Laissez-moi vous expliquer.
Pourquoi est-elle condamnée ?
Dans ce procès, il est reproché à Marine Le Pen d’avoir demandé aux assistants de ses députés européens de travailler pour son parti (et non pour le Parlement européen) entre 2004 et 2016.
Cette pratique, qui est illégale, était cependant courante à l’époque.
Le Modem, la France Insoumise, le Parti socialiste y ont tous eu recours, quoique dans de moindres mesures que le FN/RN.
Très concrètement, Marine Le Pen, en tant que présidente du FN, a donc été reconnue coupable par le tribunal de Paris en avril 2025 de “détournement de fonds publics” sans enrichissement personnel.
Pour cela, elle a été condamnée à 4 ans de prison dont 2 ans ferme, et à 5 ans d’inéligibilité.
De plus, contrairement aux condamnations ordinaires, cette condamnation s’exécute avant même l’appel.
C’est “l’exécution provisoire”.
C’est une peine lourde.
Plus lourde par exemple que pour le député PS Jean-Christophe Cambadélis, qui avait pourtant détourné plus de 100 000 € d’argent public pour payer son loyer et partir en vacances…
Une décision qui met en danger la démocratie
Mais, cette décision pose problème à plusieurs points de vue.
D’abord, “l’exécution provisoire” apparaît très étrange.
Pourquoi utiliser ce mécanisme exceptionnel ?
Le tribunal l’a justifié par le risque de récidive.
Or, Marine Le Pen n’est plus député européen, ni présidente de son parti…
Et le tribunal l’a également justifié en disant que l’élection de Marine Le Pen constituerait un “trouble à l’ordre public démocratique” en raison de sa condamnation.
Là encore, il est très étrange de considérer que le meilleur moyen de garantir la démocratie est d’empêcher la cheffe de l’opposition de se présenter…
Justement, à l’Institut pour la Justice, nous considérons que ce genre de décision met en danger la démocratie.
En effet, Marine Le Pen n’est pas une femme politique ordinaire, c’est la cheffe de l’opposition depuis 10 ans.
L’empêcher de se présenter a un énorme impact sur la démocratie française.
Et les tribunaux français (en qui moins de la moitié des Français a confiance) ne sont pas assez légitimes pour prendre une décision si importante.
L’élection du président de la République est une décision si fondamentale qu’elle mérite que les électeurs soient entièrement libres de choisir qui ils veulent.
Et le peuple français peut élire une personne condamnée, s’il le souhaite.
Car en démocratie, le peuple peut tout faire.
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