mardi 6 octobre 2026

MOUVEMENT LYCÉENS OU PRÉMICE D' UNE GUERRE CIVILE ! POUSSÉE PAR DES INGÉRENCES EXTÉRIEURS ???

 

Mouvement lycéen : vingt ans après le CPE, le même scénario, en pire

Photo : Le JDF

Combien seront-ils ce mardi 6 octobre dans les rues de Paris, de Rennes, de Lille ou de Marseille ? 

Personne, au sommet de l’État, ne le sait vraiment. 

Ce qui est certain, c’est que le mouvement lycéen né des doléances sur les remplacements, le bâti et l’organisation du temps scolaire n’est déjà plus un simple conflit d’établissement. 

Il est devenu une crise politique, avec son cortège de blessés, ses syndicats en renfort et un gouvernement qui cherche encore la porte de sortie.

Dimanche soir, Sébastien Lecornu a publié une lettre en cinq points.

 Lundi, elle était déjà dépassée par le drame de Lens : un adolescent de 15 ans a perdu sa main gauche après avoir ramassé une grenade de désencerclement. 

Au ministère de l’Intérieur, on parle de « drame » et on promet que « toute la lumière sera faite ». 

Le bilan provisoire, lui, est déjà lourd : 215 blessés parmi les élèves, 715 parmi les policiers et gendarmes, 85 parmi les personnels éducatifs, dont 34 chefs d’établissement ou adjoints. 

Une dizaine d’enquêtes de l’IGPN sont ouvertes. 

On est loin du registre habituel des revendications pédagogiques.

Pierre Sourzat, président de l’association Les Lycéens, le dit sans détour : « Plus je parle avec des lycéens, plus je me dis que le mouvement n’est pas près de s’arrêter. » 

L’argument est connu. 

Depuis dix ans, et les deux quinquennats Macron, les promesses sur l’école se sont empilées sans produire d’effet visible dans les classes. 

Remplacements non assurés, bâtiments dégradés, emplois du temps chaotiques : le terreau est réel. 

Ce qui l’est moins, c’est la capacité du mouvement à rester dans ce cadre.

Les organisations étudiantes ont déjà élargi le front. 

Suzanne Nidjam, présidente de la Fage, revendique des « revendications communes » — bâtiments qui s’effondrent, suppressions de cours — et refuse l’apaisement au motif que « la jeunesse n’est pas écoutée depuis plusieurs années ».

 La CGT, de son côté, a annoncé qu’elle encadrerait le cortège parisien partant de la place de la République. 

Bertrand Pré, secrétaire confédéral, parle de « sécurité » pour l’expression des revendications. 

L’encadrement syndical n’a pourtant jamais empêché les débordements en marge des blocus, et plusieurs voix au gouvernement s’attendent à une journée plus dure que les émeutes de 2023.

Dans la majorité, le diagnostic est sec. 

Un député Ensemble pour la République résume l’impasse : soit l’opinion se retourne — ce que le drame de Lens rend peu probable —, soit l’exécutif cède.

 Or la seule mesure rapidement réalisable, le retour sur la place du téléphone au lycée, ne répond à aucune des doléances de fond. 

Un ministre va plus loin et désigne Édouard Geffray, conseiller d’État arrivé rue de Grenelle il y a un an, comme le principal responsable : « Il a mis trop de temps à comprendre ce qu’il se passait. 

Voilà ce que ça donne quand on met des technos à ce genre de poste. »

 Le parallèle avec 2023 est assumé. 

Il est aussi commode : il dispense de s’interroger sur la chaîne de commandement réelle, de l’Intérieur à la Justice, déjà réunie en boucle resserrée avec Lecornu, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin.

 

Geffray, lui, multiplie les gestes. 

Déplacement lundi dans un lycée de Guyancourt, plate-forme de concertation annoncée pour le soir même, reprise progressive des cours dès mercredi, d’abord avec les personnels, puis avec les élèves.

 Le message est celui de la continuité : « On ne peut pas empêcher les lycéens d’aller en classe. »

 Il devra d’abord passer l’épreuve de la rue.

Le mouvement a aussi ses lignes de fracture internes. 

Nathanaël Combary, président de Renouveau Lycéen et adhérent Renaissance, ne sera pas à la manifestation. 

Visé par LFI pour cette appartenance, il a renoncé après avoir entendu les recommandations du ministère de l’Intérieur, tout en appelant les lycéens à ne pas « sombrer dans une violence qui n’a rien à voir avec le mouvement et le décrédibilise ». 

 

Le modéré est déjà hors jeu. Le cortège, lui, partira.

Vingt ans après le CPE, le décor est reconnaissable : un pouvoir aux abois, des réponses tardives, une jeunesse dans la rue et un climat de violence qui échappe aux mots d’ordre initiaux.

 La différence est dans l’intensité du bilan sécuritaire, déjà atteint avant même la journée nationale. 

Les revendications sur les moyens existent. 

Elles ne suffisent plus à décrire ce qui se joue ce mardi.

Colère lycéenne : 5 060 gardes à vue et 1 802 poursuites

Depuis le début du mouvement lycéen, 5 060 gardes à vue ont été recensées et 1 802 procédures judiciaires engagées. 

Lundi 5 octobre, les blocages et perturbations touchent plus de 400 établissements scolaires.

Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, avait déclaré dimanche 4 octobre sur France 2 et France Inter que les cours seraient lundi « totalement ou partiellement » suspendus dans « 400 à 500 » lycées, sur les 3 700 que compte le pays, en raison de conditions de sécurité non réunies. 

Il avait précisé que le chiffre serait probablement similaire à celui de vendredi, avec une reprise partielle et progressive des enseignements.

Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, a déclaré sur BFMTV que « tous ceux qui seront sanctionnés en conseil de discipline n’auront plus accès aux aides de la région ».

 En Île-de-France, plus de 160 lycées sont fermés, soit plus d’un tiers des établissements. 

À Lille, le blocus se poursuit lundi et une manifestation est prévue devant le siège de la région.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé dimanche soir une lettre à plusieurs ministres, dont Édouard Geffray, fixant une « feuille de route » avec « cinq chantiers » pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels. 

Des décisions sont attendues avant la fin du mois. 

Parmi les chantiers figurent le traitement prioritaire, dès cette semaine, des remplacements d’absences longues et des postes non pourvus, avec un bilan le 16 octobre, une réunion mardi avec les présidents de région sur la rénovation des établissements, et des propositions d’améliorations de Parcoursup d’ici fin octobre. 

M. Lecornu demande que les cours reprennent « partout » où la sécurité et l’état des locaux le permettent.

 

Jean-Luc Mélenchon a évoqué « le plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante depuis mai 68 ».

 Le député LFI Paul Vannier a saisi le parquet de Pontoise après avoir recueilli des témoignages de lycéens dénonçant des violences policières dans sa circonscription.

 

Né à la mi-septembre en région parisienne, le mouvement a progressé la semaine dernière, rythmée par une série d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre. 

Le bilan avancé par l’exécutif, d’après M. Geffray, compte notamment près de 85 % de mineurs parmi les personnes interpellées, 24 établissements « incendiés ou saccagés » et « 78 personnels de l’Éducation nationale blessés », « généralement par des personnes extérieures » aux lycées concernés.

 

Un « acte III » est promis mardi par l’Union syndicale lycéenne.

 Une large intersyndicale de l’Éducation nationale a invité à prendre part aux mobilisations.

 La CGT a fait savoir qu’elle serait « aux côtés » des lycéens, notamment pour « sécuriser » les manifestations, et a convié les salariés de l’énergie déjà en grève à s’y joindre. 

Des appels à une « semaine noire » ainsi qu’à des blocages quotidiens ont également circulé sur les réseaux sociaux.

Matignon considère que le mouvement a basculé vers des « violences urbaines ».

 De leur côté, plusieurs syndicats et associations, parmi lesquels la Ligue des droits de l’Homme, accusent le gouvernement de « réprimer » les lycéens avec une brutalité « disproportionnée », pour faire taire des revendications jugées « légitimes ».

 

Accusée par l’exécutif d’avoir attisé les tensions, 

La France insoumise a, par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, dit dimanche « déplorer » les violences, tout en regrettant que l’exécutif « résume » le mouvement à ces débordements. 

Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a estimé que si « tous les adultes descendent pour faire la solidarité avec les lycéens, la mobilisation se passerait mieux et peut-être que nous aurons aussi une meilleure prise en considération » de cette mobilisation « qui est digne ». 

Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, a invité enseignants, salariés et militants à soutenir les lycéens afin que « les revendications émergent plutôt que la violence ».

Comme lors des journées précédentes, les rassemblements sont en principe interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. 

À Nancy, la préfecture a prohibé les manifestations dans tout le centre-ville de lundi 6 heures à mercredi 7 heures.

Les lycéens demandent davantage de moyens pour leurs établissements.

 Ils mettent en cause les inégalités liées à Parcoursup, l’insalubrité des bâtiments, les absences non remplacées et des classes surchargées, en particulier dans les quartiers populaires.

 


 

 

 

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