samedi 4 avril 2026

LECTURE : LA FIN DU MONDE SANS IMPORTANCE , VOLUME 3 DE XAVIER EMAN !

 REVUE DE PRESSE !

Une fin du monde sans importance, volume 3 :

 Xavier Eman dissèque notre époque avec un rire 

noir 

[Interview]

Avec ce troisième volet de Une fin du monde sans importance, Xavier Eman prolonge une œuvre désormais bien installée, qui ravira les lecteurs fidèles de ses chroniques publiées chaque mois dans la revue Éléments.

 Dans ces textes courts, incisifs, taillés au scalpel, l’auteur poursuit son exploration d’un monde qui vacille sans même en avoir pleinement conscience. 

À travers une galerie de scènes aussi familières qu’absurdes, il capte les signes d’un effondrement diffus, particulièrement perceptible dans les grandes métropoles, où l’agitation masque mal le vide et la fatigue des existences modernes.

 

Son style, reconnaissable entre tous, mêle sarcasme, humour noir et regard presque clinique sur les comportements contemporains. 

Rien n’est épargné : ni les illusions du progrès, ni les renoncements collectifs, ni les petites lâchetés du quotidien. 

Mais derrière la cruauté apparente, se dessine aussi une volonté de réveil, comme si ces portraits au vitriol visaient moins à accabler qu’à secouer une humanité engourdie.

Entre chronique sociale, littérature d’observation et satire, ce nouveau volume s’inscrit dans la continuité d’une démarche exigeante : dire le réel sans fard, en acceptant d’en montrer les aspects les plus dérangeants. 

Une lecture qui dérange autant qu’elle amuse, et qui trouvera un écho particulier chez ceux qui goûtent une écriture libre, mordante, et profondément ancrée dans son époque.

Et pour aller plus loin, quoi de mieux qu’une interview de l’auteur à découvrir ci-dessous ?

Pour commander le livre, c’est ici

 

Breizh-info.com : Dans ce troisième volume, vous continuez à disséquer une « fin du monde sans importance ». 

Est-ce que le plus inquiétant, finalement, ce n’est pas justement que cette fin du monde ne fasse plus peur à grand monde ?

Xavier Eman : C’est bien entendu l’un des aspects les plus alarmants de la situation que nous vivons actuellement : la passivité et l’atonie quasi générales face à la déliquescence et la disparition progressive de tout ce qui a structuré et donné de la valeur à l’existence jusqu’à présent… 

Non seulement cette « fin du monde » ne « fait plus peur à grand monde » mais elle semble presque souhaitée par beaucoup. 

On a le sentiment d’un épuisement général, quasiment un désir d’un mort nourri de honte de soi, d’ethno-masochisme et d’individualisme consumériste poussé jusqu’à la névrose…

 « Après nous le déluge, et vive le déluge ! »

 

Breizh-info.com : Vous parlez d’une décadence « démocratisée », low-cost, presque banale. 

Est-ce que l’Occident n’est pas en train de rater même sa propre chute ?

Xavier Eman : L’Occident m’intéresse assez peu et je ne comprends d’ailleurs pas très bien ce qu’il représente et recouvre dans l’esprit de ses « défenseurs » ou de ses thuriféraires. 

Quelle définition en font-ils et quels pays y incorporent-ils ? Singapour ? Le Japon ? L’Australie ? Israël ? … 

Quels sont les « valeurs », l’identité et la culture de cet ensemble ?

 Bref, mon souci se porte, lui, prioritairement et principalement sur la France et l’Europe qui semblent en effet à la fin d’un cycle… 

Mais ce n’est pas la première fois et c’est pourquoi le légitime accablement ressenti face au spectacle de notre temps ne doit aucunement se muer en désespoir ou en résignation… 

Ce qui est nécessaire, et même impérieux, c’est de tirer les leçons de cette « chute » pour préparer le nouveau cycle qui nous attend…

 

Breizh-info.com : Chez vous, les hommes sont faibles, fatigués, absents… tandis que les femmes semblent s’adapter parfaitement au monde moderne. 

Provocation littéraire ou constat sociologique ?

Xavier Eman : Cette dichotomie est évidemment trop marquée et légèrement caricaturale – c’est un peu la loi du genre – mais je pense en effet que l’effacement des différences des rôles sexués – la fin de l’odieux patriarcat – et l’expansion, sous pression des exigences du Marché, d’une féminisme revanchard et punitif ont créé une situation nouvelle que l’on pourrait qualifier de « coexistence non-pacifique » entre des hommes totalement « paumés », ne sachant plus trouver leur place ni se comporter pour être « conformes » aux nouvelles règles de l’époque – et des femmes qui, en effet, s’adaptent plus aisément (ou feignent de s’y adapter plus aisément) à un type de société qu’elles ont largement contribué à façonner, sans, à mon sens, prendre conscience de tout ce qu’elles avaient, elles-aussi, à y perdre.

 

Fil d'actualité

Breizh-info.com : Vos chroniques ressemblent à des instantanés, presque chirurgicaux. 

Est-ce que vous vous considérez davantage comme un écrivain… ou comme un photographie de la décadence, ce que souligne Alain de Benoist dans la préface ?

Xavier Eman : Un écrivain-photographe, voilà qui me convient fort bien.

 Dans ces chroniques, je suis surtout un observateur qui retranscrit le quotidien en soulignant certains de ses aspects, de ses travers, de ses ridicules ou de son comique (souvent) involontaire. 

C’est finalement un travail à mi-chemin entre le reportage et le récit romanesque.

 

Breizh-info.com : Entre Houellebecq, Muray et Dostoïevski revisité, on vous compare beaucoup. 

Ça vous amuse… ou ça vous agace d’être déjà rangé dans une case ?

Xavier Eman : Être rangé dans ce genre de « cases », je veux bien l’être jusqu’à la fin de mes jours ! 

Plus sérieusement, ces comparaisons me flattent bien sûr même si leur caractère disproportionné me gêne tout autant. 

Je n’ai évidemment pas une œuvre suffisamment conséquente pour que de telles comparaisons aient une quelconque pertinence. 

Mais si j’évoque un tant soit peu, pour certains, sous un angle ou un autre, ces grands auteurs, j’en suis bien entendu ravi.

 

Breizh-info.com : Votre humour est noir, cruel, souvent sans concession. 

Est-ce une manière de survivre à ce que vous décrivez… ou simplement la seule façon honnête d’en parler ?

Xavier Eman : Tout d’abord, je ne crois pas vraiment à la possibilité d’un humour « gentil », inoffensif, qui ne blesse aucune susceptibilité, n’égratigne aucune sensibilité, ni n’offusque personne… 

Ensuite, nous vivons une époque particulièrement crue, vulgaire et violente qu’il me semble difficile de décrire de façon réaliste avec des « pincettes », une grande « délicatesse », et un vocabulaire excessivement châtié… 

Notre monde est brutal, sa transcription littéraire l’est aussi.

 

Breizh-info.com : Vous évoquez une société où plus rien ne tient vraiment : ni la famille, ni la foi, ni la patrie. 

Est-ce qu’il reste encore quelque chose à sauver… ou sommes-nous déjà dans l’après ?

Xavier Eman : Ce qui est le plus crucial à sauver, c’est notre humanité, de plus en plus mise à mal dans un monde qui veut nous transformer en ventres sur pattes, en entités atomisées n’ayant comme finalité que la production et la consommation. 

Pour ce faire, il faut entretenir notre intériorité, par la culture, la lecture, la réflexion, la pratique religieuse pour certains, et, parallèlement, resserrer (ou recréer) les liens collectifs et communautaires. 

Nous sommes fondamentalement des « êtres sociaux », c’est pourquoi il faut lutter avec tout autant de vigueur pour l’être contre l’avoir et pour le collectif contre l’individualisme. 

Je conserve une grande espérance en l’homme, à la seule condition qu’il reste véritablement « homme » et ne soit pas définitivement transformé en machine comme en rêvent les savants fous du « transhumanisme » et autres docteurs folamours « techno-prométhéens ».

 

Breizh-info.com : Vos lecteurs en redemandent toujours plus – ils se régalent à chaque numéro d’Éléments – et vos livres restent courts. 

Est-ce une frustration volontaire… ou une manière de coller à une époque incapable de soutenir l’attention plus de trois pages ?

Xavier Eman : A là base, il s’agit tout simplement une contrainte technique. 

La plupart de mes livres sont des recueils de mes chroniques dans Éléments et ces chroniques doivent faire trois feuillets, pas un de plus, soit une page de la revue.

 Je me suis donc épanoui dans cette forme très courte qui contraint à la concision, à l’épure et à une recherche exigeante des images ou des expressions les plus capables de résumer en quelques mots une situation ou une mécanique psychologique.

 C’est parfois bien entendu un peu « frustrant » mais il me semble que c’est aussi ce qui fait le « ton » et l’originalité de ces chroniques.

 Mais je ne m’interdis cependant nullement, dans le futur, d’envisager des formes plus longues mais ce sera dans un tout autre cadre que celui de ces chroniques.

 

Pour commander le livre, c’est ici

Propos recueillis par YV

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire