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18-24 ans : Mélenchon séduit massivement, mais une autre jeunesse résiste

C’est le portrait d’une jeunesse largement gauchisée.
Publié le 29 août 2026, le dernier sondage Elabe sur l’élection présidentielle à venir montre un rapport de force spectaculaire chez les 18-24 ans : selon les configurations testées, Jean-Luc Mélenchon recueille entre 41 % et 45 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2027, quand Marine Le Pen pointe aux alentours des 13 %.
En additionnant les intentions de vote en faveur des candidats de gauche et de l’extrême gauche - de Nathalie Arthaud à Raphaël Glucksmann -, on atteint ainsi 58 à 59 % chez les 18-24 ans.
Un total qui pourrait même être encore supérieur si l’on y ajoutait les intentions de vote en faveur de Gabriel Attal et de Dominique de Villepin, que nous avons généreusement choisi d’exclure de ce calcul.
À mesure que l’âge augmente, le rapport de force s’inverse : Mélenchon tombe autour de 20 % chez les 25-34 ans, puis à 13 % chez les 35-49 ans et à 5 % chez les plus âgés.
Faudrait-il y voir l’effet de la maturité, de l’expérience et de la sagesse que l’on acquiert avec les années ?
Le fruit d’un embrigadement
Il existe évidemment une première explication : la jeunesse française a historiquement davantage voté à gauche que ses aînés.
On connait l’adage attribué à l'écrivain irlandais George Bernard Shaw : « Celui qui n'est pas communiste à 20 ans n'a pas de cœur ; celui qui l'est encore à 40 ans n'a pas de tête. »
Mais cette fâcheuse tradition ne suffit pas à rendre compte de l’ampleur du phénomène actuel.
Comment ne pas s’interroger sur les leviers idéologiques auxquels les jeunes sont exposés quotidiennement ?
De l’Éducation nationale aux médias, notamment publics, en passant par les réseaux sociaux, une même vision du monde est martelée à longueur de journée : capitalisme accusé d’entretenir les inégalités, procès permanent du passé colonial de la France, droits à la migration et pseudo-« discriminations » placés au cœur des débats, lavage de cerveau écologiste… pour le plus grand bonheur des partis de gauche qui n’ont, dès lors, plus qu’à se baisser pour récolter les fruits électoraux de cette propagande.
L’extrême gauche a parfaitement compris l’impact de ces canaux d’influence.
LFI est sans doute le parti qui maîtrise le mieux les codes des réseaux sociaux : il sait parler le langage de la jeunesse, surfer sur les tendances, transformer une polémique en phénomène viral et mobiliser en quelques heures des milliers de jeunes.
En parallèle, cette mécanique est encore amplifiée par une galaxie d’artistes, de sportifs, d’influenceurs et d’agitateurs qui reprennent les thèmes du parti, diffusent ses éléments de langage et contribuent, eux aussi, à polariser une partie de la jeunesse.
TikTok, Instagram et autres sont ainsi devenus des lieux d’information politique majeurs.
En 2024, un sondage Ipsos confirmait le poids croissant des réseaux sociaux dans le rapport des jeunes à la politique.
Une minorité qui résiste
Et pourtant, tout n’est pas joué.
Dans l’hypothèse d’un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, le sondage Elabe donne 64 % au premier contre 36 % à la seconde chez les 18-24 ans.
Cela signifie qu’une part considérable de cette génération refuse de suivre le troupeau.
Un sondage OpinionWay réalisé début septembre retrouve d’ailleurs un ordre de grandeur comparable : 40 % des moins de 25 ans choisiraient Marine Le Pen face à Mélenchon.
Ce qui constitue un beau score, tout bien considéré.
Il existe ainsi une grande partie des moins de 25 ans qui, malgré le lavage de cerveau, refuse de glisser à gauche.
On la retrouve en général loin des centres-villes mondialisés et des quartiers dits « populaires » où se concentre l’argent public.
Elle vit dans des zones réellement défavorisées, là où la crise économique frappe sans pitié et où le parcours d’un Bardella fait rêver.
Le président du RN y bénéficie en effet d’une très forte popularité.
Les médias les plus hostiles au parti eux-mêmes ont documenté ce phénomène.
Le Monde décrivait ainsi des jeunes Français à la « fierté retrouvée », séduits par « l’ambition » et « la réussite » du jeune leader politique.
Sur TikTok, 2,5 millions d’abonnés, souvent à peine majeurs, suivent la « nouvelle idole des jeunes », certains allant jusqu’à considérer Jordan Bardella comme le « porte-parole » de leur génération.
En dépit des apparences, la tranche des 18-24 ans est donc loin d’être uniformément Mélenchonisée.
Elle est traversée par une bataille culturelle et politique dont l’issue reste incertaine.
Et les 40 % qui refusent aujourd’hui de voter LFI pourraient bien constituer, demain, la génération qui fera définitivement voler en éclats le vieux monopole idéologique de la gauche sur la jeunesse.
Abaya à l’école : LFI réussit l’impossible, unir la droite et le centre

« Absurde ».
C'est le mot employé par Mathilde Panot, dimanche soir, sur BFM TV, pour qualifier l'interdiction de l'abaya dans les établissements scolaires publics, entrée en vigueur à la rentrée 2023.
Interrogée sur l'intention de LFI de revenir sur cette mesure si Jean-Luc Mélenchon l'emportait en 2027, la présidente du groupe Insoumis à l'Assemblée n'a pas hésité : « Oui, ça ne concernait absolument personne, c’était absurde. »
Pour justifier sa position, elle a raconté l'histoire de deux jeunes filles portant « exactement la même robe achetée exactement au même endroit », l'une ayant été refoulée à l'entrée de son établissement parce qu'elle « avait l'air arabe », l'autre non : une situation qu'elle qualifie de « raciste et discriminatoire ».
Cette opposition n’est pas récente : LFI conteste la mesure depuis son instauration en 2023.
Le lendemain matin, sur la même chaîne, la député insoumise Danièle Obono veut étayer l'argumentaire en assurant que « tous les religieux ont expliqué qu'il n'y avait aucune signification religieuse à l'abaya » et qu'en interdire le port à l'école était, selon elle, « injuste, inutile et discriminatoire ».
Visiblement, les Insoumis considèrent que le communautarisme religieux ne doit pas être combattu avec la même intensité que celle qu’ils déploient pour rendre la cantine gratuite et réhabiliter les écoles pour faire face aux canicules.
Quand La France insoumise réussit « l’union des droites » en piétinant la laïcité
La sortie de Mathilde Panot n'a pas mis longtemps à provoquer une vague de réactions à droite et au centre, qui affichent un front commun dans la défense de l’interdiction de l’abaya.
À commencer par celui qui avait porté la mesure : Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation nationale.
« Je ne suis pas surpris », a-t-il réagi dès dimanche, sur BFM TV, rappelant que les Insoumis s'étaient déjà « opposés férocement » à sa décision en 2023.
Pour lui, la sortie de la députée LFI en dit long sur les intentions réelles du mouvement : « Ce que dit Mathilde Panot, au fond, c'est que La France insoumise reviendrait sur la loi de 2004 qui interdit, y compris le port du voile, tout signe religieux à l'école. »
Marine Le Pen n'a pas tardé à lui emboîter le pas, sur X, lundi matin, avec une charge autrement plus frontale : « Mélenchon et LFI sont devenus les sous-traitants de l'idéologie islamiste qui prend en otages les Français musulmans », a lancé la candidate du Rassemblement national à la présidentielle, accusant l'extrême gauche de vouloir « instiller partout le poison du communautarisme » et d'« exciter la concurrence des revendications identitaires au détriment de la communauté nationale ».
Édouard Philippe, candidat d'Horizons, a lui aussi étrillé la proposition insoumise lors d'un déplacement à Alès : « La loi qui interdit le port des signes religieux à l'école […] est une bonne loi, elle est bien appliquée », a-t-il affirmé, jugeant la position de Mathilde Panot et de La France insoumise contraire aux principes républicains, avant de se dire « consterné » qu'un responsable politique « se disant de gauche » puisse « trahir et fouler aux pieds » la laïcité à l'école.
La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale aura le mérite d’avoir réussi ce que personne n’a réussi à faire jusqu'à maintenant : mettre la droite et le centre d’accord sur un point, de Gabriel Attal à Jordan Bardella, qui dénonce également cette mesure, sur X : « Par clientélisme, Jean-Luc Mélenchon est donc prêt à abandonner la laïcité, à ouvrir l'école aux revendications islamistes et à revenir sur l'interdiction de l'abaya dans les établissements scolaires.
Avec eux, c'est tout pour l'islamisme, rien pour la République française




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