REVUE DE PRESSE !
Revue de presse : la gauche éclatée, l’État local
et la Bretagne dans le débat politique
Tour d’horizon de quelques prises de position et analyses marquantes glanées dans la presse de ces dernières semaines, de la présidentielle de 2027 à l’avenir de la décentralisation, en passant par l’immigration à Brest et l’agriculture bretonne.
Les sondages feront le ménage à gauche
Avec sa quinzaine de prétendants à l’Élysée, la gauche se retrouve en position délicate.
Sa désunion la condamne, selon Le Canard enchaîné, à ne pas figurer au second tour de la présidentielle l’an prochain — un scénario déjà vécu en 2002, 2017 et 2022.
L’hebdomadaire mise toutefois sur une décantation à mesure que l’échéance approche : début 2027, il ne resterait probablement que Jean-Luc Mélenchon, « le représentant bolivarien de « la République, c’est lui » », et un candidat social-démocrate à choisir, selon toute probabilité, entre Raphaël Glucksmann et François Hollande — les sondages en décideront.
(Le Canard enchaîné, 17 juin 2026)
Le colloque déroutant d’Andy Kerbrat
Le colloque organisé le 18 juin dans les murs de l’Assemblée nationale a de quoi surprendre, relève Philippe Créhange dans Le Télégramme.
D’abord par son thème, orienté : « Addictions : contre les obsessions réactionnaires, le pragmatisme économique et sanitaire d’une politique de dépénalisation ».
Mais aussi par le nom de son organisateur, Andy Kerbrat, ce député Insoumis de Nantes-centre interpellé fin 2024 en flagrant délit d’achat de drogue de synthèse à un mineur dans le métro parisien, et condamné à une peine d’amende.
Le parlementaire, absent plusieurs mois pour suivre un protocole de soins et un sevrage, a depuis témoigné des souffrances de son enfance pour expliquer ses addictions et plaidé pour un accompagnement des consommateurs.
Soit. Mais pourquoi, s’interroge le chroniqueur, promouvoir dans le même temps la dépénalisation, lors d’un colloque réunissant l’écologiste Sandrine Rousseau et conclu par le député LFI Éric Coquerel ?
C’est ce qui s’appelle manquer de cohérence.
(Le Télégramme, 3 juin 2026)
L’immigration en forte hausse à Brest
Parmi les villes dont la part des immigrés dans la population a le plus augmenté depuis les années 2000, on retrouve essentiellement des cités de l’Ouest de la France : Le Mans, Brest, Caen, Angers, Rouen, mais aussi des villes moyennes longtemps restées à l’écart des courants migratoires, observe Nicolas Pouvreau-Monti dans Le Journal du dimanche.
À Brest, ville longtemps très homogène où la population immigrée a doublé depuis 2006 — les principales origines étant d’Afrique subsaharienne —, la part des immigrés dans la population varie désormais du simple au sextuple selon les quartiers.
(Le Journal du dimanche, 22 mars 2026)
Olivier Faure exclut un accord avec LFI
Le premier secrétaire du PS est catégorique : il n’y aura pas d’accord avec les Insoumis pour la présidentielle.
« Je me bats pour rassembler autour d’un candidat commun de la gauche démocratique et écologiste, de Ruffin à Glucksmann.
On ne peut pas faire plus clair ! », déclare Olivier Faure.
(Dimanche Ouest-France, 29 mars 2026)
Marcel Gauchet : l’État de droit contre la démocratie
Pour le philosophe Marcel Gauchet, les démocraties libérales sont désormais gouvernées par le droit. Il décrit une « révolution des droits de l’homme » à la source de l’individualisme contemporain, au point que l’État de droit serait devenu « un fétiche des sociétés occidentales », concurrençant la démocratie elle-même.
La dépolitisation, selon lui, n’exprime pas un désintérêt pour la politique mais le règne de l’individu privé : l’addition de causes particulières ne produit pas de vision collective cohérente.
La crise des démocraties, conclut-il, est au fond celle des partis politiques, ces appareils qui proposaient autrefois un projet commun et fédérateur. (Le Journal du dimanche, 15 février 2026)
Françoise Gatel : la déconcentration n’est pas la décentralisation
Le projet de loi « État-local » place le préfet au cœur de l’action de l’État dans les territoires.
La ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, Françoise Gatel, l’assume : ce n’est pas un texte de décentralisation, mais elle dit ne pas avoir changé d’avis, pas plus que le Premier ministre.
Pourquoi alors ne pas lancer la grande réforme ? « Parce que dans le contexte, lancer une grande réflexion sur la décentralisation ne produira rien », répond-elle, évoquant une Assemblée sans majorité à un an de la présidentielle.
Elle annonce, pour l’automne, 162 mesures de simplification, estimant que les précédentes réformes ont donné des compétences aux collectivités sans jamais organiser l’État lui-même.
(Ouest-France Ille-et-Vilaine, 11 juin 2026)
Gilles Pennelle, défenseur de l’agriculture productiviste
Le président du groupe RN au conseil régional de Bretagne et député européen Gilles Pennelle se félicite d’un basculement à droite depuis les européennes : «
L’autre jour, à Strasbourg, trois de nos quatre amendements ont été votés par le PPE », et le RN revendique d’avoir fait passer la directive Omnibus réduisant le poids des normes sur l’agriculture.
Pronostiquant l’effondrement futur des écologistes et des socialistes, il dit s’inquiéter d’entendre des chefs d’entreprise affirmer « qu’on décroche » et dénonce une « dictature écolo » qui empêcherait d’agir.
Un discours bien rodé, commente Hubert Coudurier, pour un parti resté jacobin qui pèse un peu plus que naguère dans la mécanique bruxelloise, sans pour autant imposer ses vues.
(Cité par Hubert Coudurier dans Le mystère Marine Le Pen, Plon, mars 2026)
Par Bernard Morvan
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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