vendredi 16 janvier 2026

PROCÈS DE MARINE LE PEN : UNE JUSTICE SÛR D' ELLE .......JUSQU'AU DOUTE !

 REVUE DE PRESSE  !

Alerte au procès du FN/RN : le doute s’installe

DR

Depuis des années, l’affaire dite des « assistants parlementaires du FN » est présentée comme une évidence morale, un dossier plié, une culpabilité quasi ontologique. La mécanique était simple : accusation lourde, condamnation exemplaire, inéligibilité brandie comme un couperet, et circulez, il n’y a plus rien à voir.

Or, voilà que le procès en appel ouvre une scène inattendue : un parquet général moins combatif, une défense plus technique, et surtout une pièce centrale du dossier qui vacille.


Un « détail » qui n’en est pas un

Au cœur de ce retournement discret, un document annexe, longtemps utilisé pour gonfler le montant supposé du préjudice : 1,4 million d’euros supplémentaires, sortis du chapeau judiciaire comme par automatisme.

En première instance, ce tableau avait été intégré au dossier comme une évidence administrative. En appel, surprise : le parquet général lui-même estime désormais que cette pièce n’avait peut-être rien à faire là.

Autrement dit : une partie de l’accusation repose sur une base juridiquement discutable.

Dans un État de droit normal, ce genre de détail ferait trembler tout le dossier. Dans la France judiciaire contemporaine, on appelle cela pudiquement un « incident de procédure ».

Quand le parquet se met à douter

Le plus intéressant n’est pas tant l’argument de la défense que le changement de ton de l’accusation.

Le parquet général reconnaît que le tribunal a « surestimé les charges ». Formule rare. Presque impensable dans un dossier aussi politiquement chargé.

Car ce procès n’est pas seulement juridique. Il est symbolique. Il sert depuis des années à nourrir un récit : celui d’un camp politique structurellement coupable, moralement disqualifié, judiciairement suspect.

Que ce récit commence à se fissurer, même légèrement, dérange.

Une justice sûre d’elle… jusqu’au doute

La justice française adore les certitudes quand elles vont dans le bon sens idéologique. Elle est beaucoup plus hésitante quand ses propres constructions vacillent.

Le problème n’est pas qu’une défense marque un point. C’est que ce point révèle autre chose : l’extraordinaire légèreté avec laquelle des éléments financiers lourds ont été ajoutés au dossier, sans base procédurale solide.

Quand il s’agit de millions d’euros, d’inéligibilité, de carrière politique brisée, cette légèreté n’a plus rien d’anecdotique.

Le fond reste, le vernis craque

Attention : rien n’est joué. Le procès continue, les débats dureront des semaines, et le verdict final est loin d’être acquis.

Mais le vernis d’infaillibilité judiciaire, lui, commence à craquer.

Pendant des années, toute contestation de ce dossier était qualifiée de complotisme ou de pression sur les juges. Aujourd’hui, ce sont les magistrats eux-mêmes qui reconnaissent que certaines charges ont été, au minimum, mal ficelées.

Il ne s’agit pas d’innocenter qui que ce soit par principe.

Il s’agit de rappeler une évidence devenue subversive : une justice qui se trompe n’est plus une justice, c’est une administration du soupçon.

Et le simple fait que le parquet général l’admette à demi-mot en dit déjà long.

Une institution qui commence à douter d’elle-même donne parfois plus d’informations que mille communiqués triomphants.

 

ET AUSSI

 

Municipales : bousculé par Sarah Knafo, Thierry Mariani affiche sa détermination

« Une campagne, c’est long », veut croire le candidat RN,
 distancé dans les premiers sondages.
Thierry Mariani en conférence de presse, jeudi 15 janvier à Paris
Thierry Mariani en conférence de presse, jeudi 15 janvier à Paris

Alors que Sarah Knafo fait un début de campagne remarqué dans la capitale parisienne, Thierry Mariani déroule son programme et reste serein : « Je n’ai pas peur de prendre des coups. »

 

Paris n’est pas une ville facile, pour le Rassemblement national. 

En 2024, aux européennes, la liste menée par Jordan Bardella y obtient 8,54 % des voix ; aux législatives, le RN rassemble 10,7 % des suffrages.

 En 2014, Wallerand de Saint-Just, qui portait la bannière mariniste, réalisait 6,26 %.

 Six ans plus tard, lors des municipales de 2020, le RN ne présentait pas de candidat.

 

C’est donc en terrain peu favorable que l’eurodéputé Thierry Mariani a accepté d'assumer une mission difficile.

 Son avantage est tout trouvé, pour Marine Le Pen : son passé d’ancien ministre sarkozyste et d’ancienne figure de la droite forte, UMP puis LR, vingt-deux ans député, lui confère une notabilité propre à séduire les Parisiens. 

Mais en ce début d’année, l’annonce de la candidature de Sarah Knafo est venue corser l’affaire. 

L’égérie de Reconquête sait attirer la lumière et peut pavoiser de sondages flatteurs qui la créditent, d’entrée de jeu, de 9 % quand Thierry Mariani obtient un fragile 5 %. 

C'est moins, encore, que les 7,33 % que ce dernier réalisait en septembre, lors de la législative partielle de la deuxième circonscription de Paris.

 

Armer la police municipale

Peu importe, il est bien décidé à défendre son programme. 

 « La sécurité est la priorité absolue de notre programme. »  

Dans un café parisien, le candidat RN tient une conférence de presse, ce jeudi 15 janvier, pour présenter une partie de son programme et des têtes de liste qui mèneront la campagne dans les arrondissements de la capitale. 

 

Un avocat au barreau de Paris, un chef d’entreprise dans la tech, un chirurgien-dentiste, un étudiant en finance : Thierry Mariani dévoile une équipe incarnée aux compétences diverses.

« +36 % d’homicides en un an en 2024, 35 agressions par jour ».

 

 L’ancien député de Vaucluse, puis des Français de l’étranger, axe sa campagne sur un mot d’ordre : « remettre Paris en ordre ».

 Pour ce faire, il plaide par exemple pour le triplement des caméras de vidéosurveillance pour atteindre le chiffre de 15.000, le renforcement des effectifs de la police municipale pour atteindre 8.350 agents et sa réorganisation complète. 

 

 « Nos concurrents socialistes proposent un référendum pour savoir si la police municipale doit être armée », mais pour l’eurodéputé, cette question ne peut faire débat, cet armement il le mettra en œuvre. 

Au cœur du programme sécuritaire, la création de sept brigades spécialisées au sein de la police municipale, dont des brigades anti-squat, brigades des transports, brigades de lutte contre la drogue.

 Fini, les policiers qui verbalisent les Parisiens pour des broutilles : leur rôle « est d’assurer la sécurité »: explique le candidat qui fut maire de Valréas, une commune du Vaucluse de 10.000 habitants pendant 16 ans (1989-2005).

« On n'a pas les mêmes méthodes »

Le sénateur RN de Seine-et-Marne Aymeric Durox est venu soutenir la candidature de l’ancien ministre des Transports : « Tu ne te bats pas pour la présidentielle, pas pour diviser un camp. Tu n’es pas un instagrammeur comme d’autres. Tu te bats pour les Parisiens. »

 

  Une illusion directe à la campagne tambour battant que la candidate Reconquête a démarrée il y a seulement une semaine.

 De prime abord, Thierry Mariani assume sereinement cette concurrence et affiche sa combativité. 

 « On n’a pas les mêmes moyens financiers que d’autres candidats », confie-t-il à BV en citant explicitement le premier meeting de campagne de Sarah Knafo. 

Un tel événement, qui s’est tenu quelques jours auparavant avenue Hoche, dans les chics salon du VIIIe arrondissement, « représenterait 30 % de notre budget de campagne », assure le candidat mariniste.

Avec un brin d'irritation palpable, il dénonce une « candidature de division » et les effets de communication de sa concurrente. 

 « On n'a pas les mêmes méthodes », cingle-t-il. 

 

Mais il préfère s’attaquer au bilan d’Anne Hidalgo et aux effets de manche de Rachida Dati, « candidate macroniste, très souple dans ses convictions »

 

S’appuyant sur sa longue expérience et sa capacité à convaincre, Thierry Mariani balaie d’un revers de main les sondages. « J’adore ceux qui me disent qu'une campagne est finie après cinq jours et deux sondages, sourit-il avec une ironie optimiste, une campagne, c’est long. »

 

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire       https://www.bvoltaire.fr/municipales

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