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Alerte au procès du FN/RN : le doute s’installe
Depuis des années, l’affaire dite des « assistants parlementaires du FN » est présentée comme une évidence morale, un dossier plié, une culpabilité quasi ontologique. La mécanique était simple : accusation lourde, condamnation exemplaire, inéligibilité brandie comme un couperet, et circulez, il n’y a plus rien à voir.
Or, voilà que le procès en appel ouvre une scène inattendue : un parquet général moins combatif, une défense plus technique, et surtout une pièce centrale du dossier qui vacille.
Un « détail » qui n’en est pas un
Au cœur de ce retournement discret, un document annexe, longtemps utilisé pour gonfler le montant supposé du préjudice : 1,4 million d’euros supplémentaires, sortis du chapeau judiciaire comme par automatisme.
En première instance, ce tableau avait été intégré au dossier comme une évidence administrative. En appel, surprise : le parquet général lui-même estime désormais que cette pièce n’avait peut-être rien à faire là.
Autrement dit : une partie de l’accusation repose sur une base juridiquement discutable.
Dans un État de droit normal, ce genre de détail ferait trembler tout le dossier. Dans la France judiciaire contemporaine, on appelle cela pudiquement un « incident de procédure ».
Quand le parquet se met à douter
Le plus intéressant n’est pas tant l’argument de la défense que le changement de ton de l’accusation.
Le parquet général reconnaît que le tribunal a « surestimé les charges ». Formule rare. Presque impensable dans un dossier aussi politiquement chargé.
Car ce procès n’est pas seulement juridique. Il est symbolique. Il sert depuis des années à nourrir un récit : celui d’un camp politique structurellement coupable, moralement disqualifié, judiciairement suspect.
Que ce récit commence à se fissurer, même légèrement, dérange.
Une justice sûre d’elle… jusqu’au doute
La justice française adore les certitudes quand elles vont dans le bon sens idéologique. Elle est beaucoup plus hésitante quand ses propres constructions vacillent.
Le problème n’est pas qu’une défense marque un point. C’est que ce point révèle autre chose : l’extraordinaire légèreté avec laquelle des éléments financiers lourds ont été ajoutés au dossier, sans base procédurale solide.
Quand il s’agit de millions d’euros, d’inéligibilité, de carrière politique brisée, cette légèreté n’a plus rien d’anecdotique.
Le fond reste, le vernis craque
Attention : rien n’est joué. Le procès continue, les débats dureront des semaines, et le verdict final est loin d’être acquis.
Mais le vernis d’infaillibilité judiciaire, lui, commence à craquer.
Pendant des années, toute contestation de ce dossier était qualifiée de complotisme ou de pression sur les juges. Aujourd’hui, ce sont les magistrats eux-mêmes qui reconnaissent que certaines charges ont été, au minimum, mal ficelées.
Il ne s’agit pas d’innocenter qui que ce soit par principe.
Il s’agit de rappeler une évidence devenue subversive : une justice qui se trompe n’est plus une justice, c’est une administration du soupçon.
Et le simple fait que le parquet général l’admette à demi-mot en dit déjà long.
Une institution qui commence à douter d’elle-même donne parfois plus d’informations que mille communiqués triomphants.
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