mercredi 1 avril 2026

FLAMBÉE DU PRIX DES CARBURANTS ! DES SOLUTIONS EXISTENT ..........

 TRIBUNE LIBRE !


Flambée du prix des carburants : et si on suspendait les certificats d’économie d’énergie ?

Une telle mesure ferait hurler les écologistes et effrayerait le gouvernement Lecornu.
@Pexels
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Un mois après le début du blocus iranien du détroit d’Ormuz, les prix à la pompe ont flambé, mais alors que les professionnels manifestent, voilà que la pénurie menace.

Difficile de savoir, exactement, combien de pompes à carburant sont à sec Le 30 mars au soir, les estimations faisaient état de quelque 800 stations-service manquant de carburant. 

Ce 31 mars, le chiffre serait monté à plus d’un millier, sur les près de 10.000 stations que compte la France, comme le confirme la carte en ligne penurie-carburant.fr.

L’effet TotalEnergies

Ce gonflement subit serait dû au réseau TotalEnergies. 

Le pétrolier avait, en effet, décidé de bloquer ses tarifs à la pompe dans ses 300 stations métropolitaines, au début de la crise, et ce, pour une période d’un mois.

 Le prix du litre des carburants essence est donc actuellement bloqué à 1,99 euros et celui des diesel à 2,09 euros.

TotalEnergies ayant confirmé mettre fin à ce gel tarifaire à la fin mars, les automobilistes ont été nombreux à se ruer sur la station de la marque la plus proche pour faire le plein avant le 1er avril, ce qui a mis à sec de nombreuses réserves. 

La direction du groupe a, depuis, annoncé, dans la journée du 31 mars, proroger son gel des prix jusqu’au 7 avril.

 

Mais la valse tarifaire dans le réseau TotalEnergies n’explique pas à elle seule la pénurie constatée.

 Pour le spécialiste de l’énergie Philippe Charlez, contacté par BV, ce qui arrive n’est pas si surprenant.  

« Il y a un mois, sur la question de savoir si nous subissions un nouveau choc pétrolier, j’avais expliqué que dans un tel cas, il y a deux étapes. 

Dans un premier temps, on constate une augmentation des prix qui anticipe une pénurie, puis arrive la pénurie physique elle-même. »

Serions-nous donc au début de cette deuxième phase ?  

« Les pétroliers qui acheminent le pétrole depuis Abou Dabi sont ralentis dans une file d’attente lors de leur passage du canal de Suez, puis reprennent leur route jusqu’à Rotterdam. 

 

Ce voyage leur prend environ un mois. » Voilà qui correspond donc bien au temps passé depuis le début du blocus du détroit d’Ormuz… 

 « En effet, confirme Philippe Charlez, les derniers pétroliers qui ont pu passer arrivent en ce moment en Europe.

Jusqu’à présent, les premiers cas de pénurie que l’on constate sont purement d’ordre psychologique. 

Mais désormais, les raisons en seront physiques, du fait d’une baisse des quantités livrées. »

Une pénurie importante, mais partielle

La tension montante autour de cette crise pétrolière a relancé les débats autour des « stocks stratégiques ». Leur existence remonte aux années 1970. 

 « Ils ont été créés à la suite du premier choc pétrolier par les pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], adhérents de l'Agence internationale de l'énergie, qui en gère les stocks et une utilisation mutualisée », rappelle Philippe Charlez.

 

Et c’est une partie de ces stocks, 426 millions de barils, qui a été mise progressivement sur le marché à partir du 19 mars afin de freiner la flambée des cours.  

« Après une montée rapide des prix à plus de 100 dollars le baril, cela a permis de stabiliser les prix et nous sommes restés depuis un mois entre 100 et 117. »

 

En France, tous les carburants sont touchés par la hausse, mais plus fortement le gazole, du fait du parc professionnel, mais aussi du parc existant encore important sur le marché des voitures pour particuliers.

 N’oublions pas, non plus, la pénurie d’engrais azotés, qui sont fabriqués à base d'ammoniac au Moyen-Orient.

 

Parlant de pénurie, elle est tout de même relative. 

 « Le trafic normal du détroit d’Ormuz est de vingt millions de barils/jour », rappelle Philippe Charlez, qui note cependant que le pipeline qui traverse la péninsule Arabique, « pour l’instant encore en service malgré la menace des Houthis, a un débit de sept millions de barils/jour »

Par ailleurs, le blocus d’Ormuz n’est pas hermétique, « il y a quelques pétroliers qui sortent. 

Au total, disons qu’il y a actuellement un déficit de dix à onze millions de barils/jour sur les marchés mondiaux. 

Environ 10 % de la production habituelle. 

C’est beaucoup, mais tout n’est pas bloqué. »

 

La péninsule Arabique n’est pas la seule région productrice, rappelle Philippe Charlez : « L'Afrique, la Chine, les États-Unis ou encore la Russie continuent de produire. 

Et peuvent donc nous alimenter ? 

Sauf que cela nous coûte cher, puisque nous ne sommes pas producteurs nous-mêmes, mais seulement consommateurs. 

Y compris de pétrole russe, d’ailleurs, de façon détournée. 

Nous l’avons toujours été et le resterons. » 

 Dans cette affaire, il ne faut bien sûr pas oublier le gaz et le kérosène. 

La crise pourrait bientôt pénaliser le trafic aérien.

Suspendre les certificats d'économie d'énergie ?

Que faut-il faire pour faire revenir les tarifs à des niveaux acceptables ? « Le blocage des prix à la pompe, que réclame LFI, est irréaliste, et "faire payer TotalEnergies" est de la pure démagogie », explique Philippe Charlez.  

« Je ne suis pas non plus convaincu qu’il soit une bonne solution que de baisser la TVA de 20 à 5,5 %, comme le propose le RN, car cela pèserait sur les finances publiques, et donc sur notre endettement. »

 

La solution serait, selon lui, le temps que la crise se résolve, « une suspension temporaire des certificats d'économie d'énergie, qui financent les énergies renouvelables.

 Cela ferait descendre le prix du carburant à la pompe de 17 à 18 centimes le litre. »

  Une solution économiquement viable et intéressante, en effet, mais politiquement peu envisageable. 

 

Tout ce qui touche au financement des usines à gaz écologiques en général, et à celui des éoliennes en particulier, fait partie du pacte passé entre Sébastien Lecornu et ses soutiens socialistes et écologistes.

 

 Son passage en force sur la PPE3 montre combien tout ce qui est « vert » est tabou, pour le gouvernement.

 Question de survie.

 

 

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Etienne Lombard
Journaliste

 Source :   https://www.bvoltaire.fr/

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