REVUE DE PRESSE !
Jason Arday : quand l’idéologie remplace le mérite
Diversité, équité et inclusion : un culte néfaste
Quand un jeune universitaire noir obtient une chaire en sociologie de l’éducation à Cambridge, le monde académique et une partie des médias célèbrent le triomphe de l’antiracisme sur les vieux préjugés institutionnels.
Mais les travaux de recherche de Jason Arday, ainsi que des éléments du récit qu’il avait construit à propos de son parcours, se sont révélés peu crédibles.
Les accusations de plagiat et de mensonge ont conduit, vendredi, à la mort tragique du chercheur.
Son ascension et sa chute en disent long sur l’état actuel des universités outre-Manche.
Analyse d’Alain Destexhe.
Jason Arday fait aujourd’hui la une en Angleterre, mais son ascension fulgurante puis son effondrement révèlent surtout l’état préoccupant des sciences humaines dans le monde universitaire occidental : des institutions prêtes à promouvoir un symbole avant d’évaluer des mérites, avec cette fois des conséquences tragiques pour celui qu’elles avaient hissé trop haut.
Arday racontait avoir été autiste et mutique jusqu’à onze ans, puis avoir appris à lire et à écrire à dix-huit ans.
En 2023, à 37 ans, il devint le plus jeune professeur noir de l’histoire de Cambridge.
Il fut nommé professeur de « sociologie de l’éducation » dans une Faculty of Education où, depuis longtemps, la « science » avait cédé la place au militantisme.
Sa nomination fut célébrée comme un triomphe des politiques de DEI (diversité, équité, inclusion).
Cambridge, une partie des médias et le monde intellectuel virent en lui l’incarnation parfaite de leur idéal : un homme noir, autiste, issu d’un milieu modeste, parvenu au sommet sans le capital culturel des élites britanniques.
Cambridge a promu un récit, pas un savant
Le problème est que Cambridge a promu un récit plutôt qu’un savant.
On chercherait en vain une contribution scientifique notable : Arday fut célébré pour son identité et son parcours supposé exemplaire.
L’université fit de sa couleur de peau et de son handicap un outil de communication.
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Cette complaisance est indissociable des politiques de diversité.
Elles prétendent combattre les discriminations mais finissent par racialiser chaque candidature.
Elles privilégient l’origine au détriment du mérite.
Elles sont injustes envers les candidats plus solides qu’elles écartent, mais aussi envers les individus brillants issus des minorités, désormais soupçonnés d’avoir bénéficié de critères abaissés.
Thomas Sowell ou Clarence Thomas n’ont pas eu besoin de DEI pour s’imposer.
Arday se coula parfaitement dans ce système.
Une partie de ses travaux portait sur la Whiteness (sic), le racisme systémique et les thèmes habituels de l’univers woke.
On est loin des sciences humaines jadis illustrées par Durkheim ou Weber : elles produisent aujourd’hui un laborieux militantisme jargonnant où les conclusions précèdent les recherches.
Une énorme affabulation
Puis l’édifice se fissura.
Des accusations de plagiat visèrent ses publications.
Arday affirmait aussi avoir couru trente marathons en trente-cinq jours, parcouru six cents miles en six jours, levé plus de cinq millions de livres pour des associations, effectué des missions humanitaires en Afrique et occupé diverses fonctions universitaires.
Une grande partie de ces exploits fut démentie ou impossible à vérifier.
La « résilience » célébrée par les médias ressemblait de plus en plus à une énorme affabulation.
Les rares critiques furent d’abord classées à droite ou à l’extrême droite. Vérifier un parcours issu de la « diversité » était suspect.
Demander des preuves passait pour une agression.
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Puis The Telegraph publia son enquête, et ce fut la ruée.
Les médias qui avaient relayé la légende sans sourciller redécouvrirent soudain un semblant de déontologie.
Même la BBC et The Guardian suivirent.
Après l’encensement vint la curée.
Arday démissionna le 5 août 2026.
Il fut retrouvé mort quelques jours plus tard, probablement par suicide.
Aussitôt, Sadiq Khan, des députés travaillistes, journalistes et intellectuels de gauche accusèrent sans surprise « l’extrême droite » d’être responsable de sa mort.
À ce compte-là, on ne pourrait plus critiquer aucune personnalité publique.
Comme toujours, ceux qui avaient construit l’icône cherchèrent des coupables parmi ceux qui avaient révélé ses failles.
Qui est responsable ?
Les responsables de ce fiasco ne sont-ils pas ceux qui, pendant des années, refusèrent de vérifier ses travaux et ses récits ?
Ceux qui avaient besoin d’un héros conforme à leur récit idéologique ?
Ceux qui firent de lui une vitrine pour des raisons idéologiques ?
Les médias n’ont jamais réservé leur « shit storm » aux minorités.
Pierre Bérégovoy, Dominique Baudis, le notaire Pierre Leroy, les acquittés d’Outreau, et plus récemment François Bayrou dans l’affaire de Notre-Dame de Bétharram en firent les frais.
Dès qu’une proie est désignée, les médias chassent en meute, sans nuance.
Ainsi fonctionne le système médiatique.
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Arday fut pris dans cette mécanique.
Sans doute atteint d’hubris – on le serait à moins – il alla toujours plus loin dans le mensonge.
Puis il s’effondra et mit fin à ses jours bien qu’il soit le père de deux enfants mineurs.
Jason Arday valait sans doute mieux que le rôle qu’on lui avait assigné.
Produit d’un système qui, par pure idéologie, l’a propulsé trop haut et trop vite parce qu’il en avait besoin.
Gageons que ses promoteurs n’en tireront aucune leçon !
Ce drame nous rappelle, à nous pauvres humains, que la roche Tarpéienne est si proche du Capitole.
Source et Publication : https://www.causeur.fr/jason-arday-quand-lideologie-remplace-les-faits-332230?utm
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