REVUE DE PRESSE !
Nouvelle ère.

Un éditorial d’Arthur de Watrigant.

COMMENTAIRE – On aime plus ou moins le style, sans doute doué d’une certaine efficacité, auquel se tient Arthur de Watrigant.
En tout cas, il n’est pas tendre — et à juste titre — pour le marigot politique actuel, ainsi résumé : « Darmanin singe Sarkozy, Retailleau parle, Mélenchon arrose la France au napalm, Marine Le Pen surveille Bardella, Zemmour espère que les cons ouvriront les yeux et Villepin se trouve toujours la plus belle pour aller danser.
Et après ? Rien. »
Watrigant plaide pour le « combat culturel », qu’il est vain et faux de séparer ou d’opposer au combat politique, au risque de réduire le Politique à presque rien, au « gouvernement des choses » saint-simonien.
C’est pourquoi notre école de pensée, à la suite de Charles Maurras, a donné naissance, en tous domaines, à une œuvre « culturelle » d’une rare richesse.
JSF
« Le monde médiatico-culturel est une forteresse défendue par
des gens qui feraient passer La France insoumise pour des types
vachement sympas, délicats, propres et surtout pas sectaires. »

L’Incorrect a huit ans.
Ce n’est pas rien, surtout pour un magazine papier.
L’Incorrect a donc franchi l’âge de raison.
Huit ans, c’est long, surtout avec une double dose de Macron au pouvoir.
Le bougre réussirait presque à nous faire regretter François Hollande.
Sur cette planète qui tourne trop vite, il est raisonnable de penser qu’un narcissique fielleux aux commandes est foutrement dangereux.
En temps normal, il reste à la France deux ans à tirer.
Mais ce temps est tout sauf normal.
À l’horizon 2027, ça bouchonne plus qu’au péage de Saint-Arnoult un samedi de retour de vacances.
Tout le monde rêve de gravir les marches de l’Élysée.
Même Aurore Bergé.
Darmanin singe Sarkozy, Retailleau parle, Mélenchon arrose la France au napalm, Marine Le Pen surveille Bardella, Zemmour espère que les cons ouvriront un jour les yeux, et Villepin se trouve toujours la plus belle pour aller danser.
Et après ?
Rien.
Pourtant, des lignes ont bougé.
Certains médias se sont métamorphosés, d’autres ont vu le jour, et quelques universitaires se sont rebellés.
On pourrait croire que le monde médiatico-culturel, après des décennies de monopole gaucho-progressiste, s’est rééquilibré.
Ce n’est pas tout à fait faux.
Mais ce n’est pas tout à fait vrai non plus.
Comme aime le rappeler Mathieu Bock-Côté : « Il suffit à la gauche d’être contestée pour se croire assiégée, et la droite d’être entendue pour se croire dominante. »
On parle alors de « bataille culturelle ».
L’expression est à la mode, surtout à droite.
Ça ne coûte pas cher, d’autant qu’on ne la mène pas vraiment.
Mais ça sonne chic, et peu importe si l’invitée principale, la culture, est absente du programme quoi que ce soit un peu baroque.
Quant au débat d’idées, il se ratatine.
Chacun préfère rester bien au chaud dans son box idéologique.
La gauche, toujours, surtout quand elle est fonctionnarisée, mais les autres commencent à prendre le même pli.
C’est plus confortable, il faut l’admettre.
Sauf que si la France se transforme en écurie, on n’ira pas bien loin.
La tâche est ardue.
Le monde médiatico-culturel est une forteresse défendue par des gens qui feraient passer La France insoumise pour des types vachement sympas, délicats, propres et surtout pas sectaires.
Libraires, journalistes, patrons de salles de spectacle, producteurs sont majoritairement de gauche et excluent de travailler avec des gens qui ne le seraient pas, tout en causant d’inclusion toute la journée.
Quant à l’université, là c’est carrément le donjon avec mégalodon et vélociraptor en chiens de garde.
Mais aucune forteresse n’est imprenable.
D’abord, parce que ceux qui font la culture – écrivains, comédiens, dramaturges, musiciens, metteurs en scène mais aussi intellectuels et historiens – ne sont pas tous d’affreux gauchistes.
Du moins pour l’instant : on n’est pas à l’abri que la France se mette à accueillir tous les dingues dégagés par Trump pour devenir un asile diversitaire.
Il ne peut y avoir de victoire politique pérenne sans victoire culturelle, c’est-à-dire, non pas prendre la culture en otage à notre tour, sinon nous ne serions que des pâles copies de la gauche, mais au contraire la libérer des idéologues
Ensuite parce que si L’Incorrect n’a pas tout réussi – soyons honnêtes, il nous est arrivé de nous planter –, un rapide coup d’œil dans le rétroviseur nous rappelle qu’entre le nombre d’artistes passés dans nos pages et les grandes conversations orchestrées (comme celle, pas piquée des hannetons, réunissant Houellebecq, un curé et un rabbin autour d’une table), votre magazine s’est imposé comme un acteur crédible et légitime dans ce marécage, certes petit mais bougrement puissant.
C’est une bataille sur le temps long, qui ne draine pas les foules et qui ne sera que rarement au programme d’un débat de plateau télé.
C’est une bataille qui ne se mène pas dans le salon des refusés généreusement offert par la gauche, mais sur ses plates-bandes.
Enfin c’est une bataille qui se gagne centimètre par centimètre mais néanmoins, c’est un combat vital.
Car, en effet, il ne peut y avoir de victoire politique pérenne sans victoire culturelle, c’est-à-dire, non pas prendre la culture en otage à notre tour, sinon nous ne serions que des pâles copies de la gauche, mais au contraire la libérer des idéologues.
Comme l’affirme Alain Finkielkraut quelques pages plus loin : « Face à ce militantisme, nous n’avons pas besoin “d’œuvres de droite”. C’est une tentation et un piège. Nous avons besoin d’œuvres tout court. »
Tout un programme. C’est le nôtre. Par ■ ARTHUR DE WATRIGANT

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