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Dans un communiqué aux relents de politburo des années 80, le SNJ et la CGT attaquent d’une façon odieuse la journaliste Sonia Mabrouk.
Celle-ci est accusée de « déshonorer la profession » et de favoriser « l’extrême-droite » sur les antennes de BFMTV. Des termes grandiloquents pour une pensée minuscule.
Concernant le déshonneur, je sais bien que ces syndicats sont particulièrement connaisseurs du sujet. Ce qu’ils ont contribué à faire de cette noble profession en est la preuve.
Quant à « l’extrême-droite » où ils cataloguent jusqu’à Bruno Retailleau, un gaulliste intransigeant, ils en ont tellement galvaudé le terme que plus rien n’a de sens.
Sonia Mabrouk est une journaliste exigeante dont j’apprécie le travail depuis des années. Son ouverture d’esprit, c’est vrai, sa manière de respecter ses interlocuteurs, tout cela peut étonner dans une époque où la moquerie, la grossièreté et le relativisme absurde ont gangrené depuis longtemps le paysage audiovisuel.
Oui, c’est pour moi un honneur que d’être son invité régulier.
Mais je n’ose imaginer ce pourquoi elle subit cette offensive ciblée. Sonia Mabrouk a plusieurs « défauts » aux yeux de ces tenants du désordre moral.
C’est une femme, libre, qui essaie de comprendre le monde dans sa complexité. Non pas en restant calfeutré dans le petit bunker de l’entre-soi progressiste, mais en ouvrant les fenêtres sur le grand large, en ne refusant aucun débat de société, en ne fusillant pas d’avance les hommes et femmes politiques dits conservateurs.
Pour ces militants de l’intolérance qui rêvent sans doute d’une profession entièrement soumise à Mélenchon, Sonia Mabrouk est une insupportable anomalie, un bug dans la matrice.
Elle est le visage et la douceur qui les renvoient à leur naphtaline intellectuelle.
Elle le fait en plus avec talent et avec le sourire !
Cette nouvelle polémique survient peu de temps après celle qui vise Charles Sapin sur France Inter. Ce que je pense, c’est que leur citadelle de conformisme est assiégée et ils en sont désespérés.
Le SNJ et la CGT n’ont pas compris que leur époque est révolue. Ils n’ont pas compris que ce qui fait la beauté et la grandeur du métier de journaliste, c’est justement de permettre à toutes les opinions d’avoir la possibilité de s’exprimer.
C’est de prendre à bras-le-corps la complexité du monde, d’avoir l’ardeur et le courage d’être face à des courants contraires, d’être capable de penser contre soi-même.
A la tête de Reporters sans frontières, j’ai mené ce combat pour la liberté pendant 25 ans. Sonia Mabrouk apporte une bouffée d’air frais à ce métier qui est intrinsèquement lié à la liberté de penser
La violence de ce qu’elle subit révèle ce que sont ses pourfendeurs : des Béria en fin de course.
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