TRIBUNE LIBRE !
France Travail entre inquisition et farces et attrapes
En 2016, le freluquet candidat avait tenu des propos candides.
Il se faisait fort de réduire le nombre des chômeurs en commençant par traquer les fraudeurs.
Pour ce fonctionnaire d’appareil et banquier d’apparat, qui n’avait jamais réellement bossé de toute sa vie de dilettante et de profiteur, tout chômeur était un fraudeur masqué.
Macron champion et ses robots dans une mauvaise dystopie
Le paltoquet de l’Élysée qui se mêle de tout a supervisé les contrôles.
Moins de 200 000 en 2017, 650 000 en 2024, plus d’un million aujourd’hui avec un challenge à 1,5 million en 2027.
Dans le but de quadriller au plus près cette population suspecte, l’État a annoncé début 2025 le déploiement de robots chargés d’analyser les dossiers et de classer les demandeurs d’emploi selon trois niveaux de suspicion.
Un peu magouilleur comme tout le monde.
Tricheur compulsif. Grosse canaille qui dépasse les bornes. Un algorithme mitonné aux petits oignons va se charger de cet écrémage de basse police.
Grâce au croisement de leurs fichiers avec ceux des agents des finances qui ont le privilège de pouvoir fourrer leur groin partout, les fonctionnaires de France Travail pourront traquer les chômeurs jugés « trop riches ».
Quelques économies, une bonne indemnité de licenciement, un petit héritage, un conjoint à l’aise suffiront pour perdre le droit d’être indemnisé.
Si en plus la rumeur, un LFI de la mairie, ou la gendarmesque aux aguets signale la cible comme « fasciste », ce quidam sera ostracisé sans autre forme de procès.
C’est dans cet état d’esprit que Macronescu a renforcé les contrôles, sauf pour les espèces exotiques protégées libres de leurs mouvements, avant de créer par oukase présidentiel un établissement public administratif chargé de l’emploi.
Un énorme oxymore.
Car ce sont les entreprises privées qui créent des postes.
Pas les administrations qui recrutent au petit bonheur la chance quelques planqués plus ou moins pistonnés.
Le summum de l’absurde est atteint quand FT est supposé aider à la création de micro entreprises et se plante magistralement au détriment de ses « clients ». Entre incompétence et absence de motivation.
Il y a plus grave si l’on en croit certains témoignages. France Travail dépenserait une partie de l’argent du chômage pour rémunérer des sociétés de consultants, organisateurs de stages totalement inefficaces.
Ces concessionnaires de l’État n’obtiennent un contrat qu’avec de solides appuis politiques.
Leurs boîtes proposeraient des formations hors de prix tout autant que hors-sol.
Sans tenir compte du marché de l’emploi, ni des aptitudes ou de la formation des demandeurs.
Un tirage au sort pour remplir des listes de présence.
Une commission parlementaire a pondu en février 2025 un rapport critique sur le fonctionnement de FT.
Reprochant la diminution de la participation financière de l’État, la mise sous tutelle des partenaires sociaux, une bureaucratie étouffante et pas plus de 10 % des inscrits qui retrouvent un emploi.
La diminution drastique du nombre des chômeurs s’obtient par des radiations sauvages, grâce à des procédures kafkaïennes que seuls les sabreurs semblent connaître.
Les travaux de cette commission ont abouti au même classement vertical que ceux sur les finances de l’audiovisuel public.
Par ailleurs, en 2019 une enquête avait révélé qu’une annonce sur deux passant entre les mains des « conseillers » était douteuse, mensongère, ou même illégale.
Comme si des faisans cherchaient à légitimer leurs pratiques en abusant du sceau de l’administration puisque les fonctionnaires manquent singulièrement de sagacité et de vigilance.
Un algorithme, encore un, était censé faire le tri, mais il n’a fait qu’accroître le cafouillage.
La direction de France Travail peut bien exhiber des indices de satisfaction frôlant la stratosphère, de nombreux témoignages ne vont pas dans ce sens.
Des centaines d’exemples peuvent être trouvés sur la toile.
C’est assez croustillant. Sauf pour les personnes qui ont été confrontées à un système bureaucratique sourd, lourd et gourd.
Et y ont parfois perdu les indemnités auxquelles elles avaient droit.
Car pour continuer à bichonner l’afflux constant d’étrangers, il a bien fallu trouver le pognon quelque part.
Au détriment des Français dans le besoin.
Humour grossophobe : Il y a deux ans, Marion, ancienne hôtesse d’accueil en entreprise, a reçu une offre pour devenir intervenante dans un centre d’amincissement.
Aucun problème, elle ne demande qu’à bosser.
À part qu’elle pèse 130 kilos Or il était bien spécifié dans l’annonce qu’elle devrait représenter la philosophie et les valeurs de l’entreprise.
Encore heureux Marion est stable psychologiquement.
Mais une personne fragile aurait pu très mal vivre cet épisode humiliant.
Si vous n’entrez pas dans les cases de l’administration, des agents auxquels il en manque une s’emploient à vous pousser dedans.
Si je n’avais pas lu des témoignages rapportés par des magazines sérieux, j’aurais cru à un florilège de bouffonnerie administrative émaillant un spectacle de cabaret.
Quentin est ingénieur système en informatique, titulaire d’un mastère de gestion.
Mais son employeur a fait faillite, écrasé par les impôts, taxes, charges et redevances au profit de la caste dirigeante et de ses protégés venus de loin…
À son grand étonnement, il a reçu une offre pour travailler dans une animalerie !
Il s’est demandé si son CV ne faisait pas bugger l’algorithme de recherche.
Son conseiller n’avait pas compris en quoi consistait son travail.
Puis Quentin s’est souvenu que lors d’un entretien avec un psychologue consultant, il avait dit avoir un chien.
De son côté, Érick a mis du temps à comprendre pourquoi France Travail lui avait envoyé une offre de commercial en machines à traire les vaches, destinées aux éleveurs des pays de l’Est.
Il a un master en sciences cognitives et un autre en conception de projets éducatifs.
Mais il avait signalé posséder un niveau correct en russe, et avait fait des cueillettes et des vendanges en job étudiant.
Où sont passés les 3,8 millions de chômeurs évaporés des fichiers ?
En particulier ceux radiés après avoir décliné deux offres d’emploi, même complètement farfelues.
Noémie IAE en option compta n’a toujours pas compris pourquoi son conseiller lui a proposé un emploi de chef de bureau qui implique de parler le mandarin.
Une langue qu’elle ignore totalement.
Après une offre de CDD de tourneur fraiseur à 300 kilomètres de chez elle.
Elle panique parce qu’elle sait qu’après deux refus, le ciel peut lui tomber sur la tête.
Sans certitude. Dans l’arbitraire le plus complet.
Tout dépend de l’intuition fantasque d’un contrôleur zélé abondant les conclusions d’un algorithme déglingué.
Pour tenir ses quotas de virés du système.
Ses primes et la pérennité de son boulot en dépendent.
Et il n’a pas envie de basculer de l’autre côté.
Avec ceux qu’il méprise secrètement.
Noémie peut perdre ses indemnités, être radiée, obligée de rendre les sommes perçues comme une voleuse.
On lui reprochera sa mauvaise volonté, voire son refus de se réinsérer puisque pour les fonctionnaires, il suffit de passer un CV dans un scanner numérique et d’en relever quelques mots-clés pour faire correspondre un emploi avec une personne.
Et pas un humain avec qui en discuter.
Le bunker de l’administration qui a toujours raison et ne veut rien savoir.
Qu’importe si la machine propose un job de croupier de casino à quelqu’un souffrant de dyslexie et de dyscalculie.
Qu’importe si on propose un travail dans un abattoir à une végane militante de la cause animale.
L’algorithme est infaillible. Et les cadres de FT refusent de reconnaître leurs erreurs, se plaignent d’être surmenés, et parlent d’instrumentalisation de cas marginaux.
Mais si on insiste un peu, ils accusent de tous les vices les personnes qui cherchent du travail.
Avec les gens de l’administration, on n’a jamais le dernier mot.
Ils ne sont pas plus accommodants avec leurs subordonnés.
Des conseillers sont recrutés en CDD de six mois.
Un système qui permet de se débarrasser rapidement des contestataires.
Ceux qui proposent des solutions pour bousculer la routine et surmonter l’indifférence, analyser les trajectoires professionnelles et prendre en considération les facteurs humains.
Finalement, la direction a promis d’affiner ses algorithmes.
Ça ne mange pas de pain.
Par Christian Navis
Source : https://climatorealist.blogspot.com/

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