Tirer à boulets rouges sur le système judiciaire de notre pays est aussi banal qu’inefficace : protégés par l’irresponsabilité de leur statut, les magistrats voient leurs manquements et leurs sentences arbitraires exposés au grand jour, sans que rien ne change.
Ou presque.
Grâce à une ténacité sans borne, l’avocat marseillais Michel Amas se bat comme un lion pour arracher les enfants placés aux griffes de la pédocriminalité et de l’esclavage sexuel.
S’il enchaîne de belles victoires, il reste un homme seul face à un titan qu’il est désormais urgent de réformer.
Suffira t-il d’une sentence de « réparation » pour rétablir l’honneur de la justice à Auxerre ? Rien n’est moins sûr.
Mais pour une jeune victime, et, espérons-le, pour les autres victimes potentielles après elle, cette décision change tout.
Me Michel Amas, est en effet parvenu à faire basculer un dossier criminel initialement minimisé par les magistrats.
Une énième affaire d’une gravité absolue puisqu’elle concerne une adolescente de 13 ans, placée, enlevée, battue à coups de barre de fer, vendue par un proxénète à un autre et forcée à se prostituer.
Une sentence judiciaire « défaillante, malveillante et méprisante«
Et dire que tout était réuni pour juger correctement les mis en cause : en mai 2025, lors d’une descente, les forces de l’ordre retrouvent dans un logement Airbnb, une adolescente en état de choc, des hommes adultes, une autre jeune femme, des préservatifs usagés, un couteau.
Les photos nues de la mineure sont parfaitement accessibles à tout un chacun sur le site Sexemodel, où on la vend.
Il lui manque une dent.
Elle a des traces de coups sur le corps, elle est visiblement traumatisée.
Pourtant, rien n’y fait.
Après seulement une heure d’interrogatoire, les pédocriminels pris en flagrant délit ressortent libres : le dossier est classé sans suite.
Peu importe que la loi qualifie explicitement de viols les rapports sexuels — tarifés ou non — avec des mineures.
Dans un premier temps, seule la complice présumée, désignée comme la proxénète par la victime, sera renvoyée devant le tribunal correctionnel d’Auxerre pour simple « assistance à la prostitution ».
Durant le procès Me Amas, avocat des parties civiles, sort de ses gonds, accuse le procureur : « Que vous ayez pu libérer l’auteur principal, les clients…
Ce dossier est honteux, minable. Vous auriez dû protéger cette enfant. » Suspension. Le parquet reconnait des anomalies.
Le procès est renvoyé, les faits sont requalifiés en crime.
« On ne pouvait pas faire plus mal.
Ce qui a été fait est immonde.
Dans un dossier de trafic d’enfant, de pédophilie, de vente d’enfant, il a renvoyé le proxénète pour assistance a proxénétisme, alors que l’enfant a 13 ans!
C’est pas acceptable ! C’est en dessous de zéro ! «
L’impunité de la justice sous couvert d’indépendance
Comment le fiasco peut-il être si total alors que tous les éléments, toutes les preuves accablantes, étaient réunis ?
Comment une telle cécité est-elle possible face à une victime mineure ?
Au-delà de ce dossier, comment de telles défaillances peuvent-elles persister, alors que les autorités connaissent le sort des 20 000 enfants livrés à l’enfer de l’exploitation sexuelle sur notre territoire ?
Dans les colonnes de La Montagne, qui a relayé cette sombre affaire, Me Amas liste les carences de l’enquête : « manque de prise en compte des déclarations de la mère et de la victime, inexploitation de la téléphonie, l’absence d’investigation sur le site internet et d’expertise psychiatrique de l’enfant. »
Et d’ajouter : « Si cela avait été traité correctement par le parquet d’Auxerre, cela aurait évité à la victime 900 viols. »
Le parquet concède du bout des lèvres « plusieurs anomalies ».
Mais qui paiera pour les 900 viols en plus ? Pour une vie « détruite » ?
Personne.
Sacralisée sous couvert d’indépendance, notre justice reste désespérément irresponsable et sourde aux scandales les plus révoltants.
Une traite d’enfants a lieu sur notre sol
Nul besoin d’évoquer les favelas du Brésil ou les baby prostitutes asiatiques: la traite des enfants s’opère au grand jour, sur notre propre sol.
Le calvaire de cette jeune victime en est la preuve terrible.
Placée sous la protection des structures de l’ASE, l’adolescente a été enlevée à plusieurs reprises par un réseau de proxénétisme qui n’a pas hésité à venir la menacer pour la reprendre jusque sur le pas de sa porte.
Et pour cause, cette enfant rapportait jusqu’à 1 500 euros par jour.
Pourquoi les prédateurs s’en priveraient-ils, puisque les conséquences judiciaires sont nulles, même en cas de flagrant délit ?
Aujourd’hui, la jeune victime et sa mère ont dû s’exiler à l’étranger.
Ce drame sidérant se joue en France, en 2026. Et les autorités le savent.
La police le sait, l’institution judiciaire le sait, les journalistes le savent.
Pourtant, malgré la médiatisation du combat mené par Me Michel Amas, malgré les livres et les enquêtes, des parquets continuent de classer sans suite, de minimiser les faits et de laisser les réseaux en paix. Il aura fallu plus d’un an de militantisme acharné, après la saisine officielle du ministère de la Justice par Mes Michel Amas et Olivier Le Mailloux, pour que le parquet de Paris se décide enfin à ouvrir une enquête sur la plateforme Sexemodel.
Dans un pays qui compte près de 20 000 mineurs contraints à la prostitution – lire réduits en esclavage sexuel – au sein même des structures de protection de l’enfance, le travail de Michel Amas agit comme un pavé dans la mare. Mais quid de toutes ces enfants qui n’ont pas une mère prête à tout sacrifier pour briser le silence ?
Quid de toutes ces familles démunies, incapables de s’armer d’un avocat de sa trempe ?
L’État doit imposer des mesures de salut public, avec, entre autres : la création immédiate d’un pôle national dédié à la traite des mineurs pour dessaisir les parquets locaux incompétents ; l’engagement de la responsabilité pénale des présidents de départements et des directeurs de l’ASE coupables de délaissement ; le blocage administratif instantané des plateformes complices comme Sexemodel etc.
Autant d’urgences vitales pour sauver les 20 000 enfants sacrifiés par un système pourri jusqu’à la moelle.
Face à ce naufrage, seule une réponse politique et systémique peut forcer ce titan judiciaire à bouger.
L’indépendance de la justice ne doit plus être le permis d’aveuglement de magistrats bureaucrates.
Par Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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