jeudi 21 mai 2026

UN NOUVEL ESSAI : DÉ CLIN ET RENOUVEAU ! COMMENT LES FRANÇAIS SE RELÈVERONT ! ( NIKOLA MIRKOVIC )

 REVUE DE PRESSE !

Nikola Mirkovic : « L’américanisation a fait plus de mal à notre culture que l’immigration anarchique » [Interview]

Le géopolitologue spécialiste des Balkans, Nikola Mirkovic que nos lecteurs connaissent bien, vient de publier un nouvel essai « Déclin et renouveau : Comment les Français se relèveront » (Éditions des Syrtes). 

L’auteur dresse un constat lucide sur l’état de la France contemporaine ; un tableau douloureux qui a le mérite de fournir des éléments concrets éclairant le désastre dans lequel nous sommes plongés. 

Mais il ne se contente pas de faire dans le descriptif : Mirkovic y élabore ses pistes pour redresser ce pays qu’il chérit profondément. 

Et si le chantier est vaste, il croit fermement en un sursaut national et y travaille, poussant chacun d’entre nous à s’engager.

Nikola Mirkovic est président de l’association humanitaire Ouest-Est, il est l’auteur de Bienvenue au Kosovo (éditions du Rocher), de L’Amérique empire (éditions Temporis), de Le chaos ukrainien (éd. Publishroom factory).
 

Breizh-info.com : Nikola Mirkovic, le titre de votre ouvrage évoque le déclin de la France, ce que beaucoup d’auteurs ont fait avant vous.

 En quoi votre regard de géopolitologue, souvent tourné vers l’Europe de l’Est, et votre double nationalité franco-serbe apportent-ils une lecture différente de la crise française ?

Nikola Mirkovic : Mes recherches m’amènent à analyser à la fois l’histoire, les dynamiques économiques et sociales et la géographie de nombreuses régions mondiales. 

J’ai aussi beaucoup voyagé et chaque voyage me permet, au-delà des études, de comparer des situations que je peux comparer à la France.

 Depuis de nombreuses années je ne cesse d’être alarmé par les mauvais choix politiques des Français et la dégringolade générale de la France. 

Je compare cette chute à ce qui se passe dans d’autres pays et je me rends bien compte que la trajectoire française n’est pas une fatalité puisque d’autres pays, dans le même contexte mondial, parviennent à tirer leur épingle du jeu.  

J’essaye de comprendre pourquoi d’autres réussissent et pas nous ?

 J’essaye de déceler les clefs de succès qui pourraient nous intéressés.

 Nous pouvons apprendre beaucoup des succès de pays étrangers aussi bien en matière de développement économique qu’en protection de notre culture et de lutte contre l’instabilité. 

Je pense que c’est ce regarde exogène que j’apporte qui est différent par rapport aux analyses de beaucoup de collègues. 

Pour autant, je rappelle bien dans le livre que si les Français piochaient dans leur propre histoire ils se rendraient compte qu’ils ont déjà de nombreuses réponses à leurs préoccupations.

 

Breizh-info.com : Quels sont, selon vous, les tournants décisifs qui ont accéléré le déclin d’une France qui avait tant su rayonner et imposer sa marque sur le monde ?

Nikola Mirkovic : La réalité est que le modèle capitaliste a découpé la France comme le reste de l’Occident par un effet de ciseaux : d’un côté nous avons eu le développement de la société de consommation, de l’individualisme et par conséquent un désintérêt du bien commun et de la chose politique.

 De l’autre côté s’est réalisée une appropriation de la politique par des techniciens, des communicants, des experts de la politique et des puissances financières qui forment une caste dominante en soi.

 L’essayiste français Michel Geoffroy dénomme cette caste dominante la  « super-classe mondiale ».

 Super-classe car elle prime sur le reste du peuple, mondiale car elle ne défend pas les intérêts nationaux, elle est mondialiste. 

Il décompose cette « super-classe » en quatre cercles de l’oligarchie : on y trouve d’abord l’élite économique et financière, suivie du pouvoir médiatique et culturel, puis des ONG, des fondations et des sociétés civiles et, en dernier lieu, les élites politiques.

 Cette « super-classe mondiale » ne contrôle pas tout, évidemment, mais elle dispose de leviers puissants pour orienter les discours médiatiques, politiques et sociaux et influencer les élus dans leurs choix politiques et les citoyens dans leurs votes ou leurs modes de vie.

 

L’historien américain Christopher Lasch a dénoncé cette déviance démocratique dans son livre sorti en 1995 La révolte des élites et la trahison de la démocratie.

 Lasch écrit que jadis la révolte des masses était considérée comme une « menace contre l’ordre social » mais que de nos jours « cette menace semble plutôt provenir du sommet de la hiérarchie sociale. » 

Il écrit : « Aujourd’hui ce sont toutefois les élites – ceux qui contrôlent les flux internationaux d’argent et d’informations, qui président aux fondations philanthropiques et aux institutions d’enseignement supérieur, gèrent les instruments de la production culturelle et fixent ainsi les termes du débat politique – qui ont perdu foi dans les valeurs de l’occident. »

 Lasch montre que cette élite a trahi la promesse démocratique : au lieu de servir le peuple,  elle se sert elle-même.

 Du peuple, elle s’est séparée spirituellement, physiquement et culturellement.

 Le sociologue français Christophe Guilluy rappelle, lui, que la « fuite en avant » des classes dominantes débouche sur « l’abandon du bien commun ».

 Il souligne que l’industrie de la finance a pris « le contrôle de l’économie, mais aussi du monde politique. »  

 Pour résumer, le tournant décisif est l’avènement d’une caste dominante à la tête du pays depuis plusieurs générations qui ne se soucie guère des Français mais qui se sert de la France pour poursuivre ses propres objectifs: enrichissement personnel et construction d’un modèle mondialiste. 

 Le fossé entre le peuple qui croit encore en la France et ses élites pour qui la France est une chose du passé est une des sources profondes de la chute française.

 

Breizh-info.com : Vous parlez de renouveau. 

Pourtant, vous décrivez une société française plus fragmentée que jamais. 

Comment peut-on « se relever » quand le socle commun semble s’effriter ?

Le modus operandi de la caste dominante est divide et impera : diviser pour mieux régner.

 Plus le peuple est divisé plus il est manipulable et contrôlable. 

C’est une recette vielle comme le monde.

 Pour lutter contre ces divisions les Français doivent se retrouver sur les piliers fondamentaux qui forgent un peuple. 

Je décris dans mon livre les 12 chantiers majeurs que les Français doivent travailler pour régénérer le peuple. 

 Beaucoup disent qu’il faut sauver la France mais c’est une erreur, il faut d’abord sauver les Français qui eux, ensuite, relèveront la France. 

 Parmi ces nombreux chantiers qui vont de la justice à la solidarité en passant par la liberté, il y en a un qui est fondamental pour les Français, c’est celui de la culture. 

Je voyage beaucoup comme je l’ai dit au début de cet interview et cela me navre de constater que rien ne ressemble plus à un jeune français aujourd’hui qu’un jeune allemand, un jeune anglais ou un jeune Canadien. 

 

 L’américanisation de notre société a fait un mal plus grand à notre culture que les vagues d’immigration anarchiques. 

 Si les Français abandonnent leur culture, que leur reste-t-il à défendre ?

 Le premier pas vers le relèvement est le renouement impératif avec la culture. 

Dans nos familles, nos écoles, avec nos amis et nos voisins nous devons connaître et célébrer la culture française et la faire vivre.

 Les Français doivent connaître leurs grands auteurs, ils doivent se retrouver plus souvent au théâtre, au musée. 

Un peuple qui oublie ses origines se suicide.

 Nous devons être fier de cet héritage culturel qui fait l’admiration du monde entier. 

 Il faut donc non seulement mieux maîtriser notre propre culture mais participer activement à tous les événements qui la mettent en valeur.

 Il y a là une dynamique de la réappropriation culturelle majeure à mener.  

C’est un des plus importants chantiers pour l’ensemble des Français car il rassemble et nous permet de communier ensemble par-delà les divisions et les différences.

 

Breizh-info.com : Vous appelez les Français à s’engager et à retrouver le sens du bien commun. 

Comment concilier votre vision du bien commun avec celle des nouvelles générations, dont l’activisme — que l’on peut qualifier de « woke » — repose précisément sur la certitude morale d’œuvrer pour une société plus juste ?

Nikola Mirkovic : Le wokisme est une dérive naturelle de la société individualiste et matérialiste secrétée par la société de consommation. 

Ceux qui œuvrent pour un projet mondialiste veulent faire du passé table rase.

 Ils poussent nos sociétés à la ruine pour pouvoir construire un monde nouveau. 

Ils ne veulent ni de traditions, ni de religion, ni de syndicats, ni quoi que ce soit qui pourrait s’interposer entre l’individu et le pouvoir.

 Il y a de nombreuses victimes innocentes du wokisme qui croient œuvrer pour le bien mais qui ne se rendent pas compte du piège dans lequel elles sont tombées. 

Pour les réveiller, nous devons être pédagogues, patients et faire preuve de beaucoup de charité. 

 N’oublions pas qu’elles ont été conditionnées par une société où le pouvoir et les médias marchent main dans la main vers leur nouveau projet sociétal. 

Surtout, avant de leur faire la morale nous devons essayer d’être des exemples.

 Ici encore la solution passe par l’engagement et opposer à la culture de la division et de l’individualisme une contre-culture fondée sur la riche culture française et qui vise à rassembler et unir.

 Le peuple se nourrit de l’énergie de tels rassemblements.

 Nous devons donc nous engager dans le tissu social et avoir quelque chose de plus beau, de plus grand et de plus dynamique à proposer à la jeunesse.

 Regardez le succès de tous ces nouveaux pèlerinages, des banquets où l’on chante ensemble, des fêtes historiques (notamment autour du Moyen-Âge) qui se multiplient à travers la France. 

Ce ne sont que quelques exemples mais c’est très encourageant. 

Il faut y participer, les faire grandir et en initier d’autres. 

La renaissance culturelle des Français fera plus pour régénérer le peuple que n’importe quel programme politique. 

J’en profite pour rappeler que cette culture peut être nationale évidemment mais qu’elle est aussi enracinée localement et régionalement.

 Il est important d’enrichir tout le patrimoine culturel français.

 C’est également au contact de nos concitoyens, par-dessus les frontières idéologiques, que nous construirons le bien commun, ces liens indispensables à la survie d’un peuple.  

Nous devons sortir de nos bulles, cessez d’avoir peur, et aller à la rencontre de nos concitoyens qui sont très clairement en quête d’identité et d’amitié.

 

Breizh-info.com : Dans votre livre, vous ne vous contentez pas de faire un constat politique, vous appelez à un engagement personnel de chaque citoyen. 

Pour celui qui se sent impuissant face à l’ampleur des crises que traverse la France, où et comment commence l’engagement ?

 Comment le concrétiser ?

Nikola Mirkovic : L’engagement commence par soi-même.

 Si vous avez fait le constat de la dégringolade française et que vous aimez la France alors vous avez nécessairement envie de faire quelque chose.

 Il faut alors transformer cette analyse lucide en dynamique de reconquête. 

Pour paraphraser J.F. Kennedy, le Français ne doit pas se demander ce que son pays peut faire pour lui mais ce que lui peut faire pour son pays. 

Chaque français conscient de la crise majeure que nous traversons doit d’abord se hisser à la hauteur de la situation.

 On ne peut pas exiger une société juste si on est soi-même injuste, on ne peut pas vouloir la solidarité si on est individualiste, on ne peut pas exiger la probité des politiques si on accepte soi-même le mensonge.

 C’est un travail de tous les jours sur soi-même mais il est majeur. 

Un sportif travail dur pour gagner une compétition, tel doit être le modèle du Français qui veut sauver son peuple et son pays. 

 En parallèle de ce travail sur soi (qui passe évidemment par une meilleur maîtrise de notre culture), il faut s’engager. Cet engagement n’est pas forcément dans un parti politique.

 Cela peut être une option mais je lui préfère l’engagement dans la société civile, dans les corps intermédiaires où l’on réalise des actions concrètes sans avoir à être élu et majoritaire. 

Les corps intermédiaires sont des regroupements de citoyens qui se retrouvent pour atteindre des objectifs communs. 

Ces associations constituent un contre-pouvoir capable de défendre les intérêts des citoyens qui y sont rassemblés. 

 On peut citer à titre d’exemple les organisations suivantes : les divisions administratives du territoire, les églises, les syndicats, les partis politiques, les entreprises, les organisations professionnelles sectorielles (Ordre des médecins, chambres de commerce…), les associations, les clubs… 

 Chacun de ces regroupements est indépendant de l’État, mais doit être capable de discuter avec les représentants de l’État sur les sujets qui leur sont propres. 

 Pour l’historienne française Christine Bouneau, les corps intermédiaires sont des « formes reconnues de la société civile organisée constituant un troisième secteur organisé, coulissant, d’une part, entre l’État et les individus/citoyens, et d’autre part, entre l’État et le marché. […] 

[Les corps intermédiaires] offrent non seulement des espaces de médiation multiscalaires, y compris transnationaux, et des espaces de contre-pouvoirs, mais aussi des formes de régulation par rapport à la complexité des deux autres secteurs, État et marché».

 L’économiste et philosophe Jean Bodin écrivait déjà au XIVe siècle : « Ôter tous les corps [intermédiaires] et communautés, c’est ruiner un État, et en faire une barbare tyrannie. »

On peut faire un bien incroyable en défendant nos objectifs (cf. les 12 chantiers de mon livre) en intégrant une maraude en faveur des démunis, une troupe de théâtre, un groupe de réflexion, une association paroissiale ou un syndicat. 

C’est la meilleure façon d’incarner nos valeurs et de participer à la vie du peuple et d’y tisser des liens. 

 C’est au sein même de ces associations, organisations, collectivités où les Français se rencontrent que nous devons agir.  

Il faut en même temps tisser des réseaux de patriotes transpartisans qui se retrouvent sur l’essentiel des sujets et pour qui le renouveau des Français prime sur tout différend politique ou religieux. 

N’oublions pas aussi l’aspect financier, on doit aider les œuvres qui défendent notre cause. Pecunia nervus belli ! 

 Ciceron avait raison : l’argent est le nerf de la guerre. 

 

Breizh-info.com : Vous consacrez une large part à la question de la souveraineté. 

Certains considèrent que la France ne pourra redevenir elle-même qu’en rompant avec les structures supranationales actuelles, d’autres, au contraire, croient fermement que seul un investissement majeur au niveau européen permettra de changer la donne, surtout face aux défis mondiaux.  

Quelle est votre opinion sur le sujet ?

Nikola Mirkovic : Les modèles supranationaux ne fonctionnent pas.

 Regardez la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie ou l’URSS.

 On juge un arbre à son fruit. Où sont les fruits de l’Union européenne ? 

 On n’a jamais autant été dépendants de technologie étrangère, nos sociétés se déstructurent et la seule passion des eurocrates est la guerre contre la Russie qui est… la plus grande puissance européenne en PIB en parité de pouvoir d’achat. 

C’est de la pure folie.  

La France a été au sommet de sa puissance et de sa gloire lorsqu’elle était souveraine, elle ne cesse de chuter depuis qu’elle est entrée dans l’Union européenne. 

Il est temps d’ouvrir les yeux : l’euro, les directives européennes, les choix de Bruxelles ne nous ont quasiment rien apporté de positif, tout au contraire.

 L’UE nous coûte plus qu’elle ne nous apporte.

 Pourquoi l’UE ferait-elle demain ce qu’elle n’a pas su ni voulu farie hier ?

 Le modèle supranational est par essence contraire aux intérêts des Français.  

Vous pouvez saupoudrer l’UE d’un peu plus d’identité, un peu de bon sens, un peu moins de taxes… 

vous aurez toujours à la fin une technocratie inerte qui favorisera une nation au détriment de l’autre ou qui prendra des décisions molles qui ne satisferont personne.  

Regardez le monde entier, où de telles structures ont elles réussi ? Nulle part ! 

Le modèle mondial multipolaire qui se met progressivement en place est au contraire fondé sur des nations souveraines, il est donc urgent que les Français regagnent  leur souveraineté et trouvent leur place rapidement dans ce monde qui change à toute vitesse.

 La France est une vielle nation, elle dispose d’une place centrale en Europe et dans le monde.

 Elle possède la deuxième superficie maritime mondiale et il y plus de 300 millions de locuteurs du français dans le monde. 

Nous disposons de nombreux talents qui fuient le pays aujourd’hui car l’UE ne leur apporte pas de futur. 

Nous devons les retenir et au contraire reprendre le seul chemin qui ait jamais été bénéfique à la France : celui de la souveraienté.

 C’est aux Français de décider de leur avenir. 

 

Breizh-info.com : Vous dépeignez les électeurs en « cocus volontaires » tout en invoquant l’union sacrée. 

Que faut-il comprendre de cette posture alors que vous rejetez le principe même du vote ? 

Nikola Mirkovic attend-il quelque chose de 2027 ?

Nikola Mirkovic : Je ne rejette pas tout à fait le principe du vote, je dis juste qu’il ne changera pas efficacement la politique oligarchique en l’état actuel des choses. 

Et surtout, avec Rousseau, je ne suis pas persuadé de l’efficacité de la démocratie représentative.

 Comme le disait Coluche, si les élections pouvaient changer quelque chose elles seraient interdites.

 Pour autant je ne dis pas qu’il ne faut pas voter, certains partis limitent la casse et il y a des élus (surtout locaux) qui font un travail admirable mais malheureusement tant qu’on joue avec les règles du système actuel on se fera toujours avoir.

 Regardez Meloni ou Trump, ils ont beaucoup promis mais une fois élus ils sont loin de leurs engagements. 

C’est le modèle actuel qu’il faut revoir.

 

 Justement, l’appel à l’union sacrée s’adresse à tous ceux qui ont compris que le jeu est biaisé et que les Français doivent constituer un véritable contre-pouvoir pour redevenir totalement souverains.  

Cet appel exige qu’on mette de côté certains débats qu’on réglera une fois que la souveraineté sera retrouvée. 

L’essentiel pour l’instant est de remettre au sein du débat et de l’action politique les thèmes majeurs qui font qu’un peuple est un peuple  : justice, liberté d’expression, solidarité, culture, bien commun, sentiment d’appartenance…

 Ces sujets sont beaucoup plus importants que l’âge de la retraite, le taux de la TVA ou le cumul des mandats. 

Il faut s’inspirer du sursaut de certains Français lors de la Résistance et de la constitution du CNR. 

Français de tous horizons, de gauche comme de droite, monarchistes et républicains, catholiques et athés ont su se retrouver pour un combat commun pour gagner notre liberté et restaurer la souveraineté des Français sur leur pays.

 Évidemment tous étaient patriotes et s’il n’y a pas de sentiment patriotique alors il n’y a pas de patrie. 

Cela demande quelques efforts et de l’intelligence.

 Contre les divisions nous devons œuvrer pour l’union.

 

Breizh-info.com : Vous rappelez que l’histoire de France est ponctuée d’une succession de déclins suivis de redressements, incitant à ne pas céder au désespoir.

 Mais qui serait capable selon vous de mettre en œuvre les douze chantiers prioritaires que vous évoquez pour sauver la France ?

Nikola Mirkovic : L’histoire de France s’écrit de cime en abîme et s’il y a bien un sujet qui met Michelet et Bainville au diapason c’est celui-ci.

 C’est pour cela qu’il faut savoir prendre du recul et ne pas céder à la panique.

 On en a vu d’autres. 

Pour autant, si on ne fait rien, on peut disparaître donc le sujet est grave. Une des erreurs majeures est précisément d’attendre l’homme ou la femme providentielle. 

 J’entends souvent des personnes qui se demandent qui sera le prochain De Gaulle, qui sera la prochaine Jeanne d’Arc. 

C’est une erreur. 

Ces deux héros de l’histoire de France ont émergé parce qu’il y avait un terreau fertile.

 Un terreau travaillé par milliers de Français qui n’ont pas cédé au désespoir ou au découragement. 

Aujourd’hui je ne vois pas de chef à la hauteur de la situation car nous avons sauté des étapes.

 Nous voulons gagner la guerre avant de gagner des batailles.

 Avant d’avoir de nouveaux chefs à la hauteur de la situation, il faut d’abord constituer un socle solide et robuste de Français engagés et déterminés réunis autour des piliers fondamentaux autour desquels se retrouve le peuple. 

 La terre française est aujourd’hui aride, il faut s’en occuper et c’est dans ce terreau travaillé qu’émergeront les nouveaux chefs capables de constituer la nouvelle élite (au sens étymologique du terme) dont les Français ont besoin. 

 Ils ne viendront pas pour diriger le peuple, ils seront l’émanation même du peuple dans une France où, j’espère, le peuple prendra ses responsabilités politiques.

 Avant de parler des sauveurs de la France, créons ensemble ce terreau vivant, attrayant, riche et dynamique du peuple Français qui n’a pas dit son dernier mot.

 La caste dominante qui nous dirige est puissante mais elle n’est pas composée de beaucoup de personnes.

 Nous sommes plus nombreux qu’eux, en revanche nous ne sommes pas encore uni autour d’un projet de reconquête et nous ne sommes pas organisés. 

Cela se construit dans le temps.

 Ne brûlons pas les étapes : hissons-nous au niveau des enjeux, investissons le tissu social et créons des réseaux transpartisans. 

De ces travaux sortiront naturellement les prochains chefs capables de répondre aux défis que les Français doivent collectivement relever. 

 

Breizh-info.com : Question plus personnelle. Votre femme est elle aussi une personne engagée. 

Comment conciliez-vous vie de couple et activisme militant ? 

Œuvrer à l’amélioration de la société apporte-t-il quelque chose dans un mariage ?

Nikola Mirkovic : La famille est le pilier de la société comme le souligne Aristote. C’est autour des familles que la polis se crée.

 Le philosophe français Fabrice Hadjadj nous rappelle que la famille est fondamentale pour la société. 

C’est le lieu, dit-il, du premier amour, de la première éducation et le premier lieu où l’on apprend à respecter les libertés. 

Pour mon épouse et moi-même, la famille est fondamentale et c’est notre priorité.

 Pour autant la vie en famille n’exclut pas l’engagement, au contraire. 

Nous voulons que le projet familial soit cohérent avec le projet de société que nous défendons, les deux vont de pair. 

Souvent les gens nous disent « mais où trouvez-vous le temps pour faire tout ça ? » 

Nous leur répondons que tout est une question de priorités et d’organisation.  

S’investir dans la vie publique n’est pas une action individualiste, elle doit aussi être familiale. 

 Soutenir la culture est une activité éminemment familiale (cinéma, théâtre, musée, concerts …) et si vous pouvez amener vos enfants faire des activités humanitaires ou sociales, vous vivrez avec eux des moments intenses, riches et inégalés d’enseignements et de souvenirs. 

Les familles françaises relèveront la France, si elles s’engagent, croyez-moi.

 

Propos recueillis par Audrey D’Aguanno

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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