TRIBUNE LIBRE !

Ersilia Soudais
Par Ophélie Roque
Et un nouveau portrait qui vaut le détour !
« Au printemps 2022, la Nupes tente de s’implanter en nommant un peu n’importe qui n’importe où.
C’est ainsi que l’on vit s’abattre sur la République des dizaines de trentenaires vaguement de gauche et portés par un opportunisme d’intrigants. «
« Et puis franchement si le pays vous dégoûte autant et que vous vous dites que jamais teint de méduse ne brunira sous pareil soleil, allez vous établir en Palestine, chère Ersilia !
Vous n’avez certes pas eu l’opportunité de vivre l’intense croisière caritative de votre consœur
@RimaHas mais nul ne doute qu’un passeur peut vous exfiltrer de France si le cœur vous en dit. «

Un printemps nommé Ersilia
Finalement Ersilia a tout du printemps.
J’en vois certains laissés comme deux ronds de flan mais oui, répétons-le, Ersilia a tout du printemps.
Primesautière comme peut l’être une génisse de la vallée de la Beuvronne, elle a la densité de la bouse qui fertilise les champs ou de la glaise un peu molle qui colle à vos basques.
On lui devine une sensualité de grosse bête endormie, sorte de Nana champêtre.
Ce n’est pas pour rien qu’elle est devenue députée de la Brie.
Et pourtant, rien ne la destine à jouer à la représentante des terroirs puisqu’elle nait à Aubervilliers, sous un ciel couleur de tract mouillé.
Son père, Michel Soudais, est alors le rédacteur en chef de Politis, hebdomadaire de la gauche antilibérale s’il en est quand sa mère, Christiane Chombeau, est journaliste au Monde (avant de devenir plus tard la rédactrice en chef d‘Insoumission Hebdo, le journal lancé par Jean-Luc Mélenchon).
On peut donc dire qu’être de gauche relève de la tradition familiale.
La jeune Ersilia fait les classes préparatoires (adieu divin prestige de la khâgne !) avant d’embrayer sur des études de lettres qui la mènent tout naturellement à son premier (et dernier) poste de professeure à Sevran.
Le cirque dure douze longues lunes, c’est un peu court mais la lassitude devait déjà être là puisqu’elle fuit en Seine-et-Marne.
Officiellement pour s’engager dans le syndicalisme au SNES-FSU, en vrai on ne sait trop ce qu’elle y a fait puisqu’aucun témoignage n’en ressort.
Ce qui est certain, c’est qu’en 2020 elle est élue conseillère municipale de Lagny-sur-Marne.
Elle partira d’ailleurs en guerre contre les habitats insalubres où l’eau suinte le long des murs comme sueur de malade dans les hospices.
Cette lutte réelle contre le sordide de l’existence est assurément la période la plus utile de son existence …avant que ne survienne juin 2022.
Au printemps 2022, la Nupes tente de s’implanter en nommant un peu n’importe qui n’importe où.
C’est ainsi que l’on vit s’abattre sur la République des dizaines de trentenaires vaguement de gauche et portés par un opportunisme d’intrigants.
Parmi eux, Ersilia qui deviendra députée à trente-quatre ans.
Antisioniste farouche, elle se fait tout de suite remarquer en soutenant la proposition visant à qualifier Israël d’État apartheid.
Pas frileuse pour un sou, elle « célèbre » les 75 ans de la Nakba (l’exode plus ou moins volontaire d’environ 700 000 Palestiniens lors de la guerre de 1947-1949) et soutient le mouvement BDS (Boycott,
Désinvestissement, Sanctions) qui vise à exercer une pression économique et/ou culturelle à l’encontre d’Israël.
Il y a quelque chose de presque fascinant à voir une élue du pays de Brie parler autant du Proche-Orient quand le cœur même de son mandat est censé porter la voix des habitants de Lagny, Chelles ou Claye-Souilly.
Peut-être est-ce une dysphorie géographique…
Anyway, c’est également elle à l’origine de l’invitation à l’Assemblée nationale de Maryam Abu Daqqa (dirigeante du FPLP, Front populaire de Libération de la Palestine).
Mais -décidément motivée- elle n’en reste pas là et quand, en septembre 2024, un militant fiché S est placé en garde à vue pour avoir appelé à « mener l’intifada dans Paris », tout de suite Ersilia s’enflamme.
Victime d’un syndrome de Stockholm à distance, elle annonce qu’elle ira (noblement drapée dans son écharpe tricolore) l’attendre devant le commissariat, regrettant que la République y enferme un si charmant jeune homme au lieu d’y faire croupir les soutiens du « génocide perpétré par Israël ».
Le gars finira condamné à une peine avec sursis et Ersilia, choquée et déçue, préfère alors se taire.
Du moins sur cette affaire parce que pour tout le reste, elle n’en rate en général pas une.
Le jour même des massacres du 7 Octobre, elle ose un très malvenu «
La haine attire la haine».
Sans compter que, selon elle, « la France est un pays islamophobe » et les viols commis par des étrangers restent « de l’ordre de l’anecdotique ».
Voilà pour le contenu, quant au style il est fleuri : comme lorsqu’elle publie sur Twitter ce lapidaire « huuum, cette bonne odeur de seum » à l’adresse de Gérarld Darmanin qui vient de voir son projet de loi sur l’immigration écarté par une motion de rejet.
Ersilia refuse de se plier aux « codes bourgeois » ce qui fait d’elle la parfaite représentante du genre, les prolos et autres gens de banlieue n’ayant pas pareil scrupule.
Aussi étonnant qu’il soit, elle survit aux législatives de 2024.
Si elle n’obtient que 32,8% au premier tour (ce qui la place derrière la candidate du RN, Agnès Laffite qui, elle, obtient 35,7 %) le front républicain la sauve et elle est réélue avec 53 % des voix au second tour.
Elle doit sa survie politique au vote des centristes et autres électeurs timorés, confondus de devoir choisir entre la peste et le choléra mais que ces derniers ne s’abusent : elle ne leur doit rien.
Puisque les spectateurs ont payé, le grand cinéma continue !
Tenace comme la tique, Ersilia s’accroche à un poste ma foi pas si mal.
C’est moins fatigant qu’une salle de classe et la décoration y est bien plus jolie que chez les pauvres.
En plus, on s’amuse bien au sein de l’hémicycle : on gueule entre copains, on insulte ses adversaires et quand ceux-ci vous répondent un peu vertement on peut s’amuser à imiter le gorille en frappant violemment sur son pupitre avec une pochette.
Et entre son salaire et ses dotations de fonctionnement parlementaire, elle nous coute près de 200 000 euros.
A l’année.
Ceci donne à réfléchir.

Ophélie Roque
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