vendredi 30 octobre 2026

SAMEDI 31 OCTOBRE , UN RISQUE TRÈS ÉLEVÉ DES VIOLENCES URBAINES ! NUNEZ ALERTE LES PRÉFETS !

 


REVUE DE PRESSE !

 

Émeutes

Halloween et acte III : Nuñez alerte les préfets sur un risque de violences « très élevé »

Dans un courrier adressé jeudi à l’ensemble des préfets, le ministre de l’Intérieur juge « très élevé » le risque de violences urbaines samedi 31 octobre, jour de la troisième journée de mobilisation des Gilets jaunes et soir d’Halloween.

Par Didier Dewitte Ça monte


Photo : L'Instant

Le ton est inhabituellement direct. 

Dans un courrier adressé jeudi 29 octobre à tous les préfets, révélé par BFMTV, Laurent Nuñez estime que le risque de violences urbaines sera « très élevé » samedi, du début de soirée jusque tard dans la nuit.

 

Le ministre explique que de multiples appels à se rassembler dans les centres-villes, sur toutes les places publiques, ont été repérés sur les réseaux sociaux, sous prétexte de la fête d’Halloween.

 Il demande aux préfets une attention particulière aux rassemblements annoncés à partir de 20 heures, en raison du risque de cortèges sauvages. 

Selon lui, l’analyse de ces appels ne laisse aucun doute sur l’intention de leurs auteurs de commettre de nouvelles exactions.

Laurent Nuñez réclame un dispositif « puissant, réactif et agile », sur le modèle de celui du 24 octobre, en mobilisant pleinement l’ensemble des services de l’État.

 

Deux menaces qui se superposent

Ce qui inquiète Beauvau, c’est la coïncidence de deux événements.

Le premier est l’« acte III » de la mobilisation contre la vie chère, lancé par la coordination des Gilets jaunes. Gilets jaunes, CGT et lycéens comptent de nouveau descendre dans la rue.

 Selon Europe 1, le service de renseignement de la préfecture de police anticipe entre 100 000 et 150 000 manifestants à Paris, et redoute une nouvelle journée de violences.

Le second est Halloween. 

Depuis plusieurs années, la nuit du 31 octobre donne lieu dans plusieurs villes à des violences urbaines : voitures et poubelles incendiées, mobilier urbain dégradé, jets de projectiles contre les forces de l’ordre. 

Le phénomène n’est pas nouveau.

 En 2018 déjà, à Rennes, treize voitures avaient été brûlées dans la nuit d’Halloween, et des policiers avaient été visés par des projectiles. 

La même année, des violences similaires avaient été relevées à La Réunion après des appels diffusés sur les réseaux sociaux.

La crainte du ministère est que la fête serve de prétexte, en soirée, à des groupes qui chercheraient à prolonger ou à reprendre les affrontements après la dispersion des cortèges.

 

Un dispositif renforcé

Dès lundi 26 octobre, sur BFMTV, Laurent Nuñez avait prévenu que le gouvernement s’attendait à une journée « de nouveau compliquée ». 

Il avait promis un dispositif « extrêmement robuste ». 

Le nombre de policiers et de gendarmes déployés n’a pas encore été annoncé. 

À titre de comparaison, 70 000 agents étaient mobilisés le 24 octobre.

Les consignes internes vont dans le même sens. 

Selon BFMTV et RMC, le directeur général de la police nationale a demandé dans un télégramme de porter à 75 % le taux de présence des effectifs.

 Drones, unités d’intervention, engins lanceurs d’eau et contrôles d’identité dans les gares font partie des moyens envisagés.

 

Paris sous restrictions

À Paris, la préfecture de police applique la consigne présidentielle de ne pas autoriser de cortèges dans les centres-villes.

 Elle a refusé les deux parcours déclarés : Bastille-Concorde pour les Gilets jaunes, qui longeait plusieurs quartiers commerçants très fréquentés, et Bastille-Nation pour la CGT.

 Elle a proposé à l’intersyndicale un tracé sur les boulevards des Maréchaux, en lisière de la capitale, que les syndicats contestent.

La préfecture a aussi interdit, de vendredi 20 heures à lundi 6 heures, tout rassemblement non déclaré dans plusieurs secteurs, dont l’Élysée, l’Assemblée nationale et les Champs-Élysées.

 Les « casserolades » prévues vendredi soir par les Gilets jaunes pour dénoncer ces restrictions ont été annulées à Paris.

Les couvre-feux nocturnes restent en vigueur autour de la place de la République et des Halles.

 En revanche, celui qui visait les mineurs non accompagnés, de 21 heures à 6 heures, a été suspendu mercredi par le tribunal administratif.

 

Le précédent du 24 octobre

L’exécutif s’appuie sur le bilan du samedi précédent, qu’il juge « maîtrisé ».

Le 24 octobre, la mobilisation a réuni 410 000 personnes selon le ministère, dont 110 000 à Paris, et près de 800 000 selon la CGT.

 À Paris, la préfecture a recensé 142 interpellations, loin des 855 du 17 octobre. 

Au niveau national, le bilan consolidé fait état de 1 435 interpellations.

L’opinion semble aussi avoir évolué. 

Selon un sondage Toluna Harris Interactive, 63 % des Français jugent désormais proportionnée l’intervention des forces de l’ordre pour faire cesser les violences en marge des manifestations, contre 35 % seulement juste après le 17 octobre.

Mais les Gilets jaunes, eux, dénoncent une « dérive autoritaire » du gouvernement, après les interdictions de cortèges et les couvre-feux décidés dans plusieurs villes. Les restrictions risquent d’alimenter la colère qu’elles cherchent à contenir.

 

Une séquence qui ne fait que commencer

Samedi ne sera qu’une étape. Jeudi 5 novembre, l’intersyndicale appelle à une grève interprofessionnelle, pour laquelle l’exécutif veut également imposer des parcours hors des centres-villes. 

Pour le ministère de l’Intérieur, le week-end de la Toussaint sera un nouveau test : il devra montrer que le dispositif du 24 octobre peut être reconduit, et qu’il tient aussi la nuit.

 


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