lundi 26 octobre 2026

TRAPPES : L' INDIGNATION SÉLECTIVE DE DJAMEL DEBBOUZZE ..........

 

 


 REVUE DE PRESSE !

Jamel Debbouze se prend une volée de bois vert sur X pour son indignation sélective

Georges Biard, CC BY-SA 3.0

Le message de soutien de Jamel Debbouze aux victimes de l’attaque de Trappes a déclenché une avalanche de critiques. 

Des milliers d’internautes ne lui reprochent pas sa compassion.

 Ils lui reprochent de ne l’avoir manifestée, publiquement, que pour certaines victimes.

 

Quelques heures après la fusillade qui a fait un mort et cinq blessés à Trappes et à La Verrière, Jamel Debbouze a pris la parole sur X. 

L’humoriste, qui a grandi à Trappes, s’est dit profondément bouleversé par cet attentat terroriste raciste et a adressé ses pensées aux victimes et à leurs familles. 

Il a ajouté qu’il fallait regarder en face la haine et le racisme, les nommer et ne jamais les banaliser, avant de conclure : « J’ai mal à ma France ».

 

Sur Instagram, il a eu une pensée pour Pengo Bossio Wangi, l’homme de 26 ans tué dans l’attaque, ainsi que pour la fillette blessée, les autres victimes, les familles et les habitants de Trappes.

Que Jamel Debbouze en soit bouleversé, d’autant plus qu’il s’agit de sa ville, se comprend parfaitement.

 

« Et eux ? »

Pourtant, en quelques heures, les réponses ont afflué sous son message, et elles posaient presque toutes la même question : pourquoi lui, si prompt à dire sa douleur cette fois, est-il resté silencieux lors d’autres drames ?

 

Les internautes ont publié les visages de victimes dont la mort a bouleversé les Français.

 Lola Daviet, 12 ans, retrouvée morte dans une malle à Paris en octobre 2022. 

Thomas, 16 ans, poignardé lors d’un bal de village à Crépol, dans la Drôme, en novembre 2023.

 Philippine, étudiante de 19 ans, tuée en septembre 2024 dans le bois de Boulogne. 

Les enfants de l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse, assassinés par Mohammed Merah en 2012. 

Les professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard. 

Et tant d’autres encore, depuis tant d’années.

Un internaute a résumé le reproche en évoquant les enfants juifs tués par Merah, Lola et Thomas, pour lesquels, selon lui, l’humoriste n’aurait jamais exprimé publiquement de telles émotions. 

Un autre lui a donné raison sur le fond, tout en lui demandant pourquoi personne ne l’avait entendu pour ces enfants. 

Une troisième s’est contentée de quatre mots : « Et eux ? On ne t’a pas entendu ». 

Plusieurs ont publié des captures d’écran de recherches sur son compte X, associant son nom à ceux de Lola ou de Crépol, qui ne donnaient aucun résultat.

 

Une question légitime

Le reproche n’est pas absurde. 

Jamel Debbouze ne parle pas seulement en simple citoyen. 

C’est l’une des personnalités les plus connues du pays. 

Quand il écrit qu’il a « mal à sa France », il parle au nom d’une communauté nationale. 

Il est alors normal que ses lecteurs se demandent pourquoi cette France ne lui a pas fait aussi mal quand une collégienne était tuée à Paris, quand un adolescent mourait poignardé dans un village de la Drôme, ou quand des enfants juifs étaient abattus devant leur école.

Il ne s’agit pas de mettre les drames en concurrence. 

Mais la compassion publique, elle, n’a pas à être triée. 

Si l’on appelle à nommer la haine et à ne jamais la banaliser, ce principe vaut pour toutes les victimes. 

Sinon, l’émotion semble dépendre de qui est la victime et de qui est le coupable.

 Ce soupçon est précisément ce qui fracture le pays.

C’est là que le message de Jamel Debbouze a touché un point sensible. 

Beaucoup de Français ont le sentiment que certaines victimes sont pleurées par toutes les voix connues du pays, tandis que d’autres le sont presque uniquement par leur famille et par des anonymes. 

Ils ont vu, à Crépol comme pour Lola, des appels à la retenue et des accusations de « récupération » dès que l’émotion publique s’exprimait. 

Ce sentiment d’une indignation à deux vitesses nourrit la défiance envers ceux qui parlent au nom de tous.

 

Ce qu’on attend d’une personnalité publique

Personne n’est tenu de réagir à chaque fait divers. 

Mais qui prend la parole avec la force de son nom pour donner une leçon de morale s’expose à ce qu’on lui demande d’être cohérent. 

Jamel Debbouze avait raison de dire qu’il faut nommer la haine et ne jamais la banaliser. 

Les internautes lui demandent simplement d’appliquer ce principe à toutes les victimes, à Crépol comme à Trappes et pour Lola comme pour Pengo Bossio Wangi.

 

ET AUSSI

 

BFMTV déprogramme Zemmour au lendemain de l’attentat de Trappes

Illustration : Le JDF

Le président de Reconquête devait être interviewé samedi soir à 21 heures.

 La chaîne a annulé l’entretien, au lendemain de la fusillade de Trappes et sous la pression d’une pétition.

Éric Zemmour dénonce une censure.

 

L’annonce a été faite samedi 24 octobre par un message de quelques mots. 

La Société des journalistes de BFMTV a indiqué sur X qu’Éric Zemmour, attendu en interview le soir même, ne serait finalement pas à l’antenne. 

Le message ne donnait ni la raison ni l’origine de la décision. 

On ne savait pas si la chaîne avait annulé l’entretien ou si l’invité avait renoncé, ni s’il s’agissait d’un report.

Un cadre de la chaîne a précisé ensuite à Puremédias que l’interview avait été programmée avant l’attaque de Trappes. 

Selon lui, la chaîne a décidé de ne pas la maintenir après l’attentat et l’a fait savoir à Éric Zemmour en fin de matinée. 

C’est donc une décision de la direction, prise au regard de l’actualité.

Le président de Reconquête devait revenir sur la fusillade et sur la nouvelle journée de mobilisation organisée sous haute sécurité.

 Il était déjà passé sur le plateau de la chaîne le 17 septembre, dans l’émission Face à BFM, où il avait confirmé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.

 

Le contexte : l’attentat de Trappes et de La Verrière

Le vendredi 23 octobre, en moins d’un quart d’heure, un homme a tiré en rafales au pistolet-mitrailleur depuis sa voiture, dans les rues de Trappes puis de La Verrière, dans les Yvelines. 

Un homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, a été tué.

 Cinq personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans. 

L’enfant a été visée à La Verrière alors qu’elle rentrait de la piscine, un foulard sur la tête. 

Deux agents d’entretien de 29 et 47 ans, décrits par la municipalité comme d’origine africaine, ont été grièvement blessés près d’une pharmacie.

 

Le suspect, Kévin T., 39 ans, a été arrêté par la BAC. Selon le parquet national antiterroriste, il n’était pas fiché S et n’était connu que pour des faits de droit commun. 

Le PNAT a ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». 

L’Élysée a dénoncé un « attentat terroriste raciste ».

 

La pétition

Dès l’annonce de l’interview, vendredi, une pétition a circulé pour demander la déprogrammation du candidat de Reconquête!. 

Elle a été relayée par le député écologiste Benjamin Lucas-Lundy, qui estimait qu’Éric Zemmour « n’a pas sa place à la télévision ce soir ».

 Ben voyons.

 

La décision de BFMTV intervient deux jours après un avertissement du régulateur. 

Le jeudi 22 octobre, l’Arcom a en effet écrit aux télévisions et aux radios pour leur demander la plus grande vigilance dans le traitement des manifestations et des troubles à l’ordre public depuis le 17 octobre. 

Elle insiste sur un traitement rigoureux et équilibré, surtout lorsque les informations diffusées peuvent susciter la peur ou aggraver les risques de troubles. 

Saisie à de nombreuses reprises, l’autorité a ouvert l’instruction de près d’une dizaine de séquences, qui pourraient donner lieu à des interventions auprès des chaînes, voire à des sanctions.

Toutes les rédactions sont concernées. 

L’une des séquences visées a été diffusée le 18 octobre sur CNews : une journaliste du JDD, Lara Tchekov, y avait affirmé que des émeutiers portaient des armes automatiques, ce que les services de renseignement ont démenti.

 La journaliste a ensuite reconnu avoir donné l’information trop vite. 

Une éditorialiste de franceinfo, Alix Bouilhaguet, s’est excusée à l’antenne après avoir affirmé à tort que Jean-Luc Mélenchon n’avait jamais clairement condamné les violences. 

Sur LCI, l’éditorialiste Isabelle Saporta a été suspendue une semaine après un échange houleux avec Prisca Thévenot. 

Dans le même courrier, l’Arcom a apporté son soutien aux journalistes de terrain, qui travaillent parfois dans des conditions de sécurité très précaires, et dénoncé les intimidations et agressions dont certains ont été victimes.

La riposte du Z

Éric Zemmour a répondu en début de soirée sur X.

 Il a relayé un message de la Société des journalistes de BFMTV signalant qu’une équipe de reporters avait été violemment prise à partie par des personnes hostiles à Trappes dans l’après-midi.

 Il l’a accompagné d’une phrase adressée à la chaîne : « Vous leur avez cédé en me censurant, ils ne vous en sont guère reconnaissants ».

 Il attribue ainsi sa déprogrammation aux pressions exercées sur BFMTV et rapproche cette décision de l’hostilité subie par les journalistes de la chaîne sur le terrain.

La décision crée un précédent inquiétant. 

Une chaîne d’information a renoncé à interviewer un candidat déclaré à la présidentielle après une pétition relayée par un député d’un parti adverse.

 Pourtant, c’est le rôle du journaliste de confronter un responsable politique à ses propos, plutôt que de le priver d’antenne, et les règles de pluralisme valent pour tous.

Le moment choisi, au cœur d’une crise politique et à quelques mois du scrutin, renforce le soupçon de partialité. 

Mais il y aura l’effet « Streisand » : la censure ne fera que renforcer le Président de Reconquête, qui voit là une sorte de « CQFD » assez clair.

BFMTV n’a pas dit si l’entretien serait reporté. 

À six mois de l’élection présidentielle, alors que l’Arcom surveille de près le pluralisme des antennes, la question de la place accordée au candidat de Reconquête! risque de revenir rapidement.

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