lundi 25 mai 2026

UNE LEÇON POLITIQUE POUR L' EUROPE ! POUR LA FRANCE , LE RETOUR DE BÂTON EST SÉVÈRE !

 

 


REVUE DE PRESSE !

Sénégal : Ousmane Sonko dénonce la « tyrannie » 

occidentale sur l’homosexualité et renvoie Paris

 à ses propres lubies

Le discours prononcé vendredi 22 mai 2026 par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, à Dakar, mérite plus qu’un simple traitement informatif.

 

 Il signe une étape symbolique dans le renversement du rapport idéologique entre l’ancienne puissance coloniale française et ses anciennes possessions africaines. 

Devant les députés, le chef du gouvernement sénégalais a balayé d’un revers de main les critiques venues d’Europe et tout particulièrement de France contre la nouvelle loi votée en mars dernier, qui double les peines encourues pour relations entre personnes du même sexe — désormais punies de cinq à dix années d’emprisonnement — et étend la répression à la « promotion » présumée de l’homosexualité.

 

Promulguée le 31 mars 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, cette législation s’inscrit dans une politique assumée de durcissement, en cohérence avec une opinion publique très largement défavorable à l’homosexualité dans un pays musulman à 95 %.

 La répression accrue était d’ailleurs une promesse politique de longue date du tandem Sonko-Faye, et figurait au cœur du programme qui les a portés au pouvoir.

 

« Au nom de quoi ? »

Ce qui frappe dans le discours du Premier ministre sénégalais, c’est moins le contenu — relativement attendu dans le contexte ouest-africain actuel — que la franchise des termes employés. 

Sonko a explicitement parlé de « tyrannie » occidentale, dénonçant un « petit noyau » de pays — soit l’Occident — qui chercherait à imposer ses normes sociétales au reste de l’humanité grâce à sa puissance économique et à son contrôle des grands médias internationaux. 

« Nous sommes huit milliards d’êtres humains dans le monde, mais il y a un petit noyau qui s’appelle l’Occident, au sein duquel le débat n’est pas tranché, mais parce qu’il a des moyens et maîtrise les médias, veut l’imposer au reste du monde. 

Au nom de quoi ? » a-t-il lancé sous les applaudissements d’une partie des élus.

 

La France a été nommément visée.

 Le Premier ministre a évoqué les « gesticulations » entendues dans plusieurs pays étrangers, et « particulièrement en France », après le vote de la loi. 

 

Sa réponse a été cinglante : « S’ils ont opté pour ces pratiques, c’est leur problème, mais nous n’avons pas de leçon à recevoir d’eux, absolument pas. »

 Le contraste rhétorique est saisissant : « aucun pays asiatique, africain ou arabe ne nous critique », a-t-il poursuivi — soulignant ainsi l’isolement diplomatique réel de l’Occident sur ces sujets sociétaux, où il prétend pourtant parler au nom de l’humanité tout entière.

À la demande d’un moratoire formulée à la mi-mai par une trentaine de personnalités d’origine africaine dans les colonnes du quotidien français Libération, Sonko a opposé un refus sans nuance.

 « Si la loi doit être renforcée, elle le sera », a-t-il prévenu, appelant la justice sénégalaise à veiller à une application « totale, impersonnelle et parfaite » du texte, dont l’objectif assumé est de « mettre un terme à la prolifération du phénomène de l’homosexualité ».

 

Le retour de bâton de l’universalisme français

L’épisode révèle une chose simple : l’universalisme français, longtemps présenté comme une projection naturelle des Lumières, portée par la gauche colonialiste, est désormais perçu par une partie croissante du monde non occidental comme une posture coloniale renouvelée — un colonialisme moral et sociétal qui aurait pris la suite du colonialisme territorial. 

Ce que la France a cessé d’imposer par les armes au XIXe siècle, elle prétendrait l’imposer aujourd’hui par les ONG, les conditionnalités d’aide au développement, les arbitrages de l’Union européenne et la pression médiatique des grandes chaînes internationales.

 

Le paradoxe est cruel pour Paris. La France, qui a longtemps cru pouvoir façonner les sociétés africaines à son image — d’abord par la mission civilisatrice, puis par la coopération, enfin par l’agenda des droits humains — se trouve aujourd’hui en position de receveur. 

Elle s’est convertie depuis trois décennies à un militantisme sociétal qui choque profondément ses anciens partenaires africains, asiatiques et arabes.

 Elle pensait avoir le monopole du sens de l’histoire ; elle découvre qu’elle n’est qu’une exception statistique dans un monde où sept milliards d’êtres humains sur huit ne partagent pas son enthousiasme pour la déconstruction des cadres anthropologiques traditionnels.

 

L’Afrique, en particulier, ne joue plus le jeu.

 L’homosexualité demeure pénalisée dans une trentaine d’États du continent. 

Certains, comme l’Ouganda ou le Nigeria du Nord, prévoient des peines pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité, voire la peine de mort.

 Le Ghana, le Kenya, la Tanzanie et plusieurs autres pays ont renforcé leur arsenal répressif ces dernières années.

 La tendance n’est pas marginale : elle est lourde et continue. 

Et elle s’accompagne, dans le discours politique, d’un argumentaire de plus en plus structuré sur la défense de la souveraineté culturelle face à l’« impérialisme moral » occidental — un argumentaire que Sonko a déployé vendredi avec une clarté inhabituelle.

 

La parole d’un dirigeant émergent

Ousmane Sonko n’est pas un dirigeant marginal. 

Le tandem qu’il forme avec Bassirou Diomaye Faye représente la principale rupture politique en Afrique de l’Ouest depuis des décennies.

 Élus en 2024 sur un discours panafricaniste, souverainiste et critique vis-à-vis de la France, ils ont entrepris depuis deux ans de redéfinir les bases de la coopération avec Paris — renégociation des accords militaires, fermeture des bases françaises au Sénégal, réorientation diplomatique vers le Maghreb, la Chine et les pays du Golfe, contestation du franc CFA. 

 

Leur posture sur les questions sociétales s’inscrit dans cette cohérence d’ensemble : la souveraineté n’est pas seulement économique ou militaire, elle est aussi anthropologique et morale.

 

Sans surprise, les organisations internationales de défense des droits humains protestent. 

La FIDH dénonce la pénalisation accrue, Amnesty International documente la tendance continentale, plusieurs ONG sénégalaises s’alarment du flou de la notion de « promotion » qui pourrait selon elles criminaliser des activités de santé publique ou de soutien juridique.

 Reste que ces organisations, dont le financement est très majoritairement occidental, peinent à dissimuler leur isolement sur le continent.

 

 Leur message ne résonne qu’auprès des chancelleries qui les subventionnent — ce qui produit un effet de chambre d’écho, mais nullement de levier politique réel.

La pression diplomatique des partenaires occidentaux, du reste, restera mesurée. 

Le Sénégal est un acteur stratégique pour la stabilité de l’Afrique de l’Ouest, dans une région secouée par les coups d’État au Mali, au Burkina Faso, au Niger et plus récemment au Tchad. 

Les enjeux sécuritaires, économiques et migratoires interdisent à Paris, Berlin ou Washington toute rupture frontale avec Dakar.

 

 Bruxelles continuera de financer, sermonner discrètement à huis clos, et publier des communiqués sans portée concrète. 

Sonko le sait parfaitement, et c’est précisément ce qui lui permet de tenir ce discours sans risquer grand-chose.

 

Une leçon politique pour l’Europe

L’épisode sénégalais devrait servir d’avertissement aux dirigeants européens. 

L’agenda sociétal qu’ils ont choisi d’embrasser n’est pas exportable. Il n’est même pas reconnu par les autres aires civilisationnelles comme légitime. 

 

L’Asie, l’Afrique, le monde arabe et même une partie de l’Amérique latine refusent désormais ouvertement de se laisser dicter leurs normes par d’anciennes puissances coloniales reconverties en gardiennes du progressisme moral. 

Ce que les peuples non occidentaux exigent, c’est l’égalité diplomatique réelle — c’est-à-dire le droit à organiser leurs sociétés selon leurs propres valeurs, sans subir d’injonctions extérieures déguisées en universalisme.

Pour la France singulièrement, le retour de bâton est sévère.

 

 Le pays qui se proclame patrie des droits de l’homme se voit aujourd’hui renvoyé à ses contradictions par un Premier ministre africain de quarante-neuf ans, qui ose appeler les choses par leur nom et désigner comme tyrannique ce que Paris présente comme simple émancipation. 

 

La leçon est dure, mais elle a le mérite de la clarté : l’Occident, ce « petit noyau » selon Sonko, ne fait plus la loi anthropologique de la planète. 

Il en est même devenu, sur ces sujets, l’exception isolée. 

Et il ferait bien de l’accepter, au lieu de poursuivre un combat moral qu’il a déjà perdu sur le terrain des chiffres et qui ne lui rapporte plus, sur le plan diplomatique, que du mépris.

 

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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