mardi 16 juin 2026

COMMENT ÉVITER UNE NOUVELLE AFFAIRE LYHANNA ?

 

[TRIBUNE] 

 

Affaire Lyhanna : comment éviter la prochaine affaire ?

La Justice a besoin d’une réforme profonde et non d’une énième réformette communicationnelle.
justice

Depuis dix jours, l’affaire Lyhanna secoue la France.

 Les ratés de la Justice et des services d’enquêteurs ainsi que la gravité des crimes commis justifient cette colère de l’opinion publique. 

La rare intensité qui s’exprime à l’occasion de cette colère ne laisse ainsi aucun doute quant au fait que des réformes sont à venir, tant pour éviter de nouvelles affaires Lyhanna que pour réformer d’autres aspects de la magistrature qui chauffent à blanc l’opinion depuis longtemps.

 

Naturellement, les élus et candidats aux prochaines élections sont attendus au tournant et répondent donc à cette attente en offrant des remèdes plus ou moins judicieux. 

 

On a ainsi vu Bruno Retailleau proposer très rapidement l’autonomisation d’une cour disciplinaire pour remédier à l’irresponsabilité supposée des magistrats. 

 

Éric Ciotti a proposé l’extension de l’accès au fichier des délinquants sexuels. 

Sans parler du grand n’importe quoi idéologue d’une Marine Tondelier qui propose de faire entrer davantage d’adultes auprès des enfants de maternelle pour leur parler de sexualité.

 Mais en réalité, ces propositions-pansements pèchent souvent par précipitation.

Trop peu, trop tôt

La gravité des dysfonctionnements dans l’affaire Lyhanna ainsi que la complexité de la procédure pénale justifient, au contraire, une enquête des plus sérieuses.

 

 C’est le rôle de l’Inspection générale de la Justice qui aura accès aux sources primaires et qui rendra un rapport d’ici une dizaine de jours sur les responsabilités des uns et des autres.

Alors que l’on apprend, quasiment tous les jours, de nouveaux éléments (à charge contre l’administration, d’ailleurs) sur les dysfonctionnements, il est impossible d’avoir une vision claire des problèmes en cause en se fiant uniquement aux informations qui filtrent dans la presse. 

Et encore moins possible d’avoir des solutions à ces problèmes...

 

Si la gravité des dysfonctionnements ne fait aucun doute et appellera probablement à des sanctions contre des magistrats ou des enquêteurs, aucune solution sérieuse pour répondre au « Plus jamais ça » ne peut être envisagée avant la publication de ce rapport.

Un problème systémique ?

 

En revanche, s’il est impossible, à ce stade, de dire si le fiasco a une cause systémique ou bien ponctuelle, cette affaire Lyhanna met en lumière l’ensemble des défaillances de la Justice qui, elles, sont bien systémiques et qui sont rappelées humblement par des acteurs (notamment l’Institut pour la justice) du monde judiciaire depuis des années.

 

En effet, les Français n’ont pas attendu l’affaire Lyhanna pour ne plus avoir confiance en la Justice.

 

 En cause, un laxisme habituel qui crève les yeux - et qui a certainement aggravé l’onde de choc anti-judiciaire des derniers jours -, illustré notamment par les verdicts indignes suite aux émeutes du PSG.

 Un laxisme habituel aggravé par les soupçons de biais politique de la Justice, suite par exemple à des diligences rapides contre des tweets politiquement incorrects, à la répression des agriculteurs du Gers ou surtout au traitement des affaires Fillon, Le Pen ou encore Sarkozy.

 

En réalité, les solutions pour mettre fin au marasme judiciaire sont très nombreuses et elles traitent le problème dans sa globalité : retour de peines-planchers, fin du sursis pour les récidivistes, simplification et limitation drastique des réductions de peine, remise en ordre du syndicalisme des juges et, surtout… construction de prisons, goulot d’étranglement de l’ensemble de la chaîne pénale.

 

Pour que Lyhanna ne soit pas morte pour rien, il est indispensable d’avoir un débat plus posé, plus long et surtout plus large du fonctionnement de la Justice, qui a besoin d’une réforme profonde et non d’une énième réformette communicationnelle.

 

Par Pierre-Marie Sève
Directeur de l'Institut pour la Justice !

 

ET AUSSI

 

[VOS COMMENTAIRES] 

 

« Lorsqu’il s’agit d’éliminer un candidat de droite, la justice ne manque pas de moyens »

«... et les hermines galopent... »
Capture d'écran Cour de cassation
Capture d'écran Cour de cassation

La semaine qui vient de s'écouler a commencé avec les manifestations après l’affaire Lyhanna. 

Les nerfs de nos lecteurs ont d'ailleurs été mis à rude épreuve, après ce terrible drame. 

Nombreux sont ceux à espérer qu’effectivement, l’affaire de cette petite fille sera bien l’affaire de trop.

« Justice à la dérive »

Alfred Germain, par exemple, qui remarque que si « la Justice, au temps de Louis IX, Saint Louis, était exercée par ce grand monarque sous un chêne, aujourd’hui, la Justice se pratique avec des chaînes. 

Elle est devenue une dame très âgée qui est atteint de cécité, de surdité et d’un large commencement de maladie d’Alzheimer. 

Elle survit à un système archaïque et n’a plus sa neutralité indispensable par sa politisation. »

 Par conséquent, conclut notre commentateur, « une réforme en profondeur est devenue une nécessité ». 

Patric Sinclair relève, non sans colère, que « lorsqu’il s’agit d’éliminer de la compétition électorale un candidat de droite (Fillon, Le Pen), la Justice ne manque pas de moyens et les hermines galopent », mais c’est sans doute parce que, comme le dit Saint-guiral, « la Justice, comme les autres institutions de notre République, est à la dérive ».

« Cette violence d'atmosphère »

Y aura-t-il quelqu’un pour redresser la barre ? En tout cas, chez les lecteurs de BV, une chose est sûre, ce ne sera pas Marine Tondelier qui, pour lutter contre la pédophilie, propose de dispenser des cours d’éducation sexuelle dès la maternelle.

 

 Pour Mimbdjib, « ces gens sont tellement à l’affût de l’os à ronger qu’ils sont incapables de voir le squelette en entier.

 L’os de la violence sexuelle un jour, l’os de la violence envers le femmes le lendemain, l’os de la violence du narcotrafic un autre jour, puis l’os de la violence urbaine, etc. 

Mais personne ne veut voir l’énorme squelette de la violence tout entière qui règne en maître dans notre société. 

Personne n’est capable d’en faire la synthèse, d’en prendre la mesure afin d’en déduire une politique globale de lutte contre cette violence d’atmosphère. »

« On rêve des milliards économisés »

Quelques bons signaux, cependant, consolent nos lecteurs puisque certains maires ont décidé de s’attaquer au dégraissage de leur municipalité

Joel Bernard ne cache pas sa joie et ses espoirs : « Souhaitons que les prochains gouvernements RN entreprennent le même toilettage au niveau de l’État », s’exclame notre commentateur.

 Tabar34 non plus n’est pas avare de compliments : « On rêve des milliards économisés en appliquant simplement cet exemple au niveau national. 

Bravo, messieurs, et continuez à colmater les fuites d’argent public qui s’échappent du tonneau des Danaïdes », félicite-t-il ces édiles RN bien inspirés, selon lui.

 

Faut-il penser, comme Jean Bado, qu’« on est en train de découvrir, et la commission d’enquête sur le service public a été un apogée, tous les organismes/associations/groupuscules dont on peut interroger l’intérêt commun et qui se sont enkystés, à tous les étages de la société, bien au chaud dans l’argent public » 

En tout cas, Jack Chevalier salue ce « retour brutal à la réalité [qui] bouscule dans ses habitudes la gauchie nationale, grande profiteuse des deniers publics, se retrouve Gros-Jean comme devant… Délicieux ! », jubile notre lecteur.

 

Alors, même si ces nouvelles de province sont réjouissantes, à Paris, certaines choses semblent immuables : Delphine Ernotte est accusée de parjure et Charles Alloncle annonce qu'il va déposer un article 40

Monic29 ne semble même pas étonnée : « L’audio-visuel public, la Justice, l’Éducation nationale... la gauche pourrit tout et continue à cramer notre caisse commune », constate-t-elle, sans se faire aucune illusion.

 

Source et Publications :  https://www.bvoltaire.fr/ 




 

 

 

 

 

 

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