vendredi 23 octobre 2026

SOCIÉTÉ : L' ENVIE DES FRANÇAIS DE L' AUTODÉFENSE ! REJOIGNEZ LES CITOYENS VIGILANTS !

 

Après le 17 octobre, l’envie de l’autodéfense

Photo : PGM

Le bilan du samedi 17 octobre continue de peser. 

Ce jour-là, des centaines de milliers de personnes ont défilé partout en France contre la « vie chère » et pour la défense des services publics, mais la journée a été marquée par des affrontements, des pillages et des dégradations dans plusieurs villes. 

 

À Paris, vêtements, téléphonie, pharmacies, supermarchés et restaurants figurent parmi les commerces dégradés ou pillés. 

À Lyon, les forces de l’ordre ont dû intervenir le soir dans les rues commerçantes de la Presqu’île, où une antenne de l’office du tourisme a aussi été saccagée puis incendiée. 

Limoges a vu brûler son hôtel de ville. 

 

Les forces de l’ordre ont interpellé 2 397 personnes sur l’ensemble du territoire.

Au-delà des dégâts matériels, ces nuits ont laissé une impression d’impuissance. 

Des habitants ont vu, depuis leur fenêtre, des boutiques de leur rue se faire vider sans que personne n’intervienne. 

À Paris, une adjointe à la mairie a regretté un manque de moyens policiers pour stopper les pillages.

 

« S’armer » : une recherche qui explose

Les réactions se sont d’abord lues en ligne.

 Dès le samedi soir, les recherches Google portant sur « s’armer », « armes » ou « guerre civile » ont connu un pic spectaculaire par rapport à la semaine précédente.

 Sur les réseaux sociaux, des vidéos de riverains ou de commerçants repoussant seuls des pilleurs ont été vues des millions de fois. 

Selon des témoignages relayés dans la presse, certaines armureries constatent une hausse des ventes d’aérosols au poivre, et des clubs d’arts martiaux reçoivent de nouvelles demandes d’inscription.

 

Le mouvement ne part pas de rien.

 Dans Nous les Français (Robert Laffont), Laure Coromines relève que les sports de combat ont gagné près d’un tiers de licenciés entre 2020 et 2025. 

La Fédération française de tir a vu ses adhésions augmenter de 70 % en dix ans. 

Selon les mêmes travaux, 12 % des Français possèdent une arme de défense et 16 % une bombe lacrymogène. 

Dans un rapport de mars 2026, la Cour des comptes estimait que six à huit millions d’armes circulent en France, dont environ trois millions illégalement, tout en reconnaissant que les données manquent pour mesurer une tendance.

 

Ce que dit la loi

Acheter une arme pour se protéger n’est pas si simple. 

Les armes de poing relèvent de la catégorie B. 

Leur détention exige une autorisation préfectorale, en pratique réservée aux tireurs sportifs licenciés. 

Les fusils de chasse (catégorie C) supposent un permis de chasser ou une licence de tir.

 Les petites bombes lacrymogènes et les matraques télescopiques (catégorie D) sont en vente libre pour les majeurs, mais leur port et leur transport sont interdits sans motif légitime. 

Les avoir sur soi dans la rue peut donc valoir une amende, voire davantage.

Reste la question de la légitime défense.

 Le Code pénal la reconnaît, à condition que la riposte soit nécessaire, immédiate et proportionnée à l’attaque (article 122-5). 

Deux situations bénéficient toutefois d’une présomption : repousser de nuit une intrusion par effraction dans un lieu habité, et se défendre contre des vols ou des pillages commis avec violence (article 122-6). 

Cette présomption peut être renversée, et chaque cas est examiné par la justice. 

Avoir tiré sur un pilleur, même chez soi, n’épargne ni l’enquête ni, parfois, le procès. 

Par ailleurs, une arme dont on ne sait pas se servir expose surtout son propriétaire et ses proches.

 

Défendre son quartier sans remplacer l’État

Le débat de fond porte sur le contrat entre les citoyens et l’État. 

Ceux qui veulent s’équiper invoquent presque toujours la même raison : protéger leur famille si la police ne vient pas. 

D’autres choisissent une voie collective. 

Des riverains s’organisent sur les messageries pour veiller ensemble sur leur rue, en comptant sur le nombre plutôt que sur les armes.

 L’idée a déjà été mise en œuvre ailleurs, par exemple lors des émeutes de Nouvelle-Calédonie en 2024, avec des résultats parfois ambigus.

Les spécialistes du maintien de l’ordre appellent à la prudence.

 La police et la gendarmerie n’ont pas déserté le terrain le 17 octobre. Elles ont dû choisir leurs priorités, avec des effectifs limités face à des violences dispersées. 

Les enquêtes d’opinion montrent par ailleurs que la confiance envers elles reste élevée.

 Beaucoup rappellent enfin le risque d’escalade : un riverain armé d’une batte peut se retrouver face à un couteau.

 

Une échéance proche fait figure de test. 

Un nouvel appel à manifester circule pour le samedi 24 octobre.

 De son déroulement, et des peines prononcées contre les pilleurs déjà interpellés, dépendra sans doute le choix de ceux qui hésitent encore entre la confiance dans l’État et le recours à leurs propres moyens.

 


 

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