes champêtres : « Tu es le suivant sur la liste. » 

Placer une bombe dans un dancing algérois, c’est faire en sorte que les obsèques transforment le deuil en fureur et poussent la minorité européenne au lynchage, donc à une répression jugée disproportionnée.

Cette attention aux effets recherchés fonde une véritable grammaire des cibles.

 

Crenshaw suit finement l’évolution du choix des victimes tout au long de la guerre : les musulmans, principal public direct et, en chiffres absolus, les plus nombreuses victimes ; les Européens d’Algérie, visés plus tardivement ; les forces de l’ordre, provoquées pour les entraîner dans la surenchère ; le public métropolitain, brièvement ciblé à l’automne 1958 lorsque le FLN décida de « porter la guerre en France » (attentats spectaculaires, bombe à la tour Eiffel, raffinerie incendiée près de Marseille) avant de renoncer, comprenant qu’il risquait de s’aliéner l’opinion française dont il avait besoin.

 Le terrorisme, montre-t-elle, sert aussi à des fins internes : maintenir la cohésion, la discipline, arbitrer les rivalités entre factions par des « exécutions de traîtres ».

 C’est une autre histoire de la guerre d’Algérie qui se dessine, une histoire militaire ayant pour fil directeur une arme singulière.

 

Ce que le cas du FLN apporte de neuf

L’intérêt de la réédition tient à ce que la postface de 2026 permet de mesurer, avec le recul, la fécondité de ce premier livre. Trois intuitions y sont en germe, que Crenshaw développera ensuite.

 

D’abord, la démonstration que les acteurs terroristes ne sont ni fous ni pervers, mais des agents rationnels opérant des choix, bons ou mauvais, selon l’information dont ils disposent. 

Ensuite, l’analyse des relations entre l’organisation et son environnement : le « terreau » des sympathisants, la mouvance qui se mobilise, le noyau qui passe à l’acte, matrice de recherches ultérieures sur le « milieu radical ». 

Enfin, la question de la clandestinité, de ses conditions et de ses conséquences, encore largement inexplorée dans sa dimension historique.

La postface apporte aussi une nuance capitale, née de la maturité.

 Vingt ans après, dans Terrorism in Context (1995), Crenshaw a comparé le FLN à l’OAS, comme le lui suggérait un critique.

Le terrorisme n’a aucune efficacité intrinsèque.

 

Les affects qu’il cherche à produire — peur, colère, enthousiasme — ne se transforment pas mécaniquement en résultats politiques maîtrisés. 

Le public visé réagit souvent par la colère plutôt que par la peur, ce qui renforce la détermination de l’adversaire. 

Surtout, la violence échappe à ses commanditaires : elle peut « acquérir une dynamique indépendante en devenant une fin en soi ». 

Si le FLN l’emporta là où tant d’autres échouèrent, ce fut moins par la vertu du terrorisme que par un concours de facteurs — la lassitude de l’opinion française, la torture qui discrédita la réponse antiterroriste, la diplomatie du FLN, la volonté gaullienne d’en finir. 

« Le terrorisme peut être efficace sans parvenir à ses fins, puisqu’il peut produire des résultats décisifs mais qui se révèlent contre-productifs. »

Plus frappant encore, le cas algérien devient chez Crenshaw un révélateur des mutations du terrorisme contemporain.

 

 La chute de la Zone autonome d’Alger en 1957 — les parachutistes remplissant les cases d’un organigramme dessiné au tableau noir — illustre la vulnérabilité des structures centralisées.

 C’est cette leçon que les extrémistes ont ensuite retenue en adoptant la « résistance sans chef », posant au XXIe siècle une question que le modèle du FLN ne pouvait anticiper : peut-on encore parler de terrorisme pour des violences commises par des acteurs faiblement organisés, reliés par des réseaux sociaux sans contact direct ?

 

Les limites, reconnues et discutées

Les éditeurs ne dissimulent pas les faiblesses de l’ouvrage, et Crenshaw les assume avec une honnêteté remarquable. 

L’étude néglige la dimension religieuse du conflit : reproche que lui adressa dès 1978 l’islamologue Jean-Claude Vatin, seul recenseur français de l’époque, et que la guerre civile algérienne des années 1990 rendra prémonitoire. 

 Elle ne mène pas l’analyse quantitative ni géographique qui montrerait que Bône, Constantine ou Oran ne connurent pas les mêmes phases qu’Alger. 

Elle s’appuie trop sur les quatre volumes d’Yves Courrière, dont elle épouse les catégories binaires, réduisant à deux camps opposés, Algériens et Français, des sociétés bien plus enchevêtrées, alors même que cette polarisation était précisément l’effet recherché du terrorisme. 

Enfin, comme le notaient ses critiques, elle s’est longtemps abstenue du raisonnement contrefactuel : le FLN aurait-il obtenu l’indépendance sans le terrorisme ? 

Elle inclinera plus tard à penser que oui, mais peut-être plus lentement, et que la réconciliation entre communautés était de toute façon devenue impossible après les massacres du Constantinois de 1955.

 

Une butte-témoin toujours féconde

Les éditeurs qualifient justement ce livre de « butte-témoin dressée sur un champ de recherche ». 

 Son intérêt est double. 

Historiquement daté sur certains points, il demeure indispensable pour comprendre la genèse intellectuelle des terrorism studies : le faible écho qu’il rencontra à sa parution éclaire le retard durable de la réflexion historique dans ce domaine, longtemps dominé par un « présentisme aveuglant » et par l’injonction morale de choisir son camp.

 Le refus de Crenshaw de juger — « the problem of the morality of violence is outside the scope of this study » — déconcerta ses contemporains et n’a, de son propre aveu, guère fait école dans une historiographie de la guerre d’Algérie aujourd’hui accaparée par les enjeux mémoriels, politiques et judiciaires.

À lire aussi : Les redécouvertes américaine et française du stratège atypique David Galula

C’est peut-être là la leçon la plus précieuse de cette réédition.

 

À l’heure où le terrorisme suscite plus de passions que d’analyses, l’exemple d’une jeune chercheuse qui choisit de disséquer là où d’autres s’indignaient conserve une force d’exemplarité rare. 

Crenshaw a démontré que le terrorisme appelle d’abord des réponses politiques.

La France, en le traitant comme un problème strictement militaire, a affaibli sa propre légitimité et renforcé celle du FLN.

 

 

Cet avertissement, formulé voici cinquante ans, n’a rien perdu de son actualité. 

Traduit avec soin, enrichi d’un appareil critique de premier ordre, ce livre bref et dense mérite amplement la seconde vie que lui offrent enfin ses lecteurs francophones.

 

Source et Publication :     https://www.revueconflits.com/ 




POLITIQUE : IL EST URGENT DE ROMPRE AVEC CE RÉGIME DÉTRAQUÉ ! ( IVAN RIOUFOL )


Il est urgent de rompre avec ce régime détraqué 

 

Remis en liberté, les carnets d’Ivan Rioufol, chaque mois dans le magazine


Il est urgent de rompre avec ce régime détraqué
Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le président Emmanuel Macron arrivent à la réunion de suivi consacrée à la lutte contre le narcotrafic au Palais de l'Elysée. Paris, le 2 juillet 2026. © Christian Liewig -POOL/SIPA

L’esprit barbare n’est pas l’apanage des casseurs et des racailles.

 Les élites « humanistes » participent à la décadence en se flattant d’accélérer « la mort dans la dignité ».


 

Monstrueux est le système qui veut euthanasier les vieux et ne protège plus les enfants. 

Or cette horreur démocratique est là, sous nos yeux.

 La découverte, le 4 juin dans un silo à grains du Gers, du corps de Lyhanna, 11 ans, a révélé l’inhumanité de la machinerie d’État guidée par un régime détraqué. 

La fillette a été violée et tuée par un pédophile, Jérôme Barella, laissé en paix par la justice et la gendarmerie en dépit de plaintes déposées par des familles. 

Ce drame, ajouté à d’autres, dit une indifférence pour les enfants sacrifiés.

 

Effarements

Derrière les effarements médiatiques contre les comportements de Gabriel Matzneff, dont les goûts pour « les moins de 16 ans » (un de ses livres) étaient applaudis naguère par la Rive gauche aujourd’hui courroucée, prospère un monde abject.

A lire aussi: 🎙️ Podcast: Marc Bloch, Emmanuel Macron, LFI, Lyhanna… Où est la vraie résistance aujourd’hui?

 

Les agressions des petits dans le périscolaire public, notamment à Paris (132 animateurs suspendus en juin), commencent à peine à être dévoilées.

 Elles existeraient depuis la réforme des rythmes scolaires, il y a une dizaine d’années. 

Or Emmanuel Grégoire (PS) s’est fait élire à la Mairie en étouffant le sujet.

 Une commission d’enquête parlementaire sur d’éventuels réseaux Epstein en France se heurte également aux refus de Yaël Braun-Pivet, pour l’Assemblée, et de Gérard Larcher, pour le Sénat. 

 

L’écrivain Chahdortt Djavann a présenté les dirigeants iraniens comme « des pédocriminels qui ont baissé l’âge du mariage pour les filles à 9 ans » (Le Figaro, 10 juin). 

Pourtant, l’omerta demeure sur le traitement sexuel des jeunes filles dans la partie la plus fondamentaliste du monde musulman, ici et ailleurs. 

Ainsi de suite…

 

Monde vicié

Rompre avec ce monde vicié est la seule issue pour ne pas se laisser entraîner dans sa chute.

 Le gouvernement ne maîtrise plus rien. 

Pas même les finances publiques proches de la banqueroute.

Les émeutes du 30 mai, au prétexte de la victoire du PSG contre Arsenal à Budapest (Hongrie), ont à nouveau mis en scène la « nouvelle France », sublimée par Jean-Luc Mélenchon, dans ses ressentiments ethniques contre la nation. 

Aux cris de « Free Palestine ! », mot d’ordre agréé par le Qatar propriétaire du club parisien et sponsor du Hamas, des jeunes des cités ont terrorisé Paris (178 policiers et gendarmes blessés), dans une énième répétition d’une guerre civile.

 À Nantes, « ville refuge » pour les exilés et les gangs, les morts par armes à feu s’additionnent (quatre en mai).

A lire du même auteur: 3 500 milliards de dettes, mais l’interdiction du rosé à 18h est sauve!

 

L’esprit barbare n’est pas seulement chez ceux qui, au nom d’un marxisme islamisé, veulent en découdre avec la France. 

Les élites « humanistes » exhibent aussi leur décadence en se flattant d’accélérer « la mort dans la dignité » des improductifs.

 Dominique de Villepin désinforme quand il accuse Jordan Bardella de « mensonge », lui reprochant de faire un lien entre l’immigration et le rituel des razzias.

 L’imprécateur feint d’ignorer que nombre de ces jeunes Français se réclament de leurs origines arabo-musulmanes et de la charia.

 Les magistrats qui protestent de leur mise en cause dans la mort de Lyhanna confirment la déconnexion de leur caste.

 Et quand Emmanuel Macron déclare sur ce crime : « On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur », il réitère son mépris pour ceux qui souffrent.

 

En Grande-Bretagne, le peuple excédé descend violemment dans les rues, à Southampton ou Belfast.

 La France des oubliés s’empêche encore. 

 Tant mieux. 

Mais pour combien de temps ?


Cette chronique est à retrouver dans le numéro de juillet-août du magazine Causeur, en vente mercredi prochain dans les kiosques.

 


 

La révolution des oubliés

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