Prix de l’inventeur européen 2026 :
le Breton Franck Zal en finale grâce à son
ver marin qui révolutionne la greffe d’organes
C’est une annonce qui place la Bretagne scientifique sous les projecteurs internationaux. L’Office européen des brevets (OEB) a dévoilé ce 12 mai 2026, depuis Munich, les douze finalistes de son Prix de l’inventeur européen, distinction parfois surnommée « l’Eurovision de l’innovation ».
Parmi eux, un Breton : le biologiste marin Franck Zal, installé à Morlaix dans le Finistère avec son entreprise Hemarina, en lice dans la catégorie « PME ».
Les lauréats seront proclamés à Berlin le 2 juillet prochain.
D’ici là, le scientifique breton peut aussi remporter le Prix du public, dont le vote en ligne a été ouvert ce lundi.
Un petit ver des plages bretonnes au cœur d’une révolution médicale
L’histoire commence sur le sable.
L’arénicole (Arenicola marina), petit ver marin discret dont les pêcheurs à pied connaissent surtout les fameux tortillons de sable laissés à marée basse, possède une particularité biologique extraordinaire : il vit dans des terriers immergés à marée haute et asséchés à marée basse, ce qui le force à survivre jusqu’à six heures sans oxygène.
Pour tenir, l’espèce – qui existe depuis 450 millions d’années – a développé une hémoglobine extracellulaire unique, capable, selon les données présentées par l’OEB, de transporter quarante fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine.
C’est cette molécule, baptisée M101, que Franck Zal a entrepris d’isoler, de purifier et d’industrialiser.
Contrairement à l’hémoglobine humaine, la M101 circule librement, fonctionne pour tous les groupes sanguins, ne déclenche pas de réponse immunitaire et n’induit ni vasoconstriction ni stress oxydatif.
Autant de propriétés qui en font un « transporteur d’oxygène universel », selon la formule retenue par le jury européen.
Une réponse à un problème vital : la conservation des organes
L’application principale concerne la médecine de transplantation.
À la fin de l’année 2024, plus de 90 000 personnes étaient en attente d’une greffe d’organe dans les pays du Conseil de l’Europe.
Or, dès qu’un organe est prélevé, il commence à se détériorer faute d’oxygène.
Les méthodes classiques de conservation atteignent vite leurs limites : conserver un foie au-delà de douze heures double déjà le risque d’échec immédiat de la greffe.
La solution développée par Hemarina, commercialisée sous le nom HEMO2life®, a déjà obtenu un marquage CE pour la préservation des reins.
Elle a été employée avec succès lors de greffes de visage, de cœur, de foie et de membres.
Selon les éléments diffusés par l’OEB, elle a notamment permis de perfuser intégralement, en seulement dix minutes, la première double greffe de bras au monde, opération réalisée en Inde.
Au-delà de la transplantation, la technologie est en cours d’adaptation pour des applications en cicatrisation, en médecine régénérative, en soins dentaires, en médecine d’urgence et même en culture cellulaire, sous forme de gels oxygénants, d’hydrogels ou de substituts sanguins lyophilisés destinés aux zones isolées.
Un parcours d’entrepreneur scientifique breton
Le parcours de Franck Zal mérite d’être souligné.
Docteur en sciences biologiques, titulaire d’un master en océanologie biologique et d’un MBA, il s’est d’abord illustré par des recherches sur les environnements marins extrêmes – sources hydrothermales, écosystèmes abyssaux – avant de revenir vers le littoral pour étudier l’arénicole.
Cette rencontre, dit-il, doit beaucoup à l’influence du commandant Jacques-Yves Cousteau, dont l’œuvre l’avait marqué dans sa jeunesse.
C’est au CNRS, en collaboration avec l’Université Paris-Curie, qu’il établit les propriétés exceptionnelles de l’hémoglobine de l’arénicole.
Mais une partie de la communauté scientifique reste sceptique.
En 2007, le chercheur tranche : il quitte le centre de recherche public et fonde Hemarina pour porter lui-même l’innovation jusqu’au lit du malade.
« Sans brevet, une découverte reste sur le papier et n’arrive jamais dans les salles d’opération », a-t-il l’habitude de répéter.
Le résultat est aujourd’hui visible : plus de soixante brevets délivrés ou en cours d’examen, répartis en dix-sept familles, ainsi qu’une activité industrielle entièrement implantée en Bretagne.
Une ferme d’arénicoles à Noirmoutier, une éthique de production
L’un des aspects les plus singuliers du projet tient à son modèle de production.
Plutôt que de prélever les vers en milieu naturel, ce qui poserait des problèmes écologiques et de traçabilité, Hemarina a développé une ferme aquacole de treize hectares à Noirmoutier, capable de produire jusqu’à trente tonnes de vers par an sans porter atteinte aux populations sauvages.
Le siège de l’entreprise est, lui, à Morlaix, dans le Finistère.
Une implantation bretonne assumée, à rebours de la tendance des biotechs françaises à se concentrer dans la région parisienne ou à Lyon.
« Notre technologie est issue de la nature », rappelle Franck Zal dans les éléments diffusés par l’OEB. «
Cette molécule d’hémoglobine est l’ancêtre de vos globules rouges, de toutes les espèces vivantes sur Terre.
C’est la raison pour laquelle notre technologie se doit aussi de protéger la nature. »
Discours rare dans un secteur biotech souvent prompt à se contenter de discours marketing.

Une finale serrée le 2 juillet à Berlin
Dans la catégorie « PME » du Prix de l’inventeur européen 2026, Franck Zal aura deux concurrents : l’ingénieur tchèque Jan Čmelík, pour une technologie d’électrofilage permettant la production industrielle de nanofibres, et l’inventeur polonais Przemek Ben Paczek, pour un système de lévitation magnétique destiné aux infrastructures ferroviaires existantes.
Les douze finalistes de toutes catégories confondues – venus de Chine, du Chili, de République tchèque, de Finlande, d’Allemagne, de Grèce, d’Irlande, d’Italie, de Pologne, du Portugal, de Suède, de Suisse, du Royaume-Uni, des États-Unis et donc de France – seront également en compétition pour le Prix du public, désigné à l’issue d’un vote combinant choix des internautes et délibération du jury indépendant.
Le vote en ligne est ouvert depuis ce 12 mai et se poursuit jusqu’à la cérémonie de remise des prix, retransmise en direct depuis Berlin le 2 juillet.
Les Bretons disposent donc de quelques semaines pour soutenir l’un des leurs, à l’heure où la péninsule armoricaine peut s’enorgueillir d’avoir produit, depuis ses estrans et ses laboratoires, l’une des innovations médicales les plus prometteuses du continent.
Un beau pied de nez à ceux qui voient encore la recherche française uniquement à travers le prisme parisien.
![🌊 [Franck Zal] Le ver marin au service de la santé](https://i.ytimg.com/vi_webp/OYrzZQu1p1o/hqdefault.webp)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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