TRIBUNE LIBRE !
Par Ophélie Roque
Et un nouveau portrait qui vaut le détour !


Bruno, pornographe version dînette
Certains planent au-dessus des cimes, d’autres se consument dans les abimes et c’est encore une manière un peu crâne de disparaitre, lui est resté captif d’un renflement brun, prisonnier dans l’œil de bronze de la littérature.
Pornographe de dînette, le coït par le petit bout de la lorgnette.
Mais Bruno ce n’est pas qu’un auteur publié c’est aussi l’ambition marchant sur ses moignons.
Immaculé comme le scalpel qui n’a pas encore touché l’infinie saloperie de la viande : parce qu’à l’entendre il est la pureté même.
Le Maire est un homme prudent.
Soupçonnant une destinée de douillet, les Moires ne se montrent pas trop chiennes et le font naitre à Neuilly le 15 Avril 1969 (année « érotique », s’il en est).
Bienvenue au monde, salut à toi pantin !
Tu seras médiocre mais, surtout, ne te précipite pas… tu as tout ton temps. Vous connaissez la chanson, alors on va faire rapide.
Normalien.
Agrégé de lettres modernes.
Sciences Po. ENA. Diplomatie. Député. Ministre. Écrivain Gallimard.
Sept années aux Finances.
Le normalien veut être Chateaubriand, le politique veut être Bonaparte, le ministre veut être Necker. « Mon intelligence est un obstacle » qu’il dit.
Voire.
À 29 ans, il croise Dominique de Villepin et -lui qui se cherche un maître- se dit que c’est chose faite !
Il est beau en plus, ça flatte son goût de l’esthétique. Alors il le suit. Partout.
Tout le temps.
Au quai d’Orsay, au ministère de l’Intérieur, à Matignon.
Il sera conseiller, conseiller politique, puis directeur de cabinet du Premier ministre.
Les années passent et, en 2014, il ose se présenter contre Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP où il obtient un score plutôt rondelet, remportant un tiers des suffrages.
Deux ans plus tard, conforté par ce précédent « succès » il ose et se lance dans la primaire de la droite et du centre.
Il y croit ferme, il n’aurait pas dû : les électeurs lui accordent 2,38 %.
À peine une poignée de voix qui surnagent dans l’immensité comme méduses crevées.
Qu’à cela ne tienne, il se trouve un nouveau maître en la personne de Fillon !
Mais le Penelopegate, ainsi qu’une sombre histoire de costumes, plombent le candidat qui s’effondre.
Encore un mentor qui fiche le camp !
Et pourtant Le Maire a commencé par jouer les équilibristes, reconnaissant que les sommes en jeu « choquent beaucoup de Français » tout en tenant à réaffirmer son « soutien »…avant de comprendre que toute cette histoire finit par sentir le pâté et qu’il est temps de s’éclipser.
À peine Fillon mis en examen, Bruno invoque ses « principes » qui l’oblige à claquer la porte.
Ce fut le premier des grands lieutenants à déserter.
Reconnaissons donc lui la primeur de la lâcheté.
Courage, rampons par-dessus le cadavre et attachons-nous aux pas du troisième maître : le jeune Macron.
Récompensé pour son soutien, il entre en mai 2017 au sein du gouvernement d’Édouard Philippe et devient ministre de l’Économie.
Il y restera sept ans et s’installe à Bercy comme le pou s’installe dans la chevelure.
Philippe, Castex, Borne, Attal — les premiers ministres passent, il demeure.
On a vu des tumeurs moins tenaces, des chancres plus timorés.
Cancrelat va !
Il mise tout sur la rigueur et la « réduction de la dette », c’est donc tout naturellement qu’il quittera les lieux en laissant après lui une dette gonflée de plusieurs centaines de milliards d’euros et un déficit qui a dérapé bien au-delà des prévisions officielles.
Et ne nous y trompons pas, le « quoi qu’il en coûte » du Covid a bon dos, car c’est souvent avec beaucoup de nonchalance que le ministre a abordé certaines problématiques.
Souvenez-vous de ce conseil proprement ubuesque au début de la crise énergique « Vous ne me verrez plus avec une cravate, mais avec un col roulé ».
Grand bien te fasse Bruno mais ne viens pas te mêler de nos garde-robes.
Heureusement, la dissolution de 2024 a au moins eu ça de bon qu’elle l’a chassé de Bercy.
Comme quoi à chaque malheur quelque chose est bon.
Et ça lui laissera du temps pour ses passions parce qu’en plus de gérer les finances, Bruno écrit.
Et pas que des rapports, de la littérature encore !
Le lire c’est d’ailleurs se perdre dans une expérience à mi-chemin entre Kafka et une file d’attente à la poste.
Attardons-nous un instant sur ce qui restera son chef d’œuvre : Fugue américaine.
Il y convoque Horowitz, Cuba en décrépitude, l’amour imparfait et insatisfait, il en ressort -à peine- avec un même.
Comme une traînée brunâtre sur la couverture crème de Gallimard.
C’est censé être un roman vaguement biographique et on devine tout au mieux qu’une libidineuse silhouette à l’affut de jeunes hommes bruns dans ce qui est un pastiche dégraissé du Cuba de Pedro Juan Guttiérez.
Mais attention, réduire la prose lemairienne au « renflement brun » serait une hâtive maladresse puisque nombreux sont les passages à proposer des incursions dans une sexualité qui est, au mieux de pure convention, au pire franchement douteuse.
Les femmes sont les grandes oubliées de ce livre, il existe bien des corps désirés et désirables mais ils sont tous mâles…
Poilus de préférence et aux tétons apparents, Bruno se déplait à décrire des «mamelles de brebis tapissées de poils gris ».
Amateurs d’érotisme véritable ou de franche pornographie, passez votre chemin !
On reste ici sur une sexualité digne d’un frotteur du métro.
L’amour et le désir se résument ici aux « aisselles humides » et aux sexes forcément tendus sous des pantalons forcément moulants .
L’amour tient ici en deux phrases : « quand est-ce que tu m’encules ? » et « nous jouîmes ensemble si fort que nous dûmes nous assoir dans la boue ».
Tout un programme !
Alors que souhaiter à pareille bonhomme ?
Ni la politique, ni la littérature ne semblant adéquates, je suppose qu’il est temps d’explorer une troisième voie : pourquoi pas l’élevage de cochons d’inde ?
Il en a déjà eu un donc l’expérience est là.
Car qui ne se souvient de Jacky ? Le fameux petit rongeur présenté lors du premier confinement !
Surtout qu’il le disait alors lui-même : Jacky est l’être le plus important de la maison.
Alors si Bruno tient à nous affirmer qu’un cochon d’inde est meilleur que lui, peut-être serait-il bon qu’on prenne le temps de l’écouter et de le croire !

Ophélie Roque
Copyright obligatoire
en cas de citation ou de transmission de cet article, vous pouvez le copier:
Attention ce texte est un pamphlet n’engageant que son auteur. Observatoire du MENSONGE défend la liberté d’expression !
Faîtes de même en le partageant et/ou en nous suivant. MERCI !
L’article à lire :
*** Pour tout abonnement en cadeau vous recevrez par mail un livre en PDF
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire