lundi 5 octobre 2026

TOUCHER AUX RETRAITÉS (ES ) EST UNE INJUSTICE SANS NOM !

  


 TRIBUNES LIBRES 

On vous a légué les Trente Glorieuses et vous osez taxer nos retraites !

Décideurs de ce pays, votre ignorance vous égare. 

Notre retraite n’a rien d’un privilège, elle n’est que la juste récompense de nos efforts aussi intenses que  méconnus.

 

Nous avons travaillé 2100 heures par an contre 1600 aujourd’hui selon l’Insee ! Beaucoup ont trimé jusqu’à 65 ans.

 Et vous osez nous traiter de nantis qui ruinent le pays et se prélassent sur le dos des actifs ? 

Face à vos attaques incessantes et à vos calculs comptables sur nos retraites, il est temps de rappeler quelques vérités historiques à ceux qui ont la mémoire courte. 

Entre les semaines de 48h, les 3 semaines de congés et le départ à 65 ans, notre génération n’a pas chômé pour bâtir la France moderne dont vous avez hérité. 

C’est vous et vous seuls qui avez dilapidé ce trésor inestimable. 

Par conséquent, pourquoi devrions-nous financer vos dettes et réparer les dégâts de votre gestion de cigale totalement irresponsable ?

La génération qui a reconstruit la France depuis 1945 et l’a projetée dans le monde moderne, cette fabuleuse France gaullienne, mérite reconnaissance et respect. 

Car elle peut être fière de ce qu’elle vous a légué. 

Mais vous préférez la mettre sur le banc des accusés pour vous exonérer de vos lourdes responsabilités dans la faillite d’aujourd’hui. Vous êtes responsables et coupables du désastre.

 

La réalité est que la nation a une dette morale envers ses aînés. 

Les retraités actuels ne bénéficient d’aucun privilège indu : ils récoltent simplement les fruits d’une vie de travail d’une intensité que les générations actuelles sont très loin d’imaginer.

 

Une vie de labeur sans concession

Les retraités d’aujourd’hui sont les artisans des Trente Glorieuses (1945-1975). 

À cette période de reconstruction, les normes de travail n’avaient rien de commun avec le confort moderne :

– une durée hebdomadaire théorique fixée à 40 heures mais qui était de 45 à 48 heures en réalité.

– 2 semaines de congé jusqu’en 1956, 3 semaines ensuite. 

La 4e semaine est arrivée en 1969 et la 5e en 1982.

– pas d’assistanat démesuré, ni RMI ou RSA, ni APL, ni chèques d’aide en tous genres. 

L’Etat n’était pas la vache à lait dont les largesses se substituent au salaire.

 

Un héritage fabuleux… dilapidé !

Faire le procès des seniors est une injustice sans nom. 

Ils ont légué une France riche et prospère, affichant une croissance à la chinoise de 5 à 6 % par an, propulsant le pays vers un niveau de vie au sommet. 

Pendant que la France gaullienne tournait à plein régime et caracolait aux premiers rangs des classements économiques mondiaux, le Japon et l’Allemagne émergeaient à peine des ruines et du redressement de la guerre.

 Notre rang international était envié et respecté. 

Par conséquent, au vu du champ de ruines actuel, oser reprocher aux retraités le coût de leur pension est une ignominie.

 

Le leurre de la retraite à 60 ans et des 35 heures

Si le travail et le mérite étaient les moteurs de la France gaullienne, dès l’école et durant toute la vie active, cela n’a pas duré. 

Les générations qui ont suivi ont privilégié le « temps libre » et la « qualité de vie », sans réaliser que seul le travail peut financer les besoins essentiels d’une société.

 La retraite à 60 ans et la semaine de 35 heures, cela a un coût qui se reporte automatiquement sur les actifs, salariés et entreprises.

 

Avant 1982, l’âge de départ à la retraite était fixé à 65 ans. 

Bien des salariés commençaient à travailler à 14 ou 16 ans, la religion du « bac pour tous » n’étant pas encore d’actualité. 

35 % des salariés travaillaient dans l’industrie et 25 % dans l’agriculture, loin des automatismes et de la mécanisation des métiers d’aujourd’hui. 

Ce sont souvent des corps usés qui prenaient la retraite à 65 ans.

 

Pour conclure, ce n’est pas en utilisant les retraites comme variable d’ajustement budgétaire que le gouvernement redressera les finances de l’Etat. 

Nous en sommes à 3600 milliards de dettes et nous empruntons au taux de 5 %, ce qui entraîne une charge de la dette qui va dépasser les 100 milliards en 2027, alors que la croissance est à l’arrêt.

Tout ne peut donc qu’empirer.

 

Quelles que soient les coupes dans les dépenses et les retraites, rien ne sera possible sans travailler davantage, seule solution crédible pour créer de la richesse. 

Prenons pour objectif la moyenne européenne pour la durée annuelle de travail et pour l’âge de départ à la retraite.

Rien d’insurmontable quand on a une espérance de vie de 80 ans.

Cela exige de travailler 120 heures de plus par an, ce qui génère 100 milliards de PIB.

 Et si on aligne le départ à la retraite sur la moyenne européenne à 65 ans, ce sont encore 50 milliards de PIB supplémentaires. 

Certes, ces 150 milliards de PIB chaque année ne vont pas résoudre tous nos problèmes, mais la fiscalité induite évitera de baisser les revenus, mesure qui va plomber la consommation, donc la croissance et les recettes fiscales de l’Etat.

 

N’oublions jamais que c’est ce monumental déficit de travail  qui nous a ruinés, car nous l’avons compensé par l’emprunt perpétuel et le recours à une main d’oeuvre non qualifiée, totalement inutile à une économie moderne. 

Depuis des décennies, pas un seul politicien n’a eu le bon sens élémentaire pour nous éviter ce naufrage titanesque.

Prétendre que les retraités pèsent sur l’économie est un odieux mensonge : Ils ont payé leur part, et ont offert au pays ses plus belles décennies.  

Ils ne demandent pas l’aumône, ils exigent leur dû. 

La solution est dans le « travailler plus » et certainement pas dans le « taxer plus ». 

C’est tout le contraire de l’assistanat, que vous cultivez par faiblesse et manque de courage.  

Par ailleurs, toute augmentation de la durée du travail nous évitera d’importer une main d’oeuvre non qualifiée qui coûte plus cher en social que sa contribution au PIB.

 

Que chaque retraité qui lira ce texte n’hésite pas à le partager massivement pour faire entendre notre voix.

Par Jacques Guillemain

 


 
 
ET AUSSI
 
 

Les retraites des fonctionnaires n’ont pas de tableau dans le budget

Temps de lecture : 2 minutes

Dans les Chiffres clés du projet de loi de finances, le mot « Pensions » apparaît six fois. 

Jamais pour donner un montant, toujours pour délimiter un périmètre : « hors dépenses de contribution aux pensions civiles et militaires », « hors contributions au CAS Pensions », « hors contributions directes de l’État au CAS Pensions ». 

Encore faut-il savoir ce qu’est ce CAS Pensions.

 La Cour des comptes vient d’y consacrer un rapport, publié en septembre, et son premier constat est le plus important : contrairement à tous les autres régimes, celui de la fonction publique d’État « n’est pas géré par une caisse de retraite ». 

L’État reste seul redevable des pensions de ses fonctionnaires, qui constituent pour lui « des engagements hors bilan dont il doit assurer le financement ».

 

Depuis 2006, les dépenses et les recettes correspondantes sont simplement isolées dans un compte d’affectation spéciale, c’est-à-dire une ligne comptable à l’intérieur du budget de l’État.

 La Cour ajoute une précision décisive : ces dépenses « sont financées par des recettes dont beaucoup ne correspondent pas à des flux financiers réels mais à des conventions comptables au sein du budget général de l’État ».

 Le régime de retraite des fonctionnaires de l’État, qui a versé 65,1 milliards d’euros de pensions en 2025, n’a droit à aucun tableau.

Le chiffre le plus spectaculaire ne figure pas davantage dans le dossier du budget

. Les engagements de l’État au titre des retraites de ses fonctionnaires civils et militaires s’élevaient fin 2025 à 1 366 milliards d’euros, dont 1 283 hors La Poste et Orange.

 Il s’agit de la somme actualisée des pensions qu’il devra verser aux retraités actuels et aux actifs, et 58 % de ce montant correspondent à des fonctionnaires déjà partis. 

Ces engagements ne figurent pas au passif du bilan de l’État : ils sont renvoyés en annexe du compte général, parmi les engagements hors bilan.

Un dernier chiffre donne la mesure de l’effort réel. 

Depuis 2006, les pensions des fonctionnaires de l’État représentent entre 10 % et 13,5 % des dépenses du budget général, et surtout environ 20 % des recettes fiscales nettes de l’État.

 

Le ministre des Comptes publics écrit vouloir « améliorer la transparence de nos comptes publics, notamment sur le financement des retraites des fonctionnaires de l’État ». 

Mais la phrase n’est accompagnée d’aucune mesure, d’aucun montant et d’aucun calendrier. 

Elle ne fait que reprendre une demande que la Cour des comptes venait d’adresser au gouvernement, celle de décomposer les dépenses du CAS Pensions dans le rapport annexé au projet de loi de finances pour 2027. Ce rapport, précisément, n’a pas encore été publié.

 

D’un côté, les retraités du privé dont la pension dépasse 1 260 euros par mois verront leur revalorisation amputée, par décret, pour quatre milliards d’euros.

 De l’autre, soixante-cinq milliards de pensions publiques financées par des écritures internes, un taux de contribution fixé par décret, un régime sans caisse et sans tableau, et une promesse de transparence sans date.

 

 Source et Publication :  https://contrepoints.org/les-retraites-des-fonctionnaires

 

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