« Surtout, dites bien que Quentin est le garçon le plus doux et le plus pieux que je connaisse ! », s’écrie, très ému et refusant d'en parler au passé, l’un de ses colocataires à Lyon, alors que l’on vient d'apprendre que l'étudiant de 23 ans est en état de mort cérébrale.
Quentin était converti au catholicisme et avait réussi à convaincre son père de se convertir aussi.
Il en était même le parrain.
Ils fréquentaient les églises « tradis » de Lyon et c’est du reste l’abbé Grenier, de la Miséricorde divine, qui lui a donné les derniers sacrements à l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon, où le SAMU l’a transféré dans un état très grave.
Dans l’après-midi, des appels à prier - pour lui, pour ses parents, pour sa sœur - ont inondé les groupes WhatsApp lyonnais chrétiens.
Étudiant en mathématiques et finances, de mère péruvienne, décrit comme « beau comme un Dieu » par ceux qui le connaissaient, Quentin était pacifique.
S’il était là, c’était simplement pour protéger des jeunes filles, en accord avec ses aspirations chevaleresques : les militantes Némésis, pancartes à bout de bras comme à leur habitude, étaient venues protester contre la venue de Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Dans un communiqué, son avocat, qui le décrit par ailleurs comme amateur de tennis et de philo et investi dans la chorale de sa paroisse, tient à préciser qu’il n’était « ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre et qu’il n’avait aucun antécédent judiciaire ».
Il faut le savoir : en France, exprimer publiquement son désaccord avec une députée de La France insoumise est un danger mortel.
Pourquoi un tel gâchis ?
Pourquoi la direction de Sciences Po Lyon a-t-elle autorisé cette intervention de la sulfureuse Rima Hassan quand tant d’universités refusent telle ou telle personne de droite au prétexte de « trouble à l’ordre public »?
Pourquoi un déploiement de forces de l’ordre si minime, quand on sait l’agressivité du groupuscule de la Jeune Garde et autres antifas, bien présente à Lyon ?
Pourquoi tant de pusillanimité et de lenteur à dissoudre la Jeune Garde de la part de ministres de l’Intérieur successifs si prompts, zélés et efficaces quand il s’agit de groupements d’extrême droite ?
Pourquoi un tel soutien indéfectible de LFI pour un collectif d’antifas ultra-violent ?
Non content d’en avoir fait entrer l’un des fondateurs à l’Assemblée nationale en la personne de Raphaël Arnault, elle prenait encore sa défense, deux jours avant le drame de jeudi soir, assurant avec une mauvaise foi sans égale que la Jeune Garde avait « pour mission depuis sa création de lutter contre l’extrême droite, contre des groupes fascistes et néonazis de plus en plus violents partout en France » (sic). ?
Bravo, continuez !
Pourquoi Jean-Luc Mélenchon a-t-il pris personnellement fait et cause pour la Jeune Garde, le 30 avril dernier, appelant solennellement tous ses « camarades insoumis à aller se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde, pour dire nous n'avons pas peur ! », lors du défilé du 1er Mai… à Lyon ! : « Ces jeunes gens détestent le fascisme. Je leur donne raison.
Bravo, continuez ! », avait-il même posté, sur X ?
Pourquoi, en 2022, avait-il affirmé mystérieusement : « Les insoumis sont en train de prendre des mesures de contact avec des groupes et associations antifascistes pour qu’ensemble, on puisse mettre au point nos façons de répondre » ?
A-t-on assisté, jeudi, à l’une de ces façons
mortifères de répondre ?
Pourquoi la presse de gauche a-t-elle tenté très vite, comme le maire de Lyon Grégory Doucet, de refaire le coup de la « rixe » façon Crépol, comme si les torts étaient vaguement partagés ?
Pourquoi une telle impunité mortifère pour l’extrême gauche ?
Pourquoi, en somme, des complicités actives ou passives tous azimuts ?
Pourquoi, enfin, sommes-nous absolument certains que si la situation avait été inverse - un antifa lynché par un militant d’extrême droite -, tous les médias, les politiques, les artistes seraient déjà en émoi et prêts à descendre dans la rue ?
L’extrême gauche tue et tous ceux qui ferment les yeux depuis des dizaines d’années sont leurs complices.
Par Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste
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