samedi 12 septembre 2026

LECTURE : QUAND BENJAMIN HADDAD PARLE DE PAUL MORAND , LA FRANCE INSOUMISE S' ÉTRANGLE .......

 

[POINT DE VUE]

 Benjamin Haddad aime les livres de Paul Morand : 

LFI se 

scandalise

scandalise

 

 

 
Un grand classique de la gauche, jadis cultivée et sanguinaire, aujourd’hui analphabète et violente.
Capture d'écran CNews
Capture d'écran CNews

Il a suffi d’un simple tweet de Benjamin Haddad, ministre chargé de l’Europe, pour réveiller les pulsions totalitaires de la France Insoumise -pulsions qui, en toute honnêteté, ne dormaient que d’un œil.

 Le ministre macroniste disait aimer Paul Morand, il l’a même écrit sur X, rendez-vous compte… 

Relatant l’événement, Le Figaro s’est d’ailleurs dédouané, en citant un de ses articles de 2020, dans lequel il voyait dans Morand un « triste diariste de Vichy ».

« Bien sûr que Morand était un salaud et un collabo », mais...

Le nom de Paul Morand est mal connu de nos jours, ce qui est bien dommage. Immense styliste, révélé par son recueil Ouvert la Nuit, que son père lui avait habilement suggéré d’appeler ainsi, pour pouvoir intituler une éventuelle suite Fermé la Nuit, ce qui d’ailleurs fut fait. 

La prose de Morand était - elle est toujours - pleine de rythme et de swing, bouillonnante d’une sensualité tenue à la longe par un classicisme qui n’est que d’apparence.

 Elle a quelque chose de l’élégance Art Déco, des clairs-obscurs interlopes de Weimar, des voyages à la Cendrars, avec la précision chirurgicale d’un Jünger ou, plus tard, d’un Gracq, et la poésie vivante et rythmée du bebop qui triomphait alors.

 Elle est le langage de son époque, les années folles, avec ses femmes d’affaires énergiques (Lewis et Irène), ses riches mondains surmenés (L’Homme pressé), ses ébats dont les tabous se lèvent progressivement (L’Europe galante), ses carnets de voyage. 

 

Benjamin Haddad, qui, répondant à l'annonce, sur X, par Guillaume Durand, de la publication du Journal inutile de Morand, voit en lui « le plus grand chroniqueur des années folles », a cent fois raison.


 

Évidemment, la France Insoumise lui est tombée dessus.

Manuel Bompard a trouvé cela « scandaleux ».

 Et Mathilde Panot, réagissant quelques jours plus tard, lui a reproché de « venir parler » (toujours chez les gauchistes, ce goût de la pauvreté, jusque dans le langage) parce qu’il accusait LFI d’instaurer en France « un climat antijuifs, antirépublicain, de chaos, d’intimidation des journalistes » -ce qui, une fois de plus, est vrai.

 

Avec un courage qu’on ne s’attendait peut-être pas à trouver chez un pur macronien, Benjamin Haddad a été remarquable : « Bien sûr que Morand était un salaud et un collabo. Personne ne l’ignore. Mais refusez-vous de lire le Voyage ou Guerre de Céline ? 

Refusez-vous de toucher à L’Homme pressé ? Ou de lire les auteurs compromis avec le stalinisme ? C’est votre choix mais il est bien triste ».

 

 Plutôt malin d’évoquer les auteurs compromis avec le stalinisme, ou même avec le communisme, comme ce salopard de Neruda ou ce collabo de Sartre, deux auteurs que les cadres de LFI adorent.

 

Et l’estocade, du même ministre, décidément aussi cultivé que pertinent : « J’ai la faiblesse de penser qu’on peut à la fois aimer Annie Ernaux et les Hussards ».

 Mathilde Panot ne doit pas savoir qui sont les Hussards. 

Elle mourrait probablement d’apoplexie en lisant Le Hussard bleu ou Monsieur Jadis.

 

Cette histoire d’autodafé, de haine de l’autre parce qu’il ne pense pas comme il faut, est un grand classique de la gauche, jadis cultivée et sanguinaire, aujourd’hui analphabète et violente, mais dont l’ADN politique n’a pas changé. 

Tout au moins aura-t-elle eu un mérite : celui de nous montrer Benjamin Haddad sous un jour inattendu : celui d’un lecteur éclectique et courageux, qui n’a pas l’intention de se prosterner devant les indigents de la pensée, les Procuste de la littérature à l’estomac.

 

 On n’aurait pas attendu ça d'un ministre du gouvernement Lecornu, d’ailleurs. 

Histoire de faire enrager un peu plus les enragés, disons que c'est une « divine surprise ».

 

Picture of Arnaud Florac

Par Arnaud Florac
Chroniqueur à BV.          https://www.bvoltaire.fr/point-de-vue-benjamin-haddad

 

 

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