Le plein à plus de 2 € le litre, les milliards pour Kiev, le mépris pour vous
[Tribune libre]
Regardez-les. Regardez-les bien.
Pendant que le Français moyen calcule au litre près s’il pourra finir le mois, pendant que l’infirmière de Carhaix, l’artisan de Loudéac et l’ouvrier de Vitré font 60 à 100 kilomètres par jour pour aller travailler — parce qu’il n’y a pas de métro dans la France réelle, pas de trottinette subventionnée, pas de vélo-cargo à 4 000 € —, les dirigeants du bocal parisien continuent de gaver la pompe de taxes comme on gave une oie.
Et ils s’étonneront, demain, que l’oie leur saute à la gorge.
Le plein est redevenu un luxe.
Plus de la moitié de ce que vous payez à la pompe part directement dans les caisses de l’État — TICPE, TVA, et la TVA sur la TICPE, ce chef-d’œuvre de cynisme fiscal : une taxe sur la taxe, il fallait y penser, ils l’ont fait.
Détaxer ?
Baisser ne serait-ce que temporairement ce racket légal pendant que les cours flambent ?
Circulez. Pas d’argent, vous dit-on, la dette, le sérieux budgétaire, Bruxelles.
Le sérieux budgétaire, cette pudeur de gazelle qui saisit nos gouvernants uniquement quand il s’agit de rendre aux Français l’argent des Français.
Des milliards pour Kiev, des radars pour Quimper
Car pour le reste, l’argent coule à flots.
Des milliards pour l’Ukraine — armes, aides, garanties, promesses —, votés sans débat réel, sans consultation du peuple qui paie, avec la bonne conscience du croisé qui fait la guerre avec le portefeuille des autres.
Qu’on soutienne ou non Kiev n’est même plus la question : la question, c’est qu’un État qui trouve des milliards en 48 heures pour l’étranger et pas 1 centime pour détaxer le gazole de ses propres travailleurs a choisi son camp.
Et ce n’est pas le vôtre.
Pendant ce temps, le matraquage continue, méthodique, obsessionnel.
Radars par milliers, zones à faibles émissions qui interdisent de fait la ville aux pauvres, contrôles techniques toujours plus chers, malus toujours plus lourds, 80 km/h hier, 30 km/h en ville aujourd’hui.
Et au sommet de l’édifice, ce monument de bureaucratie punitive : le permis à points.
Cette épée de Damoclès administrative suspendue au-dessus de la tête de quiconque a le malheur de devoir rouler pour vivre.
Trouvez-moi un seul candidat sérieux à la présidentielle qui propose de le supprimer.
Un seul. Vous chercherez longtemps.
Sur ce sujet comme sur tant d’autres, l’éventail politique français va du statu quo au statu quo, et le peuple automobile n’a personne pour porter sa voix.
Ils rallument la mèche de 2018 en connaissance de cause
Ont-ils déjà oublié ?
Il y a 8 ans, une taxe carbone de trop jetait des centaines de milliers de Français sur les ronds-points.
Les Gilets jaunes ne sont pas nés d’une théorie, ils sont nés d’un plein d’essence.
L’État a répondu par les grenades, les mutilations, les procès — puis a rangé la colère sous le tapis en se jurant de ne rien changer.
Promesse tenue : rien n’a changé.
Les mêmes causes sont là, en pire.
Les prix sont plus hauts, les salaires plus laminés, le mépris plus épais.
Alors posons la question qui fâche : que cherchent-ils ?
Car il faut soit une incompétence abyssale, soit une inconscience criminelle pour empiler, à quelques mois d’une élection présidentielle, toutes les conditions de l’embrasement : un peuple à bout, une pompe à essence transformée en péage social, une classe politique sourde et un sentiment général — massif, documenté, palpable dans chaque café de sous-préfecture — que rien ne changera jamais par les urnes.
Quand on ferme toutes les soupapes, il ne faut pas s’étonner que la cocotte finisse par céder.
Ce ne sera pas une surprise : ce sera un bilan.
Nous ne souhaitons pas l’explosion.
Nous la voyons venir, ce qui est différent — et nous la nommons, parce que c’est le devoir d’une presse libre quand la presse subventionnée regarde ailleurs.
Il est encore temps, pour ceux qui prétendent gouverner, de faire un geste simple, immédiat, compréhensible par tous :
Détaxer les carburants.
Rendre l’argent.
Desserrer l’étau.
Après, il sera trop tard pour s’étonner.
Par YV
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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