REVUE DE PRESSE !
Loi casseurs-payeurs : pourquoi le gouvernement manque (encore) sa cible

Depuis deux semaines, la France connaît un mouvement de blocage dans ses lycées.
Mais après quelques jours de revendications confuses, le mouvement s’est progressivement transformé en émeutes.
La presse relève 215 lycéens et 761 policiers ou gendarmes blessés et un total de 6.059 interpellations.
La ritournelle des lois « casseurs-payeurs »
Les images de bâtiments publics brûlés ont fait le tour du monde et le grand public en a naturellement attendu des réponses.
Ainsi, un sondage du JDD rapportait, par exemple, que 83 % des Français veulent sanctionner les élus qui encouragent les violences.
Le gouvernement n’a alors rien trouvé de mieux que de ressortir une vieille ritournelle.
Le Premier ministre a donc annoncé qu’une énième loi dite « casseurs-payeurs » serait donc examinée au Sénat à partir du 27 octobre. Mais celle-ci sera certainement insuffisante.
Premièrement, l’expérience récente laisse penser que cette montagne accouchera une fois de plus d’une souris.
Une loi dite anti-casseurs n’avait-elle pas déjà été votée en 2019 ?
Et en 2024, le Premier ministre Gabriel Attal n’avait-il pas annoncé en grande pompe l’application du slogan « tu casses, tu répares » ?
Comme à chaque fois, la communication a supplanté l’action et n’a pas freiné le moins du monde les émeutes et manifestations violentes ces dernières années.
En témoignent les émeutes du PSG de 2025 et 2026 ou les émeutes anti-bassines à La Rochelle… entre autres...
Deuxièmement, la nouvelle loi « casseurs-payeurs » manque sa cible.
Certes, les mesures annoncées iraient dans le bon sens.
La responsabilité civile des participants à une manifestation deviendrait collective et solidaire.
Tout manifestant violent se situant à proximité d’une casse pourrait ainsi être poursuivi pour sa réparation.
Par ailleurs, l’État pourrait saisir les APL et les allocations familiales des casseurs.
Mais cette loi resterait civile.
Et le sujet est éminemment pénal.
Pour une vraie loi anti-casseurs !
La présence massive de ses élus parmi les lycéens, le soutien indéfectible envers la milice de la Jeune Garde et sa stratégie de conflictualisation permanente du débat ne laissent plus beaucoup de doute quant à la stratégie de La France insoumise pour 2027.
Étant incapable de gagner par les urnes, elle semble considérer qu’il vaut mieux détruire la France que de la laisser être gouvernée par ceux qu’elle considère comme ses ennemis politiques.
Il y a donc fort à parier que ces encouragements à l’émeute iront crescendo à l’approche de la date – tout simplement irresponsable et qui a dû réjouir LFI - choisie par l’Élysée pour le second tour de l’élection présidentielle, le 2 mai 2027.
Pour garantir la stabilité de la démocratie française et la sérénité du scrutin, il est indispensable de mettre fin aux manifestations violentes au plus vite.
Et ce, par une évolution de la loi et de son application.
L’article 431-9-1 du Code pénal punit déjà le fait de dissimuler son visage lors d’une manifestation violente.
Mais la peine encourue n’est que d'un an de prison ferme, une peine extrêmement faible qui encourage les juges à ne pas sanctionner cette infraction.
Par ailleurs, se pose un problème de preuve.
Suite aux émeutes du PSG de 2026, seules trois personnes auraient été condamnées à une peine de prison ferme.
Un chiffre ridicule au regard des centaines d’interpellations menées par la police…
La principale faiblesse identifiée par le ministère de la Justice était l’individualisation de « la responsabilité pénale dans le cadre d’un mouvement collectif ».
Et c’est justement ce problème que réglait la vraie loi anti-casseur, votée en 1970. Votée par le gouvernement Chaban-Delmas, elle permettait de condamner toute personne qui participait activement à une manifestation, alors que des violences avaient commencé.
L’Institut pour la justice a ainsi lancé une pétition qui a récolté déjà 46.000 signataires en quelques jours...
La France a besoin d’une reprise en main démocratique en 2027.
Et cette démocratie a besoin d’ordre et de stabilité.
C’est ça ou le chaos.

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