Fait inhabituel… une personne sur dix s’interroge sur la position à tenir. Signe que la question, entre revendications légitimes et débordements inacceptables, n’est pas si facile à trancher.
Un grand merci pour votre participation !
Vos avis nourrissent nos réflexions d'équipe, et font avancer les causes que nous défendons ensemble en apportant aux médias un autre son de cloche.
Car avant de plonger dans l’analyse détaillée, sachez que notre sondage SOS Éducation rompt avec ceux diffusés récemment et qui semblent soutenir le mouvement lycéen.
Que disent les autres sondages ?
Trois instituts ont interrogé début octobre un échantillon représentatif des Français :
- Elabe pour BFMTV
(6 et 7 octobre, 1 001 personnes) :
26 % « soutiennent » la mobilisation et 29 % ont « de la sympathie » pour elle.
72 % jugent ses revendications légitimes… mais 55 % souhaitent que le mouvement s’arrête, et 89 % condamnent les violences contre les personnels éducatifs. - Ipsos-BVA pour La Tribune Dimanche
(7 et 8 octobre, 1 000 personnes) :
22 % approuvent « tout à fait » le mouvement et 32 % « plutôt ».
Et 79 % jugent « inacceptables » les violences de certains lycéens contre le personnel éducatif ou les équipements publics. - Cluster17 pour L’Opinion
(du 7 au 9 octobre, 1 271 personnes) :
33 % soutiennent « tout à fait » le mouvement et 24 % « plutôt »… mais 53 % veulent qu’il s’arrête « le plus vite possible ».
Pourquoi un tel écart avec nos résultats ?
Ces instituts interrogent un échantillon réduit mais représentatif de toute la population française.
Notre sondage au contraire donne la parole à un public très engagé sur l’instruction et l’éducation. Les 6 588 votes enregistrés assurent une excellente représentativité statistique des opinions de notre communauté.
Enfin, les questions ne sont pas les mêmes : « approuver » ou « avoir de la sympathie » pour un mouvement, ce n’est pas forcément le « soutenir » quand il est marqué par des violences.
Un point commun, pourtant, avec vos avis : les revendications de fond sont reconnues légitimes… mais une majorité souhaite que les blocages cessent.
Qui a répondu au sondage SOS Éducation ?
> Plus de 2 répondants sur 3 (70 %) sont parents ou grands-parents d'enfants actuellement scolarisés.
> Un tiers (34 %) sont ou ont été personnels éducatifs.
(Le total dépasse 100 % car il y a des recoupements.)
Faits intéressants :
- les parents et grands-parents d'élèves soutiennent un peu plus le mouvement (31 % de OUI, contre… 23 % chez les autres répondants !) ;
- les personnels éducatifs (actifs ou retraités) SANS aucun enfant ou petit-enfant scolarisé sont ceux qui sont le plus opposés (69,2 % de NON)
Et ce n’est pas tout, car près de 4 votants sur 10 (2 529 personnes) ont pris le temps de laisser un avis, souvent long et argumenté.
Avec beaucoup de réponses éclairantes !
Vos avis, par vote
En résumé : si le fond est accepté… la forme divise.
❌ Le camp du NON
Ils rejettent d'abord les violences et les dégradations (près d'un avis sur deux), et dénoncent la récupération politique du mouvement.
Beaucoup relèvent le paradoxe : réclamer des locaux rénovés… et incendier des lycées !
Viennent ensuite le non-respect du droit d'étudier car des professeurs et des élèves sont bloqués, et la responsabilité des parents dans le comportement inapproprié de leurs enfants.
Pourtant, près d'une personne sur cinq ayant répondu NON reconnaît que certaines revendications sont fondées, à commencer par les professeurs non remplacés.
✅ Le camp du OUI
Ils évoquent des conditions très concrètes : professeurs absents, locaux dégradés, Parcoursup inéquitable.
Mais ce soutien est souvent conditionnel : plus d'une personne sur quatre ayant répondu OUI précise « sans violence ».
❔
Le camp des indécis
Ils vivent un vrai dilemme : la moitié reconnaît des revendications légitimes, la moitié rejette la violence… souvent dans la même phrase !
📌 Un constat revient dans les trois camps, pour 20 % des avis : le vrai problème, c'est la baisse du niveau et de l'exigence, plus que le manque de moyens ou les bâtiments vétustes.
>>> Vous voulez lire une sélection des 20 avis et témoignages les plus éclairants, dont certains nous ont émus ?
Rendez-vous tout au bas de ce message !
Et mon avis, dans tout ça ?
Je vous l'avais promis : le voici. Il est net.
Rien, absolument RIEN, ne justifie la violence.
Ni les lycées incendiés, ni les professeurs frappés, ni les proviseurs blessés, ni les pompiers caillassés, ni les policiers roués de coups.
Non, la fin ne justifie pas les moyens !
L’agressivité engendre souvent plus de violence, rarement plus d’écoute…
Je pense aussi aux professeurs et aux élèves qui veulent simplement travailler, et qui en sont empêchés depuis des semaines. La France est déjà à la traîne sur les classements PISA. Si le mouvement perdure, cela ne va pas s’arranger.
De plus, il n’est pas acceptable que des mineurs soient exposés à la violence dans la rue (c’est aux adultes de les protéger) pas plus qu’il n’est souhaitable que leur colère soit récupérée par des intérêts politiques ou syndicaux.
Mais, comme beaucoup d'entre vous, je ne balaie pas tout d'un revers de main.
Des professeurs absents pendant des mois, des classes bondées, des bâtiments délabrés, des salles surchauffées l’été ou congelées en hiver… Ces problèmes sont réels. Vous êtes nombreux à en témoigner.
Mais ce n’est PAS nouveau.
J’ai vécu ça dans les années 80 et 90, en collège et lycée classés Zone d'Éducation Prioritaire. Violence omniprésente, absentéisme des professeurs et des élèves, bâtiments hors d’usage (fenêtres cassées ouvertes à tous vents, portes arrachées…).
Sous quelle forme cette priorité du ministère de l’Éducation nationale était censée se concrétiser ? 30 ans plus tard, je me le demande encore.
Les moyens étaient limités, face à la massification de l’enseignement décidée pour pousser toute une classe d’âge vers le Bac.
Cela n’a pas empêché quantité d’élèves d’atteindre un bon niveau scolaire et de se former à un métier épanouissant. Y compris dans un parcours 100 % public tel que le mien.
De vous à moi… aujourd’hui je pense que le cœur du problème est ailleurs.
Ce n'est pas seulement une question de moyens.
C'est une question de niveau d'exigence, de méthodes de formation des professeurs et de transmission des savoirs auprès des élèves.
Les politiques éducatives menées, durant ces dernières décennies, montrent un manque d’ambition pour une École qui instruit vraiment.
C'est aussi ce que vous êtes si nombreux à écrire, quel que soit votre vote.
Écouter les jeunes, OUI.
Céder à la violence, NON.
Vous estimez que notre combat pour une École qui instruit est juste ?
Adhérez sans attendre à l'Association… ou soutenez nos actions par un don généreux (si possible régulier) !
Ensemble, faisons résonner la voix de celles et ceux pour qui l'École compte encore.
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