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« Les enfants de l’Algérie » : l’Algérie soupçonnée d’ingérence auprès d’élus locaux

Le témoignage est clair et ne laisse que peu de place au doute.
Dans le dernier numéro de Complément d’enquête, diffusé ce 22 janvier sur France 2, un journaliste enregistre à son insu une élue locale française d’origine algérienne.
Après avoir participé à l’inauguration d’une plaque en hommage à Lounès Matoub, chanteur « kabyle » (et non « algérien ») assassiné en 1998, cette conseillère municipale aurait été mise sous pression par les services secrets algériens, rapporte le contre-espionnage français.
L’élue francilienne a été invitée à se rendre au consulat algérien de Créteil : là, selon le document des renseignements français, elle s'est retrouvée soumise à « un entretien dans une ambiance oppressante ».
En cause, la mention à la nationalité kabyle et non algérienne du chanteur sur la plaque.
Les services algériens ont « exigé une rectification et un changement de plaque », ce que l’élue a alors refusé.
Selon cette élue locale, elle ne serait pas la seule à avoir fait l’objet de pressions des services secrets algériens.
Il y a « énormément d’élus locaux qui ont été approchés par les consulats, rapporte-t-elle auprès de France 2. […]
On va rappeler à ces élus qu’ils sont les enfants de l’Algérie, donc qu’ils ont un devoir vis-à-vis de l’Algérie, vis-à-vis de leurs ancêtres, de prendre parti pour l’Algérie » et de faire « la promotion de l’algériannité ».
En échange, les services secrets algériens promettraient des facilités en Algérie, un soutien en cas de difficulté et une mise en valeur.
En cas de refus, l’élu français pourrait par ailleurs se retrouvé menacé.
Ainsi, cette conseillère municipale qui a refusé de changer la plaque en hommage à Lounès Matoub s’est vu signifier, rapporte le contre-espionnage français, « sur le ton de la menace », qu’elle faisait l’objet d’un suivi en raison de « ses connexions politiques françaises, intéressantes pour l’Algérie ».
À cela s’ajoutent des relances téléphoniques nombreuses l’enjoignant à « revendiquer publiquement son attachement à l’Algérie ».
Soupçons d'ingérence
Les élus locaux ne sont pas les seuls à être approchés par les services secrets algériens dans leur travail d’ingérence sur le sol français.
Les équipes de Complément d’enquête ont ainsi retrouvé « l’espion de Bercy », aujourd’hui mis en examen pour « intelligence avec une puissance étrangère » et placé sous contrôle judiciaire.
Entre deux portes, l’homme confirme avoir livré « contre son gré » des informations sur les opposants au régime algérien.
Face à l’accumulation de ces accusations, la proposition de Jordan Bardella d’interdire aux binationaux d’occuper des « postes stratégiques » prend tout son sens.
N’en déplaise à la gauche, qui était partie en croisade contre le président du Rassemblement national après cette sortie, les révélations du contre-espionnage français montrent bien l’existence d’une menace d’ingérence.
Xavier Driencourt qualifié d'« homme sale »
Forcément, la diffusion de ce numéro de Complément d’enquête a fortement déplu, de l’autre côté de la Méditerranée.
L’Agence officielle de presse algérienne (APS) s’est fendue d’un long communiqué à charge contre France 2 et leur émission.
L’APS dénonce « un intitulé racoleur, une promesse de scandale et surtout un nouvel épisode d’une dérive désormais assumée : celle d’un média public qui a troqué l’exigence journalistique contre les thèses les plus rances de l’extrême droite française ».
Selon l’agence de presse, France Télévisions n’en serait « pas à son coup d’essai : c’est la troisième fois que ce média public s’attaque frontalement à l’Algérie à coups de récits biaisés, d’approximations grossières et de "révélations" construites sur du sable ».
L’APS dénonce ensuite entre les lignes la présence annoncée par France 2 de Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie dans ce numéro de Complément d’enquête, qualifié d'« homme sale » et d’« ex-faux diplomate français, un agité, atteint d’une véritable pathologie obsessionnelle nommée "Algérie" ».
Cette charge contre l’ancien ambassadeur explique-t-elle son absence dans le montage final de l’émission ?
Il apparaissait pourtant bien dans le teaser !
Dans son numero sur la relation franco-algérienne, @Cdenquete ne diffuse aucun passage de l'interview de Xavier Driencourt, ex-ambassadeur de France en Algérie par 2 fois.
Des explications @FranceTV ?
Un lien avec l'édito de l'APS ? pic.twitter.com/mvEdCjMbN0— Adherbal Smail (@SmailADH) January 22, 2026
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