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lundi, 24 août 2026
Avec Édouard… Vers de nouveaux déboires !
Synthèse nationale
Si l’on en croit Suétone, l’empereur Caligula aurait envisagé de nommer son cheval consul. Emmanuel Macron, lui, en mai 2017, a fait d’Édouard Philippe son mulet de volée : le premier de l’attelage gouvernemental.
Une semaine après son accession - par effraction - à l’Olympe républicain, « le frivolet » (l’un des surnoms que lui donne le journaliste Franz-Olivier Giesbert) a placé ce second couteau LR, quasi inconnu alors, dans les brancards de la charrette exécutive.
À charge pour lui de "faire le job", sans ruer ni lui faire de l’ombre.
C’est que, comme le rappelle l’ancien directeur du Point dans le tome III de son Histoire intime de la Ve République, « Macron veut que ses ministres ou ses collaborateurs soient ectoplasmiques, transparents, sans oublier d’être travailleurs et compétents ».
Avec Édouard Philippe, il a été plutôt bien servi, même si certains des anciens camarades du « traître » le présentait en 2017 comme un personnage certes « brillant » mais qui « n’a jamais été très bosseur »…
2017, la clarification à droite
La nomination de l’ancien porte-parole d’Alain Juppé (lors de la primaire de la droite et du centre en 2016) par le Narcisse élyséen à la tête du premier gouvernement de son premier quinquennat aura permis au moins de faire sortir du bois les "modérés" et autres "constructifs".
Au sein des Républicains, un tri s’est opéré ainsi entre le "bon grain" et l’"ivraie" : d’un côté, les "droitiers", plus ou moins conservateurs, tels Bruno Retailleau, François-Xavier Bellamy, Bernard Accoyer, Laurent Wauquiez ou Julien Aubert ; de l’autre, les centristes plus ou moins "progressistes" et Macron-compatibles.
Édouard Philippe - son parcours juppéiste en témoigne - relève depuis toujours du second groupe.
Il est l’un des représentants - désormais éminent - (avec Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Benoist Apparu, Dominique Bussereau, Pierre-Yves Bournazel ou encore Xavier Bertrand) de cette "droite" honteuse (« courbe », disait Jean-Marie Le Pen) encline à penser que la gauche, finalement, a souvent raison, et que tout rapprochement avec le RN est une atteinte insupportable à la République sacralisée, à ses valeurs et ses principes !
Édouard Philippe, « adroit plutôt qu’à droite »
Finalement, l’avènement de Jupiter en 2017 a permis au maire du Havre de se montrer tel qu’il est : « Adroit plutôt qu’à droite » (titre d’un article de Tugdual Denis dans Valeurs Actuelles, le 8 août 2019).
L’ancien conseiller d’État est un ambitieux à l’échine souple qui se dit "de droite" mais s’efforce de le faire oublier dès qu’on lui en fournit l’occasion.
Il pourrait fort bien reprendre à son compte cette conclusion d’un dessin de Solo, dans les années 1970 : « La droite, c’est ce qui est à gauche quand tu la regardes de face ».
D’ailleurs, après l’arrivée d’Édouard Philippe à Matignon, Laurent Wauquiez (qui aujourd’hui l’a rejoint…) allait plus loin. Il ne voyait pas le ralliement de l’ex-LR à Macron comme une trahison puisque, selon lui, il « a toujours été de gauche » !
Divers faits confortent cette opinion que l’on peut avoir d’Édouard Philippe.
En septembre 2018, sur France 2, il déclarait : « Je suis, à titre personnel, plutôt favorable (à la "PMA pour toutes") », alors que cinq ans auparavant, en février 2013, il affirmait au Huffington Post : « Nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins, et à la GPA qui, au nom de l’égalité, ne manquera pas d’être réclamée par la suite ».
En 2016, il ne craignait pas d’avancer, en toute simplicité : « Macron pense à 90% la même chose que moi ».
En septembre 2023, participant à un débat avec Fabien Roussel, le secrétaire nationale du parti communiste, à la Fête de l’Huma, il déclarait, sous les applaudissements d’une partie de la foule : « Plusieurs fois, au Havre, dans des élections cantonales, il y a eu des deuxièmes tours entre des candidats communistes, mes opposants à la mairie, et des candidats du Front national.
À chaque fois, j’ai dit clairement qu’il fallait battre le Front national et qu’il fallait voter pour le candidat communiste. Je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur et je ne l’ai pas fait en disant que j’étais d’accord avec le candidat communiste – parce que je suis rarement d’accord avec lui – mais je l’ai fait à chaque fois parce que je pensais que c’était la bonne chose à faire (…) ».
Rappelons également – et ce n’est pas une blague - qu’à l’issue du premier tour des élections législatives anticipées de 2024, il a appelé les électeurs à voter pour les candidats restant en lice face à ceux du RN (et de LFI), y compris les candidats « de la gauche social-démocrate, écologiste et communiste », au motif qu’ils auraient en commun avec ceux du centre et de la droite conservatrice « l’attachement à la liberté, à l’ordre dans les comptes publics et dans la rue, au respect de l’État de droit, à l’indépendance de la justice, à la conviction que l’Union européenne est une partie de la solution et non un problème, à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islam radical, à la protection de la planète, au respect de la science, à la quête d’une croissance juste dans le respect de la valeur "travail" ».
Ouf !
Siphonnez, il en restera bien quelque chose
En 2014, Laurent Cibien, un copain de prépa que le maire du Havre, pince-sans-rire, présentait alors comme « un vrai gauchiste, tendance écolo », a consacré à ce dernier un documentaire, Édouard, mon pote de droite, tourné à l’occasion des élections municipales.
On peut y voir l’actuel président d’Horizons candidat du système à la succession d’Emmanuel Macron, y exposer « la base » pour gagner : mobiliser son propre électorat et démobiliser celui de ses adversaires « en allant piquer » chez eux « des idées, des postures, des programmes ».
Douze ans plus tard, la recette n’a pas changé.
Son voyage à Mayotte, ses déclarations sur l’immigration et sa passe d’arme avec Mélenchon le montrent assez.
Pour Édouard Philippe, il s’agit d’exister et de s’imposer.
D’abord, face à Gabriel Attal ou tout autre candidat de l’extrême centre que le président de la République pourrait sortir de son chapeau (n’a-t-on pas évoqué Jean Castex, il y a peu).
Ensuite, face à Bruneau Retailleau, Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann ou Jean-Luc Mélenchon.
Pour l’emporter, il sait pouvoir compter sur le système qui, déjà - à huit mois de l’élection, ça promet ! - agite le "spectre" d’un duel RN-LFI. Mais il entend aussi ratisser large, à l’image du Nicolas Sarkozy de 2007.
Malheureusement pour lui, nous sommes nombreux à ne pas avoir oublié la fin de l’histoire, parfaitement résumée par Éric Zemmour : « On nous a promis le Kärcher et on a eu Kouchner ».
Pour Philippe, les autres et nous, la campagne va être longue
Autre caillou dans la chaussure du patron d’Horizons, l’agacement qu’il suscite chez certains de ses anciens camarades des Républicains (et dans une partie de l’électorat de droite), incarnés à merveille par l’ancien ministre Pierre Lellouche.
Ce dernier, le 3 juillet dernier, manifestement très remonté sur le plateau de Cnews, a rhabillé pour les saisons à venir le candidat qui nous invite à « croire en nous ».
Il « n’était quand même pas un frontbencher », un député de premier plan, une grande voix des LR, s’est-il souvenu ; avant de lâcher : « Ces gens-là sont responsables de 1.300 milliards de dette publique et ils vous annoncent aujourd’hui qu’ils ont des plans pour réduire l’endettement. (…)
Ils sont indignes d’être candidats à la présidentielle. (…)
En tout cas, moi, comme citoyen, jamais, jamais ! Parce que, quand on porte une responsabilité pareille dans l’effondrement de notre pays depuis dix ans, o
n n’ose pas se présenter devant les électeurs ».
Effectivement. Il ne reste plus à ces derniers qu’à ouvrir les yeux, faire le ménage et le bon choix.
Espérons que la campagne qui commence les y aidera !



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