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Régis Le Sommier : « Trump a-t-il encore le contrôle de la guerre au Proche-Orient ? »
Animée comme à son habitude par Elise Blaise, l’émission recevait cette semaine Régis Le Sommier, grand reporter et directeur de la rédaction du média d’investigation Omerta, tout juste rentré d’une mission de terrain au Liban.
L’enjeu central de l’émission est posé d’emblée : Donald Trump conserve-t-il encore réellement le contrôle de la guerre déclenchée au Moyen-Orient ?
La question se pose avec une acuité croissante, alors que les contradictions s’accumulent entre les déclarations de la Maison-Blanche et la réalité du terrain.

Un cessez-le-feu de façade au Liban
Le premier volet de l’émission est consacré à la situation libanaise, observée par Régis Le Sommier lors d’un reportage récent dans le pays du Cèdre.
Le constat qu’il dresse est sans appel : le cessez-le-feu officiel entre Israël et le Hezbollah n’est qu’un cessez-le-feu de papier.
Les frappes israéliennes contre les positions du Hezbollah se poursuivent quasi quotidiennement, particulièrement dans le sud du pays et dans la banlieue sud de Beyrouth (Dahieh).
Cette situation provoque des dégâts considérables sur la population civile libanaise, déjà éprouvée par des années de crise économique et politique.
Les chrétiens du Liban, communauté historique du pays et longtemps considérée comme un point d’équilibre confessionnel, se retrouvent pris en étau entre les frappes israéliennes, les positions du Hezbollah et l’effondrement progressif des institutions étatiques libanaises.
Régis Le Sommier rappelle que cette communauté, dont le journaliste a longuement documenté les épreuves dans ses reportages pour Omerta, paie un tribut particulièrement lourd à un conflit qui n’est pas le sien.
L’opération « Epic Fury » et les ambiguïtés américaines
Le deuxième axe d’analyse porte sur l’opération militaire américaine « Epic Fury » menée contre l’Iran.
Officiellement, les États-Unis affirment avoir mis fin à cette opération.
Officieusement, le blocus maritime et la pression militaire permanente sur l’Iran se maintiennent — voire s’intensifient.
Régis Le Sommier souligne le caractère contradictoire de la posture Trumpienne.
D’un côté, le 47e président des États-Unis communique sur sa volonté de mettre fin aux conflits et de rapatrier les boys à la maison ; de l’autre, l’appareil militaire américain reste pleinement engagé sur trois théâtres simultanés : Liban, Iran, et présence militaire renforcée dans le Golfe.
Cette schizophrénie diplomatico-militaire pose une question stratégique majeure : qui décide réellement de la politique américaine au Moyen-Orient ?
Le président élu en novembre 2024, ou un complexe militaro-industriel et un État profond qui imposent leur agenda à la Maison-Blanche, comme cela a été le cas sous plusieurs administrations précédentes ?
Le détroit d’Ormuz et la crise pétrolière mondiale
L’émission consacre également un long passage au blocus du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole.
Les tensions militaires entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés régionaux ont déjà provoqué une explosion des prix de l’énergie, dont les effets se font sentir bien au-delà de la région.
Ce point a d’ailleurs fait l’objet d’une analyse spécifique par l’économiste Jacques Sapir dans la dernière émission « Zone Rouge » d’Omerta, qui décortiquait l’impact direct du conflit en Iran sur le portefeuille des Français : explosion des prix de l’énergie, retour de l’inflation, tensions sur les carburants.
Régis Le Sommier reprend ces analyses dans sa discussion avec Elise Blaise, soulignant que la guerre au Moyen-Orient n’est pas seulement une question géopolitique abstraite : elle se traduit concrètement à la pompe, dans les factures d’électricité, et dans le pouvoir d’achat des classes populaires européennes.
Les marchés financiers internationaux, déjà fragilisés par les tensions commerciales sino-américaines et par la hausse des taux d’intérêt sur la dette publique, encaissent un nouveau choc dont les conséquences à moyen terme restent imprévisibles.
Plusieurs économistes redoutent désormais un scénario de stagflation comparable à celui qui a frappé les économies occidentales après les chocs pétroliers de 1973 et 1979.
Netanyahou, le grand stratège ou le grand pyromane ?
Une question récurrente traverse l’émission : Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, mène-t-il une stratégie cohérente, ou bien est-il prisonnier d’une fuite en avant militaire qui menace désormais la stabilité de toute la région ?
Régis Le Sommier rappelle que le chef du gouvernement israélien, confronté à de multiples procédures judiciaires et à une opposition intérieure croissante, a un intérêt personnel à maintenir le pays en état de guerre permanente.
L’objectif officiel — éliminer la menace que représente le Hezbollah pour le nord d’Israël et empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire — peut sembler légitime du point de vue israélien.
Mais les moyens utilisés, et notamment l’extension du conflit au Liban, en Syrie et désormais à l’Iran, posent la question des objectifs réels poursuivis par le gouvernement Netanyahou.
L’émission évoque également le rôle du Hezbollah, organisation politico-militaire chiite libanaise soutenue par l’Iran, et les difficultés croissantes auxquelles elle est confrontée depuis la mort de plusieurs de ses cadres dirigeants en 2024 et 2025.
Affaiblie mais pas anéantie, l’organisation reste un acteur clé de l’équilibre régional — et un facteur de complication permanente pour Israël.
Au-delà du contenu géopolitique, l’émission constitue également une vitrine pour le travail accompli par Omerta, le média d’investigation fondé par Régis Le Sommier après son départ de RT France en 2022.
Avec une équipe de journalistes-reporters, Omerta s’efforce de couvrir les zones de conflit en immersion, là où les grandes rédactions des chaînes d’information continue ne se rendent plus, faute de moyens ou par calcul éditorial.
Récents reportages d’Omerta : un long format au sud-Liban en immersion, un documentaire sur quatre destins libanais (Beyrouth, Dahieh, Saïda, Baalbek), des analyses approfondies sur le rôle de l’Iran dans la contestation de l’hégémonie américaine au Moyen-Orient.
Une démarche journalistique exigeante qui se distingue par le souci du terrain et le refus des récits préfabriqués imposés par les sources officielles occidentales.
À l’heure où le débat public français sur les questions internationales reste largement dominé par un récit unilatéral, ces espaces alternatifs de réflexion et d’enquête méritent d’être soutenus — particulièrement quand ils s’appuient, comme c’est le cas d’Omerta, sur un véritable travail de terrain et non sur la simple répétition de dépêches d’agences.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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