[POINT DE VUE]
« Arabisation » de la France : Boualem Sansal dit les choses clairement

Boualem Sansal était, ce mardi 23 juin, l’invité de Christine Kelly sur Europe 1.
Ceux qui auraient pu croire que la détention arbitraire qu’il a subie avait amoindri sa pugnacité en seront pour leurs frais.
Au cours de cette interview, qui avait principalement pour but de présenter son nouveau livre La Légende (Grasset), du nom que lui donnaient, paraît-il, ses codétenus.
Numéro d’écrou 46611, incarcéré au bloc 18A, l’ancien haut fonctionnaire algérien, embastillé par le pouvoir, a raconté par le menu les conditions de son incarcération.
Il est surtout revenu sur la situation actuelle de la France qui, pour lui, présente de troublantes similitudes avec celles de l’Algérie.
Sansal évoque d’abord le régime d’Alger, imbu de lui-même, persuadé d’être le phare de l’Afrique, gangrené par la corruption et porté par la certitude d’avoir un destin au sein des BRICS.
Relancé par des chroniqueurs pleins de talent et d’admiration, notamment l’excellent Michel Fayad, il explique, d’une manière très philosophique, ce que recouvre la notion de dignité, à laquelle il est très attaché, et qui lui a probablement permis de tenir avec une telle noblesse.
Comparant cette volonté de demeurer digne au comportement de la France vis-à-vis de l’Algérie, l’écrivain considère que notre pays « s’agenouille » devant Alger « depuis l’indépendance ».
Il compare les accords d’Évian aux bourgeois de Calais et montre à quel point l’Algérie n’a été forte que de notre faiblesse.
Michel Fayad en profite pour rappeler que la France a gagné la guerre militairement et a choisi de la perdre politiquement.
«Ce ne sont pas les islamistes qui ont islamisé la France, c'est le pouvoir», assure Boualem Sansal https://t.co/PpuVkUyvUi
À ce sujet — Boualem Sansal dénonce, dans son livre, un régime algérien… que le pouvoir français reçoit en grande pompe
— Europe 1 (@Europe1) June 23, 2026
Nos ministres n'ont fait que reculer
Plus encore, sur la prise progressive de pouvoir des islamistes au sein de notre société, sujet cardinal, il est sans appel : « Ce ne sont pas les islamistes qui ont islamisé la France, c’est le pouvoir. »
À force de renoncements, les élus et l’exécutif ont accepté de se laisser grignoter.
En France comme en Algérie, « les islamistes n’ont jamais fait ça avec la force ».
Avec les « pieds-rouges », universitaires communistes des années 1960, Sansal a constaté l’arrivée des « pieds-verts », les islamistes, qui se sont rendus maîtres de la justice, des écoles, mais jamais de l’armée ou de la police, « fausses forces ».
À l’époque, le gouvernement algérien, plutôt que de défendre la démocratie, a essayé de faire des concessions à l’islamisme pour se gagner ses bonnes grâces.
Universités séparées, arabisation des cours, fin du travail des femmes.
Pour Sansal, même chose en France : « C’est le gouvernement qui cède », conclut, implacable, l’écrivain franco-algérien.
« Qui arabise la France ? Qui islamise la France ? C’est le pouvoir lui-même. »
On sort de cet entretien un peu sonné par un constat aussi indéniable.
La liberté de ton de Boualem Sansal renvoie notre classe politique et médiatique à sa propre lâcheté.
Il a parfaitement raison : depuis l’affaire du voile de Creil, il y a près de quarante ans, nos élus et nos ministres n’ont fait que reculer, terrorisés par la crainte du scandale, par la peur d’être traités de racistes ou, plus récemment, d’islamophobes.
Ils n’y ont gagné ni la paix sociale, ni le moindre début de pacte entre l’islam et la République.
Construite sur la haine du catholicisme, elle s’est trouvée impuissante face à une religion conquérante venue d’ailleurs, qu’elle ne s’autorisait pas à critiquer.
Et nous voilà dans cette situation.
Il nous faut dix, il nous faut cent Boualem Sansal, sur les chaînes de télévision ou de radio, pour dire la vérité.
Avant qu’il ne soit trop tard – sachant que cela fait plus de trente ans qu’on nous dit qu’il est minuit moins dix et que les Français s’en moquent…
https://www.bvoltaire.fr/point-de-vue-arabisation-de-la-france-


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