[POINT DE VUE]
Pigasse persiste et signe : « Le Français de souche est un mythe »

Matthieu Pigasse a le même parcours qu’Emmanuel Macron.
Énarque, banquier d’affaires, le cœur à gauche, le portefeuille à droite, des amis dans tout Paris.
L’un a décidé d’être un éternel premier de classe, l’autre se veut « punk » parce qu’il porte des tee-shirts noirs et écoute du rock, mais les similitudes entre eux l’emportent sur les différences.
Il se dit donc beaucoup, notamment dans la presse, que Pigasse ne comprend pas ce que le président de la République a de plus que lui.
Alors, il semble avoir décidé de surfer sur la popularité de Mélenchon pour se créer un destin politique, fût-ce dans le wagon du communisme.
Après avoir dit aux Amfis (les universités d’été de LFI) que l’annulation d’une partie de la dette française, à « foutre au feu » selon Jean-Luc Mélenchon, n’était pas absurde, il a décidé de se lancer dans l’ethnographie en répondant à Marion Maréchal.
La députée européenne a publié des extraits de son livre, Si tu te sens Le Pen (Fayard), dans lequel elle rend un hommage appuyé à ses ancêtres, déchaînant une logorrhée progressiste du banquier punk (il y avait eu une première salve, il y a une semaine), dont nous allons voir les principaux extraits.
« Le "Français de souche" est un mythe.
Nous sommes tous des sangs mêlés », commence le tweet de Matthieu Pigasse, qui demande innocemment à Marion Maréchal « de quelle souche » elle parle exactement.
Non seulement c’est biologiquement faux (l’ADN du peuple français est remarquablement homogène jusqu’au XXe siècle, notamment avec la récurrence de l’haplogroupe R1b), mais cette fausseté est démontrée par l’Histoire.
Entre le VIe siècle et la colonisation, il y a eu peu d'immigration, en France.
La colonisation, idée stupide de la gauche, fondée sur un racisme d’État assumé par cette même gauche (les races supérieures « ont le devoir de civiliser les races inférieures », disait Jules Ferry, homme de gauche, en 1885), puis la pénurie de main-d'œuvre en 1918, puis la décolonisation après la Seconde Guerre mondiale, ont certes rebattu les cartes.
Mais cette nouvelle donne n’annule pas dix siècles d’un métissage strictement occidental, au gré des déracinements ou des transhumances (comme les Auvergnats qui allaient vers le sud-ouest en hiver).
Ambition et vanité
Matthieu Pigasse oublie volontairement, par ailleurs, que la France n’est pas « une idée ».
Il cite Renan et Michelet, historiens d’une époque où il n’y avait pas de récit décolonial, pas de haine des Blancs par des Français non blancs et où le « plébiscite de chaque jour » qu’évoque Renan dans un texte usé jusqu’à la corde était un plébiscite entre Français d’origine.
La France est une géographie, une histoire, une culture, une lignée de héros et de génies, de saints et de rois.
On peut devenir Français à part entière par la volonté de s’assimiler totalement à sa patrie d’accueil (cas d’Henri Verneuil, né Achod Malakian, ou de Jean Messiha), mais pas en prenant la France pour un peu ragoûtant mélange d’hôtel, d’exposition universelle, de lupanar et de distributeur de billets.
Tout cela, Matthieu Pigasse, qui est français de souche, le sait parfaitement.
De même qu’il savait parfaitement, pour avoir restructuré la dette grecque, ukrainienne et argentine, que le programme économique de Jean-Luc Mélenchon nous emmènerait dans le mur.
Et, de même que « foutre au feu » une partie de la dette française nous précipiterait dans l’abîme, considérer qu’il n’y a pas de Français de souche revient à dire que la France n’existe pas.
Sinon, à quoi demanderait-on aux nouveaux arrivants de s’intégrer ou, mieux, de s’assimiler ?
L’ambition et la vanité font parfois dire des choses stupides, à dessein.
Matthieu Pigasse espère peut-être que ces concessions significatives lui assureront un portefeuille ministériel.
Ministre punk pour pays en flammes : ça n’a de la gueule que sur une affiche de concert.


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