lundi 5 octobre 2026

SOUVERAINETÉ : LE GRAND ENTRETIEN D' ALAIN DE BENOIST AVEC PAUL MARIE COÛTEAUX ...........

 REVUE DE PRESSE !

Souveraineté, Europe, Russie, Trump : 

le grand entretien d’Alain de Benoist avec

 Paul-Marie Coûteaux

Pour leur dernière conversation filmée, Paul-Marie Coûteaux, ancien député européen gaulliste et souverainiste, est venu retrouver Alain de Benoist chez lui, en Normandie.

 Le philosophe, figure de la Nouvelle Droite, a abordé la mort, la souveraineté, l’Europe, les guerres en cours et l’avenir de la France, sans jamais éluder ses désaccords avec son interlocuteur.

 

La conscience de la mort, « moteur de la vie »

L’entretien s’ouvre sur la mort.

 Alain de Benoist assure qu’il ne se souvient pas d’un seul jour de sa vie où il n’y ait pas pensé, non par morosité mais parce que la conscience de notre finitude est, selon lui, le moteur même de l’existence. 

Il voit donc dans les promoteurs de la jeunesse éternelle et du transhumanisme des « prophètes de malheur ».

 

Souveraineté nationale et souveraineté populaire

Au cœur de la discussion figure son livre consacré à la souveraineté nationale et à la souveraineté populaire, paru au début de l’année. 

 

Alain de Benoist s’y dit « pas souverainiste », même s’il préfère évidemment qu’un pays soit souverain. 

Il insiste sur 2 points.

D’abord, les nations européennes n’ont pas été dépossédées de leur souveraineté : elles s’en sont dessaisies elles-mêmes, en signant des traités qui les privaient de leur pouvoir de décision.

 Il y voit un comportement suicidaire.

Ensuite, souveraineté nationale et souveraineté populaire ne se confondent pas. 

La seconde définit la démocratie, alors qu’une dictature peut parfaitement revendiquer la première. 

Elle vaut aussi pour les petits pays, qui n’ont guère les moyens de leur indépendance nationale. Idéalement, les 2 se complètent ; dans les faits, elles se sont parfois exclues.

 Paul-Marie Coûteaux lui oppose la formule du général de Gaulle, pour qui souveraineté populaire et souveraineté nationale sont les 2 faces d’une même médaille.

Les 2 hommes rappellent aussi les référendums de 1992 et de 2005, et la leçon qu’en ont tirée les dirigeants : le traité de Lisbonne a été adopté par la seule voie parlementaire, pour ne plus jamais consulter le peuple sur de tels sujets.

 

« Profondément européen »

Alain de Benoist se dit, au risque de surprendre, « profondément européen ».

 Il estime que nous sommes entrés dans l’époque des « États-civilisations » et que l’Europe ne pourra être une puissance qu’en devenant autre chose qu’un marché. 

Cette Europe politique ne suppose selon lui ni la disparition des nations ni celle des régions.

 Il juge possible de reconnaître que le peuple français compte plusieurs composantes, parmi lesquelles le peuple breton et le peuple corse, ce que l’actuelle République « une et indivisible » interdit.

 Paul-Marie Coûteaux, ancien jacobin, reconnaît avoir changé d’avis : l’assèchement jacobin des régions lui paraît désormais le meilleur allié de la décadence.

Le principal reproche d’Alain de Benoist à l’Union européenne est d’avoir « dégoûté les gens de l’Europe ».

 Il la décrit comme une Europe sans frontières, sans volonté et sans identité, qui n’a pas transféré la souveraineté des nations à un échelon supérieur mais l’a fait disparaître. 

Il raille les dirigeants européens qui se jettent aux pieds de Donald Trump, qualifié de « père Ubu de Washington », alors même que celui-ci les incite à se défendre seuls.

 

La Russie, l’Ukraine et les guerres américaines

Sur la Russie, il se tient à mi-chemin entre ceux qui veulent couper l’Europe de la Russie et ceux qui voudraient l’y intégrer. 

La Russie lui paraît eurasiatique avant d’être européenne, mais complémentaire de l’Europe, et plus encore de l’Allemagne.

 Il juge la guerre en Ukraine absurde : elle aurait pu être évitée si les accords de Minsk, qui prévoyaient une large autonomie des régions de l’est du pays, avaient été respectés. 

Il plaide pour que la France ou l’Europe jouent les intermédiaires plutôt que de prolonger le conflit en puisant dans leurs propres stocks d’armes.

Il étend la critique aux guerres américaines.

 Depuis 1945, estime-t-il, les États-Unis n’ont connu presque que des défaites, parce qu’ils croient que la technologie résout tout et qu’ils ne préparent jamais l’après-guerre. 

Il qualifie d’« injustifiable » l’attaque contre l’Iran. 

Il juge aussi que l’image morale d’Israël s’est fortement dégradée dans le monde, y compris aux États-Unis, et que l’État hébreu aurait tort de croire ce soutien éternel.

 

« Les peuples, sujet historique de notre temps »

La fin de l’entretien porte sur l’abêtissement des sociétés techniciennes. 

Paul-Marie Coûteaux cite Bernanos et sa France contre les robots. 

Alain de Benoist rappelle qu’il avait consacré l’un de ses tout premiers articles, vers 1963, aux « techniques d’ahurissement ». 

Il refuse d’idéaliser le peuple, dont il constate le conditionnement et l’américanisation des goûts, mais il le tient pour le « sujet historique de notre temps ». 

Il dit attendre une « seconde révolution française ».

Interrogé sur le recours à la violence, à partir d’un article d’Éléments consacré à Unabomber, il répond que ce n’est « certainement pas la solution ». 

Les violences politiques, rappelle-t-il, se sont souvent retournées contre leurs auteurs. Il n’exclut pas pour autant un « déclic », politique, économique ou financier, dans une France où, quel que soit le vainqueur de la prochaine présidentielle, aucun gouvernement ne pourra selon lui gouverner.

 Il voit d’ailleurs dans les Gilets jaunes une « répétition générale ».

 

L’entretien se conclut sur la mort, qu’il préfère voir comme une rencontre que comme une fin subie. 

« C’est très important de mourir vivant », conclut-il.

 

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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