mercredi 29 avril 2026

C' EST EN BRETAGNE ! " LA MER EN PARTAGE " ! UN FESTIVAL A NE PAS MANQUER ........

 


 

 

Pays Bigouden.

 Le Festival photo « La mer en partage » revient 

au Guilvinec et à Léchiagat tout l’été 2026

Pour sa 16ᵉ édition, le Festival photo emblématique des deux communes finistériennes du Guilvinec et de Treffiagat-Léchiagat se réinvente sous une nouvelle bannière. 

Anciennement intitulé « L’Homme et la Mer » durant ses quatorze premières années, puis consacré aux femmes l’an passé, l’événement adopte désormais un nom plus consensuel et plus inclusif : « La mer en partage ».

 Dix-sept photographes professionnels et plus de trois cents images seront proposés gratuitement au public, sur un parcours de cinq kilomètres entre les deux rives du port.

 

Calendrier et programme

L’inauguration officielle se tiendra le 29 mai 2026. 

Les 29 et 30 mai constitueront un week-end privilégié de lancement en présence des photographes, propice aux échanges et aux déambulations commentées dans les rues du port.

 Le grand public pourra ensuite profiter librement des expositions du 1ᵉʳ juin au 30 septembre 2026 inclus, soit quatre mois entiers de découverte photographique au cœur du Pays Bigouden.

Tout au long de l’été, plusieurs animations rythmeront la saison. Les mercredis de juillet et août à 11 heures, des visites guidées permettront au public de découvrir les œuvres avec un accompagnement éclairé. 

Deux marathons photo se tiendront les 21 juillet et 18 août, occasions pour les amateurs de se prêter à l’exercice du reportage en temps limité.

Les 2 et 3 août, le Festival s’associe à la librairie locale « De l’encre à l’écran » pour proposer le rendez-vous « En Mer, En livre », croisant photographie et littérature. 

 

Le 13 août, une vente de photographies se tiendra au Centre Loisirs et Culture, avec un don reversé à la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM).

 

Un événement culturel devenu incontournable en Bretagne

Créé en 2012 par Michel Guirriec, Lannick Vigouroux et René-Claude Daniel, le Festival photo du port du Guilvinec et de Léchiagat s’est progressivement imposé comme l’un des grands rendez-vous photographiques de la région bretonne. 

Avec plus de 70 000 visiteurs accueillis chaque année, l’événement allie proximité, présence artistique sur le territoire, valorisation des pratiques amateurs et médiation culturelle auprès des jeunes et des établissements scolaires.

L’organisation repose sur un solide tissu associatif local : plus de 70 adhérents et bénévoles, soutenus par les communes du Guilvinec et de Treffiagat-Léchiagat, la Communauté de Communes du Pays Bigouden Sud, le Département du Finistère et la Région Bretagne.

 Le budget annuel d’environ 70 000 euros permet d’assurer la production et la diffusion d’œuvres entièrement accessibles au public dans l’espace urbain.

 

Un thème universel : « La mer en partage »

Le choix du thème de cette édition n’est pas anodin.

 La mer, qui couvre 71 % de la surface de notre planète, est par essence un bien commun. Elle ne se possède pas. 

Elle se partage. 

Mais ce partage, longtemps considéré comme inépuisable, révèle aujourd’hui ses limites.

 Surexploitation des ressources halieutiques, pollutions plastiques, dérèglement climatique, montée des eaux : autant d’enjeux qui imposent une réflexion collective sur notre rapport aux océans.

Comme l’explique René-Claude Daniel, président du Festival, le partage de la mer est au cœur des enjeux de l’avenir des mers et océans. 

C’est aussi une question d’équilibre, des ressources, du climat, de l’homme et de la nature. 

Une thématique qui résonne particulièrement en Pays Bigouden, terre de marins-pêcheurs où la culture maritime fait corps avec l’identité même du territoire.

Jean-Luc Tanneau, maire du Guilvinec, et Nathalie Carrot-Tanneau, maire de Treffiagat-Léchiagat, soulignent dans leurs éditoriaux respectifs combien la photographie permet de partager des regards, de sensibiliser tant aux beautés qu’aux menaces qui pèsent sur les océans.

 La mer, espace de circulation, lieu de connaissances partagées, source de ressources, devient sous l’objectif des artistes invités un sujet d’interrogation politique autant qu’esthétique.

 

Dix-sept photographes du monde entier, et un invité spécial bigouden

La sélection 2026 réunit des artistes aux horizons et aux esthétiques très contrastés, qui partagent néanmoins une même conviction : la photographie n’est pas un simple témoignage, c’est un acte. 

Une façon de regarder le monde en face et d’inviter l’autre à faire de même.

Parisa Bajelan, photographe iranienne spécialisée dans l’astrophotographie, raconte le choix d’une communauté de l’île de Qeshm dans le golfe Persique de protéger les œufs de tortues marines plutôt que de les consommer – un changement culturel impulsé par une femme courageuse, Jima.

Bernard Biger, ancien photographe au service Communication des Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, dévoile les coulisses méconnues de la construction navale française, avec un regard à la fois technique et humain sur les milliers de salariés et sous-traitants qui donnent naissance aux paquebots géants.

L’Italien Maurizio Borriello, ethnographe maritime, explore les communautés côtières indonésiennes à travers le prisme de la construction navale traditionnelle, révélant la résilience et la fragilité d’une culture maritime millénaire.

Marc Chaumeil, photographe de presse aux multiples publications nationales, documente la catastrophe pétrolière survenue sur les côtes péruviennes en janvier 2022, où 12 000 barils de pétrole brut s’échappent du tanker Mare Doricium suite au tsunami des îles Tonga.

Axelle de Russé, prix Canon de la femme photojournaliste 2007, utilise la technique de l’infrarouge pour révéler le réchauffement climatique aux deux extrémités du globe : l’archipel norvégien du Svalbard et la Patagonie chilienne. 

Ses images aux teintes magenta saisissent l’invisible.

Gaëlle de Trescadec, originaire d’Audierne, présente une immersion de dix années auprès des ligneurs et fileyeurs du Raz de Sein, dans une série qui interroge le devenir de la pêche artisanale et la transmission entre générations.

Pierre de Vallombreuse, membre de la Société des Explorateurs Français, témoigne du destin des Badjaos, peuple nomade des mers de Sulu, de Chine et des Célèbes, dont seuls quelques milliers continuent encore aujourd’hui à vivre en mer, dans une extrême précarité.

Franck Desplanques propose une approche scientifico-artistique avec sa série « Austral, les engagés pour l’Océan », réalisée à bord du navire Marion Dufresne dans les Terres australes et antarctiques françaises, en collaboration avec le CNRS et l’Ifremer.

Bruno Estrade, photojournaliste lorrain, prend le contrepied avec sa série « Homo + Maris » : faute d’océan en Moselle, il invente avec humour des cartes postales aux saveurs iodées, mises en scène avec des accessoires chinés chez Emmaüs.

Philippe Geslin, ethnologue installé au Guilvinec, partage son expérience auprès d’une communauté inuite du nord-ouest du Groenland, où chasse et pêche se pratiquent dans le respect ancestral des équilibres avec Sedna, déesse de la mer.

Jérémie Labbé, photographe basé en Turquie, questionne dans le Détroit du Bosphore l’équilibre entre exploitation des ressources et préservation de la biodiversité à travers le travail des senneurs – équivalents turcs des bolincheurs bigoudens.

Eric Laforgue, autodidacte d’Ivry-sur-Seine, propose avec sa série « Traversée » une méditation sur le voyage en ferry, ce moment suspendu entre départ et retour, dans une esthétique inspirée par Saul Leiter.

Manon Lanjouère, jeune artiste de Saint-Malo dont les œuvres figurent dans les collections de plusieurs grands musées internationaux – New-York Public Library, BNF, Maison Européenne de la Photographie, Musée Nicéphore Niépce – explore la pollution microplastique des océans à travers des cyanotypes inspirés de l’herbier d’Anna Atkins.

Isabelle Serro nous emmène à San Blas au Panama, auprès des Gounas, peuple autochtone vivant sur 365 îles que la montée des eaux condamne progressivement à l’exil.

Thibaut Vergoz, géographe et écologue, embarque à bord du Juan de la Cosa, navire-hôpital espagnol de 75 mètres qui sillonne le golfe de Gascogne pour porter assistance aux pêcheurs en mer – un service public maritime unique en son genre.

Audrey Zaltron, infirmière et photographe à Saint-Malo, donne la parole aux femmes de marins, ces oubliées de la culture maritime qui partagent la mer sans jamais la prendre, qui la vivent sans la voir.

Enfin, en innovation 2026, le Festival accueille en invité spécial Richard Roudaut, ancien des services de renseignement reconverti dans la photographie, qui propose avec sa série « Aestus » une plongée intime dans le quotidien des marins-pêcheurs bigoudens.

 

Un Festival qui s’ouvre aux jeunes générations

Au-delà de la programmation principale, le Festival multiplie les actions de médiation culturelle. 

Cette année, les classes primaires du Guilvinec et de Treffiagat-Léchiagat, en partenariat avec les collèges Laennec à Pont-l’Abbé et Paul Langevin au Guilvinec, ont conçu un « abécédaire de la mer ».

 Chaque lettre de l’alphabet a inspiré un mot, puis une photographie réalisée par les élèves. 

Les vingt-quatre panneaux qui en résultent seront exposés tout l’été dans le cadre du Festival.

Pour les enfants visiteurs, un jeu de pistes baptisé « À toi de jouer Moussaillon ! » permettra de transformer la déambulation en chasse au trésor photographique.

 Au lycée maritime de Treffiagat, des interventions sur le droit à l’image sensibilisent les futurs professionnels aux enjeux juridiques et éthiques de la photographie.

 

Le concours « Le Polar et la Mer »

Le concours « Le Polar et la Mer », organisé conjointement avec le Festival du Goéland Masqué de Penmarc’h, a déjà rendu son verdict. 

 

Sur 43 candidatures venues de toute la France, cinq lauréats ont été sélectionnés pour avoir illustré au mieux un extrait du roman Pars vite et reviens tard de Fred Vargas. 

Bernard Perrot (Plérin) reçoit le prix spécial du jury, accompagné de Haud Plaquette (Sainte-Savine), Alain Léculée (Reims), Audrey Lafaye (Rennes) et Marie-Anne Le Moigne (Peumerit). 

Les œuvres primées seront d’abord exposées du 23 au 25 mai à Penmarc’h, dans le cadre du 24ᵉ Festival International du Goéland Masqué, avant de rejoindre le parcours du Festival photo tout l’été.

 

Un parcours de cinq kilomètres entre les deux rives

 

Les vingt-et-un lieux d’exposition se déploient sur les deux rives du port – les expositions photographiques principales étant complétées par des photos anciennes liées au territoire, par les projets scolaires, par le pôle dédié au club photo et par le concours « Polar et la mer ». 

Une journée entière est nécessaire pour profiter pleinement de l’ensemble. 

Le programme et le plan détaillé sont disponibles à l’Office de tourisme du Guilvinec ainsi qu’à la boutique du festival, située 62 rue de la Marine.

L’accès est entièrement gratuit, en plein air, et possible à toute heure du jour. 

Une formule particulièrement adaptée aux familles, aux promeneurs comme aux passionnés de photographie qui pourront prendre le temps de cheminer entre les œuvres au rythme des marées et des activités portuaires.

 

Une vitrine pour le Pays Bigouden

Au-delà de sa dimension artistique, le Festival photo constitue un véritable atout économique et culturel pour les communes hôtes. 

Les 70 000 visiteurs annuels représentent une manne touristique considérable pour les commerces, restaurants et hébergements locaux. 

Le Guilvinec, port de pêche encore vivant à l’heure où tant d’autres ports français se sont vidés, et Treffiagat-Léchiagat, sa voisine, bénéficient ainsi d’une exposition médiatique nationale sans commune mesure avec leur poids démographique.

 

Pour les défenseurs d’une Bretagne attachée à ses racines maritimes, à ses pêcheurs, à ses paysages côtiers et à son identité forte, ce festival offre un témoignage précieux.

 Il rappelle que la mer n’est pas un simple décor de carte postale, mais un patrimoine vivant, fragile, partagé – ou perdu. 

Comme le formule le maire du Guilvinec dans son éditorial : la mer n’appartient à personne, elle appartient à tout le monde.

À l’heure où les politiques européennes de pêche, les contraintes environnementales, l’éolien offshore et la spéculation foncière littorale menacent l’équilibre séculaire des communautés maritimes bretonnes, ce Festival rend hommage aux hommes et aux femmes qui font vivre la mer et ses ports. 

Une raison supplémentaire de programmer une journée bigoudène cet été pour découvrir, gratuitement, l’une des plus belles propositions photographiques de Bretagne.

 

Informations pratiques :

  • Inauguration : 29 mai 2026
  • Week-end de lancement avec les photographes : 29 et 30 mai 2026
  • Ouverture grand public : du 1ᵉʳ juin au 30 septembre 2026 inclus
  • Entrée libre et gratuite
  • Parcours de 5 km entre Le Guilvinec et Treffiagat-Léchiagat
  • Programme et plan disponibles à l’Office de tourisme du Guilvinec et à la boutique du Festival, 62 rue de la Marine
  • Site internet : https://www.festivalphotoduguilvinec.bzh/

 

Photo d’illustration : Audrey Zaltron (DR)

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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