lundi 13 avril 2026

LE COMMUNIQUÉ DE L' OBSERVATOIRE DE L' IMMIGRATION ET DE LA DÉMOGRAPHIE !

 

Mineurs étrangers non-accompagnés : une hausse de 370% en dix ans

Courriel de Observatoire de l'immigration et de la démographie : Mineurs étrangers non-accompagnés : une hausse de 370% en dix ans

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Lettre d’information n°92

du lundi 13 avril 2026

  • Les mineurs non accompagnés : une voie d'immigration détournée | Découvrez la nouvelle étude OID dans Le Point
  • Livreurs à vélo : les impasses de « l'immigration de travail » | La tribune de N. Pouvreau-Monti dans Le Figaro
  • Immigration, démographie et défense : sécuriser l'avenir de l'Europe | Retour sur la conférence OID-Martens Centre

Les mineurs non accompagnés : une voie d'immigration détournée | Découvrez la nouvelle étude OID dans Le Point
Ce mardi 7 avril, Le Point a dévoilé en exclusivité la nouvelle étude de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie, consacrée aux mineurs étrangers non accompagnés.
Cliquez pour découvrir l'article du Point :
La question des mineurs non accompagnés (MNA) a émergé en France à la fin des années 1990. 
Selon le ministère de la Justice, le terme s'applique à tout « mineur entré sur le territoire français sans être accompagné d’un adulte et privé temporairement ou définitivement de la protection de sa famille », ou tout « mineur laissé seul sur le territoire français ».

Aujourd'hui ce statut, souvent dévoyé, est devenu une voie d’immigration à part entière et connaît une forte augmentation. 
L’Assemblée des départements de France (ADF) estime que 66 899 personnes se sont présentées spontanément comme MNA en 2023.

Parmi celles-ci, les personnes reconnues comme mineures non accompagnées sont prises en charge par l'Aide sociale à l'enfance (qui dépend des départements). 
 Le nombre de MNA pris en charge au niveau national était de 46 803 personnes en 2024 – soit une hausse de 370% en 10 ans.
Les MNA sont une population quasi-exclusivement masculine (à 91%). 
 
Au fil des années, ces derniers sont de plus en plus jeunes (41% d’entre eux ont moins de 15 ans en 2024), ce qui traduirait « une adaptation des arrivants au cadre juridique français » selon le Ministère de la justice.

60% des mineurs non-accompagnés qui arrivent sur le territoire sont originaires de trois pays seulement : la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire – une répartition par nationalités spécifique à la France, qui semble liée à des facteurs économiques et linguistiques.

Alors que seules 23% des personnes se présentant comme MNA sont évaluées mineures (Départements de France), la jurisprudence constitutionnelle limite très fortement le recours aux tests osseux – une simple radiographie du poignet – pour déterminer leur âge. Un refus du demandeur de passer ce test ne vaut pas présomption de majorité.
Parmi les MNA arrivant en France, les services de l'Etat et les Départements de France relèvent l'existence d'une catégorie, dite des « précurseurs », qui sont des jeunes envoyés par leur famille pour tenter d’obtenir un regroupement familial a posteriori.

L'obtention du statut de MNA est particulièrement attractive : elle permet d’être régularisé de plein droit et de bénéficier d’une prise en charge intégrale par l’Aide sociale à l’enfance (hébergement, scolarisation, soins de santé). 
 
À la majorité, elle facilite l’obtention d’un titre de séjour (taux d’acceptation de 93% en 2019) et l’acquisition de la nationalité française (de plein droit si le MNA a bénéficié de 3 ans de prise en charge par l’ASE).
 
La hausse constatée des flux de MNA contribue à la saturation des dispositifs de mise à l’abri au sein de l'Aide sociale à l'enfance. 
 
Si 21% des jeunes confiés à l’ASE sont des MNA, ceux-ci représentent 46% des bénéficiaires des contrats « jeune majeur »
 
Ce dispositif permet d’être maintenu et accompagné dans les structures de l’ASE jusqu’à 21 ans.

Le coût moyen de la prise en charge d’un MNA au titre de l’ASE est estimé à 50 000 euros par an par l’Assemblée des départements de France, soit un coût total d’environ 2 milliards d’euros annuels.
 
Retrouvez les explications de Nicolas Pouvreau-Monti sur CNEWS :
Les MNA connaissent aussi une surreprésentation particulière dans le champ de la délinquance. 
Ainsi, 5 à 10% des MNA pris en charge par l’ASE font l’objet de mesures pénales (15% à Paris) selon un rapport du Sénat paru en 2021.

Si des dispositifs dédiés aux MNA existent dans tous les pays européens, nombre d'entre eux sont plus restrictifs que le nôtre. 
 
Certains Etats, tels que l'Espagne ou la Suède, vérifient s’il est possible de les rapatrier dans leur pays d’origine et de retrouver leur famille avant de les accueillir.
 D’autres se limitent aux soins médicaux « nécessaires » (Allemagne), ou éloignent plus facilement les demandeurs déboutés (Suède, Allemagne, Pays-Bas, Belgique) ainsi que ceux qui menacent la sécurité nationale (Royaume-Uni).
Découvrez l'étude en intégralité sur le site de l'OID :
Étude OID | « Les mineurs non accompagnés »

Livreurs à vélo : les impasses de « l'immigration de travail » 

La tribune de Nicolas Pouvreau-Monti dans Le Figaro

En quelques années à peine, leur présence s’est installée dans le paysage quotidien de nombreuses villes de France. 
 Les coursiers des plateformes numériques de livraison de repas, avec leurs sacs isothermes aux couleurs vives, incarnent désormais l’un des aspects les plus visibles du phénomène de l’« ubérisation » – tout comme de l'accélération migratoire.

Suite à la parution d'une étude dirigée par l'Institut de recherche pour le développement (IRD) portant sur ces livreurs de repas à domicile, l'OID s'est intéressé aux données rendues disponibles
 
Notre analyse est résumée par Nicolas Pouvreau-Monti dans une tribune pour Le Figaro, publiée le 10 avril.
Retrouvez la tribune de Nicolas Pouvreau-Monti dans Le Figaro :
La quasi-totalité (98%) de ces livreurs de repas sont des immigrés, dont l’arrivée en France s’est faite au cours des toutes dernières années : 97% d’entre eux sont entrés sur le territoire après le 1er janvier 2014 – et 53% depuis 2021, il y a moins de cinq ans. 
 
Une majorité des coursiers est originaire de pays d’Afrique de l’Ouest : la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire… 

Au-delà de cette répartition géographique, l’enseignement le plus marquant que nous pouvons tirer de ces données réside ailleurs : dans la prévalence non seulement forte, mais majoritaire, de l’immigration clandestine.

Les deux tiers (64%) des coursiers immigrés n’ont aucun titre de séjour valide en France – et se trouvent donc en situation irrégulière sur le territoire. 

S’y ajoutent 12% de profils n’ayant qu’un document de séjour valable moins d’un an, dont il apparaît probable que beaucoup d’entre eux se maintiendront sur le sol français à son expiration, rejoignant ainsi le nombre des clandestins.

À rebours de l’archétype du « livreur de pizzas » comme emploi étudiant, il s’agit bien de la seule activité en France de ces coursiers dans plus de 90% des cas : ils n’occupent pas d’autre emploi ni ne suivent d’études en parallèle.

 Neuf livreurs sans titre de séjour sur dix cesseraient l’activité de livraison à temps plein si leur situation était régularisée. 

On peut aisément les comprendre, au regard des conditions de travail et de rémunération constatées.
 
 Les livreurs travaillant via ces plateformes gagnent en moyenne 5,83 euros de l’heure : cette somme ne représente même pas la moitié du SMIC horaire, aujourd’hui fixé à 12 euros bruts. 
 
Les livreurs d’Uber Eats, pour lesquels des données sur les distances sont enregistrées, parcourent en moyenne 833 km par mois – hors retour vers leur point d’attente.

La situation des livreurs de repas à vélo apparaît symptomatique des impasses d'une certaine  « immigration de travail ». 
 
Celle-ci se concentre aujourd'hui sur des métiers qui créent peu de richesses pour l’économie française. 
 
En raison des faibles rémunérations qui leur sont associées, et que la communauté nationale compense largement par des aides sociales ou des exonérations de charges, cette réalité migratoire accentue les travers de notre système social et fiscal – qui transfère beaucoup d’argent depuis les activités à forte valeur ajoutée vers les secteurs à faible valeur.
Retrouvez la tribune de Nicolas Pouvreau-Monti dans Le Figaro :
Tribune de Nicolas Pouvreau-Monti | « Les livreurs à vélo, illustration des impasses de l'immigration de travail » (Le Figaro)

Immigration, démographie et défense : sécuriser l'avenir de l'Europe | 

 Retour sur la conférence OID-Martens Centre

Mardi 31 mars, l'OID a organisé à Paris, en partenariat avec le Wilfried Martens Centre for European Studies – la fondation politique du Parti Populaire Européen (PPE), principal groupe de la Commission et du Parlement européens  – une conférence centrée sur un thème majeur : « Immigration, démographie et défense : sécuriser l'avenir de l'Europe ».
Partout en Europe, la natalité diminue à des niveaux inquiétants, tandis que les enjeux migratoires sont de plus en plus prégnants. 
Pour explorer ces phénomènes et leurs implicationsnous avons eu l’honneur de recevoir un panel d'intervenants exceptionnels, parmi lesquels :
  • Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur et sénateur de la Vendée, qui nous a fait part des difficultés opérationnelles auxquelles sont confrontés les décideurs et les États en matière d'immigration, de la gestion des frontières à la sécurité intérieure.
  • François-Xavier Bellamy, député français au Parlement européen et rapporteur du nouveau « Règlement Retour » (adopté le 26 mars), qui doit faciliter le renvoi des étrangers extra-européens en situation irrégulière.
  •  Il a présenté les avancées majeures permises par ce texte, notamment les « centres de retour », et les résultats qui en sont attendus.
  • Gérard-François Dumont, démographe et sociologue, professeur émérite à l’Université Paris-Sorbonne, a expliqué les enjeux stratégiques de la démographie pour les stratégies de défense.
  • Margarítis Schinás, ancien vice-président la Commission européenne chargé des migrations et du mode de vie européen, qui nous a partagé son retour d'expérience au plus haut niveau.
 
En outre, deux tables-rondes thématiques ont permis de croiser les expertises de plusieurs participants sur des problématiques capitales.

La première abordait la question : « l'Europe peut-elle rester un acteur géopolitique face au déclin démographique ? », avec notamment Nicolas Pouvreau-Monti, directeur général de l’OID et François Pierrard, directeur général de l’Observatoire Hexagone. 

La seconde réunissait Xavier Driencourt, ambassadeur de France et ancien juge assesseur à la Cour nationale du droit d'asile, Fernand Gontier, ex-directeur central de la Police aux Frontières (PAF) et Valérie Boyer, sénatrice des Bouches-du-Rhône, autour du thème : « Pacte européen sur la Migration et l’Asile permet-il de reprendre le contrôle... ou de gérer le déclin ? ».

La captation vidéo de la conférence sera mise en ligne sur le site de l'OID.

L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) est une structure d’étude et d’information relative aux évolutions démographiques et migratoires, destinée aux décideurs ainsi qu’à l’ensemble des citoyens intéressés par ces sujets.

Nous apportons une vision rationnelle et dépassionnée au débat public, en puisant aux meilleures sources disponibles : statistiques publiques, travaux de chercheurs spécialisés, analyses juridiques.


Élus et responsables politiques, journalistes, décideurs économiques : vous avez une question sur les sujets liés à l'immigration et à la démographie ? N'hésitez pas à nous solliciter :

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