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Ce que la France peut faire de la plus grande réserve mondiale d’hydrogène, récemment découverte

En 2023, pour la première fois, des chercheurs décelaient des traces d’hydrogène dans des nappes souterraines situées sous la commune lorraine de Folschviller (Moselle).
La nouvelle avait alors suscité l’espoir chez les habitants de cette ancienne région minière aujourd’hui sinistrée.
Mais elle avait aussi déclenché les ricanements des activistes écologistes de Reporterre, incrédules quant à la présence d’une importante réserve.
Une découverte qui énerve les écolo-activistes
Depuis, plusieurs autres découvertes dans la zone ont convaincu la société Française de l'énergie (FDE), détentrice d'un permis exclusif de recherche sur 300 communes (plus de 2200 km2), d’effectuer un forage en profondeur.
Il a été effectué en mars 2026 à quelques kilomètres de là, sur le territoire de la commune de Pontpierre, à l’est de Metz.
Un forage à plus de 3 600 mètres de profondeur dans les sous-sols de Moselle a permis de confirmer la présence importante d'hydrogène naturel. Ce pourrait même être la plus grande réserve d'hydrogène blanc au monde.
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— M6 Info (@m6info) April 5, 2026
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A 3655 mètres de profondeur, l’intuition est devenue réalité, le test permettant de découvrir un réservoir naturel d’hydrogène estimé à 34 millions de tonnes.
Si ce chiffrage s’avérait exact, il pourrait alors s’agir de la plus grosse réserve d'hydrogène naturel au monde.
La nouvelle n’a pas manqué de susciter l’intérêt des voisins belges.
Ils ont vite compris que leur proximité frontalière avec le forage de FDE pouvait signifier : d’autres gisements pourraient exister sous leur propre sol.
Ils ont donc lancé leur propre programme de recherches.
Le gouvernement belge a estimé que le gisement mosellan pourrait à lui seul suffire à produire l’équivalent de près d’une quinzaine d'années de consommation d’électricité de toute la Belgique.
Aussi abondant que léger
Mais s’agit-il là d’une si bonne nouvelle ?
Les expériences d’exploitation de l’hydrogène à des fins de production électrique ont été jusqu’ici décevantes.
Et de quoi parlons-nous exactement s’agissant d’hydrogène ?
Comme le rappelle pour BV le spécialiste de l’énergie Philippe Charlez, « l’hydrogène est de loin l’élément le plus abondant et le plus léger dans l’univers ».
Mais sur terre, on le trouve rarement sous forme libre.
« Il est généralement associé à l’oxygène dans l’eau, ou à du carbone dans les hydrocarbures.
On le trouve aussi dans la roche, et particulièrement dans l’argile ».
Sous forme de gaz, l’hydrogène est très volatile et donc difficile à « capturer ».
« Son extrême légèreté est à la fois un avantage et un inconvénient », précise Philippe Charlez.
« Tout le monde se souvient du dirigeable allemand Hindenburg.
L’hydrogène en avait fait un mode de transport transatlantique, mais le 6 mai 1937, il s’est embrasé d’un coup à l’atterrissage ».
« L'hydrogène est aujourd’hui utilisé pour fabriquer les engrais azotés, c'est-à-dire à partir d'ammoniaque (association d'azote et d'hydrogène) », rappelle Philippe Charlez.
« Cela explique pourquoi, fabriqués en très grandes quantités dans la péninsule arabique, ces engrais sont aujourd’hui, comme les carburants, touchés par une pénurie qui pénalise l’activité de nombreux agriculteurs en Europe ».
Il est par ailleurs utilisé aussi en sidérurgie, pour extraire le fer du minerai.
Une énergie renouvelable
D’une composition chimique instable, l’hydrogène est par ailleurs particulièrement inflammable, mais aussi explosif. D’où son utilisation dans le nucléaire et dans le carburant des fusées.
C’est donc une énergie, qui permet de produire de l’électricité.
« Avec une pile à combustible, on peut fabriquer de l'électricité à partir d'hydrogène et d'oxygène », explique Philippe Charlez. « D’où l’idée de l’utiliser dans les véhicules, en utilisant l'hydrogène contenu dans l'eau (hydrogène vert).
Mais ce procédé donne un carburant coûtant de l'ordre de cinq à six euros le litre », donc trois fois plus cher que les carburants dérivés du pétrole, sans compter que les voitures à hydrogène actuelles avec pile à combustible coûtent plus de 70 000 euros pour les moins chères...
L’hydrogène découvert en Moselle pourra-t-il donc être exploité ? « Il faudra mettre au point un séparateur spécial, capable de résister aux hautes pressions (350 bar) et à des températures d’une centaine de degrés.
Il faudra donc quelques mois d’attente avant de rendre son extraction opérationnelle », précise Philippe Charlez.
35 millions de tonnes, c'est la moitié de la consommation annuelle mondiale d'hydrogène.
« En France, notre consommation est d’environ 5 millions de tonnes.
Ce gisement nous permettrait donc de disposer d’une petite dizaine d'années de réserve d'hydrogène.
L’avantage de l’hydrogène, c’est que, contrairement aux hydrocarbures, il se renouvelle naturellement relativement rapidement.
C’est donc une énergie renouvelable », conclut Philippe Charlez.
De quoi renforcer l'autonomie énergétique du pays.
Et déplaire aux tenants de l’écologie punitive.


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