lundi 20 avril 2026

RETOUR DE LA PRESSE ALGÉRIENNE CONTRE BOUALEM SANSAL !

 REVUE DE PRESSE !

 


 

« Un écrivain qui épouse les thèses les plus radicales » : la presse algérienne contre Sansal

Encouragés par une certaine presse française, des médias algériens relancent l’offensive contre l’écrivain.
Capture d'écran YT France Inter
Capture d'écran YT France Inter

« Boualem Sansal dévoile enfin son vrai visage politique. » 

Encouragés par une certaine presse française bien-pensante qui, depuis plusieurs semaines, attaque sans relâche Boualem Sansal, des médias algériens relancent l’offensive contre l’écrivain.

 

Dernier prétexte en date trouvé, pour salir l’image du septuagénaire : sa décision de quitter la maison d’édition Gallimard pour rejoindre Grasset. 

« Dès son changement d’écurie de Gallimard, sa maison d’édition historique, à Grasset chez Bolloré, il s’est mis au travail. 

Sa tâche est claire : s’attaquer à l’Algérie, en droite ligne de la stratégie de tension permanente de l’extrême droite », affirme ainsi le quotidien numérique TSA Algérie

Ce média algérien, qui n’a jamais caché son antipathie envers Boualem Sansal, a ainsi publié, ce 14 avril, un long article à charge contre l’écrivain.

Un auteur d’extrême droite ?

Dès les premières lignes, le ton est donné. 

Alors que le sujet du papier est une reprise de l’article paru dans Le Monde, au début du mois, sur le changement de maison d’édition de Boualem Sansal, le journaliste ne peut s’empêcher d’établir un lien entre le nouvel académicien et l’ancien ministre de l’Intérieur. 

Bruno Retailleau, que TSA Algérie n’a eu de cesse de pourfendre, est ainsi cité deux fois dans les deux premiers paragraphes. 

Le quotidien algérien ne s’arrête pas là.

 Il tente ensuite de décrédibiliser la plainte déposée par Boualem Sansal contre le président algérien à la suite de son incarcération - « une démarche pour le moins curieuse » - et affirme que « rien ne [la] justifie ».

 De là à qualifier la démarche de « sénile », il n'y a qu'un pas...

Mais ce que TSA Algérie ne supporte vraiment pas, c’est que Boualem Sansal ait décidé de rejoindre la maison Grasset et, donc, « la galaxie Bolloré ». 

Selon TSA Algérie, à l’instar des médias du groupe Vivendi, régulièrement accusés par la presse algérienne d’alimenter la « haine » contre l’Algérie, l’écrivain se serait lui aussi donné pour mission d’« entretenir la tension avec l’Algérie ».

 Pire : « longtemps dissimulé par manque de courage politique », Boualem Sansal assumerait aujourd’hui « son vrai visage, qui est celui d’un écrivain qui épouse et promeut les thèses les plus radicales de l’extrême droite », s’inquiète le quotidien algérien.

TSA Algérie n’est pas l’unique média à sonner la charge contre l’écrivain. Echorouk, l’un des quotidiens les plus vendus de l’autre côté de la Méditerranée, dépeint de son côté « la chute de la "légende" ».

 Un autre site médiatique diffusé au Maghreb accuse « l’auteur de s’aligner sur les thèses les plus révisionnistes de la droite identitaire ».

Pourtant, si les médias algériens prenaient la peine d’écouter les récents entretiens donnés par Boualem Sansal, ils auraient noté que celui-ci se défend de « se rapprocher de l’extrême droite ». 

Mais aucun n'en fait mention...

 

Une presse algérienne encouragée par… la presse française

Cette offensive médiatique en Algérie contre Boualem Sansal ne vient pas de nulle part.

 Elle s’inspire largement des articles publiés dans la presse française, ces dernières semaines

Ainsi, tous les papiers algériens à charge contre l’écrivain commencent par citer, pour justifier leurs propos, des articles parus dans Le Monde ou Libération

Début avril, Libération s’inquiétait en effet du changement de maison d’édition, « une rupture affective et idéologique, qui éclaire la droitisation assumée d’un romancier, désormais dans une écurie Bolloré ».  

Le Monde, de son côté, s’inquiétait d’un « malaise grandissant » autour de la figure de l’écrivain. Et Le Nouvel Obs estimait, quant à lui, que le « clan Bolloré » aurait « retourné le cerveau » de Sansal.

 

Une certaine presse algérienne, proche de la ligne du régime, qui jusque-là se servait de la figure de Bruno Retailleau pour dénoncer la montée d’un discours anti-Algérie en France, n’est donc pas mécontente d’avoir trouvé un nouveau bouc émissaire.

 

Journaliste à BV   https://www.bvoltaire.fr/
 

 

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