jeudi 23 juillet 2026

DETTE À 3536 MILLIARDS D' EUROS , LE FMI HAUSSE LE TON CONTRE PARIS !!!

 REVUE DE PRESSE !

Dette à 3536 milliards d’euros : le FMI hausse le ton contre Paris

Photo : OpenVerse

Le Fonds monétaire international a publié mercredi son rapport annuel sur l’économie française. 

 

L’institution estime « urgent » de définir une stratégie budgétaire pluriannuelle crédible. 

Elle constate que, malgré la volonté affichée de ramener le déficit sous les 3 % du PIB d’ici 2029, l’assainissement progresse plus lentement que prévu et reste exposé à des risques importants. 

La dette publique française s’élève à 3 536 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB. 

Les charges d’intérêts pourraient dépasser 74 milliards d’euros en 2027. 

En l’absence de nouvelles mesures, le rythme d’ajustement actuel ne permet pas de stabiliser la dette. 

Quatre économistes mandatés par Bercy estiment qu’elle pourrait dépasser 130 % du PIB dès 2030.

Pour 2026, le gouvernement vise encore un déficit d’environ 5 % du PIB. Le FMI anticipe plutôt 5,2 %. 

 

Dans un entretien à Paris Match publié le même jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu se dit « pas très optimiste » sur le respect des objectifs 2026 et 2027.

L’institution recommande un effort budgétaire initial d’environ 0,8 point de PIB par an sur la période 2027-2029, qui pourrait ensuite être progressivement assoupli. 

Cet effort ne pourra pas reposer sur de nouvelles recettes : la France affiche déjà le ratio de prélèvements obligatoires le plus élevé de la zone euro (46 % du PIB en 2025).

 Les dépenses publiques, à 57,2 % du PIB, sont quasiment les plus élevées de la zone et se situent 9,1 points au-dessus de la moyenne hors France.

 

Le FMI pointe en particulier les dépenses de retraite, de santé, de protection sociale et d’affaires économiques, plus élevées que chez les voisins les plus performants. 

Il recommande des économies sur l’assurance-chômage (jugée encore généreuse), sur les retraites et sur les transferts d’assistance non ciblés, tout en renforçant ceux destinés aux bas revenus.

 La rupture avec la réindexation automatique des prestations sociales sur l’inflation (l’« année blanche ») est également évoquée.

 

Sébastien Lecornu reconnaît de son côté l’inertie des dépenses de l’État, des collectivités et surtout de la sphère sociale (retraites et assurance-maladie).

 Il estime que la France « utilise internet mais entretient encore son Minitel et son fax », et souhaite que le prochain budget distingue clairement les dépenses de fonctionnement des dépenses d’investissement.

 L’objectif est de préserver les marges nécessaires au réarmement, à la transition énergétique et à l’innovation. 

Le FMI note toutefois que les risques pour la stabilité financière demeurent pour l’instant contenus.

 

ET AUSSI

 

Chiffre d’affaires en hausse de 45 % : Dassault tire profit des livraisons internationales

DR

Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a confirmé mercredi soir, à l’occasion de la présentation des résultats du premier semestre 2026, que le chapitre du Next Generation Fighter (NGF) et de la coopération avec Airbus était définitivement clos. « C’est fini. C’est derrière nous », a-t-il résumé. 

 

L’Allemagne et la France ont décidé l’abandon du projet il y a un peu plus d’un mois. 

L’arrêt contractuel et juridique du SCAF (Système de combat aérien du futur), dont le NGF constituait la pièce maîtresse, a été négocié et notifié « il y a quelques jours ».

Sur le « Cloud de combat », l’un des piliers du SCAF, le dirigeant s’est montré sceptique : « Je ne sais pas ce que cela veut dire. »

Il a en revanche insisté sur la nécessité d’une interopérabilité entre les avions français et ceux des pays alliés.

 « Si l’Allemagne développe un avion allemand – et je lui souhaite bonne chance – et si la France développe un avion en franco-français ou en coopération, ils seront interopérables. »

 

Dassault Aviation se déclare toujours ouvert à des coopérations, à condition que les règles du jeu soient claires, respectées, et que seules les compétences priment. Le PDG a cité l’exemple du programme Vortex (véhicule orbital réutilisable) mené avec l’allemand OHB, où Dassault est leader et responsable du porteur tandis qu’OHB développe le module de services. 

Il a rappelé que le constructeur avait déjà travaillé avec cinq autres industriels européens sur le démonstrateur nEUROn dans les années 2010.

 « À titre personnel, notre porte reste ouverte à d’autres pays non européens. » 

 

Mais pour un futur avion de combat, « c’est l’État qui décide » et qui doit s’assurer que la coopération fonctionne sur le plan industriel.

En attendant le lancement d’un éventuel nouveau programme, Dassault se concentre sur les besoins opérationnels clairement exprimés par la France depuis le début du SCAF : dissuasion aéroportée, armements futurs, furtivité et capacité à opérer depuis un porte-avions.

À plus court terme, deux priorités se dessinent. La première est le prochain standard F5 du Rafale, attendu dans les années 2035. 

La seconde est le développement d’un grand drone de combat (UCAV) furtif destiné à opérer en tandem avec l’avion de combat, notamment dans des environnements contestés. 

« Nous menons des études de levée de risque pour le Rafale F5, qui intégrera beaucoup de nouveautés : un moteur plus puissant (le T-Rex développé par Safran), un nouveau radar, des capacités de combat collaboratif, de l’intelligence artificielle, ainsi que de nouveaux armements », a détaillé Éric Trappier. 

 

Quarante ans après son premier vol (4 juillet 1986), le standard F5 doit « redonner quarante ans de vie au Rafale ».

Ni le contrat de développement du F5 ni celui du drone de combat n’ont encore été signés. 

La Direction générale de l’armement (DGA) a récemment lancé une demande d’informations sur les drones de combat, à laquelle Dassault s’apprête à répondre. 

Pour dégager les marges budgétaires nécessaires au F5, l’État a décidé de décaler la livraison de 20 Rafale initialement prévues en 2031-2032 vers 2033-2035.

 

En attendant, la France continue de prendre livraison de Rafale au standard actuel (F4). 

Au premier semestre 2026, Dassault a livré 2 avions de combat aux armées françaises (contre 3 un an plus tôt) et 10 exemplaires à ses clients internationaux (contre 4). 

Treize avions d’affaires Falcon ont également été livrés (contre 12).

 Côté commandes, l’activité a été tirée par une reprise sur les Falcon (23 avions signés contre 8), mais aucun nouveau contrat Rafale n’a été enregistré. 

Dassault espère que l’Inde, qui a exprimé son intention d’acquérir 114 Rafale supplémentaires, pourra signer avant la fin de l’année. 

L’Ukraine a quant à elle manifesté son intérêt pour 16 appareils, mais le contrat et son financement restent à finaliser par l’État français. 


Ces livraisons ont porté le chiffre d’affaires du premier semestre 2026 à 4,15 milliards d’euros, en progression de 45 % par rapport à la même période de 2025, dont 79 % réalisés à l’international. 

Le bénéfice net consolidé ajusté atteint 496 millions d’euros (contre 386 millions), porté par un résultat opérationnel de 330 millions d’euros (contre 180 millions d'Euros )

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