mercredi 7 janvier 2026

LA DOCTRINE MONROE OU LE RAPPEL BRUTAL DU MOND RÉEL .......

 EN BRETAGNE , IL NEIGE EN HIVER  !   C' EST UN SCOOP    ?

 


 REVUE DE PRESSE !

mercredi, 07 janvier 2026

La doctrine Monroe, ou le rappel brutal du monde réel

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Balbino Katz

Chroniqueur des vents et des marées

Je reviens d’une semaine dans le Midi, non loin d’Aix-en-Provence, où j’ai fait l’épreuve salutaire de l’oubli volontaire. 

Oublier l’ordinateur, laisser le téléphone au fond d’une poche, se rendre disponible au paysage et aux livres, voilà un luxe que notre temps croit superflu et qui demeure pourtant l’un des derniers refuges de l’esprit. 

La Provence, avec ses collines ourlées de pins et ses pierres blondes, offre à qui sait regarder une leçon européenne ancienne, faite de mesure, de durée et d’équilibre.

 Sous ce ciel sans hâte, j’ai lu, j’ai marché, j’ai observé, comme on le ferait dans une province romaine demeurée fidèle à son génie.

 

L’illusion d’un retrait total ne dure jamais longtemps. 

Même au milieu des oliviers, le fracas du monde finit par parvenir jusqu’à vous.

 Les conversations des terrasses, les journaux laissés sur les tables, la télévision d’un bistrot ont fini par évoquer la spectaculaire opération militaire américaine qui a conduit des unités d’élite de la Delta Force à capturer sans pertes le président de facto du Venezuela. 

Le déploiement, d’une ampleur quasi théâtrale, a mobilisé des centaines d’aéronefs et des milliers d’hommes, rappel brutal de ce qu’est aujourd’hui la puissance militaire réelle.

 Nulle autre force au monde n’est en mesure d’égaler une telle projection, ni la Russie empêtrée dans la boue du front ukrainien, ni la Chine qui se gargarise de parades et de chiffres, ni surtout l’Europe, absente du tableau comme un figurant effacé.

Quelques heures après cet enlèvement réussi, Donald Trump s’est longuement adressé à la presse, invoquant une fois encore la doctrine Monroe pour justifier l’action américaine.

 

 Depuis son retour au pouvoir, cette référence est devenue chez lui une sorte de refrain, presque une incantation. 

Elle sert à rappeler, sans fard ni précaution oratoire, que les États-Unis entendent réaffirmer ce qu’ils considèrent comme un droit de naissance sur le continent américain. 

 

La doctrine, formulée en 1823 dans un monde encore secoué par les convulsions de l’empire espagnol, surgit ainsi des archives comme un texte vivant, réarmé pour le présent.

Les Européens, pour la plupart, restent interdits devant ce retour en force de principes géopolitiques que l’Amérique elle-même avait semblé reléguer avec la création des Nations unies en 1945. 

Le droit international, tel qu’il fut patiemment construit après la Seconde Guerre mondiale, se voit remisé au magasin des accessoires par un interventionnisme désormais décomplexé. 

Il serait pourtant naïf de s’en étonner. 

La politique, écrivait Carl Schmitt, repose d’abord sur la distinction de l’ami et de l’ennemi, non sur des abstractions juridiques. 

Les États-Unis renouent avec cette vérité élémentaire, pendant que l’Europe persiste à s’en détourner.

 

Notre faiblesse est multiple.

 Elle est militaire, économique, et plus encore politique. 

L’Union européenne, qui gouverne aujourd’hui nos destinées sans en assumer les risques, n’est que l’ombre d’une puissance, incapable de penser le monde tel qu’il est, et plus incapable encore de défendre ses peuples face au danger le plus immédiat, celui de la submersion migratoire. 

Cette impuissance n’est pas une fatalité historique, elle est le produit d’une volonté défaillante, d’un renoncement prolongé à toute idée de souveraineté charnelle.

C’est pourquoi il faut analyser avec sang-froid la résurgence de la doctrine Monroe, et peut-être, paradoxalement, s’en réclamer nous aussi. Non pas de la version tronquée que brandit Washington, mais de son texte originel, souvent oublié.

 En 1823, cette doctrine affirmait certes la prééminence américaine sur les affaires du Nouveau Monde, tout en renonçant explicitement à toute atteinte aux possessions européennes subsistantes, françaises ou britanniques.

 Elle constatait également, point essentiel, le désengagement volontaire des États-Unis des affaires européennes.

Ainsi comprise, la doctrine Monroe convenait parfaitement à l’Europe. 

Elle reconnaissait une réalité géopolitique sans humilier les puissances du Vieux Continent, et traçait une ligne claire entre les sphères d’influence. 

Les États-Unis n’avaient rien à faire en Europe, l’Europe conservait ses territoires et sa liberté d’action. 

 

Cette lecture intégrale, équilibrée, serait aujourd’hui plus favorable à nos intérêts que l’universalisme abstrait auquel nous nous accrochons par habitude.

 

La conclusion s’impose d’elle-même. 

Revendiquer la doctrine Monroe, oui, mais dans sa totalité. L’Amérique aux États-Unis, l’Europe et ses territoires ultramarins aux Européens. 

Une telle affirmation n’a rien de belliqueux, elle est simplement conforme à l’ordre du monde réel, celui que Spengler appelait de ses vœux lorsqu’il invitait les peuples fatigués à regarder en face leur destin. 

 

Sous le soleil provençal, cette évidence prenait la douceur d’une certitude ancienne, comme une mer calme après la tempête.

00:53 Publié dans Balbino Katz

ET AUSSI

mercredi, 07 janvier 2026

La « doctrine Donroe », cet étrange « sentiment de danger »

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La chronique de Philippe Randa

L’année 2026 commence fort par l’attaque surprise – bien que prévisible, paraît-il ­– des États-Unis d’Amérique contre le Vénézuela et la capture et l’exfiltration de son président contesté Nicolas Maduro.

 

Officiellement, cela a été décidé pour lutter contre le narco-trafico-business de ce dernier et accessoirement pour délivrer les Vénézuéliens d’un abominable dictateur qui aurait confisqué le Pouvoir pour mieux s’enrichir et les auraient ainsi ruinés. Pourquoi pas !

Grand seigneur, le président Trump a même annoncé que les USA « allaient diriger le pays jusqu’à ce que nous (c’est-à-dire “eux”, les Américains) puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse. »

 

Pour embêter un peu plus ceux qui jugeraient – on se demande bien pourquoi – cette déclaration quelque peu « colonialiste », sinon « dictatoriale » – l’une n’excluant pas l’autre –, Donald Trump en a rajouté une louche dans la foulée en rappelant la doctrine Monroe, texte vieux de deux siècles selon lui « trop longtemps oubliée » qui considère l’Amérique latine – et plus largement les Amériques – comme la chasse gardée de Washington ; d’ailleurs, emporté par l’enthousiasme, il n’a pas non plus hésité à la rebaptiser de son propre nom, officialisant ainsi la « doctrine  Donroe », puisque « nous (c’est-à-dire “lui”, The Donald) nous l’avons dépassée de très loin ». 

Au moins, les choses sont dites et on n’est jamais si bien servi que par soi-même, c’est bien connu !

D’où les réactions très contrastées entre, d’une part, les « ravis » de la chute spectaculaire d’un narco-dictateur et, d’autre part, les « outrés » d’un viol aussi flagrant du droit international.

 

Au-delà des réactions partisanes, on peut aussi faire quelques simples remarques qui ne manqueront sans doute pas de déplaire aux uns comme aux autres.

 

D’abord, en rappelant que l’initiative yankee de ce début d’année n’est en rien une première : les USA avaient déjà, pour les mêmes raisons invoquées, capturé en 1989, puis jugé et emprisonné le chef de l’État panaméen Manuel Noriega, pourtant ancien stipendié de la CIA.

 

De même, la guerre du golfe de 2003 avec la chute de Saddam Hussein, puis celle du Kosovo (1998-1999) avec celle du président Milosevik avaient été menées certes pour d’autres raisons, mais sans davantage tenir compte du droit international, puisque bafoué par le mensonge du Secrétaire d’État américain Colin Powell sur les armes de destruction massive qu’aurait détenu l’Iraq pour la première… et par une intervention étrangère dans un conflit intérieur de ce qui était alors la République fédérale de Yougoslavie pour la deuxième.

 

Ensuite, comme n’a toutefois pas manqué de le faire remarquer notamment la RTBF : « Un autre enjeu, bien plus structurant, s’impose en toile de fond : le pétrole. 

Ressource centrale de l’économie vénézuélienne, l’or noir cristallise depuis près d’un demi-siècle un bras de fer acharné entre Caracas et Washington, que l’offensive américaine vient brutalement raviver. »

 

De quoi tempérer l’enthousiasme des laudateurs de Donald Trump pour avoir débarrassé la planète d’un « méchant » par une action aussi efficace que pas nécessairement si désintéressée que cela… 

Mais tout travail mérite salaire, concédront-ils.

 

Enfin, si la « doctrine Monroe » ne s’est pas cantonnée par le passé aux seules Amériques, la « doctrine Donroe » ne s’appliquera-t-elle pas un jour à un pays de l’Union européenne qui serait, par exemple, dirigé par un gouvernement islamiste ? 

Et plus certainement encore si ce pays détenait par exemple… l’arme atomique… hors partage nucléaire de l’Otan ?

Mais ce n’est là peut-être qu’un « sentiment de danger ». 

Un de plus !

00:43 Publié dans Philippe Randa |

Source et Publications:  http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/01/07

jmlb

Je rêve ......;;



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