REVUE DE PRESSE !
Immigration :
Éric Ciotti veut briser l’omerta sur son coût réel

L’initiative n’est pas nouvelle, mais elle revient avec insistance. Invité d’Europe 1, ce mercredi matin, Éric Ciotti, président de l’UDR, a confirmé que son groupe à l'Assemblée allait lancer sa commission d’enquête parlementaire sur le coût réel de l’immigration, évoquant « ce coût gigantesque à plusieurs dizaines de milliards d’euros qui pèse aujourd’hui sur nos finances publiques ».
Une annonce qui marque le retour d’un projet déjà acté… puis mis de côté.
Depuis 2017, près de 4 millions d’étrangers sont entrés légalement en France. Nous allons lancer une commission d’enquête le coût réel de l’immigration, qui pèse lourdement sur nos finances publiques ! pic.twitter.com/22aMKfNlJ4
— Eric Ciotti (@eciotti) April 29, 2026
Dès le début de l’été 2025, la commission des lois avait jugé recevable cette demande.
Mais le groupe UDR avait finalement utilisé son droit de tirage parlementaire pour une autre priorité : la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, suite à la polémique impliquant notamment Thomas Legrand et Patrick Cohen.
Dans cette séquence, le député Charles Alloncle, initialement pressenti pour piloter les travaux sur l’immigration, avait conservé le rôle de rapporteur… mais pour l’audiovisuel.
Cette fois, le sujet revient au premier plan, avec un calendrier resserré.
Un lancement attendu d’ici l’été
Côté UDR, l’objectif est clair : aller vite. La députée et secrétaire générale du mouvement, Hanane Mansouri, évoque auprès de Boulevard Voltaire un démarrage « d’ici juin ou alors à la rentrée en septembre au plus tard ».
Une contrainte directement liée au fonctionnement de l’Assemblée nationale, qui impose un rythme précis aux commissions d’enquête.
L’ambition affichée est celle d’un travail approfondi, dans la lignée de celui mené sur l’audiovisuel public : « mettre la lumière de façon globale sur les dépenses liées à l’immigration et avoir une idée globale d’un coût aujourd’hui mal identifié », précise la députée UDR de l'Isère.
Si des estimations circulent, elles restent contestées ou incomplètes.
Le chiffre de 40 milliards d’euros, avancé notamment par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, est dans tous les esprits… sans faire consensus.
Lever le voile sur des données encore inaccessibles
C’est précisément là que la commission d’enquête pourrait changer la donne.
Pour Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie interrogé par BV, cet outil parlementaire offre un levier inédit : « aller chercher des informations qui ne sont pas aujourd’hui disponibles ».
Contrairement à une simple mission d’évaluation, une commission d’enquête dispose de pouvoirs de contrainte, permettant d’auditionner sous serment et d’exiger la transmission de documents.
Un point crucial, alors que certaines administrations sont accusées de rétention d’informations sur ces sujets sensibles, comme le précise Nicolas Pouvreau-Monti.
L’enjeu est donc double : affiner les estimations existantes, mais aussi élargir le périmètre d’analyse.
« Gagner en finesse, en granularité et intégrer des dépenses jusqu’ici difficiles à documenter », précise le directeur de l’OID.
Un enjeu politique à l’approche de la présidentielle
Au-delà du travail technique, la portée est évidemment politique.
L’objectif assumé, côté UDR, est aussi de nourrir le débat public à l’approche de la prochaine élection présidentielle.
La commission devra ainsi explorer l’impact de l’immigration sur plusieurs politiques publiques, de l’école à la santé, afin de « documenter l’ensemble des dépenses concernées », nous précise Nicolas Pouvreau-Monti.
Une démarche présentée comme nécessaire pour objectiver un débat souvent tranché à coups d’études partielles ou d’analyses contradictoires.
Dans un contexte où l’opinion reste divisée sur le coût réel de l’immigration, la publication d’un rapport parlementaire pourrait peser lourd, dans la droite ligne de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public dont les travaux ont permis d’éclairer, de manière approfondie et documentée, un secteur jusqu’alors largement opaque.
À condition, toutefois, que celle-ci aille jusqu’au bout de ses investigations… et parvienne, elle aussi, à lever les zones d’ombre que dénoncent ses promoteurs.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire