mardi 14 avril 2026

L' IDOLÂTRIE POLITIQUE : CE VICE QUI RONGE ET TUE DE L' INTÉRIEUR .......

 TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !

Orban, Trump, Poutine…et tous les autres :

 L’idolâtrie politique : ce vice qui ronge et tue 

de l’intérieur

 Les groupes Telegram ou  Facebook s’affolent. 

Les commentaires s’enchaînent. Les analyses tombent en cascade. 

« C’est la fin de l’Europe souverainiste. » « Bruxelles a gagné. » « On est foutus. » 

Certains pleurent presque.  D’autres ragent.

 Tous commentent, partagent, réagissent, s’indignent.

Et pendant ce temps — pendant que vous passez votre soirée à scruter les résultats d’une élection dans un pays dont vous ne parlez pas la langue, dont vous ne connaissez pas un seul habitant, et sur lequel vous n’avez strictement aucune prise — vos enfants grandissent dans une école qui les formate. Votre commune perd ses derniers commerces.

 Votre voisin agriculteur est à deux doigts de craquer. 

Votre langue, votre culture, votre territoire se vident lentement de leur substance.

Mais Orbán.

 Parlons d’Orbán.

 

Vous êtes devenus des groupies du politique mondial

Soyons honnêtes. 

Disons ce que personne ne veut dire.

Une large partie de la droite identitaire française — et bretonne — s’est transformée en fan-club international.

 Orbán était l’idole. Avant lui, c’était Trump.

 Demain ce sera quelqu’un d’autre.

 Modi peut-être. Ou Milei. 

Ou le prochain homme providentiel que les chaînes Bolloré et les algorithmes de Twitter vous présenteront comme le sauveur de la civilisation occidentale.

 

Vous suivez ces hommes comme des adolescents suivent leurs influenceurs.

 Vous partagez leurs discours. Vous achetez leurs livres. 

Vous lisez leurs citations sur fond de coucher de soleil. 

Vous débattez pendant des heures de ce qui se passe à Budapest, à Washington, à Kiev, à Gaza — comme si votre opinion là-dessus allait changer quoi que ce soit à quoi que ce soit.

Elle ne change rien. Strictement rien.

Orbán gouvernait la Hongrie.

 Pas votre commune. Pas votre région. Pas votre pays.

 Il défendait les Hongrois — ce qui était son rôle, et c’était bien. 

Mais il ne vous défendait pas. Il ne pouvait pas vous défendre. 

Personne ne peut vous défendre à votre place. 

C’est ça, le secret que personne ne vous dit.

 

Le confort de la lutte par procuration

Il y a quelque chose de profondément confortable dans les luttes par procuration. Quelque chose de douillet, même.

Soutenir Trump depuis votre canapé de Rennes ou de Quimper, ça ne coûte rien.

 Ça ne demande aucun effort. Aucun sacrifice.

 Aucune prise de risque. 

Vous gagnez en revanche le sentiment délicieux d’appartenir à un camp, d’avoir un ennemi clairement identifié, de faire partie d’une guerre globale et épique entre le Bien et le Mal — entre les patriotes et le mondialisme, entre la civilisation et le chaos.

C’est du cinéma.  Du très bon cinéma, parfois.  Mais du cinéma.

Pendant que vous regardez ce film, votre vie réelle se déroule ailleurs.

 Et dans cette vie réelle, personne ne viendra vous sauver. 

Ni Trump depuis Washington. Ni Orbán depuis Budapest. Ni Poutine depuis Moscou — et si vous comptez sur lui, vous avez un problème de jugement plus sérieux encore.

Les chaînes d’info en continu, les plateaux de CNews, les fils Twitter de droite, les groupes Telegram souverainistes — tout cet écosystème fonctionne sur un modèle simple : vous maintenir dans un état permanent d’agitation émotionnelle qui vous donne l’impression de combattre sans jamais rien faire.

 La colère est entretenue. L’indignation est renouvelée quotidiennement. 

Et vous restez assis, bien chauds, parfaitement immobiles.

C’est exactement ce que vos adversaires souhaitent.

 

Ce qui se passe chez vous

Laissez-moi vous poser quelques questions concrètes.

Savez-vous combien d’exploitations agricoles ont disparu dans votre département l’année dernière ? 

Connaissez-vous le nom du président de votre communauté de communes ?

 Avez-vous participé à la dernière réunion publique de votre municipalité ? 

Avez-vous soutenu financièrement un média local indépendant, une association culturelle bretonne, un éleveur en difficulté près de chez vous ?

 Avez-vous eu une vraie conversation — pas un débat Twitter, une vraie conversation — avec des gens de votre quartier, de votre village, de votre canton, sur ce que vous voulez pour vos enfants ?

 

Si la réponse est non à la plupart de ces questions, alors votre engagement politique est une illusion.

Un théâtre d’ombres.

 Vous êtes spectateur de l’histoire du monde pendant que l’histoire de votre peuple, de votre territoire, de vos proches, s’écrit sans vous.

La Bretagne se vide de ses paysans. 

Le trafic et la consommation de drogues explosent.

 L’insécurité aussi, partout, en Bretagne comme en France.

 La langue bretonne agonise doucement malgré quelques sursauts courageux.

 Les centres-bourgs meurent commerce après commerce. 

Les jeunes partent. D’autres populations viennent les remplacer progressivement. 

Les anciens s’éteignent avec leurs mémoires.

 La mer monte.

 Les terres sont rachetées par des fonds d’investissement qui ne mettront jamais les pieds ici.

Rien de tout cela ne sera résolu par le résultat d’une élection hongroise.

 

Le syndrome de l’armchair warrior

Il y a un mot en anglais — armchair warrior — qui désigne celui qui combat assis dans son fauteuil. 

Qui a une opinion tranchée sur tout, une analyse définitive sur chaque conflit, une certitude absolue sur qui a tort et qui a raison à dix mille kilomètres de chez lui — et qui ne fait absolument rien de concret à portée de main.

La droite identitaire et patriote française en est truffée. 

Et c’est sa faiblesse principale — bien plus que ses adversaires, bien plus que les médias, bien plus que le « système ».

Vous avez raison sur beaucoup de choses. Votre diagnostic sur la dissolution culturelle, sur l’immigration de masse, sur le nivellement identitaire, sur la désintégration du tissu social — ce diagnostic est souvent juste. 

Mais avoir raison ne sert à rien si vous ne faites rien de cette raison.

 La lucidité sans action n’est qu’une forme sophistiquée de confort intellectuel.

 

Ce qu’il reste à faire — ici, maintenant

Alors voilà ce que je vous dis.

 Éteignez. Éteignez la télé. Éteignez les chaînes d’info.

 Sortez des boucles Telegram. 

Déconnectez-vous de Twitter une semaine — juste une semaine — et regardez autour de vous ce qui existe, ce qui manque, ce qui appelle.

Rejoignez une association de défense du foncier agricole.

 Oeuvrez pour la sécurité de votre quartier.

 Empêchez les dealers de nuire autour de vous. 

Traquez les subventions publiques délirantes. Interpellez vos élus sur ce qui nous vous convient pas.

 Aidez un producteur local à tenir. 

Inscrivez vos enfants dans une filière d’enseignement bilingue breton. 

Participez à une réunion de conseil municipal. 

Créez quelque chose — une association, un collectif, un réseau, un espace de rencontre, une caisse de solidarité locale. 

Parlez à vos voisins. Pas à vos followers. À vos voisins.

Construisez des choses réelles avec des gens réels dans des lieux réels.

 Des choses qui existeront encore demain, quelle que soit la couleur du gouvernement à Budapest, à Washington ou à Paris.

La politique électorale compte. 

Les idées comptent. Mais elles ne comptent que si elles s’incarnent dans des actes, des structures, des communautés. 

Une idée qui ne produit que des commentaires est une idée morte qui se prend pour vivante.

Orbán est parti. 

Trump peut décevoir. 

Le prochain sauveur décevra lui aussi — parce qu’aucun sauveur ne peut vous sauver de votre propre passivité.

 

Le seul endroit où vous pouvez gagner, c’est ici. 

Le seul moment où vous pouvez commencer, c’est maintenant.

 Le seul peuple que vous pouvez défendre, c’est le vôtre — celui qui vous entoure, celui que vous regardez dans les yeux, celui à qui vous devez quelque chose de concret.

Tout le reste est du bruit.

 

Par Yann V

Photo ; DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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