Une enquête qui aura servi à clarifier les choses du côté de la droite radicale ?

 Possible. 

Car depuis la publication, jeudi 6 août, de notre article au sujet de l’amitié entre Sarah Knafo et Xavier Niel, de nombreuses choses ont été dites – souvent sous la forme de règlements de compte – sur les réseaux sociaux. 

Tout commence jeudi, jour de parution de Marianne, lorsque des députés du Rassemblement National s’emparent de notre dossier pour en faire des publications sur X.


« Sarah Knafo doit expliquer pourquoi elle pactise avec les ennemis du camp national », écrit Thomas Ménagé ; « Les révélations de Marianne sur le comportement de Sarah Knafo envers Charles Alloncle sont très graves », ajoute Jean-Philippe Tanguy ; « Les révélations de Marianne, si elles sont exactes, sont accablantes », renchérit Philippe Ballard. 

C'est ce qu'on appelle une offensive groupée.

Une rencontre qui pose question

Les pro-RN demandent des explications à l’eurodéputée, notamment au sujet de sa rencontre avec le député UDR, Charles Alloncle, au début de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public

Dans notre dossier, nous expliquons que Sarah Knafo a vu Alloncle, son ami de Sciences Po, dans un café, avant que les convocations ne soient envoyées afin de lui conseiller de ne pas convoquer Xavier Niel et Pierre-Antoine Capton.

Voici le passage en question : « Selon nos informations, l’eurodéputée Reconquête ! a tenté d’interférer avant que les convocations de la commission ne soient envoyées. Aux premiers jours de cet exercice démocratique, elle demande à voir Charles Alloncle.

 Ils se retrouvent dans un café. La compagne d’Éric Zemmour déconseille alors "fortement" à Charles Alloncle de "s’attaquer" à Pierre-Antoine Capton et à Xavier Niel, deux "très bons amis", deux "mecs bien qui profitent juste d’un système", rapporte un ami commun de Sciences Po. »


Sur X, la compagne d’Éric Zemmour s’insurge : « Marianne publie un article qui ne repose sur aucune preuve, seulement des "on-dit" anonymes venus, de l’aveu même du journaliste, de mes concurrents politiques »

Elle dit également avoir saisi son avocat pour qu’une plainte soit déposée contre le magazine.

Des soutiens de Knafo volent à sa rescousse, à l’instar du média Thinkerview : « On souhaite bien du courage au département juridique de Marianne » ; de l’influenceur Sardorche : « Le complet mensonge pour 250 likes, la plainte va difficilement se rentabiliser là » ; « Tentative désespérée de boule puante commanditée par le RN », « putaclic ! », « du complotisme pur et dur ! », peut-on également lire chez les pro-Reconquête !.

Guerre en ligne

Un magazine manipulé par le Rassemblement national ? 

Non. Marianne en service commandé par Marine Le Pen et sa clique de députés ? Jamais.

 Une enquête où les offs sont nombreux par peur de représailles, et parce que nous respectons le secret des sources ?

 Assurément.

Dans cette guerre en ligne entre deux camps, une personne n’avait pas encore réagi ou répondu. 

Une voix que certains internautes réclament, afin de confirmer nos informations… ou nous clouer au pilori : celle du député UDR Charles Alloncle.

Or, après avoir éconduit Marianne à plusieurs reprises tout au long de cette enquête, et après une énième relance cet après-midi, le rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, voyant probablement la polémique enfler, nous a enfin répondu par téléphone : « Je confirme vos informations. Je n’ai rien d’autre à ajouter. »

Dont acte !