lundi 18 mai 2026

MATHIEU PIGASSE, LE BOLLORÉ DE MÉLENCHON ? RADIO NOVA LA RADIO QUI NE FAIT PLUS RIRE !

 REVUE DE PRESSE !


Radio Nova: des bouffonneries pas si innocentes

Drôle de rire


Radio Nova: des bouffonneries pas si innocentes
Pierre-Emmanuel Barré enchaîne les blagues gauchistes sur Radio Nova, 23 novembre 2025 © Arnaud Cesar VILETTE/SIPA

Selon l’hebdomadaire de Caroline Fourest, Franc-Tireur, le fortuné Matthieu Pigasse aurait mis son royaume médiatique au service de Mélenchon (à moins que ce ne soit de lui-même…) et serait ainsi le « Bolloré de l’extrême gauche »

Persuadés d’être dans le camp du bien, Meurice, Barré, Juliette Arnaud ou Akim Omiri se moquent en meute de tous ceux qui ne dénoncent pas assez fermement le prétendu « génocide » qu’ils voient dans la guerre au Proche-Orient.

 Mais, une énième chronique humoristique de Radio Nova fait grincer des dents.


 

Faire passer la haine sous les habits de l’esprit est une vieille spécialité française.

 Autrefois, cela donnait des salons où l’on assassinait les juifs avec des bons mots entre deux citations de Voltaire et quelques soupirs sur « l’esprit français ». 

 

Aujourd’hui, cela donne des radios « cool », des humoristes dopés à la moraline, des chroniqueurs persuadés d’incarner la résistance intellectuelle depuis un studio parisien du XIe arrondissement, et cette certitude exquise que le second degré tient lieu de brevet d’innocence.

 

Vulgarité contemporaine

L’affaire des comiques de Radio Nova – la radio de Matthieu Pigasse, toujours partagé entre le capitalisme mondialisé et le fantasme d’une immaculée présidence de la République – mérite mieux qu’une polémique de quarante-huit heures sur les réseaux sociaux.

 Elle dit quelque chose de beaucoup plus profond sur une époque où l’antisémitisme ne se présente plus forcément avec des bottes, une matraque et un brassard, mais avec un tote bag à l’épaule, une moustache ironique, un abonnement à Télérama et une carte de presse soigneusement rangée dans la poche arrière du jean.

Depuis des mois, un humour très particulier prospère dans une partie du paysage médiatique français : obsessionnellement tourné vers « la Palestine », compulsivement sarcastique dès qu’il est question des juifs, du 7-Octobre, des otages ou même du simple droit de l’État hébreu à exister sans comparaître chaque matin devant un tribunal improvisé composé de juges incultes et autosatisfaits. 

Tout y passe : le juif dominant, le lobby qui fait taire tout le monde, la double allégeance, la suspicion permanente, l’argent, l’influence, la manipulation médiatique.

 Rien n’est jamais dit frontalement, bien entendu.

 La vulgarité contemporaine est trop sophistiquée pour cela, elle avance masquée sous les oripeaux de l’antisionisme vertueux.

 On ne dit donc plus « les juifs », mais « les sionistes » ; on ne dit plus « ils contrôlent », on soupire « on ne peut plus rien dire » ; on ne dit plus « ils sont insupportables », on fait une blague, puis une autre, puis encore une autre, jusqu’à ce que l’accumulation finisse par produire ce qu’aucune phrase isolée n’assumerait seule.

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Le système est remarquablement huilé.

 Des « humoristes » comme Guillaume Meurice, Aymeric Lompret ou Pierre-Emmanuel Barré accumulent les saillies douteuses avec la sérénité de ceux qui savent qu’ils bénéficient d’une immunité de principe : ils appartiennent au camp du Bien. 

Et dans la France médiatique contemporaine, appartenir au camp du Bien fonctionne comme une indulgence plénière.

 Dès lors, tout est permis. 

Les Israéliens assassinés deviennent des accessoires gênants du récit, les otages disparaissent derrière les punchlines, le méga-pogrom du 7-Octobre se dissout dans le brouillard commode du « contexte ».

 La névrose antisioniste finit ainsi par se transformer en certificat de vertu.

 

Acharnement contre Sophia Aram

Le plus frappant n’est même plus la vulgarité de certaines plaisanteries.

 Exemple à propos de Gabriel Attal, Barré ironise finement : « Je ne dis pas qu’il a un cancer, je n’en sais rien. 

Je dis juste que si on m’apprenait qu’il avait un cancer, je dirais : “Ah, pancréas ? Non ? Dommage.” 

» Sur Sophia Aram, Barré délire sur le même registre : « Putain mais Sophia, je te souhaite tellement de devenir daltonienne et de traverser au feu rouge là, et bam ! 

Oh non merde, comment va la bagnole ?

 Ça va elle roule encore ?

 Super, alors repasse une fois en marche arrière. ». 

Et d’ajouter : « C’est violent, c’est violent mais elle met des guillemets à un vrai génocide (à Gaza), je peux lui mettre une Kangoo imaginaire dans la gueule. » Prière de rigoler, bonnes gens.

Sophia Aram, parce qu’elle dénonce la compromission de Mélenchon avec les islamo-gauchistes, est une cible privilégiée de Radio Nova © Thierry Le Fouille/SIPA

Dans certains milieux médiatiques, universitaires ou artistiques, détester Israël est devenu un signe extérieur de sensibilité et d’intelligence du monde. Une élégance de salon pour époque post-coloniale saturée de demi-savoir universitaire, perfusée aux thèses d’Edward Saïd ou de Rashid Khalidi dans leur version digest pour classes urbaines diplômées. La cause palestinienne y tient lieu à la fois de religion civile, de signe de distinction culturelle et de substitut émotionnel à l’ancienne lutte des classes.

Vieilles haines

Le plus extraordinaire est peut-être cette capacité qu’a notre époque à se croire héroïque alors qu’elle épouse sottement tous les conformismes du moment. Car enfin, quel risque prennent-ils réellement ? Aucun. Ils savent parfaitement que les mêmes qui traqueraient la moindre phrase maladroite sur n’importe quelle minorité applaudiront avec gravité dès lors que la cible s’appelle Israël ou « les sionistes ». Le courage de ces gens consiste essentiellement à réciter ce que leur milieu sociologique et leur environnement social considèrent déjà comme moralement supérieur. On se moque donc beaucoup, d’Israël, des « sionistes », des victimes parfois aussi. Toujours avec cette conviction profondément narcissique d’appartenir au camp de la lucidité contre celui de la barbarie. Le problème commence précisément là.

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L’histoire européenne enseigne pourtant une chose très simple : lorsqu’un peuple devient l’objet d’un traitement d’exception permanent – moral, médiatique, symbolique – arrive toujours un moment où les plaisanteries cessent d’être innocentes. Les vieilles haines ne reviennent presque jamais sous leur forme originale.

 Elles reviennent maquillées par les codes culturels de leur temps. 

Jadis, elles parlaient le langage du nationalisme, aujourd’hui, elles parlent celui de l’indignation humanitaire, du décolonialisme de plateau et de la compassion obligatoire.

L’humour est évidemment une liberté précieuse. 

Encore faut-il savoir distinguer le rire de l’esprit et le rire de meute. 

Il existe des moments où la plaisanterie cesse d’être une preuve de finesse pour devenir le cache-misère cynique d’une haine socialement fréquentable. 

C’est précisément ce que révèle cette affaire : non pas le retour spectaculaire d’un antisémitisme ancien, mais pire encore peut-être, sa réintégration paisible dans le paysage culturel ordinaire, sous les applaudissements satisfaits des bouffons du progrès.

 

ET AUSSI

 


Nouvelle France: j’accuse M. Mélenchon d’appropriation culturelle!

Une tribune libre de Claude J. Roy


Nouvelle France: j’accuse M. Mélenchon d’appropriation culturelle!
Jean-Luc Mélenchon et Bally Bagayoko, Saint-Denis, 4 avril 2026 © Thomas Padilla/AP/SIPA

Il existe des mots qui portent des siècles de mémoire. 

Des mots qui ne sont pas de simples concepts politiques, mais des héritages humains construits dans le sacrifice, l’exil et la survie. 

« Nouvelle-France » fait partie de ces mots. 

Et c’est précisément pour cette raison que les propos récents de Jean-Luc Mélenchon sur la « Nouvelle-France » ont provoqué chez de nombreux Québécois et descendants des Français d’Amérique un profond malaise, voire une véritable indignation. 

Car lorsqu’il utilise ce terme pour désigner une France contemporaine redéfinie uniquement par le multiculturalisme actuel, les flux migratoires modernes ou l’effacement progressif de la notion même de langue française « créole« commune, Mélenchon ne fait pas qu’employer une formule maladroite.

 Il détourne un héritage historique fondamental appartenant à un peuple bien réel : celui des Français d’Amérique. 

La Nouvelle-France n’était pas une expérience théorique de diversité abstraite. 

C’était notre histoire.

 Celle de nos ancêtres. 

Celle des familles venues de Normandie, de Bretagne, du Poitou ou du Pays basque pour bâtir une civilisation française en Amérique du Nord dans des conditions d’une dureté inimaginable aujourd’hui.

Ma propre famille a quitté Dieppe en 1661 pour rejoindre cette aventure.

 Comme tant d’autres, elle a traversé l’océan, affronté le froid, les guerres, la faim et l’isolement afin de construire un monde français sur le continent américain.

 Après la conquête britannique de 1763, ces familles ont dû survivre seules, sans protection de la France, dans un environnement politique et linguistique dominé par l’anglais. 

Pendant plus de deux siècles, les Canadiens français ont défendu la langue française avec une ténacité exceptionnelle.

 Ils l’ont protégée dans les écoles, dans les églises, dans les villages, dans les familles.

 Ils ont résisté à des politiques d’assimilation puissantes. 

Ils ont subi le mépris social et économique tout en refusant de disparaître.

 Voilà ce qu’était réellement la Nouvelle-France : un peuple fondateur devenu une nation historique francophone en Amérique.

Or Jean-Luc Mélenchon semble aujourd’hui utiliser ce terme comme une métaphore idéologique destinée à illustrer sa vision d’une France postnationale où l’identité historique française deviendrait secondaire face à une redéfinition permanente du pays.

 Plus troublant encore, lorsqu’il laisse entendre que l’on devrait relativiser l’importance même du français comme langue commune mais parler de la langue créole dans la définition de l’identité nationale, il touche directement à ce pour quoi des générations de Français d’Amérique se sont battues pour survivre.

 Car pour nous, la langue française n’est pas un simple outil administratif interchangeable.  Elle est une mémoire vivante. 

Elle est le dernier lien direct avec nos ancêtres de Nouvelle-France. 

Pendant que la France traversait ses révolutions, ses crises politiques et ses bouleversements sociaux, les Canadiens français, eux, luttaient simplement pour continuer à vivre en français sur un continent massivement anglophone

. Cette lutte a duré des siècles.

 Des siècles de sacrifices.

 Des siècles d’humiliations.

 Des siècles de résistance silencieuse.

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C’est pourquoi les propos de Jean-Luc Mélenchon provoquent aujourd’hui une réaction aussi forte au Québec et dans plusieurs communautés francophones d’Amérique.

 Car entendre un responsable politique français réutiliser le terme « Nouvelle-France » tout en semblant vider progressivement de son sens l’héritage linguistique français apparaît comme une profonde incompréhension historique. 

Ou pire encore : comme une récupération idéologique parfaitement consciente.

 Il faut mesurer la portée symbolique de cette erreur.

 Imagine-t-on un dirigeant britannique utiliser le terme « Treize Colonies » pour défendre un projet politique relativisant progressivement l’importance historique de la langue anglaise dans la construction des États-Unis ? 

Évidemment non. 

Les Américains considéreraient cela comme une récupération absurde et insultante de leur mémoire nationale.

Pourquoi les descendants de la Nouvelle-France devraient-ils accepter ce type de récupération historique ?

 Ce qui est en cause ici dépasse largement un simple débat partisan français. 

Il s’agit d’un rapport fondamental à l’histoire, à la transmission et au respect des peuples francophones ayant survécu hors de France.

 Les Québécois n’ont jamais demandé à être transformés en symbole rhétorique dans les débats idéologiques français. 

Ils demandent simplement que leur histoire soit comprise avec sérieux et respect. 

La Nouvelle-France n’est pas un slogan politique réutilisable selon les besoins du moment. 

Elle représente quatre siècles de continuité humaine, linguistique et culturelle. 

Elle représente des peuples qui ont refusé de disparaître malgré des pressions immenses.

Jean-Luc Mélenchon affirme souvent défendre les peuples, les identités blessées et les mémoires marginalisées. 

Alors qu’il commence par écouter ceux qui portent encore aujourd’hui la mémoire vivante de la Nouvelle-France.

 Car lorsqu’un responsable politique réutilise un héritage historique aussi profond tout en semblant minimiser ce qui en constituait le cœur — la continuité du peuple français et de sa langue — il ne construit pas un pont avec les Français d’Amérique.

 Il crée une rupture. 

Et cette rupture risque d’être durable tant qu’un véritable respect de notre histoire ne remplacera pas la récupération idéologique de notre mémoire collective.

 

Jean-Luc Mélenchon doit cesser cette appropriation culturelle de la Nouvelle-France et il ne mérite aucunement la présidence de la France. 

Car la Nouvelle-France n’est pas un slogan politique moderne. 

La Nouvelle-France n’est pas une métaphore idéologique disponible pour les ambitions manipulatrices de politiciens français. 

La Nouvelle-France, c’est notre histoire. 

À nous alors respect.


Source et Publications :   https://www.causeur.fr/radio-nova

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