Il est des associations dont le bilan, à lui seul, raconte une histoire.
Celui de SOS Racisme en dit long – quand on parvient à le consulter.
Car c’est là le premier paradoxe d’une organisation qui se réclame de la vertu civique et de la transparence : ses comptes ont disparu de l’espace public depuis 2010.
Une dépendance quasi totale à l’argent public
Les derniers chiffres réellement accessibles, ceux de l’exercice 2009 publiés au Journal officiel, dessinent un modèle économique singulier.
Sur 904 596 euros de dons, adhésions et subventions, les subventions publiques pesaient 579 000 euros – 64 % du total, selon le décompte repris par une question écrite à l’Assemblée nationale (n° 89645) ; certaines analyses, intégrant les emplois aidés et les financements des sections locales, l’estiment bien supérieur.
Face à ce torrent d’argent public, les adhésions plafonnaient à 18 669 euros : à peine 2 % des recettes.
En clair, pour deux euros versés par l’État, l’association n’en récoltait que quelques centimes auprès de ses propres militants.
Une « association » dont la base ne finance presque rien : la formule interroge la nature même de la structure.
Une masse salariale qui absorbe l’essentiel
Que devient cet argent ? Pour l’essentiel, il paie des salaires.
Les charges d’exploitation de SOS Racisme étaient constituées à 53 % de salaires et charges sociales, relevait l’analyse comptable de l’époque.
Et l’association « dépense tout ce qu’elle reçoit, et même au-delà, puisqu’elle présente des capitaux propres négatifs ».
Autrement dit : une structure qui consomme intégralement la générosité publique pour faire vivre son appareil, sans réserve ni matelas de sécurité.
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