mardi 1 septembre 2026

OÙ , SON PASSER LES " GENTLEMAN " ? POINTEZ DU DOIGT LES INFLUENCEURS DE LA MANOSPHÈRE ?

 

Élever un gentleman au XXIe siècle :

 la politesse ne suffit pas

Demandez à un adolescent ce qu’est un gentleman, et la réponse tournera souvent autour d’un vieil homme en costume portant une canne, ou d’un homme qui tient la porte aux dames.

 Nombre d’adultes, de leur côté, déplorent la disparition de cette figure, pointant du doigt les influenceurs de la Manosphère, l’absence de savoir-vivre dans les restaurants, ou les plaintes récurrentes des femmes en quête d’un partenaire respectueux.

Pour Jeff Minick, ces deux constats — l’ignorance des adolescents et l’inquiétude des adultes — révèlent le même besoin : celui d’une véritable éducation. 

Aucun garçon ne naît gentleman ; il doit apprendre ce que cela signifie réellement, et pourquoi le devenir le rendra meilleur, pour lui-même et pour le monde qui l’entoure.

 

Les bonnes manières, façade visible d’une vertu plus profonde

Les codes de politesse d’un gentleman traversent les époques avec une remarquable stabilité : offrir sa place à une personne âgée ou malade, être ponctuel, traiter chacun avec respect, accorder le bénéfice du doute. 

Ces règles, que l’on retrouvait déjà dans les manuels de savoir-vivre du XIXe siècle, dessinent le portrait d’un homme cherchant à rendre son entourage aussi confortable que possible, sans pour autant se transformer en paillasson pour les autres.

Mais ces bonnes manières ne sont, selon l’auteur, qu’une partie de l’équation. 

Une voiture aux vitres étincelantes ne sert à rien si le moteur ne démarre pas : de la même façon, les manières d’un gentleman comptent peu sans le caractère qui les sous-tend.

 

L’amour-soi, ennemi de la vertu

Citant une lettre de Thomas Jefferson datant de 1814, où le président américain qualifiait l’amour de soi de seul véritable adversaire de la vertu, Jeff Minick souligne combien cette mise en garde résonne aujourd’hui, dans une culture qui valorise l’individu, l’intérêt personnel et la satisfaction immédiate, parfois au détriment de la famille et de la communauté.

 

Tim Goeglein, coauteur de l’ouvrage récent What Really Matters: Restoring a Legacy of Faith, Freedom, and Family, pointe de son côté l’individualisme radical, résumé par la formule « fais ce qui te plaît », comme l’une des forces les plus destructrices à l’œuvre dans la société américaine actuelle.

 Interrogé par The Epoch Times, il s’interroge sur ce que font réellement les Églises, les écoles, le sport et la culture populaire pour façonner de jeunes gentlemen — et répond lui-même : pas assez.

 

Trois piliers pour transmettre la vertu

Selon Goeglein, parents, enseignants et mentors doivent réunir 3 éléments pour engager cette transformation : l’intentionnalité, une relation profonde entre pères et fils, et une vision du monde ancrée dans le foyer et la communauté religieuse. 

Il insiste particulièrement sur le rôle spécifique du père, préférant les termes de « paternage » et « maternage » à celui, plus neutre, de parentalité, chacun des deux parents apportant selon lui quelque chose d’unique à l’éducation.

 

Goeglein établit également un lien souvent négligé entre le fait d’être un gentleman et celui d’être un bon citoyen : donner un but à un jeune homme le rend discipliné et concentré, lui fait comprendre que sa vie ne lui appartient pas entièrement, et l’amène à incarner le sacrifice de soi et l’amour inconditionnel envers son entourage. 

C’est ainsi, selon lui, que se forment à la fois de bons citoyens et de véritables gentlemen — une conviction qu’il rattache directement à celle des pères fondateurs américains, pour qui la liberté dans une république constitutionnelle exigeait de cultiver l’excellence morale chez les citoyens comme chez les dirigeants.

 

Transmettre par l’exemple

Pour Jeff Minick, transmettre ces vertus demande aujourd’hui le même effort qu’il y a 250 ans, même si la culture ambiante y est moins favorable qu’autrefois.

Il invite parents et éducateurs à puiser dans les nombreuses ressources aujourd’hui disponibles — vidéos, livres, témoignages de personnes plus âgées — pour transmettre aux garçons des exemples concrets de sacrifice et de responsabilité, et à pratiquer eux-mêmes ces vertus au quotidien, seule façon selon lui de faire coïncider savoir-vivre et moralité dans la définition véritable du mot gentleman.

 

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L' ÉCRIVAIN MICHEL DE SAINT-PIERRE CE SILENCE POUR SE VÉRITABLE HÉROS .....

 LU , VU ET ENTENDU !

Michel de Saint Pierre, l’écrivain catholique oublié : entretien avec son biographe Thierry Bouclier

Écrivain parmi les plus lus des années 1950, Michel de Saint Pierre était pourtant tombé dans un oubli quasi complet, aucune biographie ne lui ayant été consacrée depuis sa mort en 1987, hormis un recueil d’hommages paru dix ans plus tard. 

C’est en travaillant sur les éditions de La Table ronde pour sa biographie de Roger Nimier que Thierry Bouclier, avocat à la Cour et déjà auteur d’un essai sur Tixier-Vignancour, a vu ressurgir le nom de cet aristocrate normand au destin singulier : diplômé de lettres classiques, il délaisse pourtant la Sorbonne pour devenir manœuvre aux chantiers navals de Saint-Nazaire, puis simple matelot dans la Marine nationale, avant de rejoindre la Résistance dès 1941.

 

Journaliste à Témoignage chrétien au sortir de la guerre, romancier consacré par le succès des Aristocrates en 1954 (600 000 exemplaires, adaptation au cinéma avec Pierre Fresnay), Michel de Saint Pierre devient dans les années 1960 l’une des voix les plus engagées de la fidélité à Rome et de la défense de la messe traditionnelle, notamment avec Les Nouveaux Prêtres (1964), tout en menant en parallèle des combats politiques marqués — Algérie française, opposition à De Gaulle, affrontement avec les étudiants de l’Odéon en 1968. 

 

À partir d’archives familiales inédites, Thierry Bouclier retrace dans cette biographie, publiée aux éditions Via Romana, le parcours complexe de cet écrivain catholique, entre fidélité et contestation, tradition et modernité.

 Dans cet entretien, l’auteur revient sur les zones d’ombre et les paradoxes d’un homme trop vite réduit à l’étiquette de réactionnaire.

Le livre est à commander ici

 

Michel de Saint Pierre est aujourd’hui largement tombé dans ce qu’on pourrait appeler un purgatoire littéraire, oublié du grand public alors qu’il fut l’un des auteurs les plus lus des années 1950. 

Qu’est-ce qui vous a personnellement poussé à lui consacrer une biographie, et pourquoi maintenant ?

Thierry Bouclier : J’ai lu la plupart des livres de Michel de Saint Pierre alors que j’avais une vingtaine d’années. 

J’en gardais un excellent souvenir et trouvais dommage que ce grand écrivain soit tombé dans l’oubli et que ses livres ne soient plus réédités. 

Aucune biographie ne lui avait jamais été consacrée depuis son décès survenu en 1987, hormis un livre d’hommages paru en 1997 pour les dix ans de son rappel à Dieu. 

Son nom est revenu à la surface de ma mémoire alors que je faisais des recherches sur les éditions de La Table ronde – auxquelles il a publié plusieurs de ses livres – pour la biographie que j’ai consacrée à Roger Nimier. 

L’idée de retracer sa vie pour le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas – et redécouvrir à ceux qui l’ont lu et apprécié – a jailli naturellement.

 

Vous avez travaillé à partir d’archives familiales inédites. 

Que vous ont-elles révélé de neuf ou d’inattendu sur l’homme, au-delà de la figure publique de l’écrivain catholique engagé ?

Thierry Bouclier : Une correspondance abondante et riche avec toutes les grandes figures religieuses des années 1960 et 1970. 

Un homme courageux, ne mettant jamais son drapeau dans sa poche, tout en restant toujours courtois et respectueux envers ses adversaires et contradicteurs.

Il y a chez Saint Pierre un paradoxe saisissant : un aristocrate normand qui délaisse la Sorbonne pour devenir manœuvre aux chantiers navals de Saint-Nazaire, puis simple matelot dans la Marine.

 Comment expliquez-vous ce choix de vivre « en bas de l’échelle », et qu’a-t-il forgé chez lui ?

Thierry Bouclier : Rien ne le prédisposait à suivre une telle trajectoire, surtout qu’il n’a jamais été en conflit avec ses parents.

 Il s’est toujours plu à dire qu’il ne croyait pas au conflit de générations, qu’il ne l’a jamais connu, ses parents ayant toujours été ses « meilleurs amis ». 

Il a raconté que l’université, où il a suivi de courtes études de lettres, l’a prodigieusement ennuyé. 

Il a donc décidé d’aller voir ailleurs.

 Il avait une âme d’aventurier et de voyageur.

 Il a donc commencé par les chantiers navals de Saint-Nazaire, comme simple manœuvre, pendant un an. 

De cette expérience – qui rappelle celle de Simone Weil -, il dira : « […] j’ai découvert, aux chantiers de Saint-Nazaire, un immense repos de l’esprit où je me suis enfoncé avec béatitude, cependant que mes muscles travaillaient dur – et le soir, je tombais dans mon sommeil comme dans des bottes. 

Ce fut l’une des périodes les plus heureuses de ma vie. »

 Après les chantiers navals est venu le temps de la marine, là encore comme simple matelot.

 Une expérience qui l’a profondément marqué, au bon sens du terme : « La mer ? 

Pourquoi ne pas le dire : je l’ai profondément aimée.

 Et plus profondément encore, la Marine – ‘‘la Royale’’ comme nous disions et comme ils disent encore. 

J’ai aimé les bateaux où j’ai vécu. Je les ai aimés comme des êtres de chair et de sang. »

 Je pense que ces deux expériences lui ont appris qu’il faut connaître la dure réalité du monde pour en parler. 

Cela influencera son œuvre puisque chacun de ses livres sera précédé, avant tout rédaction, d’une enquête de terrain consacrée au sujet qu’il allait traiter.

 

Son engagement dans la Résistance dès 1941, couronné de nombreuses décorations, précède de peu son entrée en littérature. 

En quoi cette expérience de la guerre et du combat clandestin irrigue-t-elle son œuvre romanesque ?

Thierry Bouclier : Comme tous les vrais héros – et les vrais Résistants – il n’a jamais eu pour habitude de faire teinter ses médailles. 

L’engagement dans la Résistance lui a toujours semblé tellement naturel qu’il ne s’en est jamais vanté.

 C’est donc un thème qu’il n’aborde pas, hormis dans son roman paru en 1975, Je reviendrai sur les ailes de l’aigle, et consacré à Israël.

 

Le succès des Aristocrates en 1954 — plus de 600 000 exemplaires, une adaptation au cinéma avec Pierre Fresnay — fait de lui un écrivain à part, capable de décrire de l’intérieur un monde social auquel il appartient sans jamais s’y enfermer. 

Comment analysez-vous ce regard à la fois complice et distancié sur son propre milieu ?

Thierry Bouclier : Je vois Michel de Saint Pierre comme un homme de traditions, amoureux de l’ancienne France, tout en étant un homme de son temps, profondément ancré dans la modernité.

 Cette dualité, qui parfois s’affronte et parfois se complète, ressort très bien dans Les Aristocrates.

 

Saint Pierre débute à Témoignage chrétien, un hebdomadaire réputé progressiste, aux côtés de Pierre Debray. 

Comment un homme de ses convictions a-t-il pu évoluer dans cet univers, et comment les deux hommes en sont-ils venus à mener ensuite un combat commun contre les dérives postconciliaires ?

Thierry Bouclier : Michel de Saint Pierre écrit dans Témoignage chrétien au lendemain de la guerre, en 1946, dans la continuité de son engagement dans la Résistance. 

Il va y tenir la chronique cinématographique pendant huit ans. 

Un membre de la rédaction témoignera : « Dans l’équipe de Témoignage Chrétien, Michel faisait figure d’extraterrestre. 

Non seulement ses convictions politiques le portaient à l’opposé de celles des autres journalistes – car il ne cachait pas sa fidélité à la cause royaliste – mais surtout, il s’inscrivait dans un tout autre système de valeurs que ces représentants, au demeurant estimables, de la démocratie chrétienne. »

 Mais lorsque les divergences deviendront trop importantes, notamment sur la question de la décolonisation, il quittera le journal. 

Quant à Pierre Debray, il était à l’origine communiste, avant de devenir Maurassien, de se convertir au catholicisme et de devenir un des premiers à se dresser contre le processus d’autodestruction de l’Eglise.

 

Les Nouveaux Prêtres, en 1964, provoque un véritable scandale en mettant en scène un jeune clergé gagné à l’engagement marxiste. 

Avec le recul, quelle portée accordez-vous à ce livre, et que nous dit-il de l’état de l’Église de France au sortir de Vatican II ?

Thierry Bouclier : Ce livre paraît alors que le concile Vatican II n’est pas encore terminé. 

Il apporte deux enseignements. 

D’une part, la crise de l’Eglise et du sacerdoce est antérieure au Concile, celui-ci n’en étant pas la cause, mais plutôt son révélateur et son accélérateur. 

D’autre part, les premiers à défendre la messe, le catéchisme et les sacrements, n’ont pas été les clercs, mais des laïcs, comme Michel de Saint Pierre ou Jean Madiran, parmi beaucoup d’autres. 

Nous ne sommes plus en 1964, mais le livre mérite vraiment d’être lu ou relu. 

Il permet de comprendre la situation actuelle de l’Eglise de France et les raisons pour lesquelles le pays est devenu, dans tant d’endroits, un désert spirituel.

 

Partisan de l’Algérie française, plaidant auprès de De Gaulle la cause des combattants proscrits, affrontant les étudiants activistes à l’Odéon en 1968 : vous décrivez des positions politiques « plus complexes qu’on peut le penser ». 

Pouvez-vous préciser cette complexité que l’étiquette de « réactionnaire » ne suffit pas à résumer ?

Thierry Bouclier : Michel de Saint Pierre a publié en 1963 un vigoureux Plaidoyer pour l’amnistie en faveur des anciens partisans de l’Algérie française, emprisonnés ou encore dans la clandestinité pour échapper à la prison. 

En 1965, il s’est engagé aux côtés de Jean-Louis Tixier-Vignancour lorsque celui-ci s’est présenté à l’élection présidentielle en tant que candidat de l’opposition nationale et adversaire résolu du général de Gaulle. 

Et en 1968, il est allé personnellement rendre visite à ce dernier à l’Elysée pour lui demander la grâce de tous les prisonniers politiques.

 Il a été un compagnon de route du Parti des forces nouvelles fondé en 1974 par d’anciens responsables du mouvement Ordre nouveau et a failli être tête de liste aux élections européennes de 1977 d’une liste commune entre le Parti des forces nouvelles et le Front national.

 En 1982, il a apporté tout son soutien au lancement du quotidien Présent. Il a donc été très engagé à droite, à une époque où il y avait beaucoup de coups à prendre et peu d’avantages à gagner. 

Mais dans le même temps, il a toujours eu beaucoup d’estime pour Georges Pompidou – avec lequel il avait travaillé avant que celui-ci ne fasse de la politique – et était très proche de son beau-frère, Michel Poniatowski, ministre de Giscard d’Estaing.

 S’il s’est opposé aux enragés de 1968, il comprenait les problèmes de la jeunesse et que des réformes étaient nécessaires dans une société bloquée.

 L’étiquette de réactionnaire, si elle veut dire passéiste ou dépassé, ne lui convient certainement pas.

 

Ses combats pour la messe tridentine, le catéchisme et la liberté de l’enseignement le situent dans la fidélité à Rome tout en le plaçant en rupture avec une partie de l’Église de son temps.

 Comment tenait-il cette position, entre fidélité et contestation ?

Thierry Bouclier : Fidélité à la messe traditionnelle et à l’enseignement de toujours de l’Eglise, fidélité dans le même temps à Rome et au Saint Père. 

Une ligne de crête difficile à tenir ! 

Mais Michel de Saint Pierre s’y est toujours accroché. 

Proche et admirateur de Mgr Lefebvre, il lui a écrit à plusieurs reprises en 1986 – toujours avec respect et courtoisie – pour tenter de le dissuader de procéder à des sacres sans mandat pontifical. 

Décédé en 1987, il n’a pas assisté aux sacres de 1988, et encore moins à ceux de 2026.

 Il était sur une position qui est celle défendue par la Fraternité sacerdotale Saint Pierre ou l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. 

Le fondateur de ce dernier, Mgr Gilles Wach, était un de ses grands amis, aumônier de son association Credo. 

C’est lui qui a célébré la messe de ses obsèques, selon le rite de Saint Pie V, en y prononçant un éloge magnifique.

 

Vous inscrivez Saint Pierre dans une lignée d’écrivains catholiques allant de Léon Bloy à Jean de La Varende. 

Pensez-vous que son œuvre puisse ressurgir de ce purgatoire, et si un lecteur d’aujourd’hui ne devait découvrir qu’un seul de ses livres, lequel lui conseilleriez-vous ?

Thierry Bouclier : L’essentiel de son œuvre n’étant pas daté, celle-ci peut être redécouverte et retrouver toute sa place dans la littérature française. 

Permettez-moi de citer plusieurs ouvrages. Ses deux romans, Les Nouveaux Prêtres, et sa suite, La Passion de l’abbé Delance, sont toujours d’actualité pour ceux qui s’intéressent à la crise de l’Eglise qui se poursuit malheureusement. 

Ceux qui aiment la belle littérature peuvent se plonger dans L’Accusée, qui est un très beau roman, avec les univers durs et impitoyables de la justice et de la prison. 

Ceux qui ont apprécié le film sur Charette, produit par le Puy du Fou, ont intérêt à lire sa très belle biographie, Monsieur de Charette, chevalier du Roi. 

 J’ajouterai son roman Les Cavaliers du Veld, consacré à l’épopée des Huguenots en Afrique du Sud, qui me rappelle, à certains égards, Le Grand Sud de A.D.G, sur les bagnards de Nouvelle-Calédonie.

 

Propos recueillis par YV

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LA SECTE DES FRÈRES TROIS POINTS ( FRANC-MAÇONS ) VEULENT PESER DANS L' ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE .........

 TRIBUNES LIBRES !

Le Grand Orient veut peser sur la présidentielle 2027 et porter le coup fatal aux écoles hors contrat

Pour comprendre la nouvelle offensive maçonnique du Grand Orient de France qui vient d’être lancée, il faut prendre en compte le fait que Guillaume Trichard est redevenu le Grand Maître de la principale obédience maçonnique française. 

Il a été réélu le 28 août 2026  lors du 161e Convent réuni à Bordeaux, et retrouve la fonction qu’il avait déjà exercée en 2023-2024.

 Le retour d’un ancien Grand Maître à la tête de l’Obédience ne s’était pas produit depuis trente-sept ans.

 

« L’avant-garde d’un combat déterminé contre les idéologies identitaires »

Cette réélection pourrait être le signe d’une radicalisation du GODF encouragée par les multiples marques de soutien apportées publiquement à la franc-maçonnerie par le président Emmanuel Macron.

Aussitôt revenu à la tête du Grand Orient, Guillaume Trichard a fixé des objectifs très politiques.

Il est évident qu’il entend commémorer en fanfare les trois cents ans du GODF, fondé en 1728 (même si son nom et sa forme organisationnelle actuels datent de 1773). 

Il se prépare donc à dérouler une série de projets destinés à occuper l’avant-scène médiatico-politique.

 

Le Grand Orient de France lance donc des Utopia Masonica, événements publics organisés par les loges au printemps 2027, sur le thème de la « fraternité » et annonce l’organisation de conférences publiques « Chantiers de la République » dans tous les territoires.

 

D’ici le prochain Convent, chacune des 1 400 Loges de l’obédience a reçu pour mission de poser un acte public : conférence, intervention en milieu scolaire ou universitaire, exposition, concert, action en vue de propager les principes maçonniques dans la Cité.

 

En tant que Grand Maître du Grand Orient de France, Guillaume Trichard s’est engagé à faire de son obédience maçonnique « l’avant-garde d’un combat déterminé contre les idéologies identitaires, d’où qu’elles viennent ».

 

Il veut faire disparaître les écoles hors contrat

A peine réélu à la tête du GODF, Guillaume Trichard a bénéficié d’une interview marquante publiée par Le Figaro. 

Au cours de cet entretien, il a déclaré :  « J’estime que les écoles privées hors contrat n’ont pas leur place dans la République. »

 

Guillaume Trichard a fait savoir que le GODF publiera dans les prochaines semaines un livre blanc consacré à « l’école de la République ».

 Les établissements privés hors contrat, qui disposent d’une liberté pédagogique plus importante que les autres seront dans la ligne de mire.

 La secte maçonnique ne supporte pas qu’un enfant échappe à l’influence qu’elle exerce par l’intermédiaire de cette fameuse « école de la République ».

Cette charge contre les établissements hors contrat en annonce d’autres contre l’enseignement privé sous contrat.

 

En effet, de son côté, la Fédération nationale de la Libre Pensée, organisation maçonnique qui ne dit pas son nom, réclame un « plan de sortie en six ans du financement public de l’enseignement privé », et l’abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959.  

En janvier 2026, cet organisme d’ayatollahs de la laïcité a lancé une campagne intitulée « plan de sortie du financement public de l’enseignement privé sous contrat ».

 

Par un tir combiné, la franc-maçonnerie veut donc tout à la fois étrangler financièrement les établissements privés sous contrat et interdire les écoles privées hors contrat. 

Sans avoir besoin de le préciser, la franc-maçonnerie s’est tout simplement fixée pour objectif, comme cela s’est déjà fait par le passé, d’empêcher les parents de placer leurs enfants dans des établissements qui se revendiquent catholiques.

Le Grand Orient de France à l'offensive

 

« Reconstruction du modèle républicain français »

Guillaume Trichard, 50 ans, entré dans la franc-maçonnerie en 1999, à l’âge de 23 ans, affirme ouvertement organiser une présence accrue de son obédience maçonnique dans le débat public afin de contribuer « à la reconstruction du modèle républicain français ». 

Il qualifie le Grand Orient de France de « grand laboratoire des idées de la République ». 

 

Souvenons-nous que, le 8 novembre 2023, Emmanuel Macron rendait publiquement visite au GODF, dirigé par Guillaume Trichard, et encourageait la franc-maçonnerie à prendre plus de place dans le débat public.

Le Grand Orient de France à l'offensive

Le communiqué officiel du Grand Orient de France développe son programme qui contient, par exemple, parmi ses priorités, le droit d’asile aux réfugiés climatiques.

 

Début 2027, le Grand Orient de France prévoit de publier un document exposant ses « espoirs pour la France, l’Europe et le monde ».

Le Grand Orient de France s’engagera dans l’élection présidentielle de 2027 en cherchant à influencer le langage et les thèmes du débat. 

Il déclare vouloir saisir cette occasion pour redonner à la franc-maçonnerie une place centrale dans le débat sur l’avenir de la République.

 

La position de  Guillaume Trichard annonce donc un vif débat sur la liberté éducative, le droit des parents de choisir l’établissement scolaire de leur choix et les compétences de l’État.

 

Trichard cite la loi française sur le droit à l’aide médicale à mourir, promulguée le 18 août 2026, comme exemple de l’influence durable de la franc-maçonnerie. Chacun appréciera…

 

Par Pierre-Alain Depauw